27 février 2009
Témoignage de Sadi SAINTON, étudiant à l'Université Antilles Guyane en Guadeloupe :
Je vous envoie ce mail un peu long, certes, mais je voudrais vous dire deux ou trois choses, que vous ne voyez pas trop dans les JT de Canal+, France Télévision, TF1, M6, LCI... à propos de la grève en Guadeloupe puisque je la vis de l'intérieur. J'espère sincèrement que vous prendrez le temps de lire ces quelques lignes. Lisez tout, si vous le pouvez. Et une partie si c'est trop long. Je tiens au paragraphe en violet car c'est cette question qui m'a poussé à
écrire un si long mail, mais je crois que tout comporte son intérêt...
Pourquoi? Parce que j'imagine que vous entendez comme tout le monde les infos et que je les trouve très partielles (et partiales). Parce que je pense qu'il peut y avoir méprise. Vous pouvez diffuser à votre guise .
N.B: Je soutiens cette grève. Ce mail comporte donc une dose de subjectivité, mais je ne fais ni dans la propagande, ni dans le mensonge. Je reste objectif sur des faits dont vous n'entendez probablement pas parler.
Let's go!
En effet, la Guadeloupe connaît depuis bientôt 4 semaines une grève générale contre les profits abusifs (de grâce, cessez de parler de grève contre la vie chère car il ne s'agit pas tout à fait de cela).
Je vais simplement, sans organisation donner quelques faits (j'écris à mesure que ça vient et je m'excuse d'avance des fautes d'orthographe que ma vigilance laissera passer).
Une grève contre la vie chère?
NON. PAS VRAIMENT.
Le collectif qui mène la grève est un ensemble de 49 associations syndicales, politiques, associations de consommateurs et associations culturelles. Elle a déposé (un mois avant le début de la grève générale, et personne n'a jugé bon de s'en préoccuper) un cahier de 146 revendications réparties sur 10 chapitres. Parmi ces chapitres, un (un seul !) concerne la vie chère.
Mais alors qu'est-ce que cette grève?
Le collectif à l'initiative de cette grève s'appelle "LKP" : Lyannaj kont pwofitasyon (C'est du créole). Traduction "alliance contre le vol et les profits abusifs". C'est une mobilisation sans précédant. Le LKP parle de 100 000 personnes dans les rues (sur une population de 460 000, soit près du quart de la population). Au delà de la bataille des chiffres, une chose est sure: c'est historique. C'est la plus grande mobilisation de l'histoire de la Guadeloupe et chaque sortie du LKP crée un nouveau record. Depuis une semaine, la Martinique emboîte le pas, la Réunion depuis deux jours, et la Guyane s'y prépare.
Qu'est-ce que la "pwofitasyon"?
Surtout, ne pas traduire par "profit" (c'est un faux ami). La "pwofitasyon", ici peut se traduire comme je viens de dire par "profits abusifs". Dans le langage courant, "pwofitasyon" désigne l'abus de pouvoir qu'un puissant exerce sur quelqu'un dont il sait déjà qu'il est plus faible que lui, pour le rendre encore plus
subordonné.
L'exemple type, est celui des enfants dans la cour de récréation d'une école primaire. Les "grands" de CM2 peuvent exercer dans la cour des "pwofitasyon" sur les "petits" de CP, qui n'auront que leurs yeux pour pleurer. (N'est-ce pas mignon, notre chère et tendre enfance ?)
Les domaines de "pwofitasyon" sont multiples chez nous:
Le constat est le suivant. En Guadeloupe, les prix sont beaucoup plus élevés qu'en France et donc parmi les plus élevés d'Europe et du monde. On constate (pour les mêmes enseignes et les mêmes produits) des écarts de plus de 100% que l'éloignement (il faut bien payer le transport) n'explique pas (exemple : 84% sur les pâtes alimentaires).
Selon tous les experts, après analyse de la chaîne, de la production au caddie du consommateur, en passant par le transport, le surcoût par rapport à l'hexagone ne devrait pas dépasser 10%. Les différences de prix constatées ressemblent donc fortement à.... du vol organisé.
Quelques exemples de "pwofitasyon" dénoncés par le LKP :
-L'essence que payait les guadeloupeéns était l'une des plus chère au monde. Il y a une crise internationale qui a fait exploser le cours du pétrole, certes, mais cela n'explique absolument pas le cours des prix en Guadeloupe (dans les DOM de manière générale). Aujourd'hui qu'un début lumière commence à être fait sur la question, plus personne ne le conteste.
-Le LKP a présenté à l'Etat son expertise des méthodes de fixation des prix, résultat : tout le monde est d'accord sur le constat qui consiste à dire que les prix sont anormaux (même ceux qui sont contre la grève générale comme forme choisie pour le dénoncer) . Le secrétaire d'Etat aux DOM, monsieur Yves Jego ,
envisage même une action en justice de l'Etat contre la SARA (Société Anonyme de Raffinage Antillaise) dont l'actionnaire principal (70%) est TOTAL. Vous m'accorderez sans doute que ce ne sont pas des nécessiteux. Et Jego (lui-même), a dit que si, après enquête, il est démontré que la SARA a perçu des sommes indues (ce sera probablement le cas), cette somme devra être remise aux guadeloupéens sous la forme d'un fond pour la formation professionnelle.
N.B: La SARA est en situation de monopole en Guadeloupe, pas de concurrence. C'est elle qui distribue l'essence.
-Quant aux prix de la grande distribution... une des pistes est de créer "un panier de la ménagère" constitué d'environ 100 produits sur lesquels la grande distributions n'aurait plus le droit de dépasser les prix de l'hexagone de plus de 10%, avec la création d'un organe bi-mensuel de contrôle des prix pour éviter de nouvelles dérives.
N.B: Les géants de la distribution sont en situation de quasi monopole. Il s'agit principalement du groupe Hayot (Bernard Hayot est dans le top 120 des fortunes françaises). En plus ils détiennent l'importation et ont le monopole de la distribution sur plusieurs grandes marques. Pour accentuer le problème, les quelques concurrents existants sont des groupes amis (cousins, alliancés...) puisque ce circuit est aux mains d'une ethno-classe compacte et réduite(**).
(**) voir reportage assez édifiant de canal + "Les derniers maitres de la Martinique" voici un lien ou on peut voir l'émission : http://www.megavideo.com/?v=1Q1M01NV
-Autre détail intéressant. Parmi les revendications sur le coût de la vie, il y a la baisse des tarifs des prestations bancaires. Et que s'est-il passé? Dès que les banques en Guadeloupe (pourtant les mêmes que dans l'hexagone) ont pris connaissance des revendications les concernant, avant même que cette question ait été négociée, les banques ont adopté une baisse de leurs tarifs !! Permettez moi de penser que ça signifie que les tarifs étaient effectivement abusifs.
Le reste des revendications?
Elles traversent TOUS les domaines de la société. Vraiment tout. Les 9 autres chapitres : Education, Formation professionnelle, Emploi, Droits syndicaux et liberté syndicales, Services publics, Aménagement du territoire et infrastructures, Culture, et enfin "pwofitasyon" (il s'agit de réclamer des mesures pour contrôler désormais les prix).
J'appelle ça un mouvement sociétal. Si certains persistent à parler de vie chère...je n'y peux rien. C'est un véritable cahier de Doléances. Il parcourt l'ensemble des domaines de la société.
Rappelons que ces revendications sont au nombre de 146 et que le LKP a défini parmi ces 146, 19 à négocier immédiatement, puis d'autres qui demandent des réponses plus purement politiques voire institutionnelles, qui devront être débattues à long et moyen terme.
Je peux, si vous le souhaitez, vous envoyer ce cahier de revendications.
Mais alors... Pourquoi ne parle-t-on que de ces foutu 200€ que le LKP demande?
Parce que cela fait partie effectivement des revendications et comme tout le monde s'y attendait, c'est le point qui bloque les négociations. Le LKP ne démord pas. Le patronat ne démord pas. Les positions se radicalisent.
COMMENTAIRE PERSONNEL : Je trouve ça dommage qu'un si beau mouvement bloque sur un point que je considère comme étant secondaire en terme de portée sociétale sur le futur de la Guadeloupe.
N.B: Il s'agit d'une augmentation de 200€ des bas salaires
LES GUADELOUPEENS SONT ASPHYXIES ET MEURENT DE FAIM ALORS?
Mais pas du tout !!
C'est cette question qui m'a poussé à écrire ce mail. Un ami métropolitain m'a appelé aujourd'hui pour me demander si on tenait le coup. Au début j'ai commencé à répondre que malgré la durée du conflit, la mobilisation était toujours de mise. Il me coupe : "Non, je voulais dire...Arrivez-vous à remplir le réfrigérateur" !!
La Guadeloupe est en grève générale depuis bientôt 4 semaines. Les hyper marchés et super marchés sont fermés. En revanche les petits commerces de proximité sont ouverts, mais les rayons des magasins sont de plus en plus vides...
MAIS : La Guadeloupe s'organise. L'UPG (Union des Producteurs Guadeloupéens) ainsi que les pêcheurs font parti du LKP. Les poissons ne sont pas en grève : les pécheurs continuent à pêcher et à vendre leur poisson. Les animaux ne sont pas en grève : les éleveurs continuent à s'en occuper et à vendre leur viande. La terre n'est pas en grève : les cultivateurs continuent à travailler leurs exploitations et vendent leur denrées. Notre réfrigérateur n'a jamais été aussi plein.
Les hyper marchés sont fermés, mais les marchés sont ouverts. Il y a mieux: des marchés populaires sont organisés devant les piquets de grève et un peu partout. Les producteurs y vendent leur denrées aux prix auxquels ils ont l'habitude de vendre aux super marchés.
Conséquence : ils ne perdent pas leur récolte ni leur revenus, et le porte feuille du consommateur apprécie puisque les marges exorbitantes de la grande distribution ne sont plus là.
Nous mangeons à notre faim et - fait intéressant - nous n'avons jamais autant consommé local !! Je n'ai pas de purée mousseline, je n'ai plus de pâtes panzani... et alors? J'ai des tubercules, des légumes, de la viande, du poisson, des fruits frais, des fruits secs, des fruits de mer... Et ça coûte moins cher que d'habitude. En fait, je crois que je n'avais jamais mangé aussi équilibré de ma vie.
Si vous n'avez jamais entendu tout ça, est-ce que la presse nationale fait de la désinformation?
Je n'irai pas jusqu'à dire qu'on vous ment. Disons que parmi tout ce que les envoyés spéciaux des média nationaux voient, ils choisissent 5%, et le choisissent d'une manière assez surprenante.
La première semaine, ils n'en parlaient pas. La deuxième semaine, ils n'ont montré que des images de touristes dont les vacances ont été gâchées par cette grève (je suis sincèrement désolé pour eux, mais c'est la vie). Ils ont montré des rayons de super-marchés vides et ont semblé vouloir dire que la rupture des stocks créait le plus grand désarroi... Ils ont fustigé une grève qui - dit-on - pénaliserait de manière irrémédiable l'économie Guadeloupéenne.
Puis Le secrétaire d'état aux DOM est arrivé en Guadeloupe. Il y a carrément déplacé son cabinet et son staff. La presse ne pouvait plus se contenter des mini sujets bâclés. Ils ont commencé à en parler un peu plus. Aujourd'hui, l'information que vous recevez est de plus en plus conforme à ce qui se passe.
Les "vrais" reportages font leur apparition. FRANCE INTER a fait une longue émission dessus, j'ai pu voir un long article sur Elie Domota, porte parole du LKP dans je journal LE MONDE. LIBéRATION a publié un long texte d'Ernest Pépin (écrivain Guadeloupéen)... Ca commence à changer. Pourtant, je suis persuadé que ceux qui ont tout lu de ce mail ont appris beaucoup de choses.
Pour les plus courageux, j'ajoute encore quelques points importants. Je quitte la description pour rentrer dans l'analyse (mais vous pouvez vous arrêter là).
XENOPHOBIE? RACISME? LES SLOGANS?
Non, non, et trois fois non!
Le slogan principal repris depuis le 20 janvier en coeur par les manifestants :
"La Gwadloup sé tan-nou, la Gwadloup sé pa ta yo. Yo péké fè sa yo vlé, adan péyi an-nou"
Traduction littérale : " La Guadeloupe est à nous , La Guadeloupe n'est pas à _eux_. _Ils_ ne feront pas ce qu'ils veulent dans notre pays"
Traduction plus usuelle : "La Guadeloupe nous appartient, elle ne leur appartient pas. Nous ne les laisserons pas faire ce qu'ils veulent dans notre pays."
La question qui inquiète certains : Mais qui est ce nous et ce eux?
Nous = noirs?
Eux = blancs?
Si oui, lesquels? Les blancs en général (métropolitains) ou les "béké", descendants des maitres d'esclaves et qui ont su conserver leur domination économique et d'influence grâce aux héritages de génération en génération depuis l'époque esclavagiste, jusqu'à présent (sans la diluer dans le reste de la
population car le béké fait souvent attention à "conserver la race"(**)
(**) voir reportage assez édifiant de canal + "Les derniers maitres de la Martinique" voici un lien ou on peut voir l'émission
http://www.megavideo.com/?v=1Q1M01NV
Selon moi, il ne s'agit pas de ça. Moi qui vis ce mouvement de l'intérieur, moi qui reprends ce refrain avec joie depuis 4 semaines, je n'ai jamais désigné le blanc par ce "eux" et tous les gens de mon entourage sans exception sont du même avis.
MAIS ALORS QUI?
Eux...mais bien sur, cela désigne les "profiteurs". Les responsables de la pwofitasyon. La Guadeloupe n'est pas un simple tube digestif, une sorte de terre de consommation, un simple marché où tout le monde peut venir faire ce qu'il veut, comme dans une zone de non droit. Or les "pwofitasyon" révélées par ce collectif, et que plus personne ne conteste donne bien l'impression que c'est le cas depuis déjà trop longtemps. Avec la complicité de l'Etat, volontairement ou par négligence (je veux bien croire que c'est par négligence).
On en est à une situation ou il a fallu qu'un collectif de 49 associations déclenche une grève générale et déclenche les plus grandes manifestations de l'histoire de la Guadeloupe pour que l'Etat,
Enfin, joue son rôle d'arbitre et de répression des fraudes. De nombreuses voix en Guadeloupe avaient déjà dénoncé ces faits, mais de manière isolée et sans réel résultat. Aujourd'hui, la tendance semble s'inverser. C'est ce "eux"- là que nous dénonçons depuis 4 semaines (27 jours)
Quant au "nous", il est prometteur de quelque chose de tout à fait nouveau, qui, peut-être enfin, dépassera les clivages de race (ou en tous cas tendra vers ça). La première personne à m'avoir envoyé un sms pour me dire de venir en meeting est une Guadeloupéenne...blanche!
Pour moi, un Guadeloupéen est quelqu'un qui lie son destin au destin de la Guadeloupe. Il est souvent noir (question de chiffre), mais il est aussi blanc, indien (de nombreux indiens ont débarqué en Guadeloupe après l'abolition de l'esclavage). Il pourrait même être vert pomme que cela ne dérangerait pas les dizaines de milliers de manifestants qui chantent ce slogan.
Surtout, nous ne sommes pas prêts à échanger, sous prétexte de la "race", une pwofitasyon blanche contre une pwofitasyon noire. Ce Nous-Eux est moral, bien plus que racial.
Cela ne signifie pas qu'il n'y a pas de problème de racisme en Guadeloupe. Il est clair que la société est pyramidale et que plus on monte vers le sommet de la pyramide, plus les peaux sont claires.
Les races n'existent pas, c'est une vérité qu'il faut répéter sans cesse... Mais le racisme existe et le poids de l'histoire esclavagiste et coloniale est palpable. Nous voila avec ce mouvement face à un formidable défi qui consiste à poser les problèmes tels qu'ils sont, pour les régler, et les dépasser. Permettez moi d'ajouter que je suis assez optimiste sur cette question.(*)
(*) Pour ceux qui voudraient, je peux envoyer un extrait de discours du porte parole du LKP abordant ce sujet d'une manière que je trouve assez fine, de manière forte, mais sans haine.
SCOLARITE EN PERIL?
J'étais à Paris 6 lors de la grève contre le CPE et sur les 12 semaines prévues du semestre, on a pu faire 11 semaine (moyennant le sacrifice des vacances scolaires). Il y a fort à parier que nous ferons la même chose. Tout le monde est prêt à voir disparaitre les vacances de Pâques, Pentecôte et les jours fériés. D'ailleurs les cours sont mis en ligne par les enseignants dans de nombreux établissement. Et RFO, la télé locale (une branche de France télévision) va bientôt commencer à diffuser des cours faits par des enseignants sur les plateau de télévision, afin que tout le monde puisse regarder, à chaque niveau, à chaque matière. La petitesse de l'île le permet, nous ne nous priverons pas de ce moyen!
EVOLUTION STATUTAIRE?
Peut-être. En tous cas la question est posée. Le débat est ranimé. Le mouvement s'exprime sous forme de grève mais la densité du cahier de revendications montre clairement que tous les fondements de la société sont remis en question.
Parmi les meneurs du LKP, nombreux sont ceux qui sont "au moins" autonomistes. Pourtant, après 4 semaines, aucun membre (sans exception) n'a jamais prononcé les mots "évolution statutaire".
C'est un débat qui déchaîne les passions et pour le bien du mouvement, il convient de rappeler que ce n'est pas le but du mouvement. Ce mouvement pose des questions et met en avant ce que veulent les Guadeloupéens.
Si les hommes politiques apportent parmi leurs réponses une question institutionnelle, elle fera de toutes les façons objet de débats, et de référendum.
MON AVIS SUR LA QUESTION :
Les lois françaises sont conçues pour répondre à une réalité géopolitique précise. Celle d'une France au coeur de l'Europe, société post-industrielle. Elle n'ont jamais convenu ni aux colonies, ni plus tard aux DOM-TOM et COM. Si bien que pour pallier le "handicap", nous sommes toujours passés par des lois, qui mettent en avant de nombreuses spécificités. Aujourd'hui, le système d'intégration montre ses limites. Ceux qui, jadis, s'en accommodaient, aujourd'hui soutiennent massivement un mouvement social, qui - bien que ce ne soit pas son objectif attire l'attention sur le fait que rien ne va bien et qu'il faut peut être songer à changer les choses en profondeur.
N.B: Quelque soit ce qui arrive, l'indépendance n'est absolument pas à l'ordre du jour. Ni l'Etat, ni le LKP, ni les nombreux manifestants
qui soutiennent le LKP, ni même les organisations anciennement indépendantistes des années 60, 70 et 80 ne considèrent que la question est à l'ordre du jour. Les organisations "anciennement indépendantistes" continuent à énoncer le principe moral du droit des peuples à l'autodétermination qui est un droit inaliénable inscrit dans la charte de l'ONU; mais s'accordent pour dire qu'il faut aller pas à pas, sans brûler les étapes.
Les pistes avancées sont plutôt celles d'une évolution statutaire dans le cadre de la République Français (genre article 73 et 74 de la constitution) vers plus de pouvoir décisionnel local, plus de pouvoir législatif et douanier, afin de répondre à la réalité géopolitique (nous sommes européens, mais nos îles baignent dans le bassin caraïbéen!).
Voila un lien vers la constitution française. Vous pourrez donc consulter les articles 73 et 74.
http://www.legifrance.gouv.fr/html/constitution/constitution2.htm#titre12
Voila mon constat et mon point de vue sur cette grève générale en Guadeloupe.
Je vous remercie d'avoir bien voulu lire un aussi gros pavé. Je rappelle que je ne suis ni politologue, ni sociologue... vous excuserez les approximations et la lourdeur du style. Je suis simple étudiant guadeloupéen, solidaire du mouvement et j'expose là, ce que je comprends de ce mouvement.
P.S: : J'ai commencé ce mail hier. Aujourd'hui, la situation a un peu évolué. La repression policière et militaire est désormais en marche.
Le mouvement a une dimension internationale. Hier, c'est le révérend Jessie Jackson en personne qui a envoyé son soutien au peuple de Guadeloupe et au LKP. Les organisations syndicales du monde entier (je n'exagère pas) rentrent en contact avec le LKP pour leur demander comment ils arrivent à mobiliser 100 000 personnes, sans un
débordement (c'est le service d'ordre du LKP qui organise la sécurité générale).
La Guadeloupe vient de connaitre ses 27 jours les plus calmes niveau violences domestiques. Jamais il n'y a eu si peu d'agressions et de faits divers. 0u d'accidents de voitures (pas d'essence, tout le monde roule à 70 km/h).
Les Guadeloupéens sont vraiment fiers de ce mouvement. Mais ce matin, la répression a commencé face a un mouvement pacifiste depuis 27 jours. Il y a eu une soixantaine d'arrestations de gens qui étaient simplement sur les barrages pacifiques. Une des tête du LKP a été blessée. Il a subi des injures racistes venant des forces de
l'ordre (tous ceux qui s'y connaissent un peu en histoire de la Guadeloupe savent que c'est monnaie courante lors des repressions de mouvement sociaux aux DOM).
Je ne fantasme pas sur le poids de l'histoire. Tout au long de la seconde moitié du XXè siècle, tous les grands mouvements sociaux ont été réprimés par les mitraillettes, lorsqu'à Paris, le gaz lacrimogène suffisait largement. C'était le cas en 1910, en 1952, en 1967, en 1975, en 1985. Chaque répression a apporté son lot de morts, même si celle de Mai 1967 accapare toutes les mémoires puisque le nombre de morts a dépassé peut être la centaine de personnes.
Evidemment, de l'eau a coulé sous les ponts. 1967 et 2009 sont différents. Mais le préfet et l'Etat jouent à un jeu dangereux. Car l'ensemble des mobilisés connaît le poids de l'histoire et la tension est à son comble et beaucoup ont déjà averti que cette fois ci, les guadeloupéens ne mourront pas... Le LKP a appelé au calme. Il appelle à la mobilisation massive et pacifiste pour faire reculer la répression. L'immense majorité des interpellés aujourd'hui a été relâchée ce midi grâce (une fois de plus) à la pression populaire de la foule, massée pacifiquement devant la police et et le tribunal de Pointe-à-Pitre. La tension redescend petit à petit. Le préfet avait promis que les (environ) 4000 CRS débarqués en
Guadeloupe dès le début du conflits étaient juste une sécurité qu'il souhaitait de tout coeur ne pas utiliser. Depuis que les négociations sont bloquées, d'autres ont débarqué...
Sadi SAINTON
Et comme on dit dans les îles :
Kimbé rèd pa moli!
26 février 2009
La mesure de l'homme
« L’homme est la mesure de toutes choses, » disait le grec Protagoras. En cela, on estime que la représentation qu’on a du monde est avant tout celle de l’homme. Les qualités sont celles qu’il s’attribue, comme l’intelligence, la raison, jugeant déraisonnable ce qui échappe à sa compréhension. Les notions de bien et de mal, de bon et de mauvais, de beau et de laid, sont celles que dicte la communauté à laquelle il appartient. Il arrive parfois que des personnages, tels le Prétentieux de la République, s’érigent en dieu, dictant à chacun l’harmonie qu’il a décidée (cf : lettre aux éducateurs , de NS)
Mais quelle est la mesure réelle de l’homme et qu’elle est la place qu’il s’est arrogée.
Je prendrai un seul domaine, l’énergie, car il offre l’avantage d’être quantifiable. Cette énergie, c’est ce qui permet à l’homme d’assurer ces activités quotidiennes, aussi bien physiques qu’intellectuelles. Elle assure l’entretien de son corps, son fonctionnement interne, sans faillir.
L’évaluation de cette énergie quotidienne est connue de toutes et de tous, soucieux d’être en bonne santé. Elle est d’environ 2700 kilo-calories, soit 11 300 kilo joules.
Rapportée à des éléments de vie quotidienne, cette énergie paraît dérisoire :
- 1 lampe de 130 watts allumée en permanence
- 100 litres d’eau chauffés de 20 à 47°
- 2 heures de rayonnement solaire par m²
- 0,3 litre d’essence
- 0,75 kilo de bois
- 660 grammes de sucre
- 270 grammes de pétrole
Or, en 2002, 1 français consommait 4,47 tonnes équivalent pétrole. Cela représentait 45 fois plus que ses besoins naturels. Si on considère l’augmentation de la population, on ne peut que constater la place écrasante que l’humanité s’est attribuée. Malgré cela, des millions d’humains meurent de faim ou des conséquences de la pauvreté.
Lorsque j’étais petit, on nous distribuait des buvards à encre, sur lesquels des images étaient représentées. Sur l’une d’elle était écrit : santé – sobriété. Une partie de l’humanité se saoule de consommation, au détriment de ce qui la nourrit. Mais la mesure de l’homme, c’est avant tout la mesure de notre aspect biologique. L’oublier, c’est se perdre dans des fantasmes de puissance et d’immortalité. A force d’oublier que nous sommes enfants de la Terre, nous avons oublié d’y faire reposer nos pieds. Espérons que la raison nous reviendra et que nous ne finirons pas, tel Antée, fils de la Terre, étouffé dans les airs.
Jean Philippe
25 février 2009
La valeur des choses.
Combien dois-je payer pour cet objet? Quel est le bon prix. Combien ça coûte ? (non, je ne suis pas Jean.Pierre.Pernaut) La valeur d’une chose, maison, litre de lait, action de société, service rendu, est très variable. Il existe de nombreuses façons de calculer le prix d’une chose, et le résultat peut être très variable. Je prendrai comme exemple le logement. Imaginons un logement de 100 m². Il comprend 1 séjour, 3 chambres, en bon état. Quel est son prix ?
1) La valeur de travail.
On peut considérer le travail nécessaire à l’existence de ce logement. Les personnes qui ont travaillé pour l’existence de ce logement sont nombreuses. On peut évaluer en nombre d’heures ce qui est nécessaire à l’accomplissement du travail. Le prix du béton, de la moquette (…) , sera évalué en fonction du nombre d’heures nécessaires à leur fabrication. S’il s’agit d’un appartement, certains coûts communs (architecte, parties communes, …) sont répartis en fonction du nombre de logements. On peut évaluer en heures de travail la valeur de ce logement.
alors, nous avons :
travail = prix
Imaginons que la somme des heures de travail soit 4 550. (35 heures par semaine x 5 personnes x 26 semaines).
si on considère une rémunération de 10 euros par personne, le prix est:
10 x 3640 = 45 500 euros
2) Le prix de revient.
Tout le monde n’est pas rémunéré de la même façon. L’heure de travail de l’architecte n’est pas payée au même tarif que l’heure du plombier. De plus, des taxes, des droits d’enregistrements, la TVA, sans lien réel avec la quantité de travail, Le prix de revient est différent du prix du travail. Il intègre la différence de rémunération des différentes personnes intervenant sur le projet, ainsi que la présence indispensable de la société (état, région, commune) pour que l’opération soit réalisable.
Le prix , compte tenu des charges salariales, impôts et taxes et différences de salaire, doit être majoré de 100 % (taxes et charges, 70 %, différences de salaires, 30 %)
Le prix de revient est donc de
200 % * 45 500 = 91 000 euros
3) Le prix commercial.
Le prix de revient intègre le coût des équipements. En effet, le camion nécessaire à l’acheminement des matériaux a du être acheté. Le coût du camion, de son entretien, doit être intégré dans le prix de revient. Mais, dans le prix commercial, de nouvelles informations sont intégrées. Pour vendre la maison ou leurs services, les acteurs de la construction de la maison (artisans, promoteur immobilier, …) ont dépensé de l’argent afin de capter une clientèle. Cette « guerre » de parts de marché a un coût. Cette « guerre » ne concerne pas celui qui achètera, mais c’est lui qui la finance, car ce coût supplémentaire est intégré dans le prix de revient. De plus, pour pouvoir construire la maison, les différents partenaires ont du constituer un capital mobilier et immobilier (l’architecte a des bureaux, comme de nombreux artisans, certains ont du matériel professionnel, grues, camions, échafaudages). Ce capital leur a demandé d’avancer de l’argent. Or, dans notre société actuelle, avancer de l’argent revient à emprunter à la banque. Notre société institue une rémunération du capital. L’argent est considéré comme étant un ouvrier qu’il faut récompenser. Evidemment, plus les structures utilisent d’argent, plus il y a de capital, plus il faut le rémunérer. Ce coût est directement payé par le consommateur.
Si on considère un coût commercial supplémentaire de 20 % (9100 euros) on obtient un prix de vente de 99 100 euros auquel il faudrait ajouter le prix de la rémunération du capital.
prix commercial 100 000 euros
4) Le prix d’usage.
Une maison pour quoi faire ? Pour y loger, bien sûr. 100 m² pour une famille, avec 2 enfants, ça va.
Imaginons qu’un locataire ordinaire paye 500 euros pour un tel logement, et que la rémunération des placements à risque limité soit de 4 %
par an, le locataire paierait 500 euros x 12 mois soit 6000 euros
Si un propriétaire veut placer à la banque une somme à 4 %, quelle est la somme qui lui rapportera 4% chaque année ?
6 000 euros / 4% = soit 150 000 euros
Ainsi, un investisseur pourrait être prêt à donner 150 000 euros pour une maison dont le prix commercial n’est que d’ environ 100 000 euros.
Valeur d'usage : 150 000 euros
5) la valeur de revente immédiate.
J’achète. J’achète pour investir. Mais si j’ai besoin de mon argent rapidement, qu’est-ce que je récupère ? La valeur de revente immédiate est toujours problématique. Toutefois, dans le cas des subprime américaines, c’est elle qui a été utilisée pour vendre à des prix exagérés. Lorsque des prix augmentent rapidement (hausse organisée), il est facile de faire croire que la hausse va continuer, surtout pour des professionnels de la communication. L’espérance d’un gain rapide provoque une grande vulnérabilité. Si on annonce à des personnes une hausse de 10% par an, en 3 ans, cela fait plus de 30 %. Ce qui vaut 100 000 vaudra 130 000 dans 3 ans. Donc, un prix d’ achat de 115 000 ne paraît pas exagéré. (gain de 15 000 euros en 3 ans).
Valeur de revente immédiate, 115 000 euros
6) La valeur de spéculation.
Elle ressemble beaucoup à la valeur de revente immédiate, sauf que l’immédiat prend des valeurs très différentes. (3 mois – 6 mois). Si je pense que le logement vendu 100 000 vaudra 150 000 euros dans 6 mois, je suis prêt à l’acheter 110000 ou 120 000 euros, sans problème. Ce cas n’existe pas pour les logements mais existe pour les matières premières (d‘ou les fortes variations du cours du pétrole). La valeur de spéculation existe réellement dans le domaine des œuvres d’art. Un artiste « tendance » va voir le cours de ses œuvres exploser. Ceux qui ont acheté 6 mois avant les autres gagnent des fortunes.
Valeur de spéculation, 120 000 euros
7) Valeur coup de foudre.
Là, on est en plein rêve. mais cette valeur existe. C'est celle que l'on est prêt à verser pour un coup de foudre. En ce cas, le commercial vous dit : "C' est la maison de vos rêves. Alors, le prix n'a pas d'importance".
Valeur coup de foudre : pas de limite
8 ) la valeur du marché.
Là, on entre dans la magie. La valeur du marché, c’est la valeur autour de laquelle acheteurs et vendeurs obtiennent le maximum de vente. Nous avons vu qu’il y avait plusieurs valeurs. Celui qui obtient le plus de pouvoirs dans le marché arrive à utiliser la valeur qui lui convient le mieux.
Un exemple .
Un vendeur de maison propose 100 000 euros à la vente. Il le dit à son intermédiaire. Celui-ci va convaincre le vendeur que le prix est trop élevé, car le bien est vieux, et sa valeur, en nombre d’heures travaillées est plus faible.
Un acheteur de maison propose 100 000 euros à l’ achat. Il le dit à son intermédiaire. Celui-ci va convaincre l’acheteur que le prix est trop bas , car le bien lui permet de ne pas payer de loyer, et de ne pas acheter de maison neuve, trop chère.
L’intermédiaire à une seule qualité : convaincre. Il ne produit rien.
Si le vendeur ne rencontre pas l’acheteur.
- le vendeur vend au prix de 90 000 euros.
- l’acheteur achète au prix de 110 000 euros.
L’intermédiaire, celui qui contrôle le marché, encaisse 20 000 euros (110 000 – 90 000).
Conclusion : la notion de marché est souvent l’occasion, pour des intermédiaires, de prélever entre consommateurs et producteurs.
La notion de marché n’a d’autre but que de permettre à une minorité informée de jouer sur les différentes valeurs possibles d’un objet, afin de profiter au mieux de la distance entre producteurs et consommateurs. Autrefois, cette distance alimentait tout un réseau d’intermédiaires. Aujourd’hui, d’autres ont pris le relais, écrasant autant le producteur vers le prix bas que le consommateur vers le prix haut.
Le marché n'est fréquenté que par les initiés (ceux qui savent). Un prix sur quelques produits s'applique alors à l'ensemble du commerce pour le même produit. Accepter le marché libre, sans contrôle, c'est accepter la manipulation de nos finances par une minorité, au profit d'elle même.
Jean Philippe
23 février 2009
Européennes - lettre d'un militant
Giovannetti Germain
Ingénieur Arts et Métiers
Le 21 février 2009
Mesdames Sandra Demarq et Christine Mendelshon,
Messieurs Eric Coquerel et Georges Sarre
En main l’exemplaire du journal l’Humanité de ce jour et le débat auquel vous avez participé, y représentant le MRC, le NPA, le PCF et le PG, sur le thème « Un front de gauche pour quoi faire »
Il apparaît qu’il est à craindre qu’aux élections européennes nous dussions faire notre deuil d’une liste regroupant toute la gauche altermondialiste, la vraie gauche de gauche, dans chacune des 7 circonscriptions métropolitaines.
Je suis un militant de base, tout à fait de base. Je crois devoir vous faire part de la façon dont je perçois cette éventualité en la regardant de mon point de vue, d’en bas, tout à fait d’en bas, je dirais même d’en dessous :
Sans liste commune, nous irons à l’échec pour deux raisons :
La première est que deux listes qui se partagent un électorat obtiennent à la proportionnelle moins de sièges qu’une liste unique qui aurait l’électorat en entier.
La seconde est que l’électorat à se partager sera gravement rabougri.
Pourquoi rabougri ? Je prétends que le total des voix liste 1 plus liste 2 sera forcément plus petit que le total qu’aurait obtenu une liste regroupant 1 et 2.
Suivez mon raisonnement :
Sans revenir sur le Traité Constitutionnel Européen, comment cette bataille a-t-elle été gagnée ?
Ce n’est pas ATTAC ou Copernic par leurs études qui l’ont gagnée, bien qu’ils y aient contribué. Ce n’est pas Mélanchon, ou Raoul Marc Jennar par leurs discours, bien qu’ils y aient contribué. Ce n’est pas le PCF ou la LCR par leurs actions, bien qu’ils y aient contribué. Ce n’est pas vous et moi qui nous sommes démenés, bien que nous y ayons contribué…
Ceux qui ont gagné le NON au référendum, ce sont une masse de citoyens de base, (que j’estime à deux, trois, quatre millions, je ne sais, sur 45 millions d’électeurs), qui n’ont pas d’attaches politiques, qui ne s’intéressent que de temps en temps à la politique, bien qu’ils se tiennent au courant des affaires publiques, et qui à l’occasion du référendum, se sont interrogés, ont lu les tracts et écoutés les émissions, qui ont vérifié dans le texte de la Constitution l’exactitude des arguments, qui quelquefois sont venu aux réunions publiques, qui ont compris et mesuré la gravité du TCE et ont formé leur opinion, et qui en ont parlé autour d’eux, à la pause au bureau ou à l’atelier, autour de la machine à café ou au restaurant d’entreprise, qui en ont parlé à la réunion de famille, qui en ont parlé en regardant jouer aux boules et en allant à la pêche. Amplifiant ainsi nos explications dans une résonance puissante qui a couvert et surclassé la propagande des média.
Nous, la gauche de gauche, ne pourrons gagner des élections, et même plus simplement, gagner en influence dans les combats quotidiens, que si nos idées sont relayées par ces citoyens en générant une prise de conscience massive.
Vous me direz que j’enfonce une porte ouverte ? Que tout militant sait qu’il faut que les idées s’emparent des masses pour qu’elles deviennent une force. Certes ! Mais cette prise de conscience d’une masse d’électeurs ne s’est pas produite à l’occasion de l’élection présidentielle. La gauche de gauche n’a pas satisfait à cette condition évidente, et un boulevard s’est ouvert pour Sarkozy. Nous le payons tous fort cher.
Les citoyens de base sont rentrés dans le débat sur le TCE parce que l’éventail des partisans du NON était suffisamment large pour qu’ils puissent prendre position sans être confondu avec les propagandistes de tel ou tel Parti. La nature humaine de ces citoyens est ainsi faite. Ils veulent paraître neutres. Ils sont la masse.
A L’élection présidentielle ils sont restés silencieux.
Plus que silencieux. Ils hésitaient entre les divers candidats de la gauche de gauche, et étaient tiraillés aussi par le vote utile. Ils ne pouvaient pas exprimer leur opinion, ils n’en avaient pas. Ils la cherchaient. Plus que silencieux, ils étaient paralysés.
L’état des lieux est identique pour les Européennes.
S’il y a dans la gauche de gauche une liste 1 et une liste 2, ces électeurs ne sauront pas pour qui voter, ne dirons pas pour qui ils votent. Même s’ils ont une préférence, ils ne l’afficheront pas. Ils seront accablés de voir cette division, ils ne se mobiliseront pas pour convaincre les 45 millions d’électeurs qui les entourent qu’il y a mieux à faire que de gober les racontars des télés et média.
Les opinions, les positions politiques des listes 1 comme 2 ne seront pas relayées.
Concrètement, pour moi, militant de base, voyant les choses d’en bas, tout à fait d’en bas, je dirais même d’en dessous :
S’il y a une liste d’union, je distribuerai des tracts sur le marché et ailleurs. J’y rencontrerai des camarades d’un autre parti soutenant la même liste. Nous aurons un salut fraternel. S’ils sont ici j’irai à un autre point pour toucher d’autres passants. Si l’un manque de papier il puisera dans le stock de l’autre, c’est le même.
Un électeur s’arrêtera pour me dire qu’il est d’accord, qu’il nous soutient. Un autre qu’il sera au meeting demain soir, et qu’il y mènera son voisin, ou son frère et sa belle sœur. Un troisième encore viendra, qui aura l’air inquiet et hésitant, je l’amorcerai, et il me dira « Moi je comprends pas trop, mais je connais quelqu’un de très bien, qui m’a dit qu’il fallait voter pour vous ». Je le conforterai. C’est celui qui nous fera gagner.
S’il y a deux listes, je distribuerais sur le marché des tracts pour ma liste. J’y rencontrerai des militants de l’autre liste. Nous aurons un bonjour crispé. Je resterai à proximité pour occuper le terrain. Un électeur lambda viendra demander pourquoi il n’y a pas unité ? Je lui en expliquerai le pourquoi, et que s’est de la faute de l’autre. Alors il ira trouver l’autre qui lui expliquera un autre pourquoi et que c’est de la faute du premier. L’électeur triste et lassé, rentrera chez lui, il réfléchira à ce que l’un et l’autre lui ont expliqué : Ce que vous expliquez dans le débat de ce jour dans l’Humanité.
En substance le désaccord porte sur la vision de l’avenir. Vouloir le contrôler est légitime, mais l’avenir est par nature inconnu. Il peut changer de façon imprévisible.
S’y imaginer revient à vendre la peau de l’ours avant de l’avoir posé par terre…
Alors l’électeur triste et lassé trouvera, comme moi, ces raisons certes réelles, mais un peu secondaires en regard des urgences du présent.
Alors il sentira que tout cela le dépasse, il renoncera à en discuter au bureau ou à la réunion de famille, il n’ira pas convaincre mon troisième interlocuteur. Il s’occupera de ses problèmes à lui, de sa famille de ses enfants. Il deviendra un individualiste.
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S’il y a une seule liste, les militants se défonceront. Ils seront présents le samedi sur les marchés et aussi dans la semaine. Ils seront encouragés en recevant en retour de ces électeurs de base une chaude approbation. Ils auront, comme nous l’avons eu au référendum, la sensation « que la mayonnaise est en train de prendre ».
S’il y a deux listes, les militants devront ramer dur, à contre courant, en se heurtant au scepticisme au pessimisme des électeurs, ils se décourageront, ils s’épuiseront.
Ce ne sont pas les 9 000, adhérents du NPA ni les XX 000 adhérents du PCF du PG ou du MRC qui peuvent interpeller, dialoguer, expliquer à 45 millions d’électeurs…
Les diverses composantes de la gauche de gauche ont le choix entre deux éventualités :
Ensemble, s’entendre et gagner un terrain formidable.
Ensemble, se diviser, perdre toute crédibilité et aller au trou.
Ils ne parviennent pas à s’entendre ?
Les uns et les autres nous expliquent qu’en Palestine, le Hamas et le Fatah devraient se réconcilier, et qu’une négociation pourrait alors aboutir entre palestiniens et israéliens. Serait ce plus compliqué entre MRC, NPA, PCF et PG devant les urgences du présent ?
Vu d’en bas, vu d’en dessous, j’entends une phrase qui remonte au Front Populaire en 1936 : « …Nous serons unitaires pour deux ».
Bien fraternellement à tous ceux qui m’ont lu.
Recevez mesdames messieurs mes meilleures salutations.
Giovannetti Germain
21 février 2009
Droite-Gauche : Quelle différence ?
Qu’est-ce qui différencie les partis de Gauche? Je ne répondrai pas à cette question dans cet article, car il me semble plus important, dans un premier temps, d’aborder les notions de droite et de gauche.
Nombreuses sont les personnes qui ne se retrouvent plus en politique. Les cartes ont été tellement brouillées qu’il devient de plus en plus difficile de donner un sens aux mots. Qui est à droite, qui est à Gauche? La droite et la Gauche, qu’est-ce qui les différencie? Peut-on être capitaliste de gauche, chrétien de droite, homosexuel du Centre, féministe de l’extrême ?
Pourquoi ce sont deux socialistes qui dirigent les organismes les plus capitalistes de la planète : Organisation Mondiale du Commerce (OMC) et Fonds Monétaire International (FMI). Sarkozy est-il socialiste ? Est-on stalinien lorsqu’on vote PCF ? Le PEN a voté Non au Traité Constitutionnel Européen, Comme Gilles Bourdouleix et Arlette Laguiller. Bourdouleix et Le Pen sont-ils à l’extrême gauche ? Simone Veil, à l'origine du droit à l'avortement, était-elle de gauche?
Je vais tenter, en quelques articles, de donner quelques points de repère, forcément subjectifs et partiels, qui devraient permettre de mieux s’y retrouver. Je compte naturellement sur les lecteurs de ce blog pour enrichir et rectifier certains de mes propos.
A droite :
l’homme est au service de l’économie.
L'argent est la récompense principale de la réussite économique.
A gauche :
l’économie est au service de l’homme.
Le mieux vivre est la conséquence principale de la réussite économique.
Les conséquences dans les domaines sociaux , de la propriété et du travail sont simples.
A droite, on considère que le droit de propriété est un droit inaliénable et transmissible. En cas d’opposition entre économie et autre chose, l’ économie est favorisée. Le contrât entre deux individus est la base de la relation et le repère essentiel de la loi.
A gauche, l’économie doit permettre à l’individu de vivre de la façon la plus acceptable possible. C’est pourquoi le rôle de la collectivité est si important. Grâce à l’Etat, on peut créer un cadre de règles, de lois, qui protègent l’individu face aux pouvoirs constitués (économique, groupes de pression, …), et oriente les formes de l'économie.
A droite, la concentration des pouvoirs économiques dans un petit groupe, permet l’avènement des dictatures.
A gauche, la concentration des pouvoirs accordés à l’Etat dans un petit groupe, permet l’avènement des dictatures.
Se balancer des nom de dictateurs de Droite ou de Gauche est totalement stérile, dans la mesure où les notions de droite et de gauche n'ont rien à voir là dedans. Faire croire que le Capitalisme mène à la démocratie est un non sens.
Et au Centre ?
En général, la position du Centre, représentée en fonction de l’histoire par divers partis politiques, est de profiter d’un peu de capitalisme économique (enrichissement excessif d’une minorité), afin de dégager quelques miettes qui permettront d’adoucir les conséquences de ce système économique. Une telle position pourrait paraître presque raisonnable si elle était viable. Ce n’est pas le cas.
Quelle voie pour l'avenir?
L’expérience montre que le capitalisme s’est développé sur l’utilisation sans frein des ressources naturelles et donc, au préjudice écologique de toutes et de tous. Tant que ces ressources semblaient illimitées, les salariés des pays riches profitaient effectivement de ce système, sans se rendre compte des conséquences catastrophiques provoquées dans les pays détenteurs de ressources naturelles. Ce furent les 30 glorieuses, que l’on peut dater de 1946 à 1973. Mais on s’est rendu compte qu’en période de crise, le pouvoir financier accumulé par les capitalistes, était utilisé au détriment des salariés, par le biais d’une modification du code du travail et des droits des salariés. Les délocalisations sont devenues un véritable outil au service des dirigeants de société pour faire pression sur les salariés. La position mi-figue, mi-raisin n’est pas tenable. C’est pourtant cette position qu’adoptent des partis politiques tel le Modem, la direction du Parti Socialiste, une partie des Verts. Au-delà de l’affirmation politique, les actes traduisent une volonté de s’accrocher à un « juste milieu » qui n’a plus aujourd’hui les moyens de s’affirmer. Ne pas s'affirmer dans un rejet clair du capitalisme, c'est accepter de voir le pouvoir économique d'une minorité s'étendre de plus en plus (pourquoi serait-il freiné, puisqu'il est présent dans presque tous les domaines), et , dans un monde limité, voir les pauvres encore plus pauvres, et les classes moyennes s'appauvrir.
Ce qui n'est ni de gauche, ni de droite.
De nombreux sujets ne sont pas nécessairement propre à la gauche ou propre à la droite.
On a vu que les dictatures existaient à droite comme à gauche.
Le droit à l'avortement, s'il rencontre une très forte opposition dans les milieux très à droite, a été défendu avec courage et conviction par Simone Veil (centre droit à l'époque).
La peine de mort a été abolie par la gauche, mais une partie de la droite n'était pas hostile sur le fonds.
Le nationalisme et le refus de l'Europe se retrouvent aussi bien dans des partis de gauche (Chevénementistes, par exemple), qu'à droite, chez Le Pen, Bourdouleix ou De Villiers.
En revanche, la notion de "décroissance", c'est à dire la réflexion sur l' utilisation des productions et la limitation de leur impact sur la planète, est une notion totalement de Gauche, s'opposant radicalement au capitalisme.
Maintenant, une question demeure : Comment la Gauche peut-elle traduire politiquement la mise en place d'une alternative au Capitalisme et au libéralisme .
Jean Philippe Parmantier
Pétition : "Travailler tue en toute impunité : pour combien de temps encore ?"
Le constat est sans appel : le travail rend malade et tue tous secteurs et toutes catégories professionnelles confondues. Le nombre officiel des maladies professionnelles reconnues a explosé : 13 658 en 1996, 52979 en 2005. Le nombre d’accidents du travail graves et mortels reste très élevé : 537 décès en 2006, soit 13% de plus en un an. Ces chiffres officiels sont – on le sait – grandement sous-estimés en raison notamment d’une importante sous-déclaration. Les suicides directement liés au travail sont estimés à 400 par an, pour la plupart non reconnus comme accidents du travail. Plusieurs millions de salariés sont exposés, sans aucune protection, à des produits connus pour être cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction, contribuant ainsi grandement aux inégalités sociales face au cancer : un ouvrier a dix fois plus de risque de mourir du cancer avant 65 ans qu’un cadre supérieur.
Cette situation ne tombe pas du ciel : elle est le résultat de politiques d’entreprises, tant privées que publiques, pour lesquelles les coûts sociaux doivent être toujours plus compressés. Ces politiques ont privilégié et généralisé la sous-traitance, et intensifié le travail comme jamais depuis de nombreuses décennies. Et l’inspection du travail comme la médecine du travail n’ont toujours pas les moyens d’assurer leurs missions.
La lutte opiniâtre des victimes, de leurs associations et syndicats a permis des avancées, mais la course au profit sans entrave sème toujours la maladie et la mort.
Alors que le simple voleur de sac à main est condamné à 6 mois de prison ferme devant le moindre tribunal correctionnel en comparution immédiate, l’employeur coupable d’homicide dit involontaire à l’égard de son salarié, après des années d’instruction, est condamné - quand il est déclaré coupable - à quelques mois de prison avec sursis.
La mise en danger délibéré d’autrui par des choix de politique économique bénéficie dans ce pays d’une incroyable mansuétude. Les employeurs ne sont pas considérés comme de véritables délinquants. Trop souvent les procédures relatives à des accidents mortels du travail sont classées sans suite. Trop souvent les condamnations – lorsqu’elles interviennent - ne touchent que les employeurs en bout de chaîne de sous-traitance et sont symboliques. Les grands donneurs d’ordre y compris l’Etat, dont la responsabilité dans l’organisation du travail est pourtant essentielle, ne sont qu’exceptionnellement concernés et les indemnisations largement insuffisantes.
L’amiante est emblématique de ce que nous dénonçons : alors que le risque est connu depuis des décennies, que des milliers de personnes ont perdu leur vie et vont la perdre dans les prochaines années du fait de l’incurie manifeste des entreprises concernées, voire de leurs choix délibérés, Justice n’est toujours pas faite.
L’inégalité des armes entre le salarié et son employeur est patente et scandaleusement disproportionnée : l’égalité devant la loi est devenue une pure fiction.
Cette injustice se nourrit du silence collectif.
Les soussigné-e-s entendent dénoncer ici et maintenant cette situation inadmissible et intolérable.
Ils et elles exigent que la délinquance patronale soit enfin sanctionnée : la loi pénale doit être pleinement appliquée aux employeurs.
Ils et elles exigent que des moyens humains et financiers soient dégagés pour que la justice puisse réellement faire son travail.
Aucune amélioration de la santé et de la sécurité au travail n’est possible tant que la justice fonctionne à deux vitesses.
Aucune avancée n’est possible tant que les donneurs d’ordre pourront s’abriter derrière les règles du droit commercial pour s’exonérer de leurs responsabilités.
Tous et toutes ensemble nous disons : ça suffit ! Et nous agirons pour que cela cesse.
Signer en ligne : http://www.fondation-copernic.org/petition/index.php?petition=3
Maine et Loire - création de la Fédération
Le titre donné par Ouest France, dans sa publication du 21 février, prête à confusion. La Fédération n'est pas une force politique supplémentaire, mais la Fédération de mouvements, associations et partis politiques existants. Sur le département, les alternatifs et la Gauche Alternative Choletaise sont les premières composantes.
La Fédération, c'est la Fédération de toutes et de tous. Parmi les personnes membres de la Fédération, on retrouve aussi bien des Alternatifs, des Verts, des membres du Parti Communiste Français, de récents membres du parti de Gauche, des décroissants, et probablement des personnes proches, voir membres du NPA. Mais, de nombreux militants actifs ne sont membres d'aucun parti.
Prochainement, une réunion de lancement sera proposée. Nous comptons sur la volonté d'action de chacun, qu'il soit déjà politiquement engagé ou non, afin de construire localement un travail collectif.
20 février 2009
Des pistes à court terme pour sortir de la crise
La crise que nous vivons est la traduction de la rapacité des hommes dans un système capitaliste dérégulé et mondialisé. Prêts accordés en tirant des plans sur la comète (les subprimes aux USA, mais aussi les prêts à 25-30 ans en France), recherche de taux de rendement invraisemblables au détriment du respect des droits des travailleurs et de l’avenir de la planète, suppression des contrôles des Etats sur les flux financiers, protection de fait des paradis fiscaux (une fraude fiscale de fait) tels que le Luxembourg. Et tout cela habillé du joli mot de mondialisation, un univers impitoyable à défaut d’être indiscutable ! Cette mondialisation, associée à la volonté des grands patrons (à l’exemple de Mittal) de maintenir leurs profits, fait rebondir la crise de continent en continent et de pays en pays.
La réalité étant ce qu’elle est, les réponses purement nationales ne seront pas suffisantes, mais elles ne peuvent être repoussées. La construction de l’Union Européenne s’est faite au nom du libre échange à l’intérieur de l’UE mais également envers l’extérieur ; ces choix ont sans doute été favorables aux fabricants d’avions, de centrales nucléaires et de TGV, mais se sont effectués au détriment d’un certain nombre de secteurs qui relèvent de la vie quotidienne (textile par exemple). Au niveau national, comme au niveau communautaire, l’urgence est de redonner confiance. Il faut donc poser le principe de la limitation des importations aux produits et services qui respectent les conditions de travail et de respect de l’environnement en vigueur en Europe. Il faut par ailleurs abandonner le Traité Constitutionnel Européen et dénoncer le Traité de Maastricht afin de maintenir des services publics hors du secteur marchand.
Au niveau national, les plans d’investissements annoncés sont pour partie le rattrapage par l’Etat de ses engagements (contrats de plan Etat Régions par exemple), pour partie de nouveaux engagements dont certains discutables :
- la priorité en matière ferroviaire n’est pas dans le TGV mais dans un effort de longue haleine sur l’Ile de France, au réseau sous entretenu depuis plus de 20 ans, et dans les liaisons interrégionales délaissées du fait du choix commercial imposé par l’Etat à la SNCF (exemple de Nantes-Bordeaux, de Caen Tours, de Nantes Lyon par Roanne)
- il faut, contrairement aux choix des gouvernements de droite depuis 2002,subventionner immédiatement les tramways en cours, afin d’éviter que les agglomérations ne renoncent du fait de la crise économique.
Soutenir l’investissement à moyen terme est une chose, mais n’est pas suffisant : la confiance passera par une relance du pouvoir d’achat. La réponse de Sarkozy consiste à dire que la relance de la consommation entraînerait une hausse des importations ; en suivant la logique de ce raisonnement, faudrait-il réduire encore le pouvoir d’achat pour diminuer encore ce risque ? Mais, soyons sérieux et donnons quelques pistes possibles.
Plutôt que d’augmenter le SMIC brut, ce qui peut poser problème à court terme dans un certain nombre d’entreprises, il est possible d’augmenter le SMIC net par la réduction totale (8 % des salaires) ou partielle de la CSG, réduction plafonnée au niveau de ce même SMIC même pour les salaires plus élevés. L’Etat prendrait en charge ce manque à gagner pour la Sécurité Sociale dont le coût maximal serait de l’ordre de 25 à 30 milliards d’Euros, une somme équivalente aux réductions de cotisations patronales accordées sans guère de justification économique sérieuse. Par justice, il convient également de réduire la CSG sur les retraites. Le financement partiel de ces mesures pourra être trouvé dans la suppression du bouclier fiscal qui profite surtout aux plus riches
Par ailleurs, puisque certains disent qu’il faut profiter de la crise pour réformer, profitons en positivement pour accorder les Allocations Familiales dès le 1er enfant, d’un même montant pour tous.
Les mesures présentées ont le mérite de redonner de la confiance à travers le pouvoir d’achat, tout en corrigeant des injustices (CSG et allocations familiales). Elles sont fort éloignées des mesures de saupoudrage annoncées hier par M Sarkosy. Car la question n’est pas d’aider les « classes moyennes », concept flou et fourre tout, mais bien les milieux populaires, ouvriers, employés, etc…, qu’ils soient en activité, au chômage ou à la retraite, et qui souvent ne sont pas imposables à l’impôt sur le revenu.
Mais elles ne pourront éventuellement être mises en œuvre que sous la pression populaire, et probablement grâce à la grève générale reconductible qui seule peut faire reculer le grand patronat dont le gouvernement sert les intérêts.
Marc Gicquel - Monique Ballard - Les Alternatifs 49
Appel à candidature : enseignants à mâter.
En clair, l'Ecole des Moines, de Saint Quentin Fallavier, dispose d'un personnel enseignant qui fait de la résistance aux déformes de Darcos. Donc, il faut d'urgence mâter ce petit groupe de résistants et leur rappeler qu'il faut obéïr aux ordres.
Allons, en septembre, on peut être sûr que cette école bénéficiera de la nouvelle déforme de l'Education Nationale, qui consiste à mettre à la tête de chaque école un chef tout puissant désigné par l'Etat.
Car les nouveaux établissements scolaires de l'école primaire seront interdits, au niveau de la direction du Conseil d'Administration, .... aux enseignants.
Les parents en seront dégoûtés. (ils ont autre chose à faire que gérer une école), les municipalités se garderont bien d'intervenir dans un domaine qui risque de leur mettre des électeurs à dos. Donc, il ne restera que le représentant directeur nommé par l'Etat.
Ce qui est le plus intéressant, dans cet appel à candidature , c'est la petite phrase à la fin :
"de préférence, remplir les conditions pour être nommé régulièrement dans la fonction."
Cela sous entend que l'administration est prête, pour mâter les importuns, à nommer irrégulièrement un directeur.
Et , malgré toutes les dérives constatées depuis 18 mois, certains me reprochent encore de parler de "mise en place de dictature".
Nous n'en sommes qu'au début, car il y a plus de 100 ans de progrès social à casser par le gouvernement. Et en 100 ans, nos ancêtres avaient pas mal travaillé. C'est aujourd'hui et encore plus demain que nous en apprécierons à retard , les bienfaits.
Jean Philippe
19 février 2009
France2 - Méchant noir, gentil blanc.
On n'y va pas de main morte, au journal de France 2. Pujadas connaît sa leçon. Gentils blancs, méchants noirs.
En 10 secondes, manifestation pour montrer des guadeloupéenes silencieux (Hélas) .
Mais, après , on se délecte. La nuit (ça fait plus série télé) on nous montre des gendarmes français sur la défensive. Enfin, on imagine, car en fait, on ne voit rien et les commentaires alimentent notre imagination. Puis, des jeunes, masqués , mais qui, grâce aux commentaires, se transforment en menace. C'est sûr, ces d'jeun's, faut les mâter. Et puis, voilà les terrorisés, seulement jeunes, sortant de leur yacht déclarant au journaliste qu'ils ne peuvent plus se déplacer en sécurité.
Discrêtement, on nous suggère que l'envoi de gendarmes pourrait calmer le jeu.
Merci, monsieur Pujadas. Dans quelques années, Goebbels vous remerciera.
Parce que ce qu'on a vu, ce sont des noirs qui demandent le respect.
Et ce qu'on nous a suggéré, ce sont des blancs et des gendarmes qui sont harcelés et mis en danger par une population hostile.
Au fait, ce n'est pas Giscard qui, dans la fin des années 1970 , s'était retrouvé à reculer devant les colons français des Antilles et avait abandonné son projet de revitalisation du monde antillais? Disons que cette reculade, à l'époque, avait été aménagée de façon conviviale.
Ah, j'oubliais, les Antilles, c'est Chantal Goya. c'est chouette, non!
Jean Philippe Parmantier
