Dexia : la banque qui fait vaciller les systèmes européens. La banque qui , de Bruxelles à Marseille, met en émoi la faune journalistique et accélère la circulation des bits informatiques des traders, au son de cloche de la spéculation.

En résumé : 31 décembre 2007, l’action cote 17 euros

                    4 octobre 2011, l’action clôture à  1 euro.

 En plus long :

 31 décembre 2007 : le cours de l’action Dexia est à 17 euros. Tout va bien. Le nouvel administrateur, Christophe Béchu, Président du Conseil Général de Maine et Loire, s’en félicite. Ses 20 000 euros annuels de rémunération d’administrateur n’y sont pas étrangers (à l'auto-félicitation).

Septembre 2008 : la crise des subprimes (produits toxiques) créé une pression énorme sur Dexia.

Le 30 septembre 2008, le groupe annonce la démission de ses deux principaux dirigeants, Pierre Richard et Axel Miller. (salaire fixe 825 000 euros, bonus plafonné à 1,8 millions d’euros.) Une indemnité de 825 000 euros est allouée par le Conseil d'Administration à Axel Miller.

Le 7 octobre 2008, les remplaçants sont nommés :  Jean-Luc Dehaene et Pierre Mariani, ce dernier étant un ami de Nicolas Sarkozy.

Octobre 2008 : Dexia, à la limite de la faillite, est aidée par les états belges et français à hauteur de 6,4 milliards d’euros. La France, La Belgique et le Luxembourg apportent leur garantie à la banque à hauteur de 150 milliards d’euros. (2000 euros par habitants de la zone) Ces états ont donc engagé près de 8000 euros de garantie en votre nom si votre famille comporte un père, une mère et deux enfants.

13 novembre 2008, le Conseil d’administration, auquel appartient Christophe Béchu vote à l’unanimité le salaire du nouveau dirigeant en très forte hausse:  1 million d’euros de salaire annuel et 2,25 millions de plafond de bonus.

 C’est dire si les administrateurs

ont confiance en la compétence

des nouveaux dirigeants.

Fin 2008 : L’exercice de Dexia finit avec une perte de 3,3 milliards d’euros.

En janvier 2009, Christophe Béchu, président du Conseil Général de Maine et Loire démissionne du conseil d’administration de Dexia.

 Le 4 octobre 2011, le scénario d'un démantèlement de Dexia est évoqué mardi dans la presse française, belge et internationale. L'action en bourse de la holding s’effondre de 37,7% à 0,81€ par action en début de séance à Paris et Bruxelles

Bien évidemment, il n'est pas question de dire que Christophe Béchu est responsable d'un fiasco qui le dépasse très largement. Il s'agit plus simplement de dénoncer ces porteurs de voix, levant la main en échange de la satisfaction de "faire partie de ...". En soutenant un parachute doré pour les anciens dirigeants incompétents, en votant pour une augmentation de salaire pour de nouveaux dirigeants tout aussi incompétents, Christophe Béchu a montré lui aussi que, petit dans le monde des grands, il était incapable de jugement. La moindre des choses aurait été qu'il rembourse les indemnités qu'il a perçues au nom de son incapacité à accomplir un simple devoir de contrôle dans une activité où le bon sens était un moteur de réussite.

Jean Philippe Parmantier