Entretien « presque » authentique (mais un peu inventé) entre Jean Marc Ayrault  président du groupe socialiste du PS et député de Loire Atlantique et Francois De Rugy, député d’Europe Ecologie les Verts, de Loire-Atlantique. 

« - Dis, Jean Marc ! Je me pose une question. Mon parti, et moi-même, bien sûr, on est contre le projet d’aéroport de Notre dame des Landes. Mais ton parti est pour. C’est bien pour cela que Cécile (Duflot) et Martine (Aubry) ont pu dire qu’on était d’accord sur le fait qu’on n’était pas d’accord. Mais en Loire Atlantique, comment on fait ?

-Allons François, châtie mieux ton phrasé. Je vais t’expliquer.. A l’Assemblée Nationale, tu votes pour qui tu veux ou pour ce que tu veux. De toute façon, ton vote n’a pas d’importance. Il me servira à te botter les fesses lorsque j’en aurai besoin. Actuellement, le Parti Socialiste est minoritaire et tu ne nous sers à rien. Quand on aura battu Sarkozy, on aura la majorité et ton vote sera tout aussi inutile ! C’est lorsque l’électeur approche sa main de l’urne du deuxième tour que tu nous intéresses.

-Si je comprends bien, ce qui est utile au PS, c’est la polarisation des votes. Les petits partis sont des compléments qui, le temps de l’élection, font la différence.

-Tu as tout compris ! Tu es très intelligent, François ! Au Conseil Régional, les Verts sont minoritaires, bien qu’ils aient grandement contribué à notre victoire. Les deux groupes qui comptent lors des élections, les partis qui remportent la mise au deuxième tour, ce sont l’UMP et le PS. Regarde pour le lycée public de Beaupréau, ton copain Olivier, il avait peur de s’affirmer tant qu’une décision n’était pas prise. Au sein même de son parti, il tergiversait. Sans le PS (et le soutien officiel de DSK à Cholet) il n’y avait pas de décision prise. Pour l’aéroport de Notre dame des Landes, ne te soucie pas. Tes copains votent contre. Vous criez haut et fort : « Nous, on a des convictions ! ».  Continuez ! Et les élus PS  qui sont passés grâce aux voix de vos électeurs, ils votent pour l’aéroport.  Vous criez vos convictions pendant que nous appliquons les nôtres.

- Alors, Jean-Marc, si je te comprends bien,  je compte pour du beurre.

-Non ! François, tu nous es utile ! Si tu n’étais pas là, alors, les personnes qui votent pour toi voteraient autrement. Elles ne voteraient pas pour l’espérance mais pour un véritable changement. Nombreux sont ceux qui ont compris que la frontière entre le PS et l’UMP était une simple question d’opportunisme. Tu es leur anesthésiant.  L’écologie est une véritable question de société, englobant l’économie, le social, la démocratie… Plein de gens le comprennent. Il est important que tu amènes tes électeurs à voter pour les socialistes. D’ailleurs, si tu pouvais convaincre Eva d’adhérer chez nous. Pour Nicolas (Hulot)  qui t’accuse de l’avoir dénoncé, tu aurais plus de chance avec l’UMP. »

François se mord les lèvres. Il se souvient de ceux qui ont quitté son parti, afin d’éviter pareille humiliation !

Jean Philippe Parmantier