Un smicard est quelqu'un qui, quelque soit son énergie au travail, son efficacité, ne gagnera que le SMIC. Et sur un curriculum vitae, la seule mention de son salaire actuel réduit l' amplitude des postes auxquels il peut prétendre. Son salaire est déjà sa première peine. Le travail qu'il exécute est souvent ingrat, parfois pénible et toujours méprisé par ceux qui établissent les échelles de salaire.

La deuxième peine découle de ce qui a provoqué la première: l'espérance de vie réduite. Avoir un travail rémunéré au smic est rarement une ambition. Chez les smicards, le travail est plus souvent subi, relève plus fréquemment de la contrainte quotidienne que de l'épanouissement personnel. Je sais que mes propos souffrent d'exception, mais ils sont représentatifs d'une forte majorité. D'autant que les travaux les plus pénibles sont souvent les moins bien payés. Travail subi, pénibilité sur une période prolongée, manque d'autonomie  rendant l'activité encore plus stressante, voilà des éléments qui conduisent à l'usure prématurée du corps. Rien d'étonnant à ce que les salariés vivant dans ces conditions aient une espérance de vie plus courte. 

La troisième peine découle des précédentes et de l'absurdité du système de retraite, non seulement celui que tente de mettre en place le gouvernement, mais aussi ccelui que nous nous connaissons depuis plus de 60 ans. Il s'agit du prolongement des inégalités d'avant retraite, au delà de la période d'activité:

Salarié sous payé tu as été toute ta vie, retraité sans le sou tu finiras ta vie.

Oui, il faut réformer le système de retraite, mais cela n'a de sens que si on en reprend les fondements qui sont le droit à vivre dignement de chaque être humain. Il est inacceptable que des retraités aient des revenus mensuels de  plusieurs dizaines de milliers d'euros mensuels tandis que d'autres ont à peine 600 euros.

On pourrait ajouter à cette triple peine l'insulte qui est faite à tous ces retraités subissant encore au terme de leur vie l'arrogance de leurs exploiteurs.

Nous, on a tout ça parce qu'on le vaut bien.

Toi, tu ne vaux rien, c'est pour cela que tu n'as rien.