Gauche Alternative Choletaise

Pour une gauche alternative, écologiste, antiraciste, féministe et solidaire à Cholet (49)

13 septembre 2009

65 ans après - Kléber Edgar Guillon, mort pour la France

TU ES PIERRE ET SUR CETTE PIERRE JE GRAVERAI TON NOM, « KLEBER »

22/08/1944 Le temps de l’oubli

05/09/2009 quand « Kléber » devient Guillon

Il n’a fallut que 65 ans pour, enfin, graver, officiellement, dans la pierre, le sacrifice d’un « Mort pour la France de 39/45 ».

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La ténacité d’un fils posthume, « Pupille de la Nation de 39/45 », alliée à la générosité d’un maire, Hubert Bonnefoy, de St Didier en Bresse -71 (commune de 167 habitants - siège du PC sectoriel du maquis FFI) et de ses conseillers municipaux et appuyées sur la dynamique d’un responsable local des anciens combattants, Georges Euvrard, ont permis ce « miracle du souvenir ».

D’un père inconnu ou méconnu et en « déshérence mémorielle », nous nous voyons maintenant, les 4 frères survivants,  nantis d’un père « reconnu » qui sera ainsi « acteur » de toutes les commémorations officielles ayant trait à tous ceux qui ont offert leur vie pour que certaines valeurs (1), dont le triptyque « Liberté-Egalité-Fraternité », malheureusement mis sérieusement à mal depuis au moins 3 ans, soient le reflet de la France éternelle, Pays des Lumières (2).

Pas moins de 200 personnes assistaient à cette commémoration particulière qui outre l’inscription d’un « fils adopté par la mort », étranger à la commune puisque natif du Nord, mais de fait « fils combattant de la commune » ayant son PC à St Didier en Bresse, se voulaient honorer les 4 morts des combats de Sermesse (71) du 22/08/1944, peu avant la libération de la Saône et Loire et appartenant tous au maquis basé sur la commune où ils furent inhumés avant que d’être « rapatriés » chez eux :

Jean Boyer né le 13/01/1925 à Draguignan (83), alias « Grosdemieux »

Félicien Guillot né le 12/04/1925 à Authunes (71), alias « Féfé »

Henry Schlincker né le 29/04/1920 à Nice (06), alias « Jésus »

Kléber Edgard Guillon né le 05/02/1908 à Trélon (59), alias « le Garde », « Kléber »

Une relation est faite, par Georges Monnot, dans le livre de René Pacaut « Maquis dans la Plaine » (de la Saône et Loire au Danube avec les FFI Bressans et les chasseurs du 2ème B.C.P), de la mort de « Kléber »…. mort en portant aide à ses hommes sur le terrain….. :

« …… Ensuite je revins avec le groupe de renfort sous les ordres de ‘Kléber’ qui fut carbonisé par un fil de clôture sur lequel était tombé un fil électrique d’une ligne à haute tension, malgré l’intervention du caporal Lépicier qui s’était élancé hors du bois pour couper, au mousqueton, le fil meurtrier.

‘Kléber’ est inhumé le lendemain à St Didier en Bresse ainsi que ses 3 malheureux compagnons…. »

5 lignes, d’un livre à compte d’auteur, sauvaient ainsi le sacrifice d’un « Mort pour la France », de l’oubli total.

Oubli maintenant réparé, depuis le 05 Septembre 2009, puisque du papier cela s’est gravé dans la pierre.

Il est à regretter que le Ministère des anciens combattants, informé, ait passé sous silence (silence aussi obscur que l’obscurantisme qui assaille la France), cette commémoration particulière dans l’espace temps (alors qu’il lui incombait de faire procéder à cette officialisation d’une « Mort pour la France » par une telle inscription, ici ou dans le Nord, et ce depuis 65 ans….).

Mais il est vrai que « Kléber », père à 36 ans, de 4 enfants et attendant le 5éme qu’il ne connaîtra pas, ne s’appelait pas Guy Mocquet, célibataire de 17 ans….. mais simplement Kléber Edgard Guillon!

(photo jointe)

Jean-Luc Voiret, Conseiller Général du canton, représentait le Président du Conseil Général de Saône et Loire, lequel cumule le mandat de Député de la Circonscription (3), signalât au cours de cette commémoration, les dérives dangereuses décidées, arbitrairement, en matière de social et d’humain.

Merci aux quelques 200 personnes qui honorèrent de leur présence, l’émotion d’un lien émotionnel fort enfin renoué.

Kelly-Eric Guillon

« sous-Pupille de la Nation de 4éme Catégorie de 39/45 » par décret, depuis 2000

(1)   issues de la Révolution et des combats menés par des citoyens, concrétisées entre autres par les engagements du CNR - Conseil National de la Résistance)

(2)   Pays des Lumières qui glisse, maintenant, inexorablement dans l’obscurité et risque de devenir le pays de l’obscurantisme, guère mieux loti que l’Iran que l’on (Elyséen et non le Peuple) se dit prêt à affronter aux côtés d’Israël….. Obscurantisme contre obscurantisme = Obscurantisme des bruits de botte entendus, deci-delà,  à nouveau

(3)   plus connu, à l’extérieur du Département, sous le nom d’Arnaud Montebourg du PS, lequel, rencontré en son fief de Louhans, en 2005, devait prendre la tête de la croisade des « Pupilles de la Nation de 39/45 » qui refusaient la discrimination faite vis à vis de la souffrance de 120 000 enfants (sur quelques 150 000) sacrifiés de la Guerre et oubliés depuis les décrets de 2000 et 2004 – voir ce combat sur www.pupilles-homega.org.

Hélas le combat continu, sans lui…… qui passé le moment fort de la déclaration d’intention de ce jour là, fut débordé par ses occupations politiques diverses et variées (dont apparemment la « Mémoire » semble exclue, comme d’ailleurs pour le gouvernement et les partis de droite et associés, puisque la 3éme discrimination est maintenant en route conformément, et à la ligne près, à la « promesse électorale » du candidat Sarkozy, malgré le simulacre de la « commission Audouin » à laquelle une seule association de « Pupilles de la Nation » a refusé de siéger, refusant de se faire complice et de servir de « faire valoir » et de « caution morale » au Pouvoir .

http://www.marcfievet.com/article-29248917.html (quand le Pouvoir prostitue les « Morts pour la France »)

http://www.marcfievet.com/article-29509802.html  (lettre officielle du refus. La seule du refus)

http://www.marcfievet.com/ (l’édito)

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27 juillet 2009

Pendant vos vacances, à quelle vitesse roulez-vous ?

Cet été, vous prenez la sublime voiture que vous avez achetée il y a 3 ans. Vous la revendrez dans deux ans, lorsqu’elle aura rempli les bons et loyaux services que vous attendez d’elle.

Mais pour l’heure, vous pensez à vos vacances. Pour aller plus vite, vous aller utiliser l’autoroute. Vous comptez bien, cette fois, avoir peu de circulation, et ne pas subir les habituels bouchons au péage.

Vous avez 600 km à parcourir, presque essentiellement sur autoroute. Vous pariez sur une vitesse moyenne de 120 km heure et donc, 5 heures de route seront suffisantes.

Mais votre calcul est-il juste ? Roulez-vous vraiment à 120 km/heure, ou bien n’êtes vous guère plus rapide que lors de vos promenades en famille le dimanche, … à vélo ?

Qu’est-ce que la vitesse? C’est un changement de position, rapporté à un changement de temps. Pour faire simple, il s’agit de la distance parcourue divisée par le temps mis pour la parcourir.

Si, en 10 minutes, je parcours 15 kilomètres, cela signifie que ma vitesse est de 1,5 km à la minute, soit 90 km heure.

Mais, quel temps met-on en voiture pour parcourir 1 km ?

voiture_accidenteeD’abord, il y a le temps du déplacement. Mais, pour réaliser ce déplacement, il faut utiliser une voiture et il a fallu du temps pour gagner l’argent nécessaire à son achat. Il ne faut pas non plus oublier les réparations, le coût de l’essence, le péage.

Un calcul simple montre que, pour une voiture coûtant 15 000 euros à l’achat, revendue au bout de 5 ans avec une décote de 75 %, et parcourant environ 15 000 km par an, les coûts au km sont les suivants (compte tenu d’une vitesse sur autoroute à 130 km heure)

amortissement du véhicule   0,15euros *

réparations entretien           0,04 euros **

essence                              0,1188 euros ***

péage                                    0,0528 euros ****

coût total                               0,3616 euros

Pour un salarié payé net 10 euros de l’heure, cela représente 2,1696 minutes qu’il faut ajouter  au 0,4615 minutes nécessaires pour parcourir le fameux kilomètre

Cela fait donc 2,6311 minutes pour parcourir 1 kilomètre,

soit une vitesse de 22,80 km/heure.

En réalité, pour parcourir vos 600 km, vous aurez consacré 600/22,8 soit plus de 26 heuresvelo_005

Certes, vous me direz que, plus on est riche, moins il faut travailler pour acheter une voiture et l’essence nécessaire. La vitesse est tout de même dérisoire, d’autant que l’augmentation des revenus va souvent de paire avec le prix de la voiture et la puissance du moteur.

Jean Philippe

* voiture vendue au bout de 5 ans avec 75 % de décote ayant parcouru 75 000 km  : 15 000 euros*0,75/75 000

** 600 euros par an pour 15 000 km annuels : 600/15 000

*** consommation de 9 litres au 100 km à 1,32 euros/litre : 9*1,32/100

**** Lille Toulouse : péage 46,20 euros pour 875 km

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08 juin 2009

européennes 2009 - la liste Marianne Blanc censurée.

C'est le scandale récurent des élections, et plus particulièrement celui des élections européennes 2009. Une fois de plus, Marianne Blanc, tête de liste du mouvement France Citoyenne Mais Interrogative, s'est vu refusé le droit au dépouillement.

Reprenons l'histoire à la base. Régulièrement, des citoyens français, soucieux d'exprimer leur citoyenneté par le vote, mais dubitatifs quant à la sincérité ou l'intérêt du choix présenté, votent Blanc. Plus précisément, Marianne Blanc. Certes, le bulletin est toujours le même, sans nom et sans papier. Depuis de nombreuses années, l' habitude  est prise de mélanger les votes blancs avec les votes nuls qui eux, sont le résultat d'une erreur et non d'un acte politique. Les résultats de la liste Blanc étant systématiquement passés sous silence, les français ne vont plus voter et le taux d'abstention monte, contribuant à une disparition de l'esprit citoyen.

Il est nécessaire que cette censure disparaisse.

A une époque ou le taux d'abstention atteint 60,60 % à Cholet, il est indispensable de reconnaître une liste dont les suffrages sont un indicateur certain de la dynamique politique de notre pays.

De plus, il est impensable que 50% de 40% des suffrages, soit 20% des électeurs, assure le pouvoir absolu à une minorité.

Car non seulement la liste Marianne Blanc (reconnaissance du vote blanc, vous l'aurez compris) est indispensable, mais elle doit être, selon son importance, un élément permettant de décider de la validité ou non d'un scrutin. Ainsi, une telle liste , si elle arrivait en tête, devrait nécessiter l'annulation de l'élection et la mise en place d'une nouvelle campagne.

Coûteux, me direz-vous? Non, car cela obligerait les élites politico-médiatiques à réellement informer les citoyens, de façon pédagogique et non polémique.  Et sous cette pression, il y a fort à parier que certains politiciens devraient céder leur places à de vrais politiques.

Pour ma part, je ne vote jamais Marianne Blanc. Je ne défends donc pas des convictions politiques mais plutôt le droit des citoyens à s'exprimer sur le champ des élections.

Jean Philippe Parmantier

04 juin 2009

Dans décrois « sance », il y a sens....

Si je m'interroge sur le pourquoi de mon « entrée en décroissance », l'idée qui m'apparaît en premier lieu, c'est la quête de sens. Donner ou redonner à ma vie un contenu, autant qu'une direction. Il s'agit en effet pour moi dans un premier temps, de retourner vers cet essentiel, celui des valeurs, du respect, du partage, libérée du poids de ce « matériel » par trop encombrant... Tant d'objets inutiles, accumulés, qui occupent un espace rétréci qui finit par nous étouffer, nous annihiler au seul objectif de posséder plus, et encore ... Se libérer de cette course effrénée, c'est prendre un tant soit peu de recul par rapport à son mode de vie, c'est prendre le temps de retrouver sa liberté d'être et de choisir...  C'est découvrir que l'on peut résister à cette compulsivité acheteuse qui ne compense en rien notre vide intérieur... Qui suis-je vraiment ? Qu'ai-je envie de faire de ma vie ? Quelles autres directions puis-je prendre pour trouver cet apaisement, ce bonheur à être au monde ? Comment suis-je responsable de mes choix et de leur impact sur le monde ?  C'est comme si soudainement, en  faisant ce déterminant « pas de côté », nous découvrions toutes ces  possibles manières d'exister, tous ces choix encore inexplorés dans notre parcours de vie, tous ces rêves, ces envies, tenues si longtemps, trop longtemps à l'écart, comme si elles ne devaient rester qu'à ces états oniriques... Les écouter, voire les retrouver, ne pas avoir peur de leur donner vie, pouvoir accepter le bonheur qu'elles nous procurent, sans culpabilité. C'est retrouver la joie de vivre pleinement les bonheurs simples et accepter chaque petit plaisir comme un cadeau que la vie nous offre, que nous nous offrons à nous-mêmes... Voilà ce qu'est pour moi, la décroissance, c'est le sens retrouvé de ma vie.

Christina BIELINSKI/BRULAVOINE

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27 mai 2009

Hadopi, la police des pensées.

Vous ne le savez peut-être pas, mais vous êtes peut-être surveillé. Julien Coupat et sa compagne (les dangereux terroristes épiciers de Tarnac) l’étaient, suite à leur tentative de passer la frontière américaine sans passeport biométrique. On remarquera que, malgré la surveillance étroite et physique dont ils étaient l’objet le jour des dégradations reprochées, personne parmi nos fins espions, n’a pu les voir commettre d'actes répréhensibles.  Cela n'empêche pas Julien Coupat d'être enfermé depuis plusieurs mois, et les perquisitions infructueuses et gardes à vues d'intimidation de se multiplier.

Mais maintenant, ce ne sont plus seulement vos actes qui pourront être surveillés, mais vos pensées.

1984Vous vous croyez seul chez vous. Sur votre ordinateur, vous écrivez la phrase :  «   Je hais Sarkozy ! ». Le copier-coller vous permet de démultiplier à l’envie l’expression de votre pensée. Après vous être défoulé, vous quittez votre page texte, sans l’enregistrer.

Sans que vous en ayez conscience, ce qui n’était que pensée momentanément inscrite sur un écran d’ordinateur, est devenu pièce à conviction. En effet, la loi Hadopi, pour laquelle nos élus de droite ont généreusement voté, permet de pirater votre ordinateur, jusqu’à connaître les touches que vos doigts ont activées. Votre écran est devenu en un tour de loi, un espion au service de » l’Etat. Relisez 1984 , de Georges Orwell, et vous y découvrirez le monde que l’homme de paille Sarkozy construit pour vous et vos enfants.

Jean Philippe

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04 avril 2009

Décroissance, une idée dévoyée par les médias

Article paru sur le blog LE RAGONDIN FURIEUX sur la décroissance

http://le-ragondin-furieux.blog4ever.com/blog/lirarticle-261457-1225377.html


Décroissance, une idée dévoyée par les  médias…

   

 

   

   

 

   

S'il est un sujet mal-connu de nos jours, voire méconnu, souvent présenté de façon superficielle, c'est bien celui de la Décroissance.

     

A la décharge de ceux qui ne voient dans ce terme qu'un retour à l'époque où l'on s'éclairait à la bougie, la médiatisation trompeuse utilisant des images allégoriques y est pour beaucoup. C'est ainsi que l'on a pu voir sur France 2 au mois de janvier lors de l'émission, « Envoyé spécial », une caricature de la décroissance, confusion volontairement entretenue dont d'ailleurs dans le même ordre d'idée M6 nous a gratifié le 25 mars pour disqualifier la décroissance.

      

Pour ceux qui ingurgitent sans esprit critique la télévision, la décroissance serait essentiellement le fait de consommer moins ou différemment. Je n'épiloguerais pas un passage significatif de l'introduction du reportage de M6 où le journaliste Mardon fait preuve d'un semblant de méconnaissance voulue pour dévaloriser le concept. Simplement pour dire que si la décroissance n'est que le fait d'aller chier dans la sciure de bois et vivre dans une yourte, le sujet politique et écologique de la décroissance soutenable sera vite épuisé et totalement vidé de son sens.

      

D'abord, il faut élargir le débat, l'époque de la génération des bobos d'après 68 étant de l'histoire ancienne, nous devons donc faire une approche plus politique de nos sociétés. Et y inclure tout de suite la première constatation qui est que la recherche de croissance exponentielle est incompatible avec une écologie salvatrice, et surtout avec le partage des richesses. Aussi, dans le même ordre d'idée, le développement durable qui veut que les avancées scientifiques vont en partie régler les disfonctionnements, apporter des solutions aux dérèglements planétaires tout en continuant de croitre économiquement est une fumisterie de première. Il n'y a donc pas d'autres perspectives que de combattre le productivisme, quel qu'il soit : capitaliste où communiste à la mode de l'ancienne URSS.

   

    

Certes, il ne faut pas négliger l'aspect individuel qui va s'attacher à la préservation de la nature, il a son importance, mais il faut aller plus loin en dirigeant la collectivité vers un modèle de société ou le partage sera la base du système. A fortiori, pour le système économique !

        

D'entrée, une constatation s'impose, c'est que nos moyens énergétiques et de fabrication ne doivent plus être essentiellement pompés dans le capital nature, et particulièrement celui non renouvelable. Le capital humain deviendra par la même occasion l'une des priorités conceptuelles. Cela induit donc par extrapolation que la recherche de l'économie d'énergie est essentielle et va par conséquence apporter certaines contraintes, comme dans la construction par exemple où l'on a fait déjà quelques efforts néanmoins encore insuffisants.

     

Il y a aussi les matières premières utiles à la fabrication des objets courants et indispensables qui sont elles aussi extraites du sous sol. Il faut extraire de la bauxite pour fabriquer un récipient en aluminium, un ustensile de cuisine, mais on peut aussi recycler encore plus, en ne surconsommant pas le matériel jeté suffirait pour le renouvellement, donc moins d'exploitations minières et tous les inconvénients qui en découlent.

       

Toutefois, il ne s'agit pas de le faire à grande échelle comme cela se pratique en Inde avec le démantèlement des paquebots, non, récupération au niveau de la collectivité locale des métaux et transformation par des fours Martin, ne serai-ce que pour citer cet exemple. Fours d'ailleurs que l'on pourrait faire fonctionner grâce à l'électricité fournie par la méthanisation du reste des déchets. Il y a foule de solutions, comme le retour au verre consigné, etc… Sans parler des amuses gueules totalement inutiles dans beaucoup de circonstances comme le téléphone portable. Pour un toubib, un sauveteur, d'accord, mais pour téléphoner à son concubin pour lui dire d'acheter une boite de petit pois, c'est chèrement compromettre l'environnement pour un  service qui n'en est pas un.

        

Cela implique naturellement une autre conception sociétale et intellectuelle, la relocalisation en est un, donc des moyens de fabrications plus diversifiés, écologiquement responsables, et cela va de soi, en dehors du système des multinationales. On va donc vers l'autogestion, la nationalisation pour les grosses entités indissociables puisque le capital financier n'est plus une priorité laissant place au capital humain avec une répartition des responsabilités, et une relation tout à fait différente vis-à-vis de la notion de travail au service cette fois d'une rémunération équitable. Qui plus est, avec la conscience d'être utile à la société, ce qui est loin d'être le cas pour le système productiviste.

        

Je n'aborderais cet aspect que rapidement, simplement pour dire que lorsque les pays favorisés iront dans la voie de la décroissance, le rapprochement sociétale et le partage des richesses avec les pays défavorisés sera efficient, ce qui mènera à la disparition du colonialisme, et là c'est évident, à des flux migratoires beaucoup moins importants.

        

Cela va permettre d'envisager aussi de changer notre regard sur les moyens de transport, puisque le rapprochement du lieu de travail sera effectif avec la localisation, et par là même la diminution du parc automobile au profit de la collectivisation des transports, ça c'est de la vraie décroissance ! Allant d'ailleurs à l'opposé de l'image tronquée du supposé « décroissant » qui construit sa maison en bois dans un lieu éloigné et inaccessible, et qui prend sa bagnole tout seul pour faire maints kilomètres pour aller bosser.

Ceci dit, je n'ai rien contre les yourtes, néanmoins tout le monde n'est pas propriétaire ou n'a pas envie d'y être, ou ne peut pas financièrement, donc focaliser la décroissance sur ce genre d'image nouvelle et symptomatique avec un habitat original n'apporte rien à la quintessence de la décroissance dans le sens politique.   

De façon succincte, suppression de la pub, des grandes surfaces, un rapport plus direct  entre le producteur et le consommateur, un réel commerce équitable….

        

Ce ne sont là que quelques pistes qui indiquent néanmoins l'orientation de la vraie Décroissance et non celle affichée par quelques spécimens en mal d'exotisme ou de folklore, que sais-je encore…

        

Mais tout cela demande à l'évidence la refondation de notre société vers une société de partage. Cela ne sera donc possible qu'avec une réelle prise de position politique anti-capitaliste, ce qui implique un engagement à long terme au côté, voire inclus dedans à l'occasion, des partis politiques anti capitalistes réellement responsables.

        

Pour conclure, je n'ai fait  qu'effleurer ce vaste sujet, mais j'espère cependant que cela aura remis  quelques idées en place.


Le Ragondin Furieux 2009-04-01

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12 mars 2009

Reconnaissance pour les enfants des "Justes".

On me fait parvenir le texte ci-dessous, demandant la reconnaissance des souffrances des enfants des français "morts pour la France", au même titre que les enfants des autres vicitmes de la guerre 39-45.

Chronique : Opinions – sans détour

Amertume et confusions au dîner du CRIF, par Caroline Fourest

LE MONDE | 06.03.09 | 13h55  •  Mis à jour le 06.03.09 | 13h55

Nicolas Sarkozy a tenu à faire un crochet par le dîner du CRIF pour le marteler : "Quand on s'en prend à un juif parce qu'il est juif, c'est toute la France qui doit se sentir solidaire."

_______________

Quand il veut, il peut.

Ne serait-ce que pour faire bien….. dans un compte rendu journalistique, le lendemain.

C’est beau, c’est grand, c’est sublime

Comme cela est très bien dit.

Mais, dites M’sieur, quand on s’en prend à la souffrance des « Pupilles de la Nation de 39/45 » et que l’on décide de qui a souffert et

de qui n

’a pas souffert de la mort de son père, déclaré « Mort pour la France », pour oublier volontairement celle de 120 000 enfants et que l’on s’en tient à la reconnaissance de celle des « Pupilles de la Nation de 39/45 – Juifs », qui doit se sentir solidaire ? (Apparemment pas la France, ni celui qui préside à son pilotage !)

Les Juifs, bénéficiaires de la reconnaissance de leur souffrance par le décret de 2000, n’ont-ils pas joué cavalier seul (communautaires et sectoriels pour ne pas dire sélectifs) en oubliant que quelques 150 000 compagnons d’infortune avaient souffert, eux aussi, de la « Mort pour la France » de leur parent, ce qui les fit devenir « Pupilles de la Nation », comme eux, les Juifs.

La Mort des parents de ces enfants Juifs a été atroce et parfois plus que celle de morts, non Juifs ou Juifs au cours de combats.

Certes, ce sont les responsables qui ont entraîné l’ensemble de la communauté à ce jeu solo.

Personne parmi les bénéficiaires de cette reconnaissance ne s’est « insurgé » de cette discrimination !

Mais la souffrance de ces enfants Juifs est elle supérieure à celle d’un enfant non Juif ?

Si oui en vertu de quel principe ? (et que l’on me parle pas de celui de

la Race Elue

)

Qu’attendent-ils (les Juifs, responsables ou non) pour déclarer, officiellement, « Justes » tous ceux qui sont morts en combattant en 39/45, car dans ce combat aboutissant souvent à leur propre « holocauste[1] » personnel, il y avait aussi le souci, entre autres, de sauver, pas des, mais, LES Juifs ?

Les politiques et gouvernants ont déjà deux discriminations à leur actif pour les seuls « Pupilles de la Nation de 39/45 » (décrets de 2000 et 2004). Ils s’apprêtent à entériner le 3éme selon une certaine promesse électorale…..

Est-ce cela la France de l’EGALITE, pour laquelle des Français ont eu le courage de combattre allant parfois jusqu’au sacrifice ?

La France, mémorielle et/ou celle qu’il nous est donné de vivre aujourd’hui, voulue par tous ceux qui ont cimenté, par leur sang, l’édification de la « République des Lumières », est-elle celle pour laquelle ils se sont sacrifiés?

NON

Debout tous les « Morts pour la France », puisque les vivants,  y compris parfois vos propres enfants, vous enterrent à nouveau  dans un linceul de mépris[2].

Kelly-Eric Guillon

« sous-Pupille de la Nation de 39/45 »


[1] Pris dans le sens biblique et non barbare….

[2] Car c’est mépris que de laisser un seul « Pupille de la Nation de 39/45 » hors de la reconnaissance de sa souffrance, souffrance qui ne s’est pas cantonnée à sa seule enfance, mais trop souvent tout au long d’une vie et qu’il fut Juif ou non.

Renseignez vous pour connaître la gravité de cette souffrance, auprès de « Pupilles de la Nation de 39/45 », maintenant en retraite. Vous risquez d’avoir et d’entendre des surprises..

« Si vous sauvez un seul Juif, c’est l’Humanité toute entière que vous sauvez », disent-ils !

« Sauvez jusqu’au dernier  Pupille de la Nation de 39/45 et c’est la Paix que vous sauvez », car sans Mémoire, il ne peut y avoir de Paix.

C’est parce qu’il y a eu des « Morts pour la France » que la Paix existe, ne l’oubliez pas et que vous soyez Juifs ou gouvernants soyez enfin « Justes » !

Posté par alterre à 21:18 - Sujets de réflexion - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Si Cholet était en Palestine,

Si Cholet était en Palestine, nous ne serions plus libres mais occupés.

Si Cholet était en Palestine, nous mettrions environ 50 minutes pour aller à Chemillé, si tout va bien, s’il n’ y a pas de barrage qui nous arrête et nous demande d’attendre. L’autoroute nous serait interdite car réservée aux colons. Il en serait de même pour aller à Tillières.

Si Cholet était en Palestine, nous ne pourrions pas aller directement à St Christophe du bois car il y aurait un mur et il faudrait faire le tour par Mortagne.

Si Cholet était en Palestine, en allant travailler à Angers, au chek-point, il faudrait descendre du car, attendre, se ranger en file indienne, sortir sa carte d’identité et la présenter poliment sans s’énerver aux jeunes soldats qui nous le demande avant de remonter dans le car et ceci tous les jours, matin et soir. De temps en temps le soldat en prendrait un qu’il ferait asseoir ou se déshabiller, comme bon lui semble…

Si Cholet était en Palestine, il y aurait un occupant qui prend nos meilleures terres, notre eau, construirait des routes au milieu de nos terres : sûres et rapides pour lui, nous laissant les anciennes routes qui ne seraient plus entretenues, voire barrées d’obstacles.

Si Cholet était en Palestine, les soldats arracheraient nos arbres fruitiers car on pourrait s’y cacher pour faire des choses…

Si Cholet était en Palestine, nos jeunes n’auraient jamais vus la mer : trop long pour y aller, trop d’autorisation à obtenir. Quant à nous elle serait un souvenir lointain.

Si Cholet était en Palestine, nos enfants seraient les plus instruits de France, mais ils ne pourraient pas trouver de travail, à moins de s’expatrier

Si Cholet était en Palestine, et que nous étions Hébron, la rue nationale serait déserte, réservé aux colons, et un grillage serait tendu au dessus de nos têtes pour arrêter les ordures que jettent les colons depuis les étages des immeubles qu’ils occupent.

Si Cholet était en Palestine, nous ne pourrions pas aller faire les pommes ou les vendanges sans autorisation. Une fois l’autorisation, de quelques heures obtenues, nous serions heureux si le raisin ou les pommes n’ont pas été volés. Et si nous ne pouvions aller sur nos pommiers ou notre vigne, au bout de trois ans les colons pourraient la récupérer car elle serait considérée comme abandonnée.

Si Cholet était en Palestine, nous ferions des prières pour ne pas tomber malades ou être blessés car il n’y a pas assez de médicaments et les médecins n’ont pas le temps.

Si Cholet était en Palestine, nous aurions peur la nuit des chars, des avions F16 ou des drones, des jeeps et des soldats qui entrent dans les villes ou les villages, fouillent les maisons, injurient, humilient, et tirent.

Nous aurions peur qu’on vienne arrêter notre mari ou notre fils aîné, qu’on ne reverrait plus de sitôt.

Si Cholet était en Palestine, nous aurions peur que les soldats nous fassent sortir très rapidement pour détruire notre maison et ce qui est resté à l’intérieur.

Si Cholet était en Palestine, nous aurions peur pour nos enfants qui mettent du temps à rentrer de l’école ; pour notre mari qui rentre du travail, pour notre épouse qui est partis faire les courses.

Si Cholet était en Palestine, on demanderait à certains d’entre nous de collaborer avec l’occupant en échange d’autorisation pour se faire soigner ailleurs, ou d’une libération d’un proche emprisonné.

Si Cholet était en Palestine, nous garderions les fenêtres ouvertes, jour et nuit pour éviter qu’elles n’explosent lors des bombardements. On vivrait dans le noir, sans chauffage, et on mangerait froid car il n’y aurait plus de gaz ni d’électricité, ou seulement quelques heures parfois.

Si Cholet était en Palestine, nos amis ne viendraient plus nous voir car les frontières seraient fermées et à la gare d’Angers ou à l’aéroport de Nantes nos amis seraient questionnés et fouillés. Il faudrait qu’ils inventent une ferveur particulière pour les généraux vendéens et expliquent venir voir leurs tombes et le champ de bataille de Cholet. Sinon ils seraient illico remis dans l’avion.

En bateau ? Ils se feraient tirer dessus en entrant dans les eaux territoriales.

Si les Sables d’Olonnes étaient Gaza, le port serait détruit.

Si Cholet était en Palestine, les autres régions françaises nous assureraient de leur soutien… et continueraient de commercer avec le reste du monde. Il faut bien vivre !

Si Cholet était en Palestine, les infrastructures de la ville (piscine, médiathèque, ramassage d’ordures etc.) auraient été détruites et le matériel nécessaire aux réparation hors de prix. Il faudrait apprendre à faire sans.

Si Cholet était en Palestine, notre maire aurait sûrement été emprisonné pour une durée indéterminée, peut-être aurait-il eu toutes les dents cassées comme celui de Beit Hommar, peut-être aurai-t-il été obligé de collaborer pour rester en place.

Si Cholet était en Palestine, peut-être dirions –nous, comme ce maire d’Al-Ma’sara : ils nous ont tué un enfant de dix ans cet été, c’est une victoire pour nous, cela prouve qu’ils sont à bout d’arguments.

Si Cholet était en Palestine, nous ne serions plus libres mais occupés.

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02 mars 2009

Contre le libéralisme autoritaire,

Philippe Meirieu

Professeur en sciences de l’éducation

à l’université LUMIERE-Lyon 2

On connaît les principales mesures venues, depuis plus d’un an, mettre à mal l’institution scolaire française : nouveaux programmes de l’école primaire qui, au prétexte de renforcer les « apprentissages fondamentaux », font de l’élève une « machine à exercices » et privent les enfants défavorisés de l’accès à la signification des tâches et de la culture scolaires… disparition programmée des RASED qui pouvaient apporter aux élèves en grande difficulté des aides adaptées… suppression des cours le samedi matin au détriment des équilibres de vie des enfants… mise en place d’évaluations systématiques, sans justification pédagogique, simplement pour fournir des indicateurs à des parents réduits au statut de « clients »… disparition progressive de la carte scolaire avec la promesse aux familles qu’elles pourront choisir l’école de leurs enfants alors qu’en réalité, ce sont les écoles qui choisiront leurs élèves, creusant ainsi les inégalités… suppression des aides aux initiatives artistiques et culturelles alors qu’il faudrait, au contraire, les renforcer pour compenser le crétinisme de la télévision et lutter contre la sidération par les jeux vidéos… disparition de toute véritable formation professionnelle en alternance pour des enseignants condamnés désormais à osciller entre la répression et la dépression… abandon de toute ambition pour les collèges laissés en jachère alors que beaucoup d’entre eux sont au bord de l’explosion… traitement méprisant des mouvements d’Éducation populaire et pédagogiques dont certains sont gravement menacés dans leur rôle d’appui à l’institution scolaire…

Ces mesures nous sont présentées comme des « réformes », mais je me refuse, pour ma part, à les nommer ainsi. D’une part, parce que cela sous-entendrait qu’il s’agit de « transformations nécessaires » et que ceux qui s’y opposent sont des conservateurs. D’autre part, parce que l’idéologie dominante et la rhétorique gouvernementale présentent toujours ces « réformes » comme inévitables : « Il n’y a pas d’autre solution si nous voulons… que nos enfants sachent lire… qu’on ne gaspille pas nos impôts… que nous tenions notre place dans le monde… etc. ». Or, en réalité, il y a toujours d’autres solutions. Et le rôle des politiques, c’est justement de présenter des scénarios en indiquant les chances et les risques qu’ils comportent, de les référer aux finalités envisagées et aux moyens mobilisables. A minima, il incombe aux décideurs d’associer tous les partenaires à l’exploration de ces scénarios et de mettre à contribution les chercheurs pour éclairer les choix… Or, que voyons-nous ? Des décisions unilatérales, précipitées, sans véritable anticipation de leurs conséquences, sans aucune mobilisation de l’intelligence citoyenne. Des décisions présentées comme « les seules possibles » : « Il était inévitable de supprimer les cours le samedi matin car cela correspond à une évolution sociologique irréversible et à une demande massive des familles. » Mais pourquoi l’École devrait-elle se caler systématiquement sur les évolutions sociologiques ? Et qui sait si les parents n’auraient pas, finalement, opté, s’il leur avait été présenté, pour un « plan B », comme, par exemple, le fait de faire du samedi matin une plage scolaire plus particulièrement consacrée au dialogue avec les familles, avec la possibilité d’assister aux cours par petits groupes, de débattre des exigences de l’école et des conditions de la réussite scolaire ?... Mais cela n’a jamais été proposé, ni même envisagé ; et, évidemment, aucun sondage n’a été commandé pour voir ce que les Français en penseraient.

Ainsi, ce n’est pas un hasard si le gouvernement, aujourd’hui, refuse les véritables concertations, s’enferme dans des négociations bilatérales sur ses propres projets sans jamais présenter plusieurs hypothèses et travailler à les affiner. En « réformant » à la hussarde, il focalise l’attention sur ses seules propositions et paralyse toute velléité de créativité collective. Il suscite les réactions de ceux et celles qui se sentent agressés et peut alors jeter en pâture à l’opinion leur « corporatisme ». Au total, il contraint ses adversaires à faire son jeu en protestant contre ses actes. Il peut même ainsi… les rendre fous !

D’autant plus que les mesures auxquelles nous assistons aujourd’hui n’apparaissent pas spontanément comme participant d’un projet global... En effet, d’un côté, on active toutes les rivalités possibles entre les personnes et les

institutions, tandis que, de l’autre, on renforce les prérogatives d’un pouvoir central déjà très puissant. Et émerge ainsi sous nos yeux une sorte de configuration étrange : le libéralisme autoritaire. Mais une configuration particulièrement cohérente en réalité, avec deux faces totalement indissociables…

Libéralisme : parce que ce qu’on nomme « modernisation » n’est jamais que la mise en concurrence systématique de tous les acteurs au nom de la « bonne vieille morale » de la « Fable des abeilles » du 18ème siècle : « Les vices privés font les vertus publiques. » Ainsi, l’État ne garantit plus la qualité du service public, mais délègue cette charge à la rivalité instituée entre les personnes et les institutions. Un exemple particulièrement parlant de cette méthode est représenté par la manière dont le gouvernement vient de « dissoudre » les IUFM : ce n’est plus lui qui garantira la qualité de le formation pédagogique des enseignants – ni l’équité territoriale dans ce domaine –, c’est la pluralité des offres d’universités « autonomes » désormais condamnées à la concurrence.

Autoritaire : parce que, pour créer les conditions de la concurrence généralisée, le pouvoir politique doit imposer un recul systématique de l’État dans tous les domaines et par tous les moyens. Son désengagement l’amène ainsi à organiser la dévolution systématique de ses prérogatives aux collectivités territoriales ou aux associations, sans leur donner les moyens de les assumer… et tout en maintenant la pression maximale sur elles au nom de ces mêmes prérogatives !

Libéralisme : parce qu’on joue systématiquement sur les conflits d’intérêts et qu’on oppose les gens les uns aux autres en créant de la suspicion permanente : pour les parents, les enseignants sont des corporatistes archaïques ; pour les enseignants, les parents sont des consommateurs intrusifs… pour tous, les chômeurs sont des profiteurs, les malades des dépensiers, les enfants des délinquants potentiels, les adultes des mal-traitants en puissance, etc.

Autoritaire : parce que, pour éviter l’explosion d’une machine qu’on laisse s’emballer et dont on libère massivement les forces centrifuges, on doit construire un « contenant » suffisamment puissant, avec des dispositifs de surveillance, de contrôle et de répression censés éviter les débordements qui mettraient en péril la survie même du système.

Libéralisme : parce qu’on affirme aux Français qu’ils vont, enfin, pouvoir choisir dans tous les domaines ce qui correspond à leurs désirs. Et que la machinerie économique et publicitaire tout entière les place dans une situation de surchauffe pulsionnelle permanente.

Autoritaire : parce que, pour éclairer les choix des consommateurs, il faut imposer des mesures et des quantifications permanentes de tout et de tous, construire, toujours et partout, des palmarès… Il ne s’agit pas, en effet, aujourd’hui, pour les fonctionnaires, de « rendre des comptes » – comme cela est, bien évidemment, exigible dans toute démocratie –, mais bien de régler toute leur activité sur des critères exclusivement comptables… avec le danger de réduire cette dernière à ce qui est strictement quantifiable à très court terme, au détriment des missions qui exigent un travail en profondeur sur le long terme, comme l’éducation, la culture, la recherche ou la santé psychique. Partout, il s’agit de « faire du chiffre » pour « se positionner », « rester dans la course », « être visible en affichant des résultats ». Or, « faire du chiffre » n’est pas – c’est le moins que l’on puisse dire ! – un gage de la qualité du travail d’un fonctionnaire : chacun sait que, dans un lycée, on peut obtenir d’excellents résultats au baccalauréat, simplement en sélectionnant plus sévèrement les élèves à l’entrée. Comme l’écrivaient les enfants de Barbiana, dans la Lettre à une maîtresse d’école publiée en 1967, exiger d’un service public de « faire du chiffre », c’est « condamner les hôpitaux à soigner les bien-portants et à exclure les malades. »… Pour autant, nous ne pouvons pas nous réfugier dans l’irresponsabilité sociale en invoquant l’ineffable, mais nous devons exiger d’être associés, en tant que citoyens et dans des collectifs institués, à la définition des critères qui permettent de juger de la « réussite de nos missions ». C’est ainsi que nous parviendrons peut-être à instaurer un minimum de fonctionnement démocratique dans le libéralisme autoritaire et technocratique qui nous envahit.

Reste néanmoins à comprendre les raisons de ce qui nous arrive. Comment se fait-il que ce modèle politique du libéralisme autoritaire ait réussi à s’implanter ? La question est essentielle car, si nous parvenons aujourd’hui à faire reculer le gouvernement sur telle ou telle mesure, nous ne pourrons lutter à long terme pour de véritables alternatives que si nous sommes capables d’identifier ce qui a permis d’en arriver là et comment on peut, à l’avenir, y échapper. Je fais l’hypothèse que, si le libéralisme autoritaire se développe aujourd’hui, c’est parce qu’à la fois, il existe un problème de fond dans notre « démocratie » et qu’à sa manière l’actuel Président de la République et son gouvernement y apportent une réponse… certainement pas la bonne, mais une réponse.

Le problème de fond est bien identifié : depuis la chute de toutes les formes de théocratie, nous avançons dans le vide, sans référent ni verticalité capables de nous rassembler et de nous faire « tenir ensemble ». Chacun d’entre nous devient maître de son destin et ses choix personnels ne sont plus dictés par l’obéissance à des règles de conduite consensuelles. L’individu se fonde lui-même et s’autoréférence. La modernité est ainsi marquée par ce que l’on nomme « l’individualisme social »… Pour ma part, je ne nourris aucune nostalgie à l’égard des théocraties religieuses ou politiques qui nous ont longtemps tenu sous leur joug. Je ne regrette pas le moins du monde les « bonnes vieilles méthodes » en éducation – qui côtoyaient une « pédagogie noire » particulièrement pathogène – pas plus que je n’aspire à la domination d’un chef charismatique dans un groupe fusionnel qui nous permettrait de restaurer un semblant d’unité… En revanche, je crois que le défi du fonctionnement démocratique de notre République n’a pas été véritablement relevé : nous ne sommes pas parvenus à créer des institutions, locales et nationales, dans les entreprises et les services publics, pour travailler collectivement à la définition et à la mise en oeuvre du « bien commun ». Nous restons ainsi, très largement, une collection d’individus juxtaposés. Certes, nous sommes étroitement dépendants les uns des autres, mais cette dépendance n’est pas une solidarité positive au nom d’une promotion collective, elle est une manière d’utiliser les dispositifs sociaux en fonction des seuls bienfaits qu’ils peuvent nous apporter au titre de nos revendications individuelles… Ainsi, sommes-nous condamnés à une fuite en avant, de prothèse revendiquée en prothèse exigée, quand il nous faudrait construire des institutions qui s’assument comme collectifs capables d’aider chaque sujet à mobiliser, tout à la fois, ses ressources internes et celles du groupe, et cela en une interaction permanente, seule susceptible de construire ce qu’on nomme « le lien social ». Aucun véritable « lien social » n’est possible, en effet, si l’individu se vide de « ce qui fait sujet en lui » ; aucun « lien social » ne peut être construit avec des individus qui sont en permanence dans la position de « profiter sans s’impliquer ».

Ainsi, faute d’avoir été capable de penser des collectifs solidaires adossés à des valeurs communes, notre modernité démocratique reste infiniment fragile. Elle est particulièrement sensible aux sirènes du discours libéral autoritaire. À cet égard, la thèse de Margaret Tatcher – « Il n’y a pas de société, il n’y a que des individus… » – reste la matrice idéologique de la politique que nous subissons. Et si le Président de la République, quoique devenu impopulaire, reste « en phase » avec la majorité de la population, c’est que, justement, il s’adresse toujours aux individus. Il leur dit : « Je ferai en sorte que vos enfants soient gardés les jours de grève… Si vous n’êtes pas contents de votre école, vous pourrez en changer… Si vous voulez gagner plus, vous pouvez le faire… Recherchez votre intérêt et ne vous inquiétez pas des autres… N’ayez pas peur des conflits, la police vous protège… ». Et c’est bien parce

que ce discours s’adresse à l’individu privé en chacun d’entre nous dans un monde de plus en plus individualiste qu’il fonctionne… Qu’on ne se méprenne pas cependant : les intérêts individuels, tous les intérêts individuels, peuvent être légitimes. Ce qui n’est pas légitime, c’est de réduire le « bien commun » à la somme ou à la mise en concurrence des intérêts individuels. Le pari de la démocratie dans la

République, c’est de faire travailler des « institutions » afin qu’elles permettent de s’exhausser au-dessus du déchaînement des rivalités personnelles. C’est pourquoi

nous avons besoin – si nous voulons nous écarter durablement des ornières que nous connaissons aujourd’hui – de renverser la vapeur, d’inventer un fonctionnement

qui mobilise les citoyens dans des projets solidaires.

Deux pistes me paraissent devoir être explorées pour cela. La première, c’est celle que nous expérimentons avec « l’appel des appels », c’est ce qui est en train de s’expérimenter dans le pays : sortir de nos isolements, faire le lien entre les différents secteurs frappés par le libéralisme autoritaire, se parler, tenter de comprendre ce qui nous réunit, identifier ce qui nous rapproche et comment nous pouvons nous compléter. Il y a là quelque chose d’essentiel à mes yeux et que je vois s’ébaucher aujourd’hui. Ainsi, par exemple, dans les écoles primaires, on observe une formidable évolution : les parents et les enseignants se mettent à travailler ensemble, les élus locaux et le tissu associatif s’y associent, des dynamiques sont à l’oeuvre… qu’il faudra prolonger bien au-delà des combats d’aujourd’hui.

Enfin, une deuxième piste me semble devoir être plus que jamais travaillée : la « refondation » des services publics. Il nous faut sortir de cette oscillation mortifère entre le « tout État » et le « tout marché », deux postures qui s’opposent et se nourrissent réciproquement. Le « tout État » n’est pas la garantie de la qualité des services publics : le bloc soviétique en a été un triste exemple. Le « tout marché » n’est pas, non plus, la garantie de la qualité des services publics, ni du développement harmonieux de nos sociétés : la crise financière et économique actuelle en est la preuve indiscutable. Pour autant, il ne suffit pas d’introduire plus d’État quand le marché impose sa dérégulation, ni d’introduire plus de marché quand le contrôle de l’État devient une technostructure tatillonne qui s’enferme dans des procédures kafkaïennes. On ne construira pas un service public réellement conforme au fonctionnement démocratique de notre République en s’épuisant dans de savants dosages entre l’État et le marché… Il faut vraiment « changer de logiciel » : il faut instituer des « services publics citoyens » où ceux et celles que l’on ne doit plus appeler les « usagers » soient associés à l’amélioration du fonctionnement et à la recherche de la qualité. Il nous faut, en particulier, une institution scolaire qui accepte de travailler avec les élèves et les parents pour que, dans le respect des responsabilités réciproques, on puisse débattre de tous les dysfonctionnements qui émergent et inventer ensemble des solutions. Il faut, dans le cadre d’un cahier des charges national clair qui fixe les engagements de la Nation envers sa jeunesse, que chaque école et chaque établissement puissent se mobiliser collectivement autour d’un projet. Il faut que les professionnels de l’éducation – comme ceux du soin, du travail social ou de la culture – ne soient plus condamnés à souffrir seuls face à des échecs inévitables, mais soient accompagnés et aidés pour fabriquer du collectif avec leurs partenaires… On pourra ainsi construire une École où plus jamais on ne laissera un seul élève, une seule famille dans l’obligation de se tourner vers le privé pour être accueillis et entendus. Car un service public qui laisse partir vers le privé des citoyens qui estiment qu’ils n’y ont pas leur place n’est pas digne de porter ce nom… Le chantier est immense. Il doit nous mobiliser contre les dérives de la droite et nous amener à interpeller vigoureusement la gauche. Mais, c’est, bien au-delà d’une question technique, un enjeu essentiel. C’est même, implicitement, d’un modèle de société qu’il s’agit. Et, ainsi conçu, le service public, loin d’être un archaïsme, est vraiment « une idée neuve en Europe ».

01 mars 2009

LETTRE OUVERTE A MARTIN HIRSCH

                        Haut Commissaire aux Solidarités Actives

                        Ancien Président d’Emmaüs-France

            Monsieur,

            Deux communautés Emmaüs viennent de subir des agressions de la part de forces de police.

            Je ne suis pas capable de dire si c’est sur ordre du ministre de l’immigration ou à la suite du zèle intempestif de fonctionnaires préfectoraux ou de police.

            Néanmoins, je suis très étonné que l’ancien président d’Emmaüs que vous êtes n’ait pas jugé utile ( à moins que vous ne l’ayez fait et que cela m’ait échappé ) de clamer haut et fort son indignation devant de tels actes qui bafouent toutes les traditions d’accueil de notre pays.

            Je comprendrais parfaitement que la police française fasse la chasse à des bandits et les empêche éventuellement de nuire à la bonne marche d’une communauté.

            Mais il ne semble pas que tel soit le cas.

            Pourquoi s’acharner sur des personnes qui viennent dans notre pays pour fuir des conditions de vie inhumaines soit pour des raisons économiques, soit pour cause de brimades mettant leurs vies en danger ?

            Vous avez, vous-même, été le principal responsable national d’Emmaüs, dont j’admire le travail de reclassement des plus démunis.

            Comment pouvez-vous tolérer ce qui se passe sous vos yeux en ce moment ?

            Allez-vous, enfin, vous élever et crier votre désapprobation ?

            La « solidarité active » a-t-elle toujours un sens pour vous ?

            Vous savez, comme moi, toute la richesse qu’a apportée l’immigration à notre pays.

            Comme le clame Albert Jacquard, loin de nous léser, celui qui est différent de nous nous enrichit.

            J’espère que vous prendrez un peu de votre temps pour lire ce courrier et j’espère que vous interviendrez pour essayer d’ apporter un peu d’humanité dans des pratiques policières qui déshonorent notre pays.

            C’est donc avec cet espoir que je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.

                                                                                  Ce 28 février 2009

                                                                                  Marcel MAGNON

                                                                                  Enseignant retraité

                                                                                  Ancien Conseiller municipal

                                                                                  40 rue Marcel Proust

                                                                                  26200 MONTELIMAR

Posté par alterre à 10:42 - Sujets de réflexion - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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