« La nation garantit l'égal accès de l'enfant et de l'adulte à l'instruction, à la formation professionnelle et à la culture; l’organisation de l'enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de l’État.»

Pour le code de l'éducation les choses sont claires. L’état doit assumer ses responsabilités partout en France. Eh bien non ce n'est pas comme ça que les choses se passent dans le Maine et Loire et plus particulièrement dans les Mauges où une commune sur deux n'a pas d'école publique.

Comment se fait-il que le président du CG s'obstine à ne pas respecter un des principes fondamentaux de la République. On ne peut pas imaginer que M. Béchu ne soit pas un bon républicain. Alors pourquoi?

Tout d'abord la droite et ses alliés libéraux de tous bords ont à terme un objectif, offrir aux financiers le marché juteux que représente l'éducation. L'enseignement privé fonctionne comme un laboratoire. Il est le cheval de Troie de cette politique. C'est dans le privé en effet que sont expérimentés la plupart des régressions imposées ensuite dans le public. Mise en concurrence des établissements et des personnels, pouvoir accru des chefs d'établissements, autonomie des établissements, j'en passe… Ainsi l'enseignement privé obtient chaque année de nouveaux privilèges. Sur les 16000 postes supprimés en 2011 seulement 10% touchent le privé alors qu'il scolarise 20% des élèves.

Sur le plan local, ce sont des considérations bien plus terre à terre qui expliquent l'acharnement avec lequel M. Béchu et sa majorité refusent de construire un collège public à Beaupréau. Il faut lire le document de Dom Sortais, nom de l'établissement qui regroupe le collège et les lycées privés de Beaupréau, pour comprendre. Ce document est adressé aux élus de la communauté de commune pour dénoncer les dangers d'une implantation d'un établissement public à Beaupréau.

L'ensemble Dom Sortais doit rembourser un emprunt de 5 000 000 d'euros. Cet emprunt a été contracté en 2004 sur les bases démographiques de l'Insee et une étude prospective des effectifs d'élèves jusqu'en 2015 dans l'hypothèse que le maximum de jeunes des Mauges viendrait étudier dans l'établissement privé. C'est ce critère qui a été pris en compte par la banque.

Tout le monde comprend bien que dans un tel contexte, l'implantation d'une cité scolaire publique viendrait perturber les plans du privé. Les responsables de Dom Sortais ont bien compris ce que M. Béchu feint de ne pas comprendre. « L'implantation d'un établissement public se ferait donc à effectif constant d'élèves potentiels et entraînerait automatiquement une baisse des effectifs dans nos établissements » Pour les dirigeants du privé : « L'ouverture d'un établissement public se traduirait par une perte de 100 élèves la première année et ainsi une perte d'environ 300 élèves sur trois ans ». Il faut sauver les intérêts financiers des établissements privés. C'est depuis le début ce qui motive le refus du CG.

Pourtant partout dans les Mauges les parents s'organisent pour ouvrir des écoles publiques dans leur commune. Pris de court les autorités ont été obligées de céder à Gesté, à Jallais et à Andrezé. Depuis la droite locale a mobilisé ses réseaux pour essayer de stopper le phénomène. Du député maire de Cholet aux élus des communes des Mauges tous du même bord en passant malheureusement par certains chefs d'établissements publics de Cholet, ils communiquent sur le thème du danger que représenterait une cité scolaire publique sur les établissements du secteur sans jamais citer Dom Sortais...

Pour nous, il n'y a pas de problème d'effectifs. Nous l'avons démontré en faisant une simple projection des chiffres des écoles publiques des Mauges rurales auxquels il faut ajouter ceux du privé comme l'ont démontré les responsables de Dom Sortais. Les établissements publics et leurs personnels ne seront pas pénalisés. Au contraire l'offre publique augmentera, globalement le nombre d'élèves dans les établissements publics sera en hausse et des postes devront être créés.

Aujourd'hui, à la Romagne, au Longeron, à la Tourlandry, des parents s'organisent pour ouvrir une école publique dans leur commune. Les maires, soutenus par l'Inspection Académique, refusent ou imposent des conditions inacceptables. La dernière idée en date consiste à proposer une école pour 3 communes, Le Longeron, La Romagne et Torfou alors qu'elles ont toutes une école privée. On voit là encore la volonté de l'Inspection Académique et des politiques locaux de favoriser le privé.

Reste la question du financement. C'est la crise, le poids de la dette, prétexte pour ne pas investir et détruire ce qui reste du service public. Nous voulons dire ici que la construction d'un collège public n'est pas une dépense supplémentaire. On ne demande pas un plus, un nouvel aménagement pour répondre à l'intérêt particulier de quelques uns, un nouveau parc à thème... Il s'agit ici de réparer une injustice et de se mettre en conformité avec la règle républicaine. Comme nous sommes des gens responsables et partisans des réponses concrètes nous proposons aux élus du Conseil Général deux pistes de réflexions. Tout d'abord il serait peut-être bon de s'intéresser aux nombreux collèges privés du secteur dont un fonctionne avec moins de 200 élèves ce qui ne correspond pas aux minimum que M. Béchu a lui même fixé pour assurer la pérennité d'un collège. Ensuite nous vous proposons d'utiliser les 10 000 000 d'euros consacrés «  à la prise en charge d'une partie des frais de fonctionnement des collèges privés du Maine et Loire dont 2 000 000 pour l'entretien et l'équipement du patrimoine des établissements privés ».

On pourrait continuer comme ça longtemps. On a bien compris la volonté politique de la majorité du Conseil Général du Maine et Loire de protéger les intérêts des établissements privés du département. Les arguments sur les effectifs et sur la pérennité d'un collège public à Beaupréau ne tiennent pas. La population, les mentalités, les aspirations évoluent. M. Béchu vous défendez un monde qui n'existe déjà plus. Le collège public de Beaupréau ouvrira. Un jour ou l'autre vous y viendrez. Le plus tôt sera le mieux.

 

Pour le collectif pour la promotion de l'école publique dans les Mauges

Christophe Airaud