16 mai 2009
Grand Corps Malade - Education Nationale
Merci Fabien
Grand Corps Malade - Education Nationale
Vidéo envoyée par GrandCorpsMalade
La vidéo du titre inédit de Grand Corps Malade "Education Nationale" ! Ce titre est uniquement disponible sur toutes les plateformes de téléchargement légal. Pour suivre l'actualité de Grand Corps Malade, abonnez-vous à la newsletter : http://www.grandcorpsmalade.com/accueil.htm Un clip réalisé par Mehdi IDIR dit "Minos"
13 avril 2009
Angers - conférence-débat : main basse sur l'Ecole Publique
02 mars 2009
Contre le libéralisme autoritaire,
Philippe Meirieu
Professeur en sciences de l’éducation
à l’université LUMIERE-Lyon 2
On connaît les principales mesures venues, depuis plus d’un an, mettre à mal l’institution scolaire française : nouveaux programmes de l’école primaire qui, au prétexte de renforcer les « apprentissages fondamentaux », font de l’élève une « machine à exercices » et privent les enfants défavorisés de l’accès à la signification des tâches et de la culture scolaires… disparition programmée des RASED qui pouvaient apporter aux élèves en grande difficulté des aides adaptées… suppression des cours le samedi matin au détriment des équilibres de vie des enfants… mise en place d’évaluations systématiques, sans justification pédagogique, simplement pour fournir des indicateurs à des parents réduits au statut de « clients »… disparition progressive de la carte scolaire avec la promesse aux familles qu’elles pourront choisir l’école de leurs enfants alors qu’en réalité, ce sont les écoles qui choisiront leurs élèves, creusant ainsi les inégalités… suppression des aides aux initiatives artistiques et culturelles alors qu’il faudrait, au contraire, les renforcer pour compenser le crétinisme de la télévision et lutter contre la sidération par les jeux vidéos… disparition de toute véritable formation professionnelle en alternance pour des enseignants condamnés désormais à osciller entre la répression et la dépression… abandon de toute ambition pour les collèges laissés en jachère alors que beaucoup d’entre eux sont au bord de l’explosion… traitement méprisant des mouvements d’Éducation populaire et pédagogiques dont certains sont gravement menacés dans leur rôle d’appui à l’institution scolaire…
Ces mesures nous sont présentées comme des « réformes », mais je me refuse, pour ma part, à les nommer ainsi. D’une part, parce que cela sous-entendrait qu’il s’agit de « transformations nécessaires » et que ceux qui s’y opposent sont des conservateurs. D’autre part, parce que l’idéologie dominante et la rhétorique gouvernementale présentent toujours ces « réformes » comme inévitables : « Il n’y a pas d’autre solution si nous voulons… que nos enfants sachent lire… qu’on ne gaspille pas nos impôts… que nous tenions notre place dans le monde… etc. ». Or, en réalité, il y a toujours d’autres solutions. Et le rôle des politiques, c’est justement de présenter des scénarios en indiquant les chances et les risques qu’ils comportent, de les référer aux finalités envisagées et aux moyens mobilisables. A minima, il incombe aux décideurs d’associer tous les partenaires à l’exploration de ces scénarios et de mettre à contribution les chercheurs pour éclairer les choix… Or, que voyons-nous ? Des décisions unilatérales, précipitées, sans véritable anticipation de leurs conséquences, sans aucune mobilisation de l’intelligence citoyenne. Des décisions présentées comme « les seules possibles » : « Il était inévitable de supprimer les cours le samedi matin car cela correspond à une évolution sociologique irréversible et à une demande massive des familles. » Mais pourquoi l’École devrait-elle se caler systématiquement sur les évolutions sociologiques ? Et qui sait si les parents n’auraient pas, finalement, opté, s’il leur avait été présenté, pour un « plan B », comme, par exemple, le fait de faire du samedi matin une plage scolaire plus particulièrement consacrée au dialogue avec les familles, avec la possibilité d’assister aux cours par petits groupes, de débattre des exigences de l’école et des conditions de la réussite scolaire ?... Mais cela n’a jamais été proposé, ni même envisagé ; et, évidemment, aucun sondage n’a été commandé pour voir ce que les Français en penseraient.
Ainsi, ce n’est pas un hasard si le gouvernement, aujourd’hui, refuse les véritables concertations, s’enferme dans des négociations bilatérales sur ses propres projets sans jamais présenter plusieurs hypothèses et travailler à les affiner. En « réformant » à la hussarde, il focalise l’attention sur ses seules propositions et paralyse toute velléité de créativité collective. Il suscite les réactions de ceux et celles qui se sentent agressés et peut alors jeter en pâture à l’opinion leur « corporatisme ». Au total, il contraint ses adversaires à faire son jeu en protestant contre ses actes. Il peut même ainsi… les rendre fous !
D’autant plus que les mesures auxquelles nous assistons aujourd’hui n’apparaissent pas spontanément comme participant d’un projet global... En effet, d’un côté, on active toutes les rivalités possibles entre les personnes et les
institutions, tandis que, de l’autre, on renforce les prérogatives d’un pouvoir central déjà très puissant. Et émerge ainsi sous nos yeux une sorte de configuration étrange : le libéralisme autoritaire. Mais une configuration particulièrement cohérente en réalité, avec deux faces totalement indissociables…
Libéralisme : parce que ce qu’on nomme « modernisation » n’est jamais que la mise en concurrence systématique de tous les acteurs au nom de la « bonne vieille morale » de la « Fable des abeilles » du 18ème siècle : « Les vices privés font les vertus publiques. » Ainsi, l’État ne garantit plus la qualité du service public, mais délègue cette charge à la rivalité instituée entre les personnes et les institutions. Un exemple particulièrement parlant de cette méthode est représenté par la manière dont le gouvernement vient de « dissoudre » les IUFM : ce n’est plus lui qui garantira la qualité de le formation pédagogique des enseignants – ni l’équité territoriale dans ce domaine –, c’est la pluralité des offres d’universités « autonomes » désormais condamnées à la concurrence.
Autoritaire : parce que, pour créer les conditions de la concurrence généralisée, le pouvoir politique doit imposer un recul systématique de l’État dans tous les domaines et par tous les moyens. Son désengagement l’amène ainsi à organiser la dévolution systématique de ses prérogatives aux collectivités territoriales ou aux associations, sans leur donner les moyens de les assumer… et tout en maintenant la pression maximale sur elles au nom de ces mêmes prérogatives !
Libéralisme : parce qu’on joue systématiquement sur les conflits d’intérêts et qu’on oppose les gens les uns aux autres en créant de la suspicion permanente : pour les parents, les enseignants sont des corporatistes archaïques ; pour les enseignants, les parents sont des consommateurs intrusifs… pour tous, les chômeurs sont des profiteurs, les malades des dépensiers, les enfants des délinquants potentiels, les adultes des mal-traitants en puissance, etc.
Autoritaire : parce que, pour éviter l’explosion d’une machine qu’on laisse s’emballer et dont on libère massivement les forces centrifuges, on doit construire un « contenant » suffisamment puissant, avec des dispositifs de surveillance, de contrôle et de répression censés éviter les débordements qui mettraient en péril la survie même du système.
Libéralisme : parce qu’on affirme aux Français qu’ils vont, enfin, pouvoir choisir dans tous les domaines ce qui correspond à leurs désirs. Et que la machinerie économique et publicitaire tout entière les place dans une situation de surchauffe pulsionnelle permanente.
Autoritaire : parce que, pour éclairer les choix des consommateurs, il faut imposer des mesures et des quantifications permanentes de tout et de tous, construire, toujours et partout, des palmarès… Il ne s’agit pas, en effet, aujourd’hui, pour les fonctionnaires, de « rendre des comptes » – comme cela est, bien évidemment, exigible dans toute démocratie –, mais bien de régler toute leur activité sur des critères exclusivement comptables… avec le danger de réduire cette dernière à ce qui est strictement quantifiable à très court terme, au détriment des missions qui exigent un travail en profondeur sur le long terme, comme l’éducation, la culture, la recherche ou la santé psychique. Partout, il s’agit de « faire du chiffre » pour « se positionner », « rester dans la course », « être visible en affichant des résultats ». Or, « faire du chiffre » n’est pas – c’est le moins que l’on puisse dire ! – un gage de la qualité du travail d’un fonctionnaire : chacun sait que, dans un lycée, on peut obtenir d’excellents résultats au baccalauréat, simplement en sélectionnant plus sévèrement les élèves à l’entrée. Comme l’écrivaient les enfants de Barbiana, dans la Lettre à une maîtresse d’école publiée en 1967, exiger d’un service public de « faire du chiffre », c’est « condamner les hôpitaux à soigner les bien-portants et à exclure les malades. »… Pour autant, nous ne pouvons pas nous réfugier dans l’irresponsabilité sociale en invoquant l’ineffable, mais nous devons exiger d’être associés, en tant que citoyens et dans des collectifs institués, à la définition des critères qui permettent de juger de la « réussite de nos missions ». C’est ainsi que nous parviendrons peut-être à instaurer un minimum de fonctionnement démocratique dans le libéralisme autoritaire et technocratique qui nous envahit.
Reste néanmoins à comprendre les raisons de ce qui nous arrive. Comment se fait-il que ce modèle politique du libéralisme autoritaire ait réussi à s’implanter ? La question est essentielle car, si nous parvenons aujourd’hui à faire reculer le gouvernement sur telle ou telle mesure, nous ne pourrons lutter à long terme pour de véritables alternatives que si nous sommes capables d’identifier ce qui a permis d’en arriver là et comment on peut, à l’avenir, y échapper. Je fais l’hypothèse que, si le libéralisme autoritaire se développe aujourd’hui, c’est parce qu’à la fois, il existe un problème de fond dans notre « démocratie » et qu’à sa manière l’actuel Président de la République et son gouvernement y apportent une réponse… certainement pas la bonne, mais une réponse.
Le problème de fond est bien identifié : depuis la chute de toutes les formes de théocratie, nous avançons dans le vide, sans référent ni verticalité capables de nous rassembler et de nous faire « tenir ensemble ». Chacun d’entre nous devient maître de son destin et ses choix personnels ne sont plus dictés par l’obéissance à des règles de conduite consensuelles. L’individu se fonde lui-même et s’autoréférence. La modernité est ainsi marquée par ce que l’on nomme « l’individualisme social »… Pour ma part, je ne nourris aucune nostalgie à l’égard des théocraties religieuses ou politiques qui nous ont longtemps tenu sous leur joug. Je ne regrette pas le moins du monde les « bonnes vieilles méthodes » en éducation – qui côtoyaient une « pédagogie noire » particulièrement pathogène – pas plus que je n’aspire à la domination d’un chef charismatique dans un groupe fusionnel qui nous permettrait de restaurer un semblant d’unité… En revanche, je crois que le défi du fonctionnement démocratique de notre République n’a pas été véritablement relevé : nous ne sommes pas parvenus à créer des institutions, locales et nationales, dans les entreprises et les services publics, pour travailler collectivement à la définition et à la mise en oeuvre du « bien commun ». Nous restons ainsi, très largement, une collection d’individus juxtaposés. Certes, nous sommes étroitement dépendants les uns des autres, mais cette dépendance n’est pas une solidarité positive au nom d’une promotion collective, elle est une manière d’utiliser les dispositifs sociaux en fonction des seuls bienfaits qu’ils peuvent nous apporter au titre de nos revendications individuelles… Ainsi, sommes-nous condamnés à une fuite en avant, de prothèse revendiquée en prothèse exigée, quand il nous faudrait construire des institutions qui s’assument comme collectifs capables d’aider chaque sujet à mobiliser, tout à la fois, ses ressources internes et celles du groupe, et cela en une interaction permanente, seule susceptible de construire ce qu’on nomme « le lien social ». Aucun véritable « lien social » n’est possible, en effet, si l’individu se vide de « ce qui fait sujet en lui » ; aucun « lien social » ne peut être construit avec des individus qui sont en permanence dans la position de « profiter sans s’impliquer ».
Ainsi, faute d’avoir été capable de penser des collectifs solidaires adossés à des valeurs communes, notre modernité démocratique reste infiniment fragile. Elle est particulièrement sensible aux sirènes du discours libéral autoritaire. À cet égard, la thèse de Margaret Tatcher – « Il n’y a pas de société, il n’y a que des individus… » – reste la matrice idéologique de la politique que nous subissons. Et si le Président de la République, quoique devenu impopulaire, reste « en phase » avec la majorité de la population, c’est que, justement, il s’adresse toujours aux individus. Il leur dit : « Je ferai en sorte que vos enfants soient gardés les jours de grève… Si vous n’êtes pas contents de votre école, vous pourrez en changer… Si vous voulez gagner plus, vous pouvez le faire… Recherchez votre intérêt et ne vous inquiétez pas des autres… N’ayez pas peur des conflits, la police vous protège… ». Et c’est bien parce
que ce discours s’adresse à l’individu privé en chacun d’entre nous dans un monde de plus en plus individualiste qu’il fonctionne… Qu’on ne se méprenne pas cependant : les intérêts individuels, tous les intérêts individuels, peuvent être légitimes. Ce qui n’est pas légitime, c’est de réduire le « bien commun » à la somme ou à la mise en concurrence des intérêts individuels. Le pari de la démocratie dans la
République, c’est de faire travailler des « institutions » afin qu’elles permettent de s’exhausser au-dessus du déchaînement des rivalités personnelles. C’est pourquoi
nous avons besoin – si nous voulons nous écarter durablement des ornières que nous connaissons aujourd’hui – de renverser la vapeur, d’inventer un fonctionnement
qui mobilise les citoyens dans des projets solidaires.
Deux pistes me paraissent devoir être explorées pour cela. La première, c’est celle que nous expérimentons avec « l’appel des appels », c’est ce qui est en train de s’expérimenter dans le pays : sortir de nos isolements, faire le lien entre les différents secteurs frappés par le libéralisme autoritaire, se parler, tenter de comprendre ce qui nous réunit, identifier ce qui nous rapproche et comment nous pouvons nous compléter. Il y a là quelque chose d’essentiel à mes yeux et que je vois s’ébaucher aujourd’hui. Ainsi, par exemple, dans les écoles primaires, on observe une formidable évolution : les parents et les enseignants se mettent à travailler ensemble, les élus locaux et le tissu associatif s’y associent, des dynamiques sont à l’oeuvre… qu’il faudra prolonger bien au-delà des combats d’aujourd’hui.
Enfin, une deuxième piste me semble devoir être plus que jamais travaillée : la « refondation » des services publics. Il nous faut sortir de cette oscillation mortifère entre le « tout État » et le « tout marché », deux postures qui s’opposent et se nourrissent réciproquement. Le « tout État » n’est pas la garantie de la qualité des services publics : le bloc soviétique en a été un triste exemple. Le « tout marché » n’est pas, non plus, la garantie de la qualité des services publics, ni du développement harmonieux de nos sociétés : la crise financière et économique actuelle en est la preuve indiscutable. Pour autant, il ne suffit pas d’introduire plus d’État quand le marché impose sa dérégulation, ni d’introduire plus de marché quand le contrôle de l’État devient une technostructure tatillonne qui s’enferme dans des procédures kafkaïennes. On ne construira pas un service public réellement conforme au fonctionnement démocratique de notre République en s’épuisant dans de savants dosages entre l’État et le marché… Il faut vraiment « changer de logiciel » : il faut instituer des « services publics citoyens » où ceux et celles que l’on ne doit plus appeler les « usagers » soient associés à l’amélioration du fonctionnement et à la recherche de la qualité. Il nous faut, en particulier, une institution scolaire qui accepte de travailler avec les élèves et les parents pour que, dans le respect des responsabilités réciproques, on puisse débattre de tous les dysfonctionnements qui émergent et inventer ensemble des solutions. Il faut, dans le cadre d’un cahier des charges national clair qui fixe les engagements de la Nation envers sa jeunesse, que chaque école et chaque établissement puissent se mobiliser collectivement autour d’un projet. Il faut que les professionnels de l’éducation – comme ceux du soin, du travail social ou de la culture – ne soient plus condamnés à souffrir seuls face à des échecs inévitables, mais soient accompagnés et aidés pour fabriquer du collectif avec leurs partenaires… On pourra ainsi construire une École où plus jamais on ne laissera un seul élève, une seule famille dans l’obligation de se tourner vers le privé pour être accueillis et entendus. Car un service public qui laisse partir vers le privé des citoyens qui estiment qu’ils n’y ont pas leur place n’est pas digne de porter ce nom… Le chantier est immense. Il doit nous mobiliser contre les dérives de la droite et nous amener à interpeller vigoureusement la gauche. Mais, c’est, bien au-delà d’une question technique, un enjeu essentiel. C’est même, implicitement, d’un modèle de société qu’il s’agit. Et, ainsi conçu, le service public, loin d’être un archaïsme, est vraiment « une idée neuve en Europe ».
20 février 2009
Appel à candidature : enseignants à mâter.
En clair, l'Ecole des Moines, de Saint Quentin Fallavier, dispose d'un personnel enseignant qui fait de la résistance aux déformes de Darcos. Donc, il faut d'urgence mâter ce petit groupe de résistants et leur rappeler qu'il faut obéïr aux ordres.
Allons, en septembre, on peut être sûr que cette école bénéficiera de la nouvelle déforme de l'Education Nationale, qui consiste à mettre à la tête de chaque école un chef tout puissant désigné par l'Etat.
Car les nouveaux établissements scolaires de l'école primaire seront interdits, au niveau de la direction du Conseil d'Administration, .... aux enseignants.
Les parents en seront dégoûtés. (ils ont autre chose à faire que gérer une école), les municipalités se garderont bien d'intervenir dans un domaine qui risque de leur mettre des électeurs à dos. Donc, il ne restera que le représentant directeur nommé par l'Etat.
Ce qui est le plus intéressant, dans cet appel à candidature , c'est la petite phrase à la fin :
"de préférence, remplir les conditions pour être nommé régulièrement dans la fonction."
Cela sous entend que l'administration est prête, pour mâter les importuns, à nommer irrégulièrement un directeur.
Et , malgré toutes les dérives constatées depuis 18 mois, certains me reprochent encore de parler de "mise en place de dictature".
Nous n'en sommes qu'au début, car il y a plus de 100 ans de progrès social à casser par le gouvernement. Et en 100 ans, nos ancêtres avaient pas mal travaillé. C'est aujourd'hui et encore plus demain que nous en apprécierons à retard , les bienfaits.
Jean Philippe
09 février 2009
UN EURO POUR CHANGER DE MONDE
Au 6 février 2009, ils étaient déjà plus de 2000 instits, sur tout le territoire français, à avoir adressé nominativement, à leurs risques et périls, une lettre de désobéissance civile au ministre Darcos via leurs inspecteurs et leurs académies. Pour dissuader ce mouvement subversif (et il l’est !), les laquais serviles et zélés leur suppriment un jour de salaire pour une heure d’insoumission[1]
Répondons-leur à notre façon ! Adressons à leur caisse de solidarité nouvellement créée, entre 1 et 5 euros chaque mois. Un euro, c’est à la fois très peu et énorme ! Si les 2,5 millions manifestants du 29 janvier avaient donné chacun un tout petit euro, le trésor de guerre (non-violente) des enseignants se serait gonflé en une seule journée de 2,5 MILLIONS D’EUROS ! Une paille pour chacun d’entre nous, une sacrée bouffée d’oxygène et d’encouragements pour les mutins, un coup de pied au cul des sinistres pignoufs.
Car la portée de cette campagne n’est pas seulement financière, elle est aussi symbolique. Si leur police a un mal chronique à comptabiliser les manifestants du pavé, les chèques de soutien et le montant du total créditeur leur montreront sans discussion l’étendue de la dissidence contre leurs méfaits.
En choisisant de passer par le canal de l’école primaire plutôt que par un autre, nous envoyons un signe fort pour montrer l’intérêt vital que nous portons à l’avenir de nos enfants. Si, comme je l’espère, la caisse de solidarité déborde, nous ne doutons pas que maîtres et maîtresses sauront répartir les trop-perçus à qui de droit.
Vos chèques — en attendant vos ordres de virements mensualisés
Véronique Decker
École Marie Curie
Impasse Émile Zola
93000 Bobigny
Chèque à ordre de Sud Éducation Créteil (avec mention “Soutien aux désobéisseurs”)
Amis blogueurs qui passez par là, relayez je vous en prie cette campagne. Activez vos réseaux, lancez vos chaînes de solidarité, montrez ce dont vous êtes capables. Yes, you can ! Notre sort dépend vraiment de ce genre de
CAMPAGNE À UN EURO POUR CHANGER DE MONDE
Bon, je vous lâche, je vais leur poster mes sous à moi.
Saint Macaire - Forum de l'Education
Les enseignants de l'Ecole Victor Hugo, de Saint Macaire en Mauges, ont choisi la voie de l'information pour sensibiliser les parents d'élèves aux déformes de l'Education nationale.
Article paru le 4 février 2009 dans la rubrique locale du Courrier de l'Ouest.
08 février 2009
Désobéir à Darcos : pourquoi je refuse d'évaluer mes élèves
Par pdevesa | directeur d'école | 08/02/2009 | 11H43 - lire sur le blog rue89
Si j'ai refusé de mettre en place le dispositif d'évaluation des CM2 et l'ai fait savoir publiquement, c'est poussé par une indignation face à ce dispositif précipité, qui a pour but de "mieux mesurer" mais qui n'est pas pertinent à cette période de l'année puisqu'il interroge les élèves sur des notions non encore étudiées, qu'il privilégie la prise en compte des erreurs plutôt que des réussites (une réussite majoritaire étant codée comme un échec) et crée donc artificiellement de l'échec là où il ne se trouve pas.
Plus grave encore à mes yeux: le dispositif assume le parti pris de renvoyer à l'élève une image négative de lui-même, l'image d'un élève qui éprouve des difficultés qu'il ignorait pour la bonne raison qu'elles viennent d'être créées par l'évaluation, et qu'il devra à son tour assumer devant ses parents.
Cette évaluation sera l'instrument d'une fragilisation de l'école
Là-dessus le ministre Xavier Darcos a ajouté que cette évaluation était le "bilan de huit années d'école primaire": si ça devait être le cas, pourquoi ne trouve-t-on aucune évaluation des acquis précédents? Et comme il faut envisager la possibilité que le ministère souhaite se débarrasser d'une partie de l'Education nationale (rappelez-vous, les enseignantes de maternelle payées si cher pour surveiller des siestes et changer des couches), il est probable que cette évaluation, dont les résultats assez faibles seront imputés à des responsables tout trouvés, soit l'instrument d'une fragilisation et d'une dépréciation de l'école, et certainement pas un outil pédagogique. Je ne souhaitais donc pas collaborer à cette entreprise.
Cette évaluation pourrait tout à fait être utilisée pour conclure que les politiques de "créations de postes" n'aboutissent à rien, et ce qui sera présenté comme une conclusion est en réalité une hypothèse de travail: à l'Education nationale, il faut réduire le nombre de postes! On peut noter que ça a déjà commencé: il y a 6000 postes en moins cette année, dans les classes, dans les RASED et dans les associations complémentaires de l'école.
Dans mon école, après un jour de passation d'épreuves, le conseil des maîtres a décidé de stopper le processus. Mon action personnelle s'appuie donc sur la position collective du conseil des maîtres, et plus largement elle dit tout haut ce qui se dit dans bien des écoles. Les enseignants ont le respect de l'autorité chevillée au corps, ils en ont besoin dans leur classe, ce qui explique la difficulté à désobéir ouvertement.
Quant aux parents d'élèves, ils ont montré de l'inquiétude devant l'arrêt de l'évaluation, certains croyant qu'elle conditionnait le passage en sixième. Après les avoir rencontrés et avoir parcouru avec eux les cahiers, leur réaction a été de signer des lettres de soutien au conseil des maîtres…
La gravité de mon acte m'a été rappelée, vu les obligations du fonctionnaire
Ayant affiché publiquement ma désobéissance, l'inspecteur d'académie m'a invité à le rencontrer deux jours après la diffusion de ma lettre. La gravité de mon acte m'a été rappelée, au regard des obligations du fonctionnaire, mais la pertinence des évaluations n'a pas été remise en cause. Deux conceptions se sont opposées: celle qui pose que le droit de désobéir est imprescriptible et celle qui affirme que rien, dans la situation actuelle, ne justifie la désobéissance.
Je ne pense pas que la démocratie soit mise en danger par un acte de désobéissance comme le mien, cet acte permet au contraire de structurer les contre-pouvoirs citoyens qui sont un des privilèges de la démocratie. Je ne fais pas de la désobéissance une fin en soi, elle est ici le résultat d'un évènement ponctuel, le télescopage entre les circonstances et ma conscience personnelle et professionnelle. J'ai souhaité, pour qu'elle soit porteuse de sens, en faire une action publique et constructive sur le long terme. Aujourd'hui, je ne me suis pas vu infliger de sanction, sanction que j'assumerai si elle devait se présenter sans pour autant l'accepter sans coup férir.
Membre d'un syndicat, le SNUipp, je connais la force des luttes collectives. Pourquoi avoir agi différemment cette fois? Ma réaction a été comme l'action ministérielle, précipitée et c'est ce qui lui a permis d'être en prise avec l'actualité. Néanmoins les arguments que je développe sont partagés par un très grand nombre d'enseignants et mon syndicat se dirige vers une action collective qui permettra à chacun d'exprimer tout ce qui peut nous conduire aujourd'hui vers la contestation et la désobéissance.
L'apparition d'individus qui contestent en dehors des syndicats (regardez les désobéisseurs, ils sont plus de 2000 à s'être déclarés au grand jour) est simplement le symptôme créé par des mesures qui heurtent profondément les individus dans leurs convictions profondes, et qui ne peuvent pas rester sans rien dire, sans rien faire.
06 février 2009
Nicolas Sarkozy : mesures en faveur des français.
Rien.
20 décembre 2008
Lettre ouverte pour les enfants d'étrangers
Lettre ouverte
Je suis une enseignante. Plus exactement je suis une « maîtresse CRI ». J’ai reçu comme mission de l’Education Nationale d’accueillir les enfants étrangers et de leur enseigner le français à l’école primaire. Il s’agit d’une responsabilité que je considère comme très grande, et je tâche de l’assumer au mieux de mes possibilités.
Ainsi, tout au long de l’année, depuis 6 ans, j’accueille des garçons et des filles venus du monde entier. Ils arrivent avec leurs parents et frappent à la porte de nos écoles. Tous sont chargés des inquiétudes de ce qu’ils trouveront derrière le portail, mais tous sont chargés des espoirs de ce que ce grand bouleversement va leur apporter.
Il y a 6 ans, Aynur, Hazan, Eddanur, Tomas, Cristina, étaient de ceux-là. Timidement, ils atterrissaient dans des classes des écoles de Montélimar. Chaque enfant regardait son enseignant avec les yeux avides d’apprendre, mais désolé de ne rien comprendre. En cours de CRI, tout allait plus lentement, tous captaient des mots, des phrases, ils les redisaient, gênés au début, mais avec plus d’aplomb chaque jour, car ils se sentaient de plus en plus en confiance. Et puis en classe, la gentille maîtresse ne les grondait pas. Elle leur souriait, disait des mots qui, peu à peu prenaient du sens. Et eux s’essayaient à redire les mots, à répondre aux questions des copains. C’était parfois tout faux, un mot à la place de l’autre, et les copains riaient ! C’était vexant au début, mais avec l’amitié des autres qui donnaient le mot juste, ils finissaient par bien le prendre et s’améliorer. Et ils se trompaient de moins en moins. Et ils s’aventuraient à dire des mots nouveaux, des phrases nouvelles. Et les copains disaient « bravo ! ». Et la maîtresse gentille félicitait. « Tu apprends très vite ! ». C’était dur pourtant tous ces mots à retenir ! Tous ces efforts à faire pour rester attentif… Alors parfois un brouillard de mots s’installait tout autour, et ils s’enfonçaient dans le brouillard, pour se faire oublier, pour s’échapper et penser aux larmes que la grand-mère n’avait pu cacher au moment du départ…C’était dur, oui, c’était dur. Le soir, la tête allait exploser, et ils étaient contents de retrouver leurs parents pour parler la langue facile, celle qu’on n’a « même pas apprise, parce qu’on la connaît déjà ». Mais les parents ne leur laissaient pas le temps de se reposer. Ils insistaient pour qu’ils aillent au soutien FLE , qu’ils révisent les leçons de français, parce que les parents savent bien que leurs enfants apprendront plus vite qu’eux, et qu’il faut les encourager pour réussir à l’école. Parce que si on réussit à l’école, on s’en sortira…
L’année d’après, hormis la manière de rouler les « r », ou de se tromper d’auxiliaire, plus personne ne se souvenait de leur arrivée ; ils étaient des meneurs de jeu, des bons en maths, des doués en arts plastiques, et des excellents apprenants d’anglais, cette langue si difficile à apprendre pour les autres.
Il y a 5 ans, Richard, Béa, Rachel, Joachim, Onurcan, sont arrivés, il y a 4 ans d’autres encore. Tous apprenaient avec plus ou moins d’aisance la langue française et finissaient par se fondre dans le groupe classe et dans la vie de l’école. Pourtant un mot commençait à résonner comme un coup de marteau sur l’enclume, le mot « papiers ». Un mot qui faisait mal à dire, parce qu’il faisait mal dans la tête des parents. Et puis ce mot s’oubliait, on finissait pas ne plus l’entendre. La vie continuait.
Il y a 3 ans , Gevorg, Alexandre, Kateryna, et d’autres encore, sont arrivés et ont fait ressurgir ce mot avec plus d’acuité. Un mot qui faisait de plus en plus de mal à dire. Un mot qui finissait par se coller comme une marque indélébile sur la peau d’enfants innocents.
Il y a 2 ans, Elvis, Denis, Arbenit, Drilon et les autres, sont arrivés. Ils portaient les mêmes espoirs et les mêmes inquiétudes que ceux d’il y a six ans. Ils avaient quitté ce que pour rien au monde, ils ne souhaitaient revoir. Chaque enfant a regardé son gentil maître, qui les a encouragé. Ils se sont essayés aux mots. Parfois, cela a marché, parfois c’était tout faux. Au début, ils étaient vexés de voir rire tous ces garçons et ces filles, mais ils ont compris, et ils se sont lancés dans l’aventure. Une incroyable aventure que celle de découvrir qu’on arrive enfin à communiquer lorsqu’on apprend des mots, des phrases, et qu’on fait des liens entre tous ces mots et ces phrases. Une alchimie époustouflante !
Et puis, l’éclair, le tonnerre, la foudre. Un énorme tremblement de terre. Un mot qui tombe, implacable : « REJET »
Des parents qui pleurent, qui disent qu’ils ne peuvent pas rester en France. Qu’il faudrait repartir là-bas où, pour rien au monde, on ne voudrait retourner. Alors, qu’il faut se cacher, devenir « clandestins ». Et retrouver ce mal au ventre terrible dont on vient de se débarrasser. Entendre les bruits qui font peur et qui empêchent de dormir. Etre réveillé par les cauchemars, appeler ses parents pour être consolé, mais trouver des parents qui n’arrivent même plus à consoler. Continuer à aller à l’école avec la peur. Continuer, continuer,… Les mots se brouillent, ils se perdent, ils n’arrivent plus à s’accrocher pour faire du sens.
On perd pied, on lâche… trop d’inquiétudes, aller à l’école, pour quoi ?
Le maître se fatigue, les professeurs renoncent. Que faire pour exister maintenant s’il n’est nulle part où trouver sa place ? Tentation de faire du bruit, de répondre, d’affirmer qu’on peut être violent…Et finir par l’être. Et voici qu’il y a 2 semaines, le papa de Buket et Dilara est arrêté. Encadré par des policiers, il est enfermé dans un centre de rétention. Puis renvoyé. Expulsé. Le papa de Buket et Dilara. Leur papa. Celui qui leur a tant appris. Celui qui leur a tout expliqué de la France. Qui leur a dit comment on devait respecter les autres, les copains, les adultes. Celui que tout le monde prenait en exemple pour son honnêteté. Leur Papa. Que s’est-il passé ? Est ce qu’il est devenu un voyou ? Leur Papa. C’est impossible. Mais que s’est-il passé ? Qui peut expliquer ? Buket et Dilara ne comprennent pas. Elles ne comprendront jamais. Demain, elles sortiront de ce cauchemar, c’est sûr. Et elles retrouveront Leur papa.
L’expulsion est confirmée. L’avion a embarqué leur papa. Est ce que le monde peut encore continuer de tourner ? Non, tout s’arrête. Tout se brise. Leur maman pleure, le bébé dans les bras, la toute petite dernière qu’on se disputait pour porter quand papa était là. Dilara colle Buket comme un ruban tue-mouche. Il n’y a plus de mots pour dire, ni en français, ni dans la langue facile qu’on n’a même pas apprise. Il faut juste se cacher. Devenir invisible. Arrêter d’exister, pour ne pas se faire attraper par la police.
Je suis une maîtresse CRI qui a la mission devenue impossible d’aider des enfants à apprendre le français et à s’intégrer. Est ce que le monde peut continuer de tourner, si cette mission est devenue impossible ? Est ce que le monde peut continuer de tourner si des avenirs d’enfants et d’adultes sont massacrés chez nous en France ? Si des familles sont brisées ? Si des vies sont devenues impossibles à vivre ? Pour moi, comme pour Buket et Dilara, quelque chose s’est arrêté, qui ne reprendra que lorsque chaque enfant aura la possibilité d’apprendre le français en sécurité.
Je suis une maîtresse CRI qui lance un CRI pour que cessent les actes d’inhumanité à l’égard d’enfants et d’adultes ici, aujourd’hui. Tout de suite.
Je suis une maîtresse CRI qui lance un CRI pour que l’on ne s’habitue pas à voir interner des enfants en centres de rétention.
Je suis une maîtresse CRI qui lance un CRI pour que nous nous réveillons vite de ce qui s’installe comme barbarie dans notre pays, et que JAMAIS nous ne l’acceptions.
N’oublions pas Jacques Prévert, ce poète qui est si cher dans nos écoles:
« Il est terrible
Le petit bruit de l’œuf cassé sur un comptoir d’étain
Il est terrible ce bruit
Quand il remue dans la mémoire de l’homme qui a faim »
Oui, Prévert Il est terrible le bruit de la chaise vide devant un bureau vide. Il est terrible ce bruit qui résonne dans la conscience des hommes qui font la loi ou qui la font appliquer.
Il est terrible ce bruit dans la tête de ceux qui ne veulent pas mettre leur tête dans le sable de la lâcheté.*(resf Privas) Il est terrible ce bruit Comme le tic-tac entêtant De l’horloge qui vous dit : « plus jamais ça »
Françoise Estival enseignante CRI (Cours de Rattrapage Intégré) Montélimar 14-déc-08
10 décembre 2008
Comment mâter les enseignants.
Rappel des faits : Bastien Cazals, directeur d'école (et bien d'autres) fait front aux absurdités de Xavier Darcos, le Siniste de la Déséducation Nationale.
L’Inspectrice de la circonscription de Gignac, qui s’est à nouveau déplacée à l’école Louise Michel de Saint-Jean-de-Védas, ce matin même à 9 heures, a remis en main propre une lettre à Bastien Cazals dans laquelle l'Inspecteur d'Académie de l'Hérault l’informe : "depuis le 1er décembre vous n’avez pas mis en œuvre l’aide personnalisée dans votre école, soit 5 jours d’accomplissement partiel de vos obligations de service. […] j’ai le regret de vous faire savoir que je vais faire procéder […] au retrait de 5/30ème de votre traitement pour manquement aux obligations de service ».
Traduction : 5 jours de retrait de salaire pour 2h de service non effectué dans les règles... Sur les 8 premiers jours de Décembre !
Pour l'instant, ses 2 collègues - qui ont également suspendu la mise en oeuvre de l'aide personnalisée - n'ont pas été informées de telles mesures administratives les concernant.
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