07 avril 2009
Un blog à consulter : les Renseignement Généreux
Des sujets traités pédagogiquement avec un vocabulaire adapté,
(Françafrique, capitalisme, Pétrole, logiques sociales, travail, genres/sexes, ...)
des conseils,
des citations,
...,
Les renseignements généreux
Production et diffusion de brochures pédagogiques
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22 mars 2009
l' économie de marché.
Après avoir constaté que l’épargne permettait l’investissement, nous avons vu que cet investissement était à l’origine de la recherche puis du progrès technique.
Les marchandises issues du travail et du progrès ont une valeur. Nous avons pu voir que cette valeur était variable, selon le point de vue des producteurs, des acheteurs, des vendeurs et des spéculateurs.
Toute vie en société dans laquelle existe le droit de propriété, implique un échange des marchandises. Des règles sont mises en place, permettant de définir un prix pour les marchandises, ainsi que leurs conditions d’achat et de vente.
L’économie de marché est l’une des réponses que les humains ont apporté afin de faciliter l’achat et la vente des marchandises.
Le principe de l’économie de marché est le suivant : le prix d’une marchandise est celui qui permet un maximum d’échange . Trop bas, il décourage les vendeurs, trop haut, il décourage les acheteurs. Ainsi, un équilibre est atteint, permettant la satisfaction maximale des acteurs du marché.
Le marché a comme conséquence théorique d’adapter les moyens de production à la consommation. Si la production est trop élevée, les prix baissent, réduisant les bénéfices des vendeurs et provoquant la diminution de la production.
Si la production est trop faible, les prix augmentent, incitant les producteurs à accroître leur activité.
Pour que le système fonctionne, selon ces « vertus », il faut
- que le marché soit « atomisé ». Cela signifie que, du côté des vendeurs comme du côté des acheteurs, les intervenants soit suffisamment nombreux et divers afin que nul ne puisse imposer sa loi.
- que les uns comme les autres voient leurs bénéfices évoluer selon les prix du marché
- que les prix soient connus de tous (transparence du marché).
- que les producteurs et les consommateurs aient les moyens d’adapter leur comportement au même rythme que le marché.
Or, il n’existe pas d’économie respectant ces critères.
l’atomisation du marché :
Les exemples suivant montrent que la plupart des marchés ne sont pas atomisés.
- 1 grande surface pour des milliers de consommateurs
- quelques producteurs de pétrole pour des centaines de millions de consommateurs d’ essence.
- Quelques groupes alimentaires pour des millions d’agriculteurs.
Ce ne sont que quelques exemples parmi des centaines d’autres qui montrent qu’ il n’y a pas atomisation du marché ;
Liaison des bénéfices selon le prix du marché :
Lorsqu’une production est trop forte, le prix payé par le consommateur devrait baisser. Or, on constate que les intermédiaires entre producteurs et consommateurs empêchent l’adaptation des prix. Les prix ne sont plus nécessairement liés aux volumes produits et consommé. De nombreux exemples existent, tant dans l’alimentation que pour de nombreux objets de la vie courante. On a vu le prix de produits alimentaires fortement augmenter pour le consommateur, alors que le prix donné au producteur était en forte baisse.
Ainsi, le moteur de l’adaptation des prix, à savoir le gain financier, ne joue pas pleinement son rôle.
Transparence du marché :
Nous savons qu’ en général, les entreprises privées refusent de communiquer les prix de revients réels, ainsi que les prix d’achats et de vente de leur marchandise . De plus, les diverses conditions de vente ; crédit différé, marges arrières, escompte, montrent que ce prix est difficilement évaluable par ceux qui en sont les acteurs. Il n’y a donc aucune possibilité de jouer réellement sur la concurrence.
.
Adaptation des comportements :
Les systèmes de productions actuels sont basés de plus en plus sur de lourds investissements, réalisés à l’aide d’emprunts. Celui qui investit est contraint de vendre à tout prix, afin de rembourser ses emprunts. Il doit utiliser au maximum ses capacités de production. En conséquence, une hausse rapide des prix ne provoquera pas de hausse rapide des volumes produits, car il faut du temps pour mettre en place de nouveaux moyens de fabrication. En revanche, une baisse des prix fragilise très vite l’entreprise qui peut être rapidement contrainte au dépôt de bilan.
De même, le consommateur est soumis à des contraintes naturelles (se nourrir, se déplacer, se soigner,…) qui fixent des limites qu’il ne peut franchir sans dommage. L’adaptation ultime du consommateur est sa mort pure et simple. C’est le cas de dizaines de millions de personnes chaque année.
Conséquence :
l’économie de marché est une utopie totale.
L’économie de marché libérale:
Elle consiste à faire croire que l’économie de marché est possible si l’état n’intervient pas. En conséquence, le « marché » se traduit en une multitude de rapports de force entre acteurs économiques. Afin de disposer du maximum de poids dans ce rapport, les entreprises cherchent à contrôler au mieux tout ce qui agit sur ses coûts.
Dans ces rapports de force, 2 acteurs économiques respectent l’atomisation du marché, et se retrouvent donc en position de faiblesse face à la puissance des entreprises.
Pour le marché de la consommation, il s’agit des consommateurs, nombreux, variés, face à une grande distribution toute puissante.
Pour le marché du travail, il s’agit des salariés, nombreux, variés , face à un grand patronat tout puissant.
L’état, seule structure apte à donner du poids aux salariés et aux consommateurs, est prié de ne pas se mêler du système économique.
L’économie de marché sociale:
C’est le même type d’économie, mais avec une présence de l’Etat afin de mieux gérer les nombreux effets pervers du système.
Même si l’économie de marché réelle est une utopie,
est-elle un espoir ?
Dans le cas de nos pêcheurs, vivant dans le cadre d’une économie de marché, qu’arrive-t-il si notre inventeur de filet décide de tirer un profit financier de sa découverte. Rappelons-le, l’économie de marché suppose le droit de propriété.
Les pêcheurs intervenant sur le marché dégagent des sommes qui leur permettront de manger autre chose que du poisson, de se vêtir, de se soigner. On suppose que l’adaptation entre production et consommation est rapide, grâce à la variation des prix. Ainsi, le pêcheur qui vend à un faible prix le lundi, du fait d’une pêche trop abondante un jour, se verra mieux rémunéré le mardi, pour une pêche moins abondante. On peut même considérer que le montant en valeur des échanges est à peu près le même pour les deux jours, les consommateurs ayant acheté un volume supérieur le lundi (prix faible) et un volume inférieur le mardi (prix fort).
Si un pêcheur décide de produire plus, il accroît l’offre. Dans un marché vaste, sa seule présence n’aura que peu d’effet. En revanche, dans un marché restreint, ou si le nombre de pêcheurs bénéficiant d’un filet est plus élevé, il y aura incidence durable sur les prix de vente.
Les pêcheurs offrant le volume supplémentaire percevront plus d’argent que les autres. Si on considère que le montant des échanges (et non pas le volume) , lui, ne varie que très peu, on constate un appauvrissement de tous les autres pêcheurs. Pourtant, ces derniers n’ont commis aucune faute. Seulement, l’économie de marché aura permis à une minorité de s’octroyer une part plus importante que celle qui leur est nécessaire. Les pêcheurs mis en difficulté risquent de ne plus pouvoir faire vivre leur famille comme avant. De toute façon, ils devront consommer moins, alors que les bénéficiaires du filet pourront consommer plus.
Dans une économie de marché,
l’apport du progrès
ou
l’augmentation du travail d’un groupe de personnes
provoque une modification du partage de la production,
au profit d'une minorité,
au détriment de la majorité.
C’est une source première d’inégalité.
Jean Philippe Parmantier
25 février 2009
La valeur des choses.
Combien dois-je payer pour cet objet? Quel est le bon prix. Combien ça coûte ? (non, je ne suis pas Jean.Pierre.Pernaut) La valeur d’une chose, maison, litre de lait, action de société, service rendu, est très variable. Il existe de nombreuses façons de calculer le prix d’une chose, et le résultat peut être très variable. Je prendrai comme exemple le logement. Imaginons un logement de 100 m². Il comprend 1 séjour, 3 chambres, en bon état. Quel est son prix ?
1) La valeur de travail.
On peut considérer le travail nécessaire à l’existence de ce logement. Les personnes qui ont travaillé pour l’existence de ce logement sont nombreuses. On peut évaluer en nombre d’heures ce qui est nécessaire à l’accomplissement du travail. Le prix du béton, de la moquette (…) , sera évalué en fonction du nombre d’heures nécessaires à leur fabrication. S’il s’agit d’un appartement, certains coûts communs (architecte, parties communes, …) sont répartis en fonction du nombre de logements. On peut évaluer en heures de travail la valeur de ce logement.
alors, nous avons :
travail = prix
Imaginons que la somme des heures de travail soit 4 550. (35 heures par semaine x 5 personnes x 26 semaines).
si on considère une rémunération de 10 euros par personne, le prix est:
10 x 3640 = 45 500 euros
2) Le prix de revient.
Tout le monde n’est pas rémunéré de la même façon. L’heure de travail de l’architecte n’est pas payée au même tarif que l’heure du plombier. De plus, des taxes, des droits d’enregistrements, la TVA, sans lien réel avec la quantité de travail, Le prix de revient est différent du prix du travail. Il intègre la différence de rémunération des différentes personnes intervenant sur le projet, ainsi que la présence indispensable de la société (état, région, commune) pour que l’opération soit réalisable.
Le prix , compte tenu des charges salariales, impôts et taxes et différences de salaire, doit être majoré de 100 % (taxes et charges, 70 %, différences de salaires, 30 %)
Le prix de revient est donc de
200 % * 45 500 = 91 000 euros
3) Le prix commercial.
Le prix de revient intègre le coût des équipements. En effet, le camion nécessaire à l’acheminement des matériaux a du être acheté. Le coût du camion, de son entretien, doit être intégré dans le prix de revient. Mais, dans le prix commercial, de nouvelles informations sont intégrées. Pour vendre la maison ou leurs services, les acteurs de la construction de la maison (artisans, promoteur immobilier, …) ont dépensé de l’argent afin de capter une clientèle. Cette « guerre » de parts de marché a un coût. Cette « guerre » ne concerne pas celui qui achètera, mais c’est lui qui la finance, car ce coût supplémentaire est intégré dans le prix de revient. De plus, pour pouvoir construire la maison, les différents partenaires ont du constituer un capital mobilier et immobilier (l’architecte a des bureaux, comme de nombreux artisans, certains ont du matériel professionnel, grues, camions, échafaudages). Ce capital leur a demandé d’avancer de l’argent. Or, dans notre société actuelle, avancer de l’argent revient à emprunter à la banque. Notre société institue une rémunération du capital. L’argent est considéré comme étant un ouvrier qu’il faut récompenser. Evidemment, plus les structures utilisent d’argent, plus il y a de capital, plus il faut le rémunérer. Ce coût est directement payé par le consommateur.
Si on considère un coût commercial supplémentaire de 20 % (9100 euros) on obtient un prix de vente de 99 100 euros auquel il faudrait ajouter le prix de la rémunération du capital.
prix commercial 100 000 euros
4) Le prix d’usage.
Une maison pour quoi faire ? Pour y loger, bien sûr. 100 m² pour une famille, avec 2 enfants, ça va.
Imaginons qu’un locataire ordinaire paye 500 euros pour un tel logement, et que la rémunération des placements à risque limité soit de 4 %
par an, le locataire paierait 500 euros x 12 mois soit 6000 euros
Si un propriétaire veut placer à la banque une somme à 4 %, quelle est la somme qui lui rapportera 4% chaque année ?
6 000 euros / 4% = soit 150 000 euros
Ainsi, un investisseur pourrait être prêt à donner 150 000 euros pour une maison dont le prix commercial n’est que d’ environ 100 000 euros.
Valeur d'usage : 150 000 euros
5) la valeur de revente immédiate.
J’achète. J’achète pour investir. Mais si j’ai besoin de mon argent rapidement, qu’est-ce que je récupère ? La valeur de revente immédiate est toujours problématique. Toutefois, dans le cas des subprime américaines, c’est elle qui a été utilisée pour vendre à des prix exagérés. Lorsque des prix augmentent rapidement (hausse organisée), il est facile de faire croire que la hausse va continuer, surtout pour des professionnels de la communication. L’espérance d’un gain rapide provoque une grande vulnérabilité. Si on annonce à des personnes une hausse de 10% par an, en 3 ans, cela fait plus de 30 %. Ce qui vaut 100 000 vaudra 130 000 dans 3 ans. Donc, un prix d’ achat de 115 000 ne paraît pas exagéré. (gain de 15 000 euros en 3 ans).
Valeur de revente immédiate, 115 000 euros
6) La valeur de spéculation.
Elle ressemble beaucoup à la valeur de revente immédiate, sauf que l’immédiat prend des valeurs très différentes. (3 mois – 6 mois). Si je pense que le logement vendu 100 000 vaudra 150 000 euros dans 6 mois, je suis prêt à l’acheter 110000 ou 120 000 euros, sans problème. Ce cas n’existe pas pour les logements mais existe pour les matières premières (d‘ou les fortes variations du cours du pétrole). La valeur de spéculation existe réellement dans le domaine des œuvres d’art. Un artiste « tendance » va voir le cours de ses œuvres exploser. Ceux qui ont acheté 6 mois avant les autres gagnent des fortunes.
Valeur de spéculation, 120 000 euros
7) Valeur coup de foudre.
Là, on est en plein rêve. mais cette valeur existe. C'est celle que l'on est prêt à verser pour un coup de foudre. En ce cas, le commercial vous dit : "C' est la maison de vos rêves. Alors, le prix n'a pas d'importance".
Valeur coup de foudre : pas de limite
8 ) la valeur du marché.
Là, on entre dans la magie. La valeur du marché, c’est la valeur autour de laquelle acheteurs et vendeurs obtiennent le maximum de vente. Nous avons vu qu’il y avait plusieurs valeurs. Celui qui obtient le plus de pouvoirs dans le marché arrive à utiliser la valeur qui lui convient le mieux.
Un exemple .
Un vendeur de maison propose 100 000 euros à la vente. Il le dit à son intermédiaire. Celui-ci va convaincre le vendeur que le prix est trop élevé, car le bien est vieux, et sa valeur, en nombre d’heures travaillées est plus faible.
Un acheteur de maison propose 100 000 euros à l’ achat. Il le dit à son intermédiaire. Celui-ci va convaincre l’acheteur que le prix est trop bas , car le bien lui permet de ne pas payer de loyer, et de ne pas acheter de maison neuve, trop chère.
L’intermédiaire à une seule qualité : convaincre. Il ne produit rien.
Si le vendeur ne rencontre pas l’acheteur.
- le vendeur vend au prix de 90 000 euros.
- l’acheteur achète au prix de 110 000 euros.
L’intermédiaire, celui qui contrôle le marché, encaisse 20 000 euros (110 000 – 90 000).
Conclusion : la notion de marché est souvent l’occasion, pour des intermédiaires, de prélever entre consommateurs et producteurs.
La notion de marché n’a d’autre but que de permettre à une minorité informée de jouer sur les différentes valeurs possibles d’un objet, afin de profiter au mieux de la distance entre producteurs et consommateurs. Autrefois, cette distance alimentait tout un réseau d’intermédiaires. Aujourd’hui, d’autres ont pris le relais, écrasant autant le producteur vers le prix bas que le consommateur vers le prix haut.
Le marché n'est fréquenté que par les initiés (ceux qui savent). Un prix sur quelques produits s'applique alors à l'ensemble du commerce pour le même produit. Accepter le marché libre, sans contrôle, c'est accepter la manipulation de nos finances par une minorité, au profit d'elle même.
Jean Philippe
21 février 2009
Droite-Gauche : Quelle différence ?
Qu’est-ce qui différencie les partis de Gauche? Je ne répondrai pas à cette question dans cet article, car il me semble plus important, dans un premier temps, d’aborder les notions de droite et de gauche.
Nombreuses sont les personnes qui ne se retrouvent plus en politique. Les cartes ont été tellement brouillées qu’il devient de plus en plus difficile de donner un sens aux mots. Qui est à droite, qui est à Gauche? La droite et la Gauche, qu’est-ce qui les différencie? Peut-on être capitaliste de gauche, chrétien de droite, homosexuel du Centre, féministe de l’extrême ?
Pourquoi ce sont deux socialistes qui dirigent les organismes les plus capitalistes de la planète : Organisation Mondiale du Commerce (OMC) et Fonds Monétaire International (FMI). Sarkozy est-il socialiste ? Est-on stalinien lorsqu’on vote PCF ? Le PEN a voté Non au Traité Constitutionnel Européen, Comme Gilles Bourdouleix et Arlette Laguiller. Bourdouleix et Le Pen sont-ils à l’extrême gauche ? Simone Veil, à l'origine du droit à l'avortement, était-elle de gauche?
Je vais tenter, en quelques articles, de donner quelques points de repère, forcément subjectifs et partiels, qui devraient permettre de mieux s’y retrouver. Je compte naturellement sur les lecteurs de ce blog pour enrichir et rectifier certains de mes propos.
A droite :
l’homme est au service de l’économie.
L'argent est la récompense principale de la réussite économique.
A gauche :
l’économie est au service de l’homme.
Le mieux vivre est la conséquence principale de la réussite économique.
Les conséquences dans les domaines sociaux , de la propriété et du travail sont simples.
A droite, on considère que le droit de propriété est un droit inaliénable et transmissible. En cas d’opposition entre économie et autre chose, l’ économie est favorisée. Le contrât entre deux individus est la base de la relation et le repère essentiel de la loi.
A gauche, l’économie doit permettre à l’individu de vivre de la façon la plus acceptable possible. C’est pourquoi le rôle de la collectivité est si important. Grâce à l’Etat, on peut créer un cadre de règles, de lois, qui protègent l’individu face aux pouvoirs constitués (économique, groupes de pression, …), et oriente les formes de l'économie.
A droite, la concentration des pouvoirs économiques dans un petit groupe, permet l’avènement des dictatures.
A gauche, la concentration des pouvoirs accordés à l’Etat dans un petit groupe, permet l’avènement des dictatures.
Se balancer des nom de dictateurs de Droite ou de Gauche est totalement stérile, dans la mesure où les notions de droite et de gauche n'ont rien à voir là dedans. Faire croire que le Capitalisme mène à la démocratie est un non sens.
Et au Centre ?
En général, la position du Centre, représentée en fonction de l’histoire par divers partis politiques, est de profiter d’un peu de capitalisme économique (enrichissement excessif d’une minorité), afin de dégager quelques miettes qui permettront d’adoucir les conséquences de ce système économique. Une telle position pourrait paraître presque raisonnable si elle était viable. Ce n’est pas le cas.
Quelle voie pour l'avenir?
L’expérience montre que le capitalisme s’est développé sur l’utilisation sans frein des ressources naturelles et donc, au préjudice écologique de toutes et de tous. Tant que ces ressources semblaient illimitées, les salariés des pays riches profitaient effectivement de ce système, sans se rendre compte des conséquences catastrophiques provoquées dans les pays détenteurs de ressources naturelles. Ce furent les 30 glorieuses, que l’on peut dater de 1946 à 1973. Mais on s’est rendu compte qu’en période de crise, le pouvoir financier accumulé par les capitalistes, était utilisé au détriment des salariés, par le biais d’une modification du code du travail et des droits des salariés. Les délocalisations sont devenues un véritable outil au service des dirigeants de société pour faire pression sur les salariés. La position mi-figue, mi-raisin n’est pas tenable. C’est pourtant cette position qu’adoptent des partis politiques tel le Modem, la direction du Parti Socialiste, une partie des Verts. Au-delà de l’affirmation politique, les actes traduisent une volonté de s’accrocher à un « juste milieu » qui n’a plus aujourd’hui les moyens de s’affirmer. Ne pas s'affirmer dans un rejet clair du capitalisme, c'est accepter de voir le pouvoir économique d'une minorité s'étendre de plus en plus (pourquoi serait-il freiné, puisqu'il est présent dans presque tous les domaines), et , dans un monde limité, voir les pauvres encore plus pauvres, et les classes moyennes s'appauvrir.
Ce qui n'est ni de gauche, ni de droite.
De nombreux sujets ne sont pas nécessairement propre à la gauche ou propre à la droite.
On a vu que les dictatures existaient à droite comme à gauche.
Le droit à l'avortement, s'il rencontre une très forte opposition dans les milieux très à droite, a été défendu avec courage et conviction par Simone Veil (centre droit à l'époque).
La peine de mort a été abolie par la gauche, mais une partie de la droite n'était pas hostile sur le fonds.
Le nationalisme et le refus de l'Europe se retrouvent aussi bien dans des partis de gauche (Chevénementistes, par exemple), qu'à droite, chez Le Pen, Bourdouleix ou De Villiers.
En revanche, la notion de "décroissance", c'est à dire la réflexion sur l' utilisation des productions et la limitation de leur impact sur la planète, est une notion totalement de Gauche, s'opposant radicalement au capitalisme.
Maintenant, une question demeure : Comment la Gauche peut-elle traduire politiquement la mise en place d'une alternative au Capitalisme et au libéralisme .
Jean Philippe Parmantier
19 février 2009
Les obstacles au progrès.
Le progrès, c’est pouvoir faire un jour ce qu’on ne pouvait réaliser la veille.
Je reprendrai donc cette définition, car je la trouve plus facile à utiliser, plus consensuelle, moins réductrice que d’autres.
Cette définition permet d’ailleurs d’aborder des domaines aussi différents que l’entreprise, la recherche, le jardinage, l’éducation…
Cette définition porte aussi en elle la motivation. Dans de nombreux cas, elle marque l’accroissement d’un espace de liberté, dans la mesure où nous ne sommes pas contraints de quitter l’ancien espace.
Mais le progrès est confronté à de nombreux obstacles. La majorité des acteurs potentiels sont exclus. Ceux qui sont reconnus sont orientés vers l’invention au détriment de la découverte. Les inventeurs sont orientés dans des domaines pré-établis et définis par des impératifs commerciaux. Les inventeurs sont dépossédés de leurs inventions.
L’obstacle n° 1 – la majorité des acteurs potentiels du progrès est exclue.
Nous sommes tous des acteurs du progrès. Nous le montrons au quotidien auprès de nos proches. Pourtant, pouvons nous citer un progrès dont nous sommes l’auteur, et qui a dépassé le cadre de notre foyer, de nos proches. Dans la société actuelle, il y a les décideurs et les exécutants. Parmi les exécutants, quelques personnes sont autorisées à proposer des améliorations, organisationnelles, techniques ou autres. Les autres sont priés de se taire et de faire ce qu’on leur a demandé. Rares sont les entreprises qui permettent à du personnel d’exécution de générer du progrès en leur sein.
Ainsi, une masse considérable de personnes qui pourraient contribuer à améliorer le fonctionnement de leur entreprise, est contrainte au silence par la seule logique hiérarchique.
L’obstacle n° 2 – inventer ce qui se vend au lieu de découvrir.
Là, nous touchons à un aspect méconnu mais d’une importance extrême quant à la notion de recherche. La découverte, c’est l’acquisition de connaissances de ce qui existe. L'invention, c'est la réalisation de ce qui n'existait pas avant. On découvre l'Amérique. On invente sa colonisation et l'extermination des indiens.
Lorsque Galilée observe et décrit les satellites de Jupiter, il est dans la découverte. Lorsqu’ Einstein écrit sa théorie sur les liens entre espace, temps et gravitation, il est dans la découverte. Le progrès est dans la connaissance supplémentaire que l’on a du monde. En revanche, les satellites de télécommunication, l’imagerie médicale, sont des inventions. Cela n’existait pas avant.
Mais, il n’existe pas d’invention sans découverte. Si on ignore les découvertes d’Einstein, les satellites ne peuvent exister. Au bout de 30 secondes, ils se déconnectent, se perdent dans l’espace .La télévision par satellite se brouille L’imagerie médicale disparaît dès qu’on retire la théorie quantique, à laquelle Einstein contribua fortement.
Les découvertes (de l’Amérique, de la Terre qui tourne sur elle-même, de la gravitation, de l’Evolution des espèces, du monde quantique) sont indispensables pour que des inventeurs aient de quoi inventer.
Or, si on connaît un peu à l’avance le résultat d’une invention, on ne sait jamais ce qu’on va découvrir. C’est pourquoi les orientations actuelles en matière de sciences sont un concentré de vision moyenâgeuse (attention, on va brûler des chercheurs). Demander à l’avance des résultats à un découvreur, c’est demander à Christophe Colomb de décrire l’Amérique lorsqu’il quitte l’Espagne. A un découvreur, on demande sur quelles questions il se penche et quelle est sa démarche. Et après, on le laisse tranquille.
Hélas, la démarche de la société libérale, orientée vers les volontés de profits individuels, recentre les efforts vers l’invention. L’abandon progressif des compétences publiques (moins de moyens donnés aux chercheurs découvreurs (physique fondamentale) , développement des fonds privés dans la recherche, contribuent à créer une recherche commerciale, productrice de dépendance et de surconsommation . Voilà ce qui est à l’origine des mouvements des chercheurs.
L’obstacle n° 3 – inventer pour vendre.
L’invention est le domaine privilégié du secteur privé. L’objectif est de faire du profit pour quelques-uns (capitalisme oblige) . On invente pour vendre, car c’est la vente qui remplit les caisses. Les conséquences sont moralement dramatiques. Lorsqu’une invention (médicamenteuse, par exemple) s’avère peu rentable, ou plutôt moins rentable qu’une autre, elle est mise de coté, en attendant des conditions meilleurs.
Lorsque la mode est au paraître, les inventeurs sont sollicités pour promouvoir le plus vite, plus brillant. Celui qui propose une idée qui présente un réel progrès mais n’est pas dans la mode commerciale du moment se fait gentiment remercier.
Toutes ces imaginations, inventer pour vivre mieux, inventer pour dépenser moins, inventer pour plus de sécurité, sont inévitablement exclues dès quelles sont en dehors de la mode instillée par la bien-pensance du moment.
L’obstacle n° 4– inventer pour le chef.
Là, nous abordons le droit de propriété. Dans le système actuel, celui qui cherche et trouve a le faux choix (libéralisme oblige).
- Soit il travaille dans une entreprise dont l’activité est liée à l’invention, et en ce cas, l’entreprise devient propriétaire, en échange (non obligatoire) d’une prime de fin d’année. - - - Soit l’inventeur invente sans aide, et il doit alors découvrir le financeur qui aura à la fois l’intelligence et l’argent pour promouvoir l’invention. C’est celui qui avancera l’argent qui s’enrichira le plus. Plus tard, l’inventeur heureux (cliquez sur Bill Gates) pourra exploiter la créativité des autres).
Dans les deux cas, l’inventeur est dépossédé.
Le seul cas ou les inventeurs peuvent bénéficier de leur invention est celui où ils ont le capital.
En conclusion, l’inventivité humaine appartient à celui qui possède de l’argent.
C’est pourquoi il est important de se prononcer sur la possession du progrès.
En conclusion.
Le progrès, restreint par une minorité à l’invention de produit nouveaux commercialement profitable, est une préoccupation commune. Au même titre que la citoyenneté, le progrès appartient à toutes et à tous. C’est par l’action de chacun cque le progrès pourra créer un réel mieux vivre .
Le progrès, tel qu’il nous est présenté, est ce qui permet de sortir l’homme de l’animalité, en mettant au service de toutes et de tous, le produit de l’intelligence humaine.
Dans un précédent article, j’ai réduit la notion de progrès à une approche plus rationnelle et moins fantasmée.
13 février 2009
Mauges - conférences débats - trier les bio-déchets
L'ASERSER organise 4 conférences / débats
sur le thème :
Devenez acteur du développement durable en triant vos bio-déchets
vendredi 13 février 20h30 salle Charlie-Chaplin Bourgneuf en Mauges
vendredi 20 février 20h30 salle Cathelineau Jallais
vendredi 27 février 20h30 salle Gérard-Philippe Trémentines
jeudi 5 mars 20h30 La Loge Beaupréau
02 février 2009
Le progrès, pour quoi faire.
Après avoir abordé à la base les notions d’épargne et d’investissement, il me semble nécessaire de faire une pause pour remettre en place une notion essentielle dans les développements des sociétés, mais dont les différents aspects sont rarement traités. Il s’agit de la notion de progrès.
Ces dernières années, de nombreux militants se sont élevés contre l’énergie nucléaire, la culture des Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) en plein champ, le développement à tout crin d’appareils de plus en plus performants. A ces militants, les partisans du « développement » affirment régulièrement : « Vous êtes contre le progrès » ou « si on vous écoutait, on en serait encore à l’age de pierre ».
Devant de telles affirmations, il convient de mieux cerner cette notion de progrès, assimilée au bien absolu.
Le progrès, c’est la conséquence de la progression. Je fournirais une définition qui me semble peut contestable :
Le progrès, c’est pouvoir faire un jour ce qu’on ne pouvait réaliser la veille.
Avec cette définition, notre pêcheur, héro malgré lui de mes questionnements économiques, se retrouve être un homme de progrès. Il dispose d’un filet, objet nouveau, qui n’existait pas précédemment. Les conséquences de l’utilisation de son filet constituent elles aussi un progrès. Il peut pêcher de quoi manger en peu de temps, tandis qu’avant, il lui fallait de longues heures pour parvenir à ce même résultat.
Le progrès a-t-il une valeur morale ? Ceux qui y sont favorables représentent-ils le bien, le mieux, le moderne, face aux autres ?
Donner une valeur morale nécessite de confronter ce progrès à l’être qui dispose de telles valeurs, c’est-à-dire l’homme. On ne peut donc échapper à l’analyse des conséquences du progrès, son empreinte sur l’homme ou sur ce qui constitue une valeur à ces yeux.
Dans le cas du pêcheur quelles peuvent être les conséquences de l’invention du filet ?
A priori, le progrès est positif.. Le pêcheur se fatigue moins et il fait vivre sa famille comme avant, mais avec la peur de la mauvaise pêche en moins.
Première déviance de l’utilisation du progrès : plus de confort.
Mais le pêcheur, humain par nature, peut modifier son rapport à l’environnement. Il peut décider d’améliorer la qualité gustative de son alimentation, ainsi que la facilité de la consommer. Pour ça, il sera amené à utiliser les meilleures parties du poisson, celles qui ont le moins d’arêtes et sont les plus charnues. Pour parvenir à ces fins, il devra pêcher plus de poissons, et produira plus de déchets. Ces déchets pourront être donnés à des membres du village, mais cela viendra alors en dépréciation de ce qu’ils avaient avant. Sinon, ils devront être réintégrés dans la nature. De tout façon, l’invention du filet aura produit, selon cet exemple, une sur pêche, c’est-à-dire un prélèvement sur la nature au-delà du nécessaire. En cas de ressources limitées mais suffisantes, cela revient à mettre en danger un équilibre naturel des ressources. Moralement, on pourra dire qu’il y a spoliation du possesseur du filet envers les autres pêcheurs.
Deuxième déviance de l’utilisation du progrès : l’effet de mode.
La modification de la façon de s’alimenter peut s’accompagner d’un effet de mode. Chaque pêcheur peut vouloir reproduire chez lui ce qu’il considère comme un plus chez le pêcheur inventeur. En conséquence, il devra fabriquer un filet, où l’acheter, puis sur pêcher à son tour.
Car si le voisin ne consomme que des beaux morceaux, lui aussi, parce qu’il vaut autant que l’autre, veut manger des beaux morceaux. C’est l’effet « l’Oréal – parce que je le vaux bien. » Compter sur l’envie et le besoin de faire valoir son ego pour provoquer l’acte d’achat.
L’effet de mode revient à multiplier les quantités pêchées, les déchets produits, et amorce une spirale du « toujours plus que l’autre », préjudiciable aux bonnes relations. C’est un déliteur social.
Troisième déviance de l’utilisation du progrès : la propriété, garant de la stratification sociale.
L’inventeur du filet peut tout à fait vouloir protéger son nouveau statut de « gourmet ». En ce cas, il aura tout intérêt à empêcher les autres pêcheurs d’y accéder. Une solution toute trouvée : le droit de propriété intellectuelle. Non seulement il affirme que le filet lui appartient,(c’est lui qui l’a fabriqué) mais en plus, il affirme que lui seul peut décider de la fabrication d’autres filets. Ainsi, grâce à son invention et à l’utilisation qu’il en fait, le pêcheur se maintient dans un statut qui suscite l’envie mais auquel les autres ne peuvent accéder. Actuellement, nous retrouvons cela dans l’existence des marques qui sont des marqueurs sociaux et dont la valeur est plus liée au nom du créateur (propriété intellectuelle) qu’à la qualité ou au prix de revient du produit.
Quatrième déviance de l’utilisation du progrès : la domination.
La possession de filets permet une démultiplication de l’efficacité humaine. Notre cobaye pêcheur peut mettre son filet à disposition de tout le monde, gratuitement. Mais il peut aussi s’en servir pour pêcher plus et remplacer progressivement le travail de pêche des habitants. Il aura besoin de la force de travail de quelques habitants qu’il démultipliera grâce à son invention. En contrepartie, il leur fournira un revenu qui leur permettra de s’alimenter comme précédemment. La quantité pêchée sera largement supérieure à celle dont lui et ses pêcheurs auront besoin. l’excédent pourra être écoulé localement. Si les prix sont suffisamment faibles, cela conduira à dévaloriser le travail des pêcheurs indépendants. Certains d’entre eux préféreront arrêter de pêcher et chercheront une autre activité qui leur permettra d’acheter ce poisson devenu si peu cher. Les ventes de poissons réalisées par le pêcheur inventeur lui permettront de dégager des excédents, renforçant sa fortune. Tous ces changements modifient profondément les habitudes de vie des pêcheurs. On retrouve de fait 4 groupes
le pêcheur traditionnel, qui voit de nouvelles productions arriver mais qui n’a pas d’argent pour les acheter. il se contente de manger ce qu’il pêche.
L’artisan commerçant, ancien pêcheur qui a quitté son métier pour essayer de gagner plus.
L’ouvrier, ancien pêcheur qui vend sa force de travail au patron pêcheur. L’ouvrier est celui qui permet l’utilisation du progrès, mais ne possédant pas l’outil, il n’en tire aucun avantage.
Le patron pêcheur, bénéficiant en totalité du progrès et l’utilisant pour structurer l’environnement social selon ses besoins.
Cinquième déviance de l’utilisation du progrès : les dommages collatéraux.
De nombreuses inventions ont été détournées de leur utilisation initiale pour répondre à des fins très discutables.
- la poudre, feu d’artifice au départ
- la recherche génétique, qui permet la création d’organismes non contrôlables, la sélection eugénique, …
- la connaissance nucléaire, qui a donné la bombe atomique, Tchernobyl et tant d’autres.
A qui appartient le progrès ?
Une découverte est le résultat d’une culture particulière confrontée à un environnement donné.
La révolution industrielle du XIXème siècle n’aurait jamais eu lieu sans le développement de l’esprit scientifique du
XVIIème siècle. Ce même esprit n’aurait jamais existé sans les grandes découvertes, qui menèrent des philosophes à se poser de nouvelles questions sur l’homme et la nature, sans l’invention de l’imprimerie qui permit un formidable essor des livres et de l’échange des connaissances. Mais ces inventions et découvertes sont le fruit de la Renaissance, elle-même conséquence des échanges culturels entre monde musulman et monde chrétien et qui permirent la redécouverte de la culture grecque par les européens.
Alors, à qui appartient le progrès ? Je pense que nul ne peut s’approprier ce qui, pour l’essentiel est un patrimoine commun. En ce sens, la propriété intellectuelle n’a aucune raison d’être. Il en fut longtemps ainsi. Qui paya des droits à Mozart, à Galilée, à Descartes ou à Bernard de Ventadour ?
Alors, pour ou contre le progrès.
On a bien vu que la question se pose en terme d’utilisation. Tout progrès nécessite des garde-fous quant à son utilisation. N’oublions jamais que ce qu’on appelle progrès est souvent une invention encore plus performante pour détruire l’environnement : pesticides, engrais, bombe nucléaire, …
Les utilisations du progrès ont toutes des conséquences pour l’ensemble des sociétés. C’est pourquoi son utilisation relève du domaine public et que la compétence d’analyse doit être développée au sein des services publics.
Le vrai progrès réside dans la capacité de l’homme à utiliser son intelligence dans l’intérêt de toutes et de tous. Et dans ce domaine, il y a énormément à inventer.
Jean Philippe Parmantier
18 janvier 2009
Créer la monnaie - un formidable outil d'exploitation
J'ai repris le traitement de ce thème de l'excellent site de l' Association pour les Droits Economiques et Démocratiques.
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http://assoc.pagespro-orange.fr/aded/index.htm
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La question de la création monétaire que nous abordons ici est une des plus importantes, sinon la plus importante, à laquelle soit confrontée l'humanité et elle vous concerne comme elle nous concerne tous.
Trop de choses vont mal dans le monde comme la pauvreté, le chômage, les déficits budgétaires, l'endettement des entreprises et des particuliers. Aucun esprit sensé ne pourrait le contester. Inutile,donc, de s'y attarder par une longue description: il est préférable d'en trouver la principale cause et de la supprimer. Le raisonnement que nous vous proposons de suivre est d'une scandaleuse simplicité.
Il s'effectue en six étapes.
Première étape
Le peuple est à l'origine de tous les biens et services disponibles dans le commerce.
Si vous en êtes d'accord, passez à la deuxième étape.
Deuxième étape
S'il n'y avait rien à acheter, la monnaie n'aurait aucune valeur. Autrement dit c'est la présence des marchandises dans les magasins qui fait la valeur de la monnaie. Si vous en êtes d'accord, passez à la troisième étape.
Parce qu'il est producteur de toutes les marchandises qui font la valeur de la monnaie, le peuple est lui-même à l'origine de la valeur de la monnaie. Si vous en êtes d'accord, passez à la quatrième étape.
Quatrième étape
Aïe! jusqu'à présent tout est allé très vite. Cette fois, il y a un (petit) préalable à surmonter. Savez-vous ce que signifie l'expression " créer la monnaie ", tout simplement mettre en circulation de la monnaie nouvelle venant s'ajouter à celle déjà existante. Ainsi en 1960 la monnaie en circulation en France (ou masse monétaire) convertie en euros était équivalente à 14 milliards d'euros. En 2004, en raison de l'inflation et de l'augmentation de la productivité, la masse monétaire est de 455 milliards d'euros. Il a donc fallu créer 441 milliards d'euros. Eh bien, puisque nous avons conclu à la troisième étape que le peuple est à l'origine de la valeur de la monnaie, nous affirmons que, seul, le peuple était en droit de créer cette monnaie lui revenant de plein droit. Si vous en êtes d'accord passez à la cinquième étape.
Cinquième étape
Aussi surprenant que cela paraisse, l'accroissement monétaire de 441 milliards n'a pas été mis en circulation par l'institut d'émission (ou banque centrale) dont c'était la fonction d'émettre au nom du peuple. Pour compenser cette défaillance, la nation (Etat, entreprises et particuliers), s'est endettée auprès des banques privées. Celles-ci sont parvenues à s'emparer du droit de créer la monnaie par jeu d'écriture et à faire légaliser leur privilège. Avec le cumul des intérêts depuis des décennies, il en coûtait en mai 2004 un endettement public et privé de 1700 milliards d'euros dont les intérêts se montent à 80 milliards d'euros par an.
Pour que les droits et les intérêts du peuple soient respectés, nous demandons:
1. Que soit rendue à l'institut d'émission sa vocation première de créer la monnaie.
2. Que soit retiré aux banques commerciales leur pouvoir de créer la monnaie en leur interdisant de prêter plus qu'elles n'empruntent.
Si vous en êtes d'accord passez à la dernière étape, sinon.....c'est bien dommage de décrocher si près du but.
Sixième étape
Deux prix Nobel: Irving Fisher aux Etats-Unis et Maurice Allais en France sont parvenus aux conclusions énoncées ci-dessus.
Nous pouvons affirmer que les conclusions précédentes constituent le fondement de l'économie monétaire que l'université ignore superbement!
14 janvier 2009
Investir, une forme d’utilisation de l’épargne.
Notre pêcheur a rempli son objectif. L’épargne constituée sous forme de poissons lui permet de protéger sa famille des aléas alimentaires du futur. Notre pêcheur a rempli son objectif.
Toutefois, constatant l’abondance de poissons et la difficulté à les attraper, il se dit qu’il doit exister un moyen plus efficace pour pêcher. Ainsi, il décide de se libérer du temps pour concevoir un mode de pêche plus efficace.
Il constate que ses stocks de poissons ne représentent que quelques jours de pêche. Il décide donc de les accroître. Ensuite, jugeant ses réserves convenables, il les transforme en temps. Il arrête de pêcher quelques jours pour consacrer du temps à son projet.
Notre pêcheur a du temps pour observer. Il se promène et regarde attentivement les différentes techniques de pêches et de chasse des humains et des animaux. Sur la plage, il voit des enfants glissant leurs mains sous le sable. En les relevant, l’eau et le sable s’écoulent tandis que des coques restent piégées entre leurs doigts. Notre pêcheur va faire de même. Utilisant différentes fibres que la nature met à sa disposition, il fabrique un immense filet, dont les trous laisseront passer l’eau. Les mailles retiendront les poissons.
Rapidement, l’utilisation du filet va permettre de reconstituer ses réserves de nourriture. Le stock de poissons, investi en temps, a été par la suite utilisé pour la recherche, la conception et la fabrication d’un outil ; le filet de pêche.
Le filet de pêche va permettre à son utilisateur de se nourrir en travaillant moins, c’est-à-dire en remboursant le temps utilisé pour constituer l’épargne. Mais le filet de pêche demeure. Il correspond à une production réelle et utile.
Le filet de pêche est un capital, permettant à celui qui s’en sert de parvenir au même résultat en se libérant du temps. Il est un vrai progrès, ... sous certaines réserves.
Selon son utilisation, l’existence du filet peut conduire à des conséquences très diverses.
cas 1 : le pêcheur utilise son filet pour pêcher la quantité de poissons dont lui et sa famille ont besoin pour vivre. Tous les pêcheurs du coin font pareil.
La quantité de poisson pêché n’augmente pas. Les besoins en matières premières se développent pour la fabrication des filets.
cas 2 : le pêcheur utilise son filet pour pêcher aussi longtemps qu’avant. Il est seul à faire comme cela.
La quantité de poissons pêchés augmente. Le pêcheur dégage des excédents.
- il consomme tout, et dans ce cas, il devient malade.
- il donne son poisson à ceux qui en ont le plus besoin à solidarité
- il cherche à vendre son poisson afin de profiter différemment des avantages que lui procure cette sur-pêche. Il y a alors création d’un marché, avec la définition d’un prix.
- il jette le poisson qu’il a en trop, d’où la nécessité de savoir dans quelles conditions ces « déchets » sont réinsérés dans l’éco-système.
- l’existence de ce filet « magique » a des conséquences non négligeables sur la conception de la société. Si le pêcheur adopte un comportement non-solidaire, donc individualiste, les « envieux » peuvent poser la question de la propriété du filet. Il a été créé grâce à l’existence d’un stock de poisson. Ces poissons étaient, au départ, propriété collective. Il a été créé grâce à l’existence de fibres naturelles, propriétés collectives au départ. Certes, le pêcheur peut rétorquer que ce filet existe car il a lui-même accompli la démarche d’épargne, d’observation , de recherche, de conceptualisation et de fabrication. Ce filet, c’est lui. Mais aurait-il pu faire ceci sans prélever temporairement plus que les autres sur des réserves collectives ? Aurait-il trouvé l’idée s’il n’avait observé les comportements des autres humains (enfants pêchant les coques).
cas 3 : le pêcheur utilise son filet pour pêcher aussi longtemps qu’avant. Tout le monde l’imite.
La quantité de poisson pêchée augmente considérablement. Le risque de voir la ressource s’amenuiser, existe. Comment sont utilisés les excédents. Sont-ils consommés ? En ce cas, il faut créer d’urgence le métier de diététicien.
- Les excédents sont-ils donnés à la collectivité. En ce cas, il faut proposer aux pêcheurs de pêcher un peu moins et de mutualiser leurs excédents.
- Si les poissons sont vendus, quel sera le prix de vente. Qui achètera.
- Si le pêcheur d’origine avait l’idée de s’enrichir grâce à son filet, quelle sera son attitude en constatant l’utilisation de son idée. Car la généralisation de l’utilisation du filet conduit à détruire ses espoirs de richesse. Cela pose le problème de la propriété intellectuelle.
On voit que la création d’un moyen de production pose, dès le départ, la question suivante : A qui appartient ce moyen de production et quel est le cadre de son utilisation.
Ces questions ne sont pas neutres. Les réponses qui y sont apportées contiennent en germe les différentes approches politiques existantes.
On remarquera que le cas 1, utilisant le progrès (filet) pour alléger les contraintes naturelles et seulement ça, ne pose pas de problème à priori. On peut même l'adapter en créant une très légère augmentation de la pêche, qui permettrait d'aider celles et ceux qui sont dans le besoin alimentaire. De plus, le temps libéré permettrait à chacun de disposer d'opportunités de rencontres, d'échanges, d'observations, selon le loisir de chacun. Il y a avantage, mais pas inconvénient, ni pour le présent, ni pour l'avenir qui reste totalement ouvert.
Jean Philippe
07 janvier 2009
Au commencement était l’épargne.
Imaginons un village de pêcheurs en des temps reculés. Le poisson est abondant tandis que le nombre de pêcheurs est limité. La ressource en poissons semble illimitée. Dans ce village, les pêcheurs nourrissent leur famille grâce au produit de leur pêche. Il y a peu d’échanges, le village étant éloigné des autres villages.
Plusieurs fois par semaine, notre pêcheur prend sa barque et va jeter sa ligne à quelques centaines de mètres du rivage. Il y a des jours favorables et des jours moins propices. Parfois, la famille du pêcheur profite d’une pêche abondante. D’autres jours, le pêcheur et sa famille utilisent les réserves naturelles de leur corps pour compenser une moindre pêche.
Puis, l’un des pêcheurs se dit qu’il pourrait pêcher un peu plus, plus longtemps, pour se constituer des réserves de poissons. Ainsi, lorsque la pêche est mauvaise, il pourrait utiliser une partie de ce stock afin de toujours avoir la même quantité de nourriture.
Pendant quelques jours, notre pêcheur augmente son temps de pêche. Le voila à la tête d’un stock de poisson de plusieurs jours. Il s’est constitué une réserve, qu’il consomme et renouvelle régulièrement.
Ainsi, en prenant du temps sur certaines activités, vie familiale, loisirs, le pêcheur a travaillé plus, momentanément et s'est constitué une réserve de nourriture.
Il s’est constitué une épargne, qui est stockée sous forme de capital alimentaire.
Certes, cette épargne aurait pu être constituée par la chance et non par le travail ; pêche exceptionnelle due au passage d’un gros banc de poissons. Mais généralement, l’épargne est constituée alimentée par le travail, dans le cadre d’un projet, dans le cas présent , moins souffrir des aléas de la pêche.
On constate que, dans cet exemple, une décision économique, épargner, répond à une préoccupation humaine. L’épargne, notion économique, se trouve au service de l’homme. Mais cet aperçu serait incomplet si on ne se posait les questions suivantes :
- D’autres humains sont-ils lésés par l’épargne qu’un d’entre eux réalise ? La réponse sera évidemment non, comte tenu du contexte.
- L’action individuelle peut elle être généralisée ? La réponse est oui, puisque cela ne modifie pas les échanges dans le groupe social, la réserve naturelle (poisson, richesse halieutique) n’est pas mise en péril du fait des définitions de départ.
- L’action est-elle réversible ? Oui, le pêcheur peut, s’il le désire, réduire son prélèvement sur le milieu marin à hauteur de ce qu’il a « sur-pêché », tout simplement en réduisant en suspendant sa pêche pendant quelques jours.
La question qui suivra sera de savoir : comment l’épargne peut-elle être utilisée ?
Jean Philippe


