Non, monsieur le président, ce n'est pas la grève qui menace le service public, mais c'est bel et bien la politique de votre gouvernement.
Dérives
Pour la première fois, un président de la République est sorti de son rôle. En effet, au soir d'une manifestation très forte et unitaire des enseignants du 1° degré, du second degré et du supérieur, des établissements publics et privés, des parents d'élèves et des lycéens, le président n'a même pas essayé de répondre aux vives inquiétudes exprimées par des centaines de milliers de manifestants quant à l'avenir de l'Éducation Nationale.
Au lieu d'assurer sa fonction qui consiste à être le président de tous les Français, il a pris parti et s'est efforcé au contraire de  monter une partie de la population (les parents d'élèves) contre une autre (les enseignants).
C'est une grave dérive de notre démocratie.
Mensonges
Le mensonge consiste à faire croire que la limitation du droit de grève des enseignants est destiné à assurer un meilleur service public.
Or celui-ci est menacé avant tout par la suppression de plus de 11000 postes (et on parle déjà de près de
20.000 l'an prochain!), par le non-remplacement des professeurs malades ou en formation, par la pénurie de
personnels de vie scolaire, d'orientation, médicaux, sociaux, techniques, de service, par la suppression
d'options, par la suppression des BEP, par les fermetures de classes, par la fin de l'accueil des enfants de 2 ans, par la fin de la carte scolaire, par la réduction du temps scolaire de 2h par semaine dans le premier degré, par une réforme rétrograde des programmes, etc.
Ce n'est pas la mise en place de garderies quelques jours par an qui compenserait toutes ces attaques contre le service public de l'Éducation Nationale.
Le projet de service minimum ne vise qu'à restreindre le droit de grève et son annonce au soir d'une mobilisation n'est destinée qu'à  détourner l'attention des véritables problèmes dénoncés par les manifestants.
Manipulations
Quant à la manipulation, elle est grossière. Elle consiste, de la part du gouvernement, à faire croire à une
opposition entre parents et enseignants, alors qu'ils ont défilé ensemble dans toutes les villes de France
pour défendre l'Éducation Nationale contre les attaques dont elle fait l'objet. Ne respectant pas le résultat d'élections démocratiques, le ministre de l'Éducation Nationale a commencé par remettre en cause la représentativité de la FCPE, qui est pourtant de très loin la plus grande fédération de parents d'élèves, puis le gouvernement s'est efforcé de faire passer le message selon lequel les parents réclamaient le service minimum. Ceci avec l'aide de certains médias bien conciliants. N'a-t-on pas entendu dès le 16 mai une grande radio nationale inviter une fédération de parents très minoritaire pour lui permettre de revendiquer publiquement le service minimum?
- Oui, la FCPE est bien la première fédération nationale de parents d'élèves et de loin la plus représentative.
- Non, elle ne réclame pas le service minimum. Elle réclame le service maximum. Un service public de
qualité toute l'année et pour tous.
- Oui, elle continue et continuera à soutenir les revendications des enseignants et des lycéens et
s'associera à nouveau à leurs mouvements tant que le gouvernement refusera de remettre en cause les
réformes annoncées et s'obstinera à vouloir démanteler l'Éducation Nationale.
FPCE 49 – 19 mai 2008

FCPE 49
Fédération des Conseils de Parents d'Elèves du Maine et Loire
27 rue Chef de Ville – 49100 Angers
Tél/Fax : 02 41 77 98 89 - Email :  fcpe.49@wanadoo.fr
Site internet : http://fcpe49.free.fr
Horaires :  Mardi et Jeudi : 8 h 30 à 12 h 30 et 14 à 17 h
                 Mercredi et Vendredi : 8 h 30 à 13 h