08 juillet 2009
Saint-André - Intermarché développe le chômage en faisant travailler gratuitement ses clients.
C’est le nouvel axe de développement d’Intermarché de Saint André de la Marche (49). Depuis peu, les responsables locaux ont donné comme consigne à leur personnel de promouvoir le travail gratuit de leurs clients , leur permettant de contribuer au développement du chômage. Ne souhaitant pas contrevenir à leur obligation de loyauté, les employés font une très discrète promotion de ce qui assurera leur probable futur licenciement.
Précisons : le magasin Intermarché de Saint-André, faisant suite au très local Ecomarché de la même localité, avait usé de l’argument de création d’emploi (en en tuant ailleurs) pour justifier leur implantation près de la 2x2 voie Cholet-Nantes. Bien qu’ayant exclu l’implantation d’une pharmacie dans leurs locaux (afin de préserver le service de proximité aux personnes âgées), ils ont accepté des plans prévoyant l’intégration d’une pharmacie, provoquant la disparition de la pharmacie locale. Maintenant, ces mêmes dirigeants proposent l’utilisation d’un passage « Caisses libre service ». Le client est utilisé Librement par la direction pour Servir de Caisse enregistreuse gratuite. En clair, il n’y a plus de caissier/caissière. Le client fait le boulot à la place.
Donc, cette grande surface, qui argumentait de la création d’emplois nouveaux (mais détruits ailleurs), se propose de faire travailler gratuitement ses clients pour remplacer le personnel employé. Car, bien évidemment, faire travailler le client est plus rémunérateur que payer le salaire des employés. Les vacances, période de congés, sont le moment le plus favorable pour mettre les employés et futurs licenciés devant le fait accompli.
D’un point de vue écologique, on peut dire que les employés d’Intermarché, vivant de légumes, viandes et autres produits, ne nécessitent pas l’ extraction de métaux lourds polluants et de pétrole pour les faire fonctionner, contrairement aux machines utilisées.
De plus se pose la question de savoir si le consommateur doit être aussi acteur de la destruction du travail, c’est-à-dire travailleur bénévole au service des grandes surfaces.
Comment agir , en tant que citoyen, pour ne plus contribuer à cette destruction du travail par utilisation des ressources planétaires.
Ce n’est pas moi, grandement contributeur de ce blog, militant tous azimuts, qui serait à l’origine d’une action. La prise en charge de la vie quotidienne n’est pas du fait d’un petit groupe de militants. Chacun a sa responsabilité dans l’initiative et la conduite de l’action.
Alors,
Si vous êtes du secteur concerné et que vous n’êtes que peu engagé, faites.
Ne comptez plus sur les autres comptez sur vous.
Jean Philippe Parmantier.
13 mai 2009
L'affaire Coupat - l'Etat de non-droit
A ce jour, Julien Coupat est toujours en prison. La dernière demande de liberté déposée par son avocate a été rejetée. Il est incarcéré pour acte terroriste.
Alors, imaginez que des clous soient déposés sur une route (c'est plus dangereux que ce qui est repproché à Julien Coupat), imaginez qu'on retrouve chez vous des livres de politiques de gauche que vous avez achetés en librairie, que vous disposiez de quelques tubes, ficelles, sardines de tente et autres bricoles, que vous pratiquiez le jardinage biologique et achetiez à la Biocoop de Beaupréau ou de Cholet, vous êtes fait. Vous êtes devenu, au nom de la loi, un dangereux terroriste. De ce fait, vous ne pouvez accéder à votre dossier.
Bref, vous subissez de plein fouet l'état de non-droit.
A qu'il était doux le temps où la maman de Julien Coupat rencontrait Nicolas Sarkozy au Conseil d'Ecole.
pour rappel
Deux jeunesses françaises : Les révoltés de Tarnac
[Isabelle Monnin - Le Nouvel Observateur - 11/12/2008]
“Nos libertés sont menacées. Nous vivons dans un Etat policier.” Celle qui parle n’est pas exactement une anarcho-auto- nome. Nous ne sommes pas dans un squat, mais dans la belle bibliothèque de sa maison, face au château de Rueil-Malmaison. Il n’y a pas un bruit, un peu de musique classique peut-être. Son sourire est désolé. Son monde déboussolé. Pour Jocelyne Coupat, cette année, le 11 novembre a eu des airs de 11-Septembre. Ce matin-là, le GIGN investit en nombre le village de Tarnac, en Corrèze, où Julien, son fils, vit avec des amis. Ils sont suspectés d’avoir saboté les caténaires de trois lignes à grande vitesse le week-end précédent. La ministre de l’Intérieur convoque une conférence de presse : «Ces gens ont voulu s’attaquer à la SNCF, car c’est un symbole de l’Etat.» La France découvre qu’elle avait dans ses campagnes des terroristes d’ultragauche. Un mois après, l’enquête compte de nombreuses zones d’ombre (voir encadré). Et Jocelyne Coupat n’a toujours pas vu son fils. Alors que trois de leurs camarades ont été libérés, Julien Coupat et Yildune Lévy restent en détention provisoire, sans permis de visite pour l’instant. «On veut en faire des Bonnie and Clyde, c est n importe quoi», s emporte Michel Lévy, le père de la jeune fille. Coupat, Lévy, les deux familles ne se ressemblent guère. Les pères se sont rencontrés pour la première fois au palais de justice. Ils vivent dans des univers différents, pour ne pas dire opposés. Ils s’agacent parfois, «Michel et sa rhétorique», «Gérard et son pragmatisme», mais sont embarqués dans le même bateau : «Nous sommes les vraies victimes de l’antiterrorisme», résume Michel Lévy. Lui a eu 20 ans en 1968. Il était enfant du 20e arrondissement, fils de communistes, il est devenu vincennois, de là où la philo, la socio, la psycho refaisaient chaque jour le monde. Quand «Dany» (Cohn-Bendit) fut bouté hors de France, il repassa avec lui la frontière à pied, clandestinement. Le vent de 68 s’est essoufflé; Michel et quelques amis («le réseau, mais faut pas en parler») ont continué. Philosophie, radios libres, production de spectacles, voyages en Afrique, le voilà sexagénaire flâneur, clope et café cognac, refusant la course à l’efficacité, allergique «à la dictature de la vitesse» et admiratif de Yildune, «ma fille aînée, ma favorite, je n’en ai qu’une». Elle a 25 ans. Elle est née avec l’abolition de la peine de mort, a eu 18 ans avec le 11 septembre 2001 et, comme premier choix électoral, un duel Le Pen-Chirac. «Le siècle a commencé dans la terreur et la confusion», dit son père. Etudiante en archéologie, «vive et passionnée», selon ses professeurs,
Yildune ne se satisfait pas du monde post-11-Septembre. Sans-papiers, CPE, fichier Edvige, mallogement, elle s’interroge, elle conteste. Elle rencontre Julien Coupat. Il est plus âgé qu’elle, 34 ans. Comme la jeune fille, il aime les livres et les débats. Comme elle, il croit que l’on peut transformer la réalité. A condition de s’en décaler.
Julien Coupat est décrit par tous comme un type brillant. Mais il refuse de mettre son brio au service du «système». Fils unique de deux médecins ayant fait carrière dans l’industrie pharmaceutique, il a bénéficié de la meilleure éducation. «Il était doué et nous avions le culte des études», raconte son père Gérard, fils d’un militaire d’Algérie. Julien fait son lycée dans le privé à Passy-Buzenval puis une prépa à «Ginette». Helléniste, latiniste, il parle six langues. Chaque samedi, une bibliothécaire anime un club de lecture à la maison. La famille voyage, «nous voulions qu’il soit ouvert au monde».
Julien grandit, un peu solitaire, toujours le nez dans un bouquin. «Il était le premier partout, il pouvait faire Normale sup comme Polytechnique. Nous avons tranché la poire au milieu» : ce sera une école de commerce, l’Essec, la dernière chose que ses parents lui imposent. Il ne leur a pas encore expliqué qu’il ne supporte pas l’idée même de carrière. Il s’inscrit à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales, décortique Guy Debord, croise Toni Negri et Giorgio Agamben et se lie avec Luc Boltanski. Devenu «post-situ», il forge sa conviction : «Il m’a dit qu’il était profondément communiste», raconte son père. Pas vraiment le genre de la maison qui oscille entre Modem et UMP, mais l’amour parental ne se mesure pas au bulletin de vote. D’ailleurs Julien ne vote pas.
L’écrivain Jean Carrière, avec qui, adolescent, il faisait de longues et âpres randonnées sur le mont Aigoual, disait de Julien qu’il était «un mutant». Un mutant qui veut faire de la recherche, mais refuse de passer l’agrégation pour n’obéir qu’à son intuition. Il crée avec des amis «Tiqqun», revue «du parti imaginaire».
En 2004, il passe à l’application concrète de ses idées et imagine avec des amis le projet du Goutailloux, cette ferme du plateau de Millevaches où ils réinventent une autre façon de vivre ensemble. Chaque décision est prise collectivement. Il y a là des écolos, comme Benjamin Rosoux(également mis en examen pour les sabotages), diplômé de Sciences po et de sociologie rurale. «J’y suis allé plusieurs fois pour les former à la faune et la flore, dit son père, biologiste. Ils vivent le développement durable grandeur nature. Entre la ferme pédagogique, l’épicerie-restaurant et leurs animations culturelles, c’est tout sauf une base arrière d’endoctrinement ! Ce sont juste des gens qui ont de la suite dans les idées.»
Il y a des enfants aussi, qui, comme dans les sociétés africaines, sont sous la responsabilité de tous les adultes. «Ils considèrent que la famille nucléaire traditionnelle n’est pas un modèle en soi, raconte Gérard Coupat. Ma petite-fille a par exemple plusieurs «pères adoptifs» qui veillent sur elle comme sur leurs propres enfants.» Régulièrement, les jeunes de Tarnac organisent des veillées avec les gens du plateau.Ils rendent visite à José, 80 ans, vétéran républicain espagnol à qui ils rêvent de payer un voyage au pays, le premier depuis son exil.
On a beau chercher, reste un mystère. Qui sont vraiment ceux de Tarnac ? Refusent-ils les téléphones portables parce qu’ils se cachent ou parce qu’ils détestent l’idée d’être joignables à tout instant ? Sont-ils des insurgés, enfants paumés d’Action directe, ou des intellos tentés par l’expérience radicale d’une autre vie ? La rupture en tout cas est actée avec la société de consommation et le salariat traditionnel – même si le groupe gère une épicerie et emploie des salariés. Mais pas avec les familles. Chaque semaine ou presque, Julien fait le voyage jusqu’aux allées boisées du parc de Malmaison. Difficile de couper ce cordon si bienveillant. Ses parents, partagés entre l’incompréhension et l’admiration, acceptent ce changement total de programme : «Il aurait pu tout avoir, ? ” il a choisi la voie la plus difficile, celle d’une vie pauvre en accord avec son idéal. C’est extrêmement respectable», plaide sa mère en réponse à ceux qui ne voient dans son fils qu’un anarcho-rentier à la petite semaine. Car aisé, Julien l’est : ses parents lui ont fait deux donations qu’il a placées dans l’immobilier. Son père a aussi acquis un ancien atelier parisien, pour un projet de journal alternatif, et verse chaque mois 950 euros à Julien, en qualité de gérant de la société immobilière familiale. «Il ne voulait pas de cet argent, mais sa mère a insisté : ça lui garantissait au moins la Sécu», dit avec tendresse celui qui se présente comme «le mécène» de son fils : «Il a une oeuvre à écrire, je trouve normal de le subventionner, approuve Michel Lévy. L’argent est à tout le monde, il l’a mis au service du collectif.»
Si certains des résidents de Tarnac étaient fils et filles de bonnes familles, d’autres venaient de milieux modestes. «On les présente comme une bande de bourges oisifs qui jouent les activistes, s’emporte le père de Benjamin Rosoux. C’est faux, ils travaillaient dur pour faire tourner l’épicerie dès 5 heures tous les matins !»
Julien est un sac à dos ambulant. Un jour en Corrèze, un jour à Paris, un autre chez ses parents. Et puis la Grèce, l’Italie, l’Allemagne et même les Etats- Unis, le pays du Patriot Act et de la biométrie que Julien et ses amis détestent tant. C’est parce qu’ils estiment que leur liberté de circulation ne doit pas être entravée par un quelconque fichage que Julien et Yildune franchissent la frontière du Canada à pied, clandestins, en janvier dernier. Leurs sacs passent en voiture, avec un ami canadien. Contrôle, ouverture des sacs : Julien a oublié une pièce d’identité au milieu de livres et de tracts. Le FBI alerte les services français quand, en mars, une grenade saute devant un centre de recrutement de l’armée à New York. La surveillance débute, jusqu’à la «nuit des caténaires» du 8 novembre. Quand ils vivaient à Neuilly, la mère de Julien Coupat, représentante des parents d’élèves, croisait souvent Nicolas Sarkozy, alors adjoint à l’éducation. Désormais à Rueil-Malmaison toujours très investie dans les associations locales, elle connaît bien le maire. Il s’appelle Patrick Ollier. On dit que sa compagne, Michèle Alliot- Marie, passe ses nuits ici. L’histoire ne dit pas si elle aussi fait des nuits blanches.
08 avril 2009
OTAN - 4 avril 2009 - La souricière
Mais que fait la police ?
A quel jeu machiavélique ont joué les responsables des « forces de l’ordre » le 4 avril à Strasbourg ? Pourquoi avoir envoyé les dizaines de milliers de manifestants pacifiques vers une souricière et dans le même temps pourquoi ont-ils laissé les « autonomes » faire ce qu’ils voulaient ?
Il faudra bien que les « responsables de la sécurité des citoyens » répondent à ces différentes question. Il y a encore quelques années on les appelait les « gardiens de la paix » ... mais samedi c’est « provocateur de guerre » qu’ils étaient ! Tous les participants s’accordent à dire que « c’était couru d’avance » ... les « black-bloc » étaient repérés et ce ne sont pas les quelques dizaines de bénévoles qui ont essayé de les empêcher de passer à proximité du pont de chemin de fer vers 17h qui pouvaient changer le cour des choses.
Des témoins rapportent que sur les 6000 allemands massés de l’autre coté du pont de l’Europe, seuls quelques centaines de « jeunes en noir » ont été autorisées à passer ... on dit aussi qu’au départ, les casseurs ont sorti le mobilier de l’hôtel Ibis et y ont mis le feu, à l’extérieur. On dit enfin que les hélicoptères qui surveillaient durant toute la manif. ont parfaitement vu ce qui se passait !
Alors ?
Certes nous condamnons ces actes sans ambiguïté. Venus pour casser, leurs auteurs méritent d'être poursuivis et jugés conformément à la loi. Mais ... comment expliquer que l'important déploiement policier n’ait pas été capable d’empêcher la majeure partie des exactions ? Pourquoi ont-ils joué ainsi avec le feu, si j’ose dire ? Car en attendant ce sont encore les populations précaires de ce quartier qui ont payé.
Dès notre arrivée à proximité de Strasbourg, les pancartes « déviation » nous emmenaient vers le port « autonome » (c’est un signe !) de Strasbourg. Puis ensuite, plus rien !
Heureusement, les Lorrains ont le sens de l’orientation ... et les autres aussi puisque finalement nous avons réussi à rejoindre les dizaines de milliers de manifestants sur la route du Rhin.
Il a fallu d’abord franchir un premier barrage dans lequel on nous avertissait : si vous passez, vous ne pourrez plus revenir en arrière, le pont sera fermé ! Encourageant ... on constatera 3 heures plus tard que c’était vrai et que pour rejoindre notre bus il nous a fallu franchir une ligne de wagons puis traverser des jardins ouvriers sou l’œil goguenard du CRS de faction.
Alors avec les « black-bloc » en file indienne sur les cotés, les CRS devant, les CRS derrière ... les milliers de manifestants étaient bel et bien dans une souricière ! Obligés de lever les mains en croisant, au retour, les canons des « flash-ball », sous les explosions de grenades lacrymogènes et autres choses volontairement assourdissantes, plusieurs d’entre nous en sont encore traumatisés.
A : départ B : pont C : arrivée ... et demi-tour
Pourquoi manifester ?
Retour en arrière : L’OTAN, l’Organisation du Traité Atlantique Nord, est une alliance des grandes puissances occidentales sous commandement des Etats- Unis. Créée le 4 avril 1949, elle était alors une organisation de coopération politico-militaire de défense, principalement dirigée contre l’URSS. Mais depuis la fin de la guerre froide, ses objectifs ont été réorientés vers « la défense des approvisionnements en ressources vitales (c'est-à-dire le contrôle des ressources énergétiques : essentiellement le pétrole), mais aussi contre la prolifération des armes de destruction massive (sic) et contre le (fameux qui a bon dos) terrorisme » Même quand « nous » -je parle là des marchands d’armes occidentaux- leur avions, nous même, livrés tous les moyens meurtriers. Il n’est pas inutile de rappeler ici la déroute des troupes soviétiques dans le bourbier Afghan, Afghans bien aidés par les approvisionnements d’armes (les missiles sol-air, par exemple) via les USA. Cette guerre a tout de même ravagé ce pays durant 10 ans !
Comme son nom l’indique, à l’origine il s’agissait bien pour l’organisation de maîtriser l’ordre dans l’atlantique nord ... aujourd’hui, l’Europe va mettre ses moyens et ses budgets à la disposition des Etats-Unis pour l’aider dans sa défense dans le monde ... et au Proche et au Moyen-Orient en particulier. On est loin de l’atlantique nord là non ? Mais c’est là qu’est le terroriste ! Comme étaient, hier, les caches d’armes de destructions massives ? En tout cas tout prés des gisements de pétrole et sur le chemin qui permet d’y accéder.
Ainsi, sous l’impulsion, ou plutôt sur l’ordre de son président, La France vient de décider d’entrer dans le commandement intégré de l’OTAN. Elle abandonne alors une position établie depuis 1966. Celle qui consistait à préserver son autonomie en matière militaire.
Cette décision, une nouvelle fois imposée, prend effet lors du sommet du 60ème anniversaire de l’OTAN qui vient de se tenir à Strasbourg en présence des chefs d’Etats des pays membres et donc de messieurs Obama et Sarkozy.
Pour la politique de la France au Proche et au Moyen Orient, les conséquences majeures de la décision du Président consistent :
- à considérer que les sorties de crise et conflit passent obligatoirement par la guerre puisque pas ... politiques.
- à adopter, au nom de la lutte contre ce que les Etats-Unis qualifient de « terrorisme », la vision impérialiste et sécuritaire américaine. Ce qui légitime du coup, les interventions militaires dans le monde (aujourd’hui essentiellement en Afghanistan et en Irak)
C’est pourquoi nous devons exiger : le retrait de la France de l’OTAN, mais aussi le retrait des troupes françaises d’Afghanistan et, dans le même temps, la fin de l’occupation de ce pays par l’OTAN. C’est un règlement politique qui doit permettre l’arrêt des conflits. La France n’a pas à participer à cette lutte des plus forts contre des populations qui n’aspirent qu’à la Paix.
Dans cette période de crise sociale et écologique, les budgets de la défense doivent, au contraire, être réorientés pour aider les populations les plus précaires. En juin prochain, il faudra se souvenir de cette orientation là aussi ! Ce n’est pas d’une France guerrière que nous voulons ; ce n’est pas non plus pour une Europe belliqueuse que nous voterons.
Faute de quoi, c’est dans une deuxième souricière que Sarkozy nous aura amenés !
06 avril 2009
Manif , les CRS caillassent des anti OTAN
Manif , les CRS caillassent des anti OTAN
Vidéo envoyée par feeld
Strasbourg , samedi 4 avril 2009 Caillassage depuis la voie ferrée ... merci amneris54 , video source: http://www.dailymotion.com/video/x8vuhc_echauffourees-lors-de-la-manif-anti_news
Bien évidemment, derrière les casques de CRS il y a la totale certitude de ne pas être puni.
Bien évidemment, on nous expliquera que ces CRS ont le droit pour eux, puisqu'ils sont CRS.
Bien évidemment, on nous expliquera que, dans la manifestation, se cachaient des jeunes de banlieue qui eux, étaient forcément les méchants, et que, donc, les CRS étaient les gentils.
Sarkozy et ses sbires transforment notre pays en dictature fasciste, basée sur le règne de la peur , de la soumission. Une à une, les administrations qui étaient au service des citoyens, laissent le règne du harcèlement et de la terreur guider leur action.
Désolé pour les aveugles, mais la dictature hitlérienne a commencé comme ça. Ce sont bien des allemands défenseurs des droits de l'homme qui ont étrenné les camps de concentration. C'est vrai qu'aujourd'hui, de nombreux camps de travail et d'extermination sont développés en Afrique, dans la bande de Gaza et ailleurs.
Tout comme les allemands refusaient de voir l'extermination des juifs et la violence du régime hitlérien, nous refusons de voir les dangers que représentent ces despotes égotistes qui ont pris le pouvoir. Si le terrorisme d'état est déjà présent en Chine, en Russie et dans d'autres pays, c'est que, là-bas, il ont commencé plus tôt et que les résistances ont longtemps été étouffées. En France, nous n'en sommes qu'au début.
Je ne veux pas que mes enfants vivent dans un monde de peur et de soumission.
C'est pourquoi je n'ai plus le droit de faire du "politiquement correct".
Demain, il sera trop tard pour pleurer nos enfants et se lamenter sur notre triste lâcheté.
Jean Philippe Parmantier
30 mars 2009
Salaire des patrons et autres ... : Y'en a marre.
Depuis que la crise économique est devenue objet de médiatisation, chacun y va de son couplet d'indignation. Les patrons qui touchent des primes, des "stock options" , des indemnités d'incompétences de plusieurs millions d'euros, seraient devenus d'horribles personnages, immoraux, sans aucune compréhension de la souffrance humaine.
Stop à la bêtise.
Les patrons et certains cadres supérieurs d'entreprises, les traders, les joueurs de football de haut niveau comme certains chanteurs ou acteurs ou autres, bien médiatisés, touchent des sommes extraordinaires, représentant des milliers de fois le salaire d'un smicard, et ce, depuis déjà très longtemps. Pour avoir cela, nous avons voté pour des bâtisseurs de stades, pour des politiciens vêtus de paillettes, et nous avons bu leurs paroles pour nous rassurer. Car, si nous avons confiance en nos idoles de pacotilles, nous craignons de nous entendre parler.
Que ceux qui ont boycotté tous les concerts de Johnny Hallyday,
qui n' ont pas regardé la finale de coupe du monde 1998
et
qui ont jeté carte bancaire
et
portable à la poubelle,
lèvent la main.
Que ceux qui n'ont pas peur de ne pas suivre la mode de la bien-pensance
se lèvent .
Oui, ces salaires sont une insulte aux centaines de millions de morts de faim que compte notre planète. Mais il est encore plus inadmissible : c'est que ceux qui prétendent s'émouvoir des excès actuels ne disent rien des semblables excès passés et de ceux à venir. Ceux-là même qui s'exaspèrent de tant d'excès sont souvent les mêmes qui souhaiteraient être à la place des fausses idoles. Aucun, changement, aucun espoir ne jaillira sans que chaque être humain n'ait confiance en sa qualité de femme et d'homme libre, remplaçant l'envie de l'autre par le simple respect de soi-même.
Cessons de jouer au vieux jeu du "c'est pas moi, c'est l'autre".
Si des gens crèvent de faim dans le monde, si des gens se suicident par suite de harcèlement, d'épuisement, par la honte de ne pas pouvoir subvenir aux besoins de leur famille, c'est parce que, sournoisement, des milliers, des millions d'autres soutiennent lâchement un système, en s'adonnant aux facilités anesthésiantes qu'il procure.
Nous avons les dictateurs, les affameurs et les spolieurs que notre lâcheté nous donne. L' avenir de nos enfants brûle au rythme de nos soumissions.
L'inadmissible , ce sont nos yeux qui se ferment pour ne pas voir.
L'inadmissible, c'est notre acceptation de la souffrance humaine.
L'inadmissible, c'est d'accepter que certains se croient supérieurs
L'inadmissible, c'est que notre comportement les y encourage.
Jean Philippe
26 mars 2009
Quand on est fauchés ...
Quand on est fauchés
Comme les blés,
On a l'estomac
Dans les talons
Mais les talons
Foulent les blés
Et d'oeillets en coquelicots
Escaladent la Voie Lactée.
Quand on est fauchés
Comme les blés,
L'esprit bat la campagne,
Et se cogne contre les murs
Mais la musique s'évade
D'entre les prisons
Et souffle des plaintes
A faire pleurer les peupliers.
Les blés relevés
Porteront l'espoir
De tous les fauchés,
L'âme en bandoulière,
Ils n'auront plus peur
Du noir.
Dominique Poupard.
12 mars 2009
Bourdouleix cultive sa popularité
19 février 2009
France2 - Méchant noir, gentil blanc.
On n'y va pas de main morte, au journal de France 2. Pujadas connaît sa leçon. Gentils blancs, méchants noirs.
En 10 secondes, manifestation pour montrer des guadeloupéenes silencieux (Hélas) .
Mais, après , on se délecte. La nuit (ça fait plus série télé) on nous montre des gendarmes français sur la défensive. Enfin, on imagine, car en fait, on ne voit rien et les commentaires alimentent notre imagination. Puis, des jeunes, masqués , mais qui, grâce aux commentaires, se transforment en menace. C'est sûr, ces d'jeun's, faut les mâter. Et puis, voilà les terrorisés, seulement jeunes, sortant de leur yacht déclarant au journaliste qu'ils ne peuvent plus se déplacer en sécurité.
Discrêtement, on nous suggère que l'envoi de gendarmes pourrait calmer le jeu.
Merci, monsieur Pujadas. Dans quelques années, Goebbels vous remerciera.
Parce que ce qu'on a vu, ce sont des noirs qui demandent le respect.
Et ce qu'on nous a suggéré, ce sont des blancs et des gendarmes qui sont harcelés et mis en danger par une population hostile.
Au fait, ce n'est pas Giscard qui, dans la fin des années 1970 , s'était retrouvé à reculer devant les colons français des Antilles et avait abandonné son projet de revitalisation du monde antillais? Disons que cette reculade, à l'époque, avait été aménagée de façon conviviale.
Ah, j'oubliais, les Antilles, c'est Chantal Goya. c'est chouette, non!
Jean Philippe Parmantier
04 février 2009
Indignité présidentielle
La comparution en appel d'Hervé Eon a conduit le Procureur de la République , délégué des bonnes oeuvres de sa hiérarchie, à demander 1000 euros d'amende , pour offense envers la fonction de chef de l'Etat. Or, il est clair qu' en reprenant ce qui avait été dit par le même chef d'état, Hervé Eon n'attaquait pas la fonction mais renvoyait, tel un miroir, l'image que le président en place donnait de sa fonction.
En d'autres termes, l'insulte faite à la fonction a bien été faite par Nicolas Sarkozy, tel un petit voyou de bas étage mélant répartie de camelots et fonction présidentielle. L'indignité vient de celui qui traîne la fonction dans la boue, et Hervé Eon, en rappelant à l'ordre Nicolas Sarkozy, n'a rien fait d'autre que rappeler les égarements à celui qui ne devrait pas en avoir.
Nicolas Sarkozy demande à ne pas être "traité moins bien que les autres citoyens". Il a raison de le demander. En ce cas, il devrait, de son propre chef, lever l'immunité présidentielle et accepter de lui même passer en jugement pour insulte envers un citoyen.
Non, l'indignité, l'insulte, le mépris de la République n'est pas le fait d'Hervé Eon, mais bien plutôt le fait de l'infâme qui piétine les valeurs de la république.
Délibéré le 24 mars
Jean Philippe Parmantier
17 janvier 2009
La 3ème révolution, nous y sommes...
Nous y sommes
par Fred Vargas
Nous y voilà,
nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente
menace dans les hauts-fourneaux de l'incurie de l'humanité, nous y sommes.
Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l'homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que
lorsqu'elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille
cigale à qui nous prêtons nos qualités d'insouciance.
Nous avons chanté, dansé.
Quand je dis « nous », entendons un quart de l'humanité tandis que
le reste était à la peine.
Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos
pesticides à l'eau, nos fumées dans
l'air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du
bout monde, nous avons voyagé en tous
sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous
avons grossi, nous avons mouillé le
désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire
qu'on s'est bien amusés.
On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme
faire fondre la banquise, glisser des
bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer
le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l'atome, enfoncer des déchets radioactifs
dans le sol, ni vu ni connu.
Franchement on s'est marrés.
Franchement on a bien profité.
Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu'il est plus
rigolo de sauter dans un avion avec des
tennis lumineuses que de biner des pommes de terre.
Certes.
Mais nous y sommes.
A la Troisième Révolution.
Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution
néolithique et la Révolution
industrielle, pour mémoire) qu'on ne l'a pas choisie.
« On est obligés de la faire, la
Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits
réticents et chagrins.
Oui.
On n'a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas
demandé notre avis.
C'est la mère Nature qui l'a décidé, après nous avoir aimablement
laissés jouer avec elle depuis des
décennies.
La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les
robinets.
De pétrole, de gaz, d'uranium, d'air, d'eau.
Son ultimatum est clair et sans pitié : Sauvez-moi, ou crevez avec
moi (à l'exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d'ailleurs peu portées
sur la danse).
Sauvez-moi, ou crevez avec moi.
Évidemment, dit comme ça, on comprend qu'on n'a pas le choix, on s'exécute illico et, même, si on a le temps,
on s'excuse, affolés et honteux.
D'aucuns, un brin rêveurs, tentent d'obtenir un délai, de s'amuser
encore avec la croissance.
Peine perdue.
Il y a du boulot, plus que l'humanité n'en eut jamais.
Nettoyer le ciel, laver l'eau, décrasser la terre, abandonner sa
voiture, figer le nucléaire, ramasser les
ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l'avidité, trouver des fraises à côté de chez
soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir
toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le
charbon là où il est – attention, ne nous
laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille
–, récupérer le crottin, pisser dans les
champs (pour le phosphore, on n'en a
plus, on a tout pris dans les mines, on s'est quand même bien marrés).
S'efforcer. Réfléchir, même.
Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être
solidaire.
Avec le voisin, avec l'Europe, avec le monde.
Colossal programme que celui de la Troisième Révolution.
Pas d'échappatoire, allons-y.
Encore qu'il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui
l'ont fait le savent, est une activité
foncièrement satisfaisante.
Qui n'empêche en rien de danser le soir venu, ce n'est pas
incompatible.
A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le
retour de la barbarie –une autre des
grandes spécialités de l'homme, sa plus aboutie peut-être.
A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution.
A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons
encore.
Fred Vargas
Archéologue et écrivain

