27 juillet 2009
Pendant vos vacances, à quelle vitesse roulez-vous ?
Cet été, vous prenez la sublime voiture que vous avez achetée il y a 3 ans. Vous la revendrez dans deux ans, lorsqu’elle aura rempli les bons et loyaux services que vous attendez d’elle.
Mais pour l’heure, vous pensez à vos vacances. Pour aller plus vite, vous aller utiliser l’autoroute. Vous comptez bien, cette fois, avoir peu de circulation, et ne pas subir les habituels bouchons au péage.
Vous avez 600 km à parcourir, presque essentiellement sur autoroute. Vous pariez sur une vitesse moyenne de 120 km heure et donc, 5 heures de route seront suffisantes.
Mais votre calcul est-il juste ? Roulez-vous vraiment à 120 km/heure, ou bien n’êtes vous guère plus rapide que lors de vos promenades en famille le dimanche, … à vélo ?
Qu’est-ce que la vitesse? C’est un changement de position, rapporté à un changement de temps. Pour faire simple, il s’agit de la distance parcourue divisée par le temps mis pour la parcourir.
Si, en 10 minutes, je parcours 15 kilomètres, cela signifie que ma vitesse est de 1,5 km à la minute, soit 90 km heure.
Mais, quel temps met-on en voiture pour parcourir 1 km ?
D’abord, il y a le temps du déplacement. Mais, pour réaliser ce déplacement, il faut utiliser une voiture et il a fallu du temps pour gagner l’argent nécessaire à son achat. Il ne faut pas non plus oublier les réparations, le coût de l’essence, le péage.
Un calcul simple montre que, pour une voiture coûtant 15 000 euros à l’achat, revendue au bout de 5 ans avec une décote de 75 %, et parcourant environ 15 000 km par an, les coûts au km sont les suivants (compte tenu d’une vitesse sur autoroute à 130 km heure)
amortissement du véhicule 0,15euros *
réparations entretien 0,04 euros **
essence 0,1188 euros ***
péage 0,0528 euros ****
coût total 0,3616 euros
Pour un salarié payé net 10 euros de l’heure, cela représente 2,1696 minutes qu’il faut ajouter au 0,4615 minutes nécessaires pour parcourir le fameux kilomètre
Cela fait donc 2,6311 minutes pour parcourir 1 kilomètre,
soit une vitesse de 22,80 km/heure.
En réalité, pour parcourir vos 600 km, vous aurez consacré 600/22,8 soit plus de 26 heures
Certes, vous me direz que, plus on est riche, moins il faut travailler pour acheter une voiture et l’essence nécessaire. La vitesse est tout de même dérisoire, d’autant que l’augmentation des revenus va souvent de paire avec le prix de la voiture et la puissance du moteur.
Jean Philippe
* voiture vendue au bout de 5 ans avec 75 % de décote ayant parcouru 75 000 km : 15 000 euros*0,75/75 000
** 600 euros par an pour 15 000 km annuels : 600/15 000
*** consommation de 9 litres au 100 km à 1,32 euros/litre : 9*1,32/100
**** Lille Toulouse : péage 46,20 euros pour 875 km
08 juillet 2009
Saint-André - Intermarché développe le chômage en faisant travailler gratuitement ses clients.
C’est le nouvel axe de développement d’Intermarché de Saint André de la Marche (49). Depuis peu, les responsables locaux ont donné comme consigne à leur personnel de promouvoir le travail gratuit de leurs clients , leur permettant de contribuer au développement du chômage. Ne souhaitant pas contrevenir à leur obligation de loyauté, les employés font une très discrète promotion de ce qui assurera leur probable futur licenciement.
Précisons : le magasin Intermarché de Saint-André, faisant suite au très local Ecomarché de la même localité, avait usé de l’argument de création d’emploi (en en tuant ailleurs) pour justifier leur implantation près de la 2x2 voie Cholet-Nantes. Bien qu’ayant exclu l’implantation d’une pharmacie dans leurs locaux (afin de préserver le service de proximité aux personnes âgées), ils ont accepté des plans prévoyant l’intégration d’une pharmacie, provoquant la disparition de la pharmacie locale. Maintenant, ces mêmes dirigeants proposent l’utilisation d’un passage « Caisses libre service ». Le client est utilisé Librement par la direction pour Servir de Caisse enregistreuse gratuite. En clair, il n’y a plus de caissier/caissière. Le client fait le boulot à la place.
Donc, cette grande surface, qui argumentait de la création d’emplois nouveaux (mais détruits ailleurs), se propose de faire travailler gratuitement ses clients pour remplacer le personnel employé. Car, bien évidemment, faire travailler le client est plus rémunérateur que payer le salaire des employés. Les vacances, période de congés, sont le moment le plus favorable pour mettre les employés et futurs licenciés devant le fait accompli.
D’un point de vue écologique, on peut dire que les employés d’Intermarché, vivant de légumes, viandes et autres produits, ne nécessitent pas l’ extraction de métaux lourds polluants et de pétrole pour les faire fonctionner, contrairement aux machines utilisées.
De plus se pose la question de savoir si le consommateur doit être aussi acteur de la destruction du travail, c’est-à-dire travailleur bénévole au service des grandes surfaces.
Comment agir , en tant que citoyen, pour ne plus contribuer à cette destruction du travail par utilisation des ressources planétaires.
Ce n’est pas moi, grandement contributeur de ce blog, militant tous azimuts, qui serait à l’origine d’une action. La prise en charge de la vie quotidienne n’est pas du fait d’un petit groupe de militants. Chacun a sa responsabilité dans l’initiative et la conduite de l’action.
Alors,
Si vous êtes du secteur concerné et que vous n’êtes que peu engagé, faites.
Ne comptez plus sur les autres comptez sur vous.
Jean Philippe Parmantier.
18 avril 2009
Cultures OGM : le gain de rendement serait très faible
Par Jean-Luc Goudet, Futura-Sciences
Aux Etats-Unis, un groupe d'experts indépendants a analysé treize années de commercialisation et concluent que les hausses de rendement annoncées sont très faibles ou nulles, contrairement aux affirmations des semenciers.
Echec au champ (Failure to yield) : le titre du rapport que vient de publier la Union of Concerned Scientists (UCS), une association scientifique créée au sein du MIT (Massachusetts Institute of Technology) ne fait pas dans la nuance. Doug Gurian-Sherman, biologiste et auteur du rapport, a étudié les travaux de recherche et les études statistiques sur les productions de soja et de maïs aux Etats-Unis, réalisés sur vingt ans, dont treize durant lesquels les plants transgéniques ont été commercialisés. Rappelons qu'outre-Atlantique, près de 90% du soja et 60% du maïs (en surface cultivée) sont des plantes transgéniques.
lire la suite ici
22 mars 2009
l' économie de marché.
Après avoir constaté que l’épargne permettait l’investissement, nous avons vu que cet investissement était à l’origine de la recherche puis du progrès technique.
Les marchandises issues du travail et du progrès ont une valeur. Nous avons pu voir que cette valeur était variable, selon le point de vue des producteurs, des acheteurs, des vendeurs et des spéculateurs.
Toute vie en société dans laquelle existe le droit de propriété, implique un échange des marchandises. Des règles sont mises en place, permettant de définir un prix pour les marchandises, ainsi que leurs conditions d’achat et de vente.
L’économie de marché est l’une des réponses que les humains ont apporté afin de faciliter l’achat et la vente des marchandises.
Le principe de l’économie de marché est le suivant : le prix d’une marchandise est celui qui permet un maximum d’échange . Trop bas, il décourage les vendeurs, trop haut, il décourage les acheteurs. Ainsi, un équilibre est atteint, permettant la satisfaction maximale des acteurs du marché.
Le marché a comme conséquence théorique d’adapter les moyens de production à la consommation. Si la production est trop élevée, les prix baissent, réduisant les bénéfices des vendeurs et provoquant la diminution de la production.
Si la production est trop faible, les prix augmentent, incitant les producteurs à accroître leur activité.
Pour que le système fonctionne, selon ces « vertus », il faut
- que le marché soit « atomisé ». Cela signifie que, du côté des vendeurs comme du côté des acheteurs, les intervenants soit suffisamment nombreux et divers afin que nul ne puisse imposer sa loi.
- que les uns comme les autres voient leurs bénéfices évoluer selon les prix du marché
- que les prix soient connus de tous (transparence du marché).
- que les producteurs et les consommateurs aient les moyens d’adapter leur comportement au même rythme que le marché.
Or, il n’existe pas d’économie respectant ces critères.
l’atomisation du marché :
Les exemples suivant montrent que la plupart des marchés ne sont pas atomisés.
- 1 grande surface pour des milliers de consommateurs
- quelques producteurs de pétrole pour des centaines de millions de consommateurs d’ essence.
- Quelques groupes alimentaires pour des millions d’agriculteurs.
Ce ne sont que quelques exemples parmi des centaines d’autres qui montrent qu’ il n’y a pas atomisation du marché ;
Liaison des bénéfices selon le prix du marché :
Lorsqu’une production est trop forte, le prix payé par le consommateur devrait baisser. Or, on constate que les intermédiaires entre producteurs et consommateurs empêchent l’adaptation des prix. Les prix ne sont plus nécessairement liés aux volumes produits et consommé. De nombreux exemples existent, tant dans l’alimentation que pour de nombreux objets de la vie courante. On a vu le prix de produits alimentaires fortement augmenter pour le consommateur, alors que le prix donné au producteur était en forte baisse.
Ainsi, le moteur de l’adaptation des prix, à savoir le gain financier, ne joue pas pleinement son rôle.
Transparence du marché :
Nous savons qu’ en général, les entreprises privées refusent de communiquer les prix de revients réels, ainsi que les prix d’achats et de vente de leur marchandise . De plus, les diverses conditions de vente ; crédit différé, marges arrières, escompte, montrent que ce prix est difficilement évaluable par ceux qui en sont les acteurs. Il n’y a donc aucune possibilité de jouer réellement sur la concurrence.
.
Adaptation des comportements :
Les systèmes de productions actuels sont basés de plus en plus sur de lourds investissements, réalisés à l’aide d’emprunts. Celui qui investit est contraint de vendre à tout prix, afin de rembourser ses emprunts. Il doit utiliser au maximum ses capacités de production. En conséquence, une hausse rapide des prix ne provoquera pas de hausse rapide des volumes produits, car il faut du temps pour mettre en place de nouveaux moyens de fabrication. En revanche, une baisse des prix fragilise très vite l’entreprise qui peut être rapidement contrainte au dépôt de bilan.
De même, le consommateur est soumis à des contraintes naturelles (se nourrir, se déplacer, se soigner,…) qui fixent des limites qu’il ne peut franchir sans dommage. L’adaptation ultime du consommateur est sa mort pure et simple. C’est le cas de dizaines de millions de personnes chaque année.
Conséquence :
l’économie de marché est une utopie totale.
L’économie de marché libérale:
Elle consiste à faire croire que l’économie de marché est possible si l’état n’intervient pas. En conséquence, le « marché » se traduit en une multitude de rapports de force entre acteurs économiques. Afin de disposer du maximum de poids dans ce rapport, les entreprises cherchent à contrôler au mieux tout ce qui agit sur ses coûts.
Dans ces rapports de force, 2 acteurs économiques respectent l’atomisation du marché, et se retrouvent donc en position de faiblesse face à la puissance des entreprises.
Pour le marché de la consommation, il s’agit des consommateurs, nombreux, variés, face à une grande distribution toute puissante.
Pour le marché du travail, il s’agit des salariés, nombreux, variés , face à un grand patronat tout puissant.
L’état, seule structure apte à donner du poids aux salariés et aux consommateurs, est prié de ne pas se mêler du système économique.
L’économie de marché sociale:
C’est le même type d’économie, mais avec une présence de l’Etat afin de mieux gérer les nombreux effets pervers du système.
Même si l’économie de marché réelle est une utopie,
est-elle un espoir ?
Dans le cas de nos pêcheurs, vivant dans le cadre d’une économie de marché, qu’arrive-t-il si notre inventeur de filet décide de tirer un profit financier de sa découverte. Rappelons-le, l’économie de marché suppose le droit de propriété.
Les pêcheurs intervenant sur le marché dégagent des sommes qui leur permettront de manger autre chose que du poisson, de se vêtir, de se soigner. On suppose que l’adaptation entre production et consommation est rapide, grâce à la variation des prix. Ainsi, le pêcheur qui vend à un faible prix le lundi, du fait d’une pêche trop abondante un jour, se verra mieux rémunéré le mardi, pour une pêche moins abondante. On peut même considérer que le montant en valeur des échanges est à peu près le même pour les deux jours, les consommateurs ayant acheté un volume supérieur le lundi (prix faible) et un volume inférieur le mardi (prix fort).
Si un pêcheur décide de produire plus, il accroît l’offre. Dans un marché vaste, sa seule présence n’aura que peu d’effet. En revanche, dans un marché restreint, ou si le nombre de pêcheurs bénéficiant d’un filet est plus élevé, il y aura incidence durable sur les prix de vente.
Les pêcheurs offrant le volume supplémentaire percevront plus d’argent que les autres. Si on considère que le montant des échanges (et non pas le volume) , lui, ne varie que très peu, on constate un appauvrissement de tous les autres pêcheurs. Pourtant, ces derniers n’ont commis aucune faute. Seulement, l’économie de marché aura permis à une minorité de s’octroyer une part plus importante que celle qui leur est nécessaire. Les pêcheurs mis en difficulté risquent de ne plus pouvoir faire vivre leur famille comme avant. De toute façon, ils devront consommer moins, alors que les bénéficiaires du filet pourront consommer plus.
Dans une économie de marché,
l’apport du progrès
ou
l’augmentation du travail d’un groupe de personnes
provoque une modification du partage de la production,
au profit d'une minorité,
au détriment de la majorité.
C’est une source première d’inégalité.
Jean Philippe Parmantier
27 février 2009
Témoignage de Sadi SAINTON, étudiant à l'Université Antilles Guyane en Guadeloupe :
Je vous envoie ce mail un peu long, certes, mais je voudrais vous dire deux ou trois choses, que vous ne voyez pas trop dans les JT de Canal+, France Télévision, TF1, M6, LCI... à propos de la grève en Guadeloupe puisque je la vis de l'intérieur. J'espère sincèrement que vous prendrez le temps de lire ces quelques lignes. Lisez tout, si vous le pouvez. Et une partie si c'est trop long. Je tiens au paragraphe en violet car c'est cette question qui m'a poussé à
écrire un si long mail, mais je crois que tout comporte son intérêt...
Pourquoi? Parce que j'imagine que vous entendez comme tout le monde les infos et que je les trouve très partielles (et partiales). Parce que je pense qu'il peut y avoir méprise. Vous pouvez diffuser à votre guise .
N.B: Je soutiens cette grève. Ce mail comporte donc une dose de subjectivité, mais je ne fais ni dans la propagande, ni dans le mensonge. Je reste objectif sur des faits dont vous n'entendez probablement pas parler.
Let's go!
En effet, la Guadeloupe connaît depuis bientôt 4 semaines une grève générale contre les profits abusifs (de grâce, cessez de parler de grève contre la vie chère car il ne s'agit pas tout à fait de cela).
Je vais simplement, sans organisation donner quelques faits (j'écris à mesure que ça vient et je m'excuse d'avance des fautes d'orthographe que ma vigilance laissera passer).
Une grève contre la vie chère?
NON. PAS VRAIMENT.
Le collectif qui mène la grève est un ensemble de 49 associations syndicales, politiques, associations de consommateurs et associations culturelles. Elle a déposé (un mois avant le début de la grève générale, et personne n'a jugé bon de s'en préoccuper) un cahier de 146 revendications réparties sur 10 chapitres. Parmi ces chapitres, un (un seul !) concerne la vie chère.
Mais alors qu'est-ce que cette grève?
Le collectif à l'initiative de cette grève s'appelle "LKP" : Lyannaj kont pwofitasyon (C'est du créole). Traduction "alliance contre le vol et les profits abusifs". C'est une mobilisation sans précédant. Le LKP parle de 100 000 personnes dans les rues (sur une population de 460 000, soit près du quart de la population). Au delà de la bataille des chiffres, une chose est sure: c'est historique. C'est la plus grande mobilisation de l'histoire de la Guadeloupe et chaque sortie du LKP crée un nouveau record. Depuis une semaine, la Martinique emboîte le pas, la Réunion depuis deux jours, et la Guyane s'y prépare.
Qu'est-ce que la "pwofitasyon"?
Surtout, ne pas traduire par "profit" (c'est un faux ami). La "pwofitasyon", ici peut se traduire comme je viens de dire par "profits abusifs". Dans le langage courant, "pwofitasyon" désigne l'abus de pouvoir qu'un puissant exerce sur quelqu'un dont il sait déjà qu'il est plus faible que lui, pour le rendre encore plus
subordonné.
L'exemple type, est celui des enfants dans la cour de récréation d'une école primaire. Les "grands" de CM2 peuvent exercer dans la cour des "pwofitasyon" sur les "petits" de CP, qui n'auront que leurs yeux pour pleurer. (N'est-ce pas mignon, notre chère et tendre enfance ?)
Les domaines de "pwofitasyon" sont multiples chez nous:
Le constat est le suivant. En Guadeloupe, les prix sont beaucoup plus élevés qu'en France et donc parmi les plus élevés d'Europe et du monde. On constate (pour les mêmes enseignes et les mêmes produits) des écarts de plus de 100% que l'éloignement (il faut bien payer le transport) n'explique pas (exemple : 84% sur les pâtes alimentaires).
Selon tous les experts, après analyse de la chaîne, de la production au caddie du consommateur, en passant par le transport, le surcoût par rapport à l'hexagone ne devrait pas dépasser 10%. Les différences de prix constatées ressemblent donc fortement à.... du vol organisé.
Quelques exemples de "pwofitasyon" dénoncés par le LKP :
-L'essence que payait les guadeloupeéns était l'une des plus chère au monde. Il y a une crise internationale qui a fait exploser le cours du pétrole, certes, mais cela n'explique absolument pas le cours des prix en Guadeloupe (dans les DOM de manière générale). Aujourd'hui qu'un début lumière commence à être fait sur la question, plus personne ne le conteste.
-Le LKP a présenté à l'Etat son expertise des méthodes de fixation des prix, résultat : tout le monde est d'accord sur le constat qui consiste à dire que les prix sont anormaux (même ceux qui sont contre la grève générale comme forme choisie pour le dénoncer) . Le secrétaire d'Etat aux DOM, monsieur Yves Jego ,
envisage même une action en justice de l'Etat contre la SARA (Société Anonyme de Raffinage Antillaise) dont l'actionnaire principal (70%) est TOTAL. Vous m'accorderez sans doute que ce ne sont pas des nécessiteux. Et Jego (lui-même), a dit que si, après enquête, il est démontré que la SARA a perçu des sommes indues (ce sera probablement le cas), cette somme devra être remise aux guadeloupéens sous la forme d'un fond pour la formation professionnelle.
N.B: La SARA est en situation de monopole en Guadeloupe, pas de concurrence. C'est elle qui distribue l'essence.
-Quant aux prix de la grande distribution... une des pistes est de créer "un panier de la ménagère" constitué d'environ 100 produits sur lesquels la grande distributions n'aurait plus le droit de dépasser les prix de l'hexagone de plus de 10%, avec la création d'un organe bi-mensuel de contrôle des prix pour éviter de nouvelles dérives.
N.B: Les géants de la distribution sont en situation de quasi monopole. Il s'agit principalement du groupe Hayot (Bernard Hayot est dans le top 120 des fortunes françaises). En plus ils détiennent l'importation et ont le monopole de la distribution sur plusieurs grandes marques. Pour accentuer le problème, les quelques concurrents existants sont des groupes amis (cousins, alliancés...) puisque ce circuit est aux mains d'une ethno-classe compacte et réduite(**).
(**) voir reportage assez édifiant de canal + "Les derniers maitres de la Martinique" voici un lien ou on peut voir l'émission : http://www.megavideo.com/?v=1Q1M01NV
-Autre détail intéressant. Parmi les revendications sur le coût de la vie, il y a la baisse des tarifs des prestations bancaires. Et que s'est-il passé? Dès que les banques en Guadeloupe (pourtant les mêmes que dans l'hexagone) ont pris connaissance des revendications les concernant, avant même que cette question ait été négociée, les banques ont adopté une baisse de leurs tarifs !! Permettez moi de penser que ça signifie que les tarifs étaient effectivement abusifs.
Le reste des revendications?
Elles traversent TOUS les domaines de la société. Vraiment tout. Les 9 autres chapitres : Education, Formation professionnelle, Emploi, Droits syndicaux et liberté syndicales, Services publics, Aménagement du territoire et infrastructures, Culture, et enfin "pwofitasyon" (il s'agit de réclamer des mesures pour contrôler désormais les prix).
J'appelle ça un mouvement sociétal. Si certains persistent à parler de vie chère...je n'y peux rien. C'est un véritable cahier de Doléances. Il parcourt l'ensemble des domaines de la société.
Rappelons que ces revendications sont au nombre de 146 et que le LKP a défini parmi ces 146, 19 à négocier immédiatement, puis d'autres qui demandent des réponses plus purement politiques voire institutionnelles, qui devront être débattues à long et moyen terme.
Je peux, si vous le souhaitez, vous envoyer ce cahier de revendications.
Mais alors... Pourquoi ne parle-t-on que de ces foutu 200€ que le LKP demande?
Parce que cela fait partie effectivement des revendications et comme tout le monde s'y attendait, c'est le point qui bloque les négociations. Le LKP ne démord pas. Le patronat ne démord pas. Les positions se radicalisent.
COMMENTAIRE PERSONNEL : Je trouve ça dommage qu'un si beau mouvement bloque sur un point que je considère comme étant secondaire en terme de portée sociétale sur le futur de la Guadeloupe.
N.B: Il s'agit d'une augmentation de 200€ des bas salaires
LES GUADELOUPEENS SONT ASPHYXIES ET MEURENT DE FAIM ALORS?
Mais pas du tout !!
C'est cette question qui m'a poussé à écrire ce mail. Un ami métropolitain m'a appelé aujourd'hui pour me demander si on tenait le coup. Au début j'ai commencé à répondre que malgré la durée du conflit, la mobilisation était toujours de mise. Il me coupe : "Non, je voulais dire...Arrivez-vous à remplir le réfrigérateur" !!
La Guadeloupe est en grève générale depuis bientôt 4 semaines. Les hyper marchés et super marchés sont fermés. En revanche les petits commerces de proximité sont ouverts, mais les rayons des magasins sont de plus en plus vides...
MAIS : La Guadeloupe s'organise. L'UPG (Union des Producteurs Guadeloupéens) ainsi que les pêcheurs font parti du LKP. Les poissons ne sont pas en grève : les pécheurs continuent à pêcher et à vendre leur poisson. Les animaux ne sont pas en grève : les éleveurs continuent à s'en occuper et à vendre leur viande. La terre n'est pas en grève : les cultivateurs continuent à travailler leurs exploitations et vendent leur denrées. Notre réfrigérateur n'a jamais été aussi plein.
Les hyper marchés sont fermés, mais les marchés sont ouverts. Il y a mieux: des marchés populaires sont organisés devant les piquets de grève et un peu partout. Les producteurs y vendent leur denrées aux prix auxquels ils ont l'habitude de vendre aux super marchés.
Conséquence : ils ne perdent pas leur récolte ni leur revenus, et le porte feuille du consommateur apprécie puisque les marges exorbitantes de la grande distribution ne sont plus là.
Nous mangeons à notre faim et - fait intéressant - nous n'avons jamais autant consommé local !! Je n'ai pas de purée mousseline, je n'ai plus de pâtes panzani... et alors? J'ai des tubercules, des légumes, de la viande, du poisson, des fruits frais, des fruits secs, des fruits de mer... Et ça coûte moins cher que d'habitude. En fait, je crois que je n'avais jamais mangé aussi équilibré de ma vie.
Si vous n'avez jamais entendu tout ça, est-ce que la presse nationale fait de la désinformation?
Je n'irai pas jusqu'à dire qu'on vous ment. Disons que parmi tout ce que les envoyés spéciaux des média nationaux voient, ils choisissent 5%, et le choisissent d'une manière assez surprenante.
La première semaine, ils n'en parlaient pas. La deuxième semaine, ils n'ont montré que des images de touristes dont les vacances ont été gâchées par cette grève (je suis sincèrement désolé pour eux, mais c'est la vie). Ils ont montré des rayons de super-marchés vides et ont semblé vouloir dire que la rupture des stocks créait le plus grand désarroi... Ils ont fustigé une grève qui - dit-on - pénaliserait de manière irrémédiable l'économie Guadeloupéenne.
Puis Le secrétaire d'état aux DOM est arrivé en Guadeloupe. Il y a carrément déplacé son cabinet et son staff. La presse ne pouvait plus se contenter des mini sujets bâclés. Ils ont commencé à en parler un peu plus. Aujourd'hui, l'information que vous recevez est de plus en plus conforme à ce qui se passe.
Les "vrais" reportages font leur apparition. FRANCE INTER a fait une longue émission dessus, j'ai pu voir un long article sur Elie Domota, porte parole du LKP dans je journal LE MONDE. LIBéRATION a publié un long texte d'Ernest Pépin (écrivain Guadeloupéen)... Ca commence à changer. Pourtant, je suis persuadé que ceux qui ont tout lu de ce mail ont appris beaucoup de choses.
Pour les plus courageux, j'ajoute encore quelques points importants. Je quitte la description pour rentrer dans l'analyse (mais vous pouvez vous arrêter là).
XENOPHOBIE? RACISME? LES SLOGANS?
Non, non, et trois fois non!
Le slogan principal repris depuis le 20 janvier en coeur par les manifestants :
"La Gwadloup sé tan-nou, la Gwadloup sé pa ta yo. Yo péké fè sa yo vlé, adan péyi an-nou"
Traduction littérale : " La Guadeloupe est à nous , La Guadeloupe n'est pas à _eux_. _Ils_ ne feront pas ce qu'ils veulent dans notre pays"
Traduction plus usuelle : "La Guadeloupe nous appartient, elle ne leur appartient pas. Nous ne les laisserons pas faire ce qu'ils veulent dans notre pays."
La question qui inquiète certains : Mais qui est ce nous et ce eux?
Nous = noirs?
Eux = blancs?
Si oui, lesquels? Les blancs en général (métropolitains) ou les "béké", descendants des maitres d'esclaves et qui ont su conserver leur domination économique et d'influence grâce aux héritages de génération en génération depuis l'époque esclavagiste, jusqu'à présent (sans la diluer dans le reste de la
population car le béké fait souvent attention à "conserver la race"(**)
(**) voir reportage assez édifiant de canal + "Les derniers maitres de la Martinique" voici un lien ou on peut voir l'émission
http://www.megavideo.com/?v=1Q1M01NV
Selon moi, il ne s'agit pas de ça. Moi qui vis ce mouvement de l'intérieur, moi qui reprends ce refrain avec joie depuis 4 semaines, je n'ai jamais désigné le blanc par ce "eux" et tous les gens de mon entourage sans exception sont du même avis.
MAIS ALORS QUI?
Eux...mais bien sur, cela désigne les "profiteurs". Les responsables de la pwofitasyon. La Guadeloupe n'est pas un simple tube digestif, une sorte de terre de consommation, un simple marché où tout le monde peut venir faire ce qu'il veut, comme dans une zone de non droit. Or les "pwofitasyon" révélées par ce collectif, et que plus personne ne conteste donne bien l'impression que c'est le cas depuis déjà trop longtemps. Avec la complicité de l'Etat, volontairement ou par négligence (je veux bien croire que c'est par négligence).
On en est à une situation ou il a fallu qu'un collectif de 49 associations déclenche une grève générale et déclenche les plus grandes manifestations de l'histoire de la Guadeloupe pour que l'Etat,
Enfin, joue son rôle d'arbitre et de répression des fraudes. De nombreuses voix en Guadeloupe avaient déjà dénoncé ces faits, mais de manière isolée et sans réel résultat. Aujourd'hui, la tendance semble s'inverser. C'est ce "eux"- là que nous dénonçons depuis 4 semaines (27 jours)
Quant au "nous", il est prometteur de quelque chose de tout à fait nouveau, qui, peut-être enfin, dépassera les clivages de race (ou en tous cas tendra vers ça). La première personne à m'avoir envoyé un sms pour me dire de venir en meeting est une Guadeloupéenne...blanche!
Pour moi, un Guadeloupéen est quelqu'un qui lie son destin au destin de la Guadeloupe. Il est souvent noir (question de chiffre), mais il est aussi blanc, indien (de nombreux indiens ont débarqué en Guadeloupe après l'abolition de l'esclavage). Il pourrait même être vert pomme que cela ne dérangerait pas les dizaines de milliers de manifestants qui chantent ce slogan.
Surtout, nous ne sommes pas prêts à échanger, sous prétexte de la "race", une pwofitasyon blanche contre une pwofitasyon noire. Ce Nous-Eux est moral, bien plus que racial.
Cela ne signifie pas qu'il n'y a pas de problème de racisme en Guadeloupe. Il est clair que la société est pyramidale et que plus on monte vers le sommet de la pyramide, plus les peaux sont claires.
Les races n'existent pas, c'est une vérité qu'il faut répéter sans cesse... Mais le racisme existe et le poids de l'histoire esclavagiste et coloniale est palpable. Nous voila avec ce mouvement face à un formidable défi qui consiste à poser les problèmes tels qu'ils sont, pour les régler, et les dépasser. Permettez moi d'ajouter que je suis assez optimiste sur cette question.(*)
(*) Pour ceux qui voudraient, je peux envoyer un extrait de discours du porte parole du LKP abordant ce sujet d'une manière que je trouve assez fine, de manière forte, mais sans haine.
SCOLARITE EN PERIL?
J'étais à Paris 6 lors de la grève contre le CPE et sur les 12 semaines prévues du semestre, on a pu faire 11 semaine (moyennant le sacrifice des vacances scolaires). Il y a fort à parier que nous ferons la même chose. Tout le monde est prêt à voir disparaitre les vacances de Pâques, Pentecôte et les jours fériés. D'ailleurs les cours sont mis en ligne par les enseignants dans de nombreux établissement. Et RFO, la télé locale (une branche de France télévision) va bientôt commencer à diffuser des cours faits par des enseignants sur les plateau de télévision, afin que tout le monde puisse regarder, à chaque niveau, à chaque matière. La petitesse de l'île le permet, nous ne nous priverons pas de ce moyen!
EVOLUTION STATUTAIRE?
Peut-être. En tous cas la question est posée. Le débat est ranimé. Le mouvement s'exprime sous forme de grève mais la densité du cahier de revendications montre clairement que tous les fondements de la société sont remis en question.
Parmi les meneurs du LKP, nombreux sont ceux qui sont "au moins" autonomistes. Pourtant, après 4 semaines, aucun membre (sans exception) n'a jamais prononcé les mots "évolution statutaire".
C'est un débat qui déchaîne les passions et pour le bien du mouvement, il convient de rappeler que ce n'est pas le but du mouvement. Ce mouvement pose des questions et met en avant ce que veulent les Guadeloupéens.
Si les hommes politiques apportent parmi leurs réponses une question institutionnelle, elle fera de toutes les façons objet de débats, et de référendum.
MON AVIS SUR LA QUESTION :
Les lois françaises sont conçues pour répondre à une réalité géopolitique précise. Celle d'une France au coeur de l'Europe, société post-industrielle. Elle n'ont jamais convenu ni aux colonies, ni plus tard aux DOM-TOM et COM. Si bien que pour pallier le "handicap", nous sommes toujours passés par des lois, qui mettent en avant de nombreuses spécificités. Aujourd'hui, le système d'intégration montre ses limites. Ceux qui, jadis, s'en accommodaient, aujourd'hui soutiennent massivement un mouvement social, qui - bien que ce ne soit pas son objectif attire l'attention sur le fait que rien ne va bien et qu'il faut peut être songer à changer les choses en profondeur.
N.B: Quelque soit ce qui arrive, l'indépendance n'est absolument pas à l'ordre du jour. Ni l'Etat, ni le LKP, ni les nombreux manifestants
qui soutiennent le LKP, ni même les organisations anciennement indépendantistes des années 60, 70 et 80 ne considèrent que la question est à l'ordre du jour. Les organisations "anciennement indépendantistes" continuent à énoncer le principe moral du droit des peuples à l'autodétermination qui est un droit inaliénable inscrit dans la charte de l'ONU; mais s'accordent pour dire qu'il faut aller pas à pas, sans brûler les étapes.
Les pistes avancées sont plutôt celles d'une évolution statutaire dans le cadre de la République Français (genre article 73 et 74 de la constitution) vers plus de pouvoir décisionnel local, plus de pouvoir législatif et douanier, afin de répondre à la réalité géopolitique (nous sommes européens, mais nos îles baignent dans le bassin caraïbéen!).
Voila un lien vers la constitution française. Vous pourrez donc consulter les articles 73 et 74.
http://www.legifrance.gouv.fr/html/constitution/constitution2.htm#titre12
Voila mon constat et mon point de vue sur cette grève générale en Guadeloupe.
Je vous remercie d'avoir bien voulu lire un aussi gros pavé. Je rappelle que je ne suis ni politologue, ni sociologue... vous excuserez les approximations et la lourdeur du style. Je suis simple étudiant guadeloupéen, solidaire du mouvement et j'expose là, ce que je comprends de ce mouvement.
P.S: : J'ai commencé ce mail hier. Aujourd'hui, la situation a un peu évolué. La repression policière et militaire est désormais en marche.
Le mouvement a une dimension internationale. Hier, c'est le révérend Jessie Jackson en personne qui a envoyé son soutien au peuple de Guadeloupe et au LKP. Les organisations syndicales du monde entier (je n'exagère pas) rentrent en contact avec le LKP pour leur demander comment ils arrivent à mobiliser 100 000 personnes, sans un
débordement (c'est le service d'ordre du LKP qui organise la sécurité générale).
La Guadeloupe vient de connaitre ses 27 jours les plus calmes niveau violences domestiques. Jamais il n'y a eu si peu d'agressions et de faits divers. 0u d'accidents de voitures (pas d'essence, tout le monde roule à 70 km/h).
Les Guadeloupéens sont vraiment fiers de ce mouvement. Mais ce matin, la répression a commencé face a un mouvement pacifiste depuis 27 jours. Il y a eu une soixantaine d'arrestations de gens qui étaient simplement sur les barrages pacifiques. Une des tête du LKP a été blessée. Il a subi des injures racistes venant des forces de
l'ordre (tous ceux qui s'y connaissent un peu en histoire de la Guadeloupe savent que c'est monnaie courante lors des repressions de mouvement sociaux aux DOM).
Je ne fantasme pas sur le poids de l'histoire. Tout au long de la seconde moitié du XXè siècle, tous les grands mouvements sociaux ont été réprimés par les mitraillettes, lorsqu'à Paris, le gaz lacrimogène suffisait largement. C'était le cas en 1910, en 1952, en 1967, en 1975, en 1985. Chaque répression a apporté son lot de morts, même si celle de Mai 1967 accapare toutes les mémoires puisque le nombre de morts a dépassé peut être la centaine de personnes.
Evidemment, de l'eau a coulé sous les ponts. 1967 et 2009 sont différents. Mais le préfet et l'Etat jouent à un jeu dangereux. Car l'ensemble des mobilisés connaît le poids de l'histoire et la tension est à son comble et beaucoup ont déjà averti que cette fois ci, les guadeloupéens ne mourront pas... Le LKP a appelé au calme. Il appelle à la mobilisation massive et pacifiste pour faire reculer la répression. L'immense majorité des interpellés aujourd'hui a été relâchée ce midi grâce (une fois de plus) à la pression populaire de la foule, massée pacifiquement devant la police et et le tribunal de Pointe-à-Pitre. La tension redescend petit à petit. Le préfet avait promis que les (environ) 4000 CRS débarqués en
Guadeloupe dès le début du conflits étaient juste une sécurité qu'il souhaitait de tout coeur ne pas utiliser. Depuis que les négociations sont bloquées, d'autres ont débarqué...
Sadi SAINTON
Et comme on dit dans les îles :
Kimbé rèd pa moli!
25 février 2009
La valeur des choses.
Combien dois-je payer pour cet objet? Quel est le bon prix. Combien ça coûte ? (non, je ne suis pas Jean.Pierre.Pernaut) La valeur d’une chose, maison, litre de lait, action de société, service rendu, est très variable. Il existe de nombreuses façons de calculer le prix d’une chose, et le résultat peut être très variable. Je prendrai comme exemple le logement. Imaginons un logement de 100 m². Il comprend 1 séjour, 3 chambres, en bon état. Quel est son prix ?
1) La valeur de travail.
On peut considérer le travail nécessaire à l’existence de ce logement. Les personnes qui ont travaillé pour l’existence de ce logement sont nombreuses. On peut évaluer en nombre d’heures ce qui est nécessaire à l’accomplissement du travail. Le prix du béton, de la moquette (…) , sera évalué en fonction du nombre d’heures nécessaires à leur fabrication. S’il s’agit d’un appartement, certains coûts communs (architecte, parties communes, …) sont répartis en fonction du nombre de logements. On peut évaluer en heures de travail la valeur de ce logement.
alors, nous avons :
travail = prix
Imaginons que la somme des heures de travail soit 4 550. (35 heures par semaine x 5 personnes x 26 semaines).
si on considère une rémunération de 10 euros par personne, le prix est:
10 x 3640 = 45 500 euros
2) Le prix de revient.
Tout le monde n’est pas rémunéré de la même façon. L’heure de travail de l’architecte n’est pas payée au même tarif que l’heure du plombier. De plus, des taxes, des droits d’enregistrements, la TVA, sans lien réel avec la quantité de travail, Le prix de revient est différent du prix du travail. Il intègre la différence de rémunération des différentes personnes intervenant sur le projet, ainsi que la présence indispensable de la société (état, région, commune) pour que l’opération soit réalisable.
Le prix , compte tenu des charges salariales, impôts et taxes et différences de salaire, doit être majoré de 100 % (taxes et charges, 70 %, différences de salaires, 30 %)
Le prix de revient est donc de
200 % * 45 500 = 91 000 euros
3) Le prix commercial.
Le prix de revient intègre le coût des équipements. En effet, le camion nécessaire à l’acheminement des matériaux a du être acheté. Le coût du camion, de son entretien, doit être intégré dans le prix de revient. Mais, dans le prix commercial, de nouvelles informations sont intégrées. Pour vendre la maison ou leurs services, les acteurs de la construction de la maison (artisans, promoteur immobilier, …) ont dépensé de l’argent afin de capter une clientèle. Cette « guerre » de parts de marché a un coût. Cette « guerre » ne concerne pas celui qui achètera, mais c’est lui qui la finance, car ce coût supplémentaire est intégré dans le prix de revient. De plus, pour pouvoir construire la maison, les différents partenaires ont du constituer un capital mobilier et immobilier (l’architecte a des bureaux, comme de nombreux artisans, certains ont du matériel professionnel, grues, camions, échafaudages). Ce capital leur a demandé d’avancer de l’argent. Or, dans notre société actuelle, avancer de l’argent revient à emprunter à la banque. Notre société institue une rémunération du capital. L’argent est considéré comme étant un ouvrier qu’il faut récompenser. Evidemment, plus les structures utilisent d’argent, plus il y a de capital, plus il faut le rémunérer. Ce coût est directement payé par le consommateur.
Si on considère un coût commercial supplémentaire de 20 % (9100 euros) on obtient un prix de vente de 99 100 euros auquel il faudrait ajouter le prix de la rémunération du capital.
prix commercial 100 000 euros
4) Le prix d’usage.
Une maison pour quoi faire ? Pour y loger, bien sûr. 100 m² pour une famille, avec 2 enfants, ça va.
Imaginons qu’un locataire ordinaire paye 500 euros pour un tel logement, et que la rémunération des placements à risque limité soit de 4 %
par an, le locataire paierait 500 euros x 12 mois soit 6000 euros
Si un propriétaire veut placer à la banque une somme à 4 %, quelle est la somme qui lui rapportera 4% chaque année ?
6 000 euros / 4% = soit 150 000 euros
Ainsi, un investisseur pourrait être prêt à donner 150 000 euros pour une maison dont le prix commercial n’est que d’ environ 100 000 euros.
Valeur d'usage : 150 000 euros
5) la valeur de revente immédiate.
J’achète. J’achète pour investir. Mais si j’ai besoin de mon argent rapidement, qu’est-ce que je récupère ? La valeur de revente immédiate est toujours problématique. Toutefois, dans le cas des subprime américaines, c’est elle qui a été utilisée pour vendre à des prix exagérés. Lorsque des prix augmentent rapidement (hausse organisée), il est facile de faire croire que la hausse va continuer, surtout pour des professionnels de la communication. L’espérance d’un gain rapide provoque une grande vulnérabilité. Si on annonce à des personnes une hausse de 10% par an, en 3 ans, cela fait plus de 30 %. Ce qui vaut 100 000 vaudra 130 000 dans 3 ans. Donc, un prix d’ achat de 115 000 ne paraît pas exagéré. (gain de 15 000 euros en 3 ans).
Valeur de revente immédiate, 115 000 euros
6) La valeur de spéculation.
Elle ressemble beaucoup à la valeur de revente immédiate, sauf que l’immédiat prend des valeurs très différentes. (3 mois – 6 mois). Si je pense que le logement vendu 100 000 vaudra 150 000 euros dans 6 mois, je suis prêt à l’acheter 110000 ou 120 000 euros, sans problème. Ce cas n’existe pas pour les logements mais existe pour les matières premières (d‘ou les fortes variations du cours du pétrole). La valeur de spéculation existe réellement dans le domaine des œuvres d’art. Un artiste « tendance » va voir le cours de ses œuvres exploser. Ceux qui ont acheté 6 mois avant les autres gagnent des fortunes.
Valeur de spéculation, 120 000 euros
7) Valeur coup de foudre.
Là, on est en plein rêve. mais cette valeur existe. C'est celle que l'on est prêt à verser pour un coup de foudre. En ce cas, le commercial vous dit : "C' est la maison de vos rêves. Alors, le prix n'a pas d'importance".
Valeur coup de foudre : pas de limite
8 ) la valeur du marché.
Là, on entre dans la magie. La valeur du marché, c’est la valeur autour de laquelle acheteurs et vendeurs obtiennent le maximum de vente. Nous avons vu qu’il y avait plusieurs valeurs. Celui qui obtient le plus de pouvoirs dans le marché arrive à utiliser la valeur qui lui convient le mieux.
Un exemple .
Un vendeur de maison propose 100 000 euros à la vente. Il le dit à son intermédiaire. Celui-ci va convaincre le vendeur que le prix est trop élevé, car le bien est vieux, et sa valeur, en nombre d’heures travaillées est plus faible.
Un acheteur de maison propose 100 000 euros à l’ achat. Il le dit à son intermédiaire. Celui-ci va convaincre l’acheteur que le prix est trop bas , car le bien lui permet de ne pas payer de loyer, et de ne pas acheter de maison neuve, trop chère.
L’intermédiaire à une seule qualité : convaincre. Il ne produit rien.
Si le vendeur ne rencontre pas l’acheteur.
- le vendeur vend au prix de 90 000 euros.
- l’acheteur achète au prix de 110 000 euros.
L’intermédiaire, celui qui contrôle le marché, encaisse 20 000 euros (110 000 – 90 000).
Conclusion : la notion de marché est souvent l’occasion, pour des intermédiaires, de prélever entre consommateurs et producteurs.
La notion de marché n’a d’autre but que de permettre à une minorité informée de jouer sur les différentes valeurs possibles d’un objet, afin de profiter au mieux de la distance entre producteurs et consommateurs. Autrefois, cette distance alimentait tout un réseau d’intermédiaires. Aujourd’hui, d’autres ont pris le relais, écrasant autant le producteur vers le prix bas que le consommateur vers le prix haut.
Le marché n'est fréquenté que par les initiés (ceux qui savent). Un prix sur quelques produits s'applique alors à l'ensemble du commerce pour le même produit. Accepter le marché libre, sans contrôle, c'est accepter la manipulation de nos finances par une minorité, au profit d'elle même.
Jean Philippe
20 février 2009
Des pistes à court terme pour sortir de la crise
La crise que nous vivons est la traduction de la rapacité des hommes dans un système capitaliste dérégulé et mondialisé. Prêts accordés en tirant des plans sur la comète (les subprimes aux USA, mais aussi les prêts à 25-30 ans en France), recherche de taux de rendement invraisemblables au détriment du respect des droits des travailleurs et de l’avenir de la planète, suppression des contrôles des Etats sur les flux financiers, protection de fait des paradis fiscaux (une fraude fiscale de fait) tels que le Luxembourg. Et tout cela habillé du joli mot de mondialisation, un univers impitoyable à défaut d’être indiscutable ! Cette mondialisation, associée à la volonté des grands patrons (à l’exemple de Mittal) de maintenir leurs profits, fait rebondir la crise de continent en continent et de pays en pays.
La réalité étant ce qu’elle est, les réponses purement nationales ne seront pas suffisantes, mais elles ne peuvent être repoussées. La construction de l’Union Européenne s’est faite au nom du libre échange à l’intérieur de l’UE mais également envers l’extérieur ; ces choix ont sans doute été favorables aux fabricants d’avions, de centrales nucléaires et de TGV, mais se sont effectués au détriment d’un certain nombre de secteurs qui relèvent de la vie quotidienne (textile par exemple). Au niveau national, comme au niveau communautaire, l’urgence est de redonner confiance. Il faut donc poser le principe de la limitation des importations aux produits et services qui respectent les conditions de travail et de respect de l’environnement en vigueur en Europe. Il faut par ailleurs abandonner le Traité Constitutionnel Européen et dénoncer le Traité de Maastricht afin de maintenir des services publics hors du secteur marchand.
Au niveau national, les plans d’investissements annoncés sont pour partie le rattrapage par l’Etat de ses engagements (contrats de plan Etat Régions par exemple), pour partie de nouveaux engagements dont certains discutables :
- la priorité en matière ferroviaire n’est pas dans le TGV mais dans un effort de longue haleine sur l’Ile de France, au réseau sous entretenu depuis plus de 20 ans, et dans les liaisons interrégionales délaissées du fait du choix commercial imposé par l’Etat à la SNCF (exemple de Nantes-Bordeaux, de Caen Tours, de Nantes Lyon par Roanne)
- il faut, contrairement aux choix des gouvernements de droite depuis 2002,subventionner immédiatement les tramways en cours, afin d’éviter que les agglomérations ne renoncent du fait de la crise économique.
Soutenir l’investissement à moyen terme est une chose, mais n’est pas suffisant : la confiance passera par une relance du pouvoir d’achat. La réponse de Sarkozy consiste à dire que la relance de la consommation entraînerait une hausse des importations ; en suivant la logique de ce raisonnement, faudrait-il réduire encore le pouvoir d’achat pour diminuer encore ce risque ? Mais, soyons sérieux et donnons quelques pistes possibles.
Plutôt que d’augmenter le SMIC brut, ce qui peut poser problème à court terme dans un certain nombre d’entreprises, il est possible d’augmenter le SMIC net par la réduction totale (8 % des salaires) ou partielle de la CSG, réduction plafonnée au niveau de ce même SMIC même pour les salaires plus élevés. L’Etat prendrait en charge ce manque à gagner pour la Sécurité Sociale dont le coût maximal serait de l’ordre de 25 à 30 milliards d’Euros, une somme équivalente aux réductions de cotisations patronales accordées sans guère de justification économique sérieuse. Par justice, il convient également de réduire la CSG sur les retraites. Le financement partiel de ces mesures pourra être trouvé dans la suppression du bouclier fiscal qui profite surtout aux plus riches
Par ailleurs, puisque certains disent qu’il faut profiter de la crise pour réformer, profitons en positivement pour accorder les Allocations Familiales dès le 1er enfant, d’un même montant pour tous.
Les mesures présentées ont le mérite de redonner de la confiance à travers le pouvoir d’achat, tout en corrigeant des injustices (CSG et allocations familiales). Elles sont fort éloignées des mesures de saupoudrage annoncées hier par M Sarkosy. Car la question n’est pas d’aider les « classes moyennes », concept flou et fourre tout, mais bien les milieux populaires, ouvriers, employés, etc…, qu’ils soient en activité, au chômage ou à la retraite, et qui souvent ne sont pas imposables à l’impôt sur le revenu.
Mais elles ne pourront éventuellement être mises en œuvre que sous la pression populaire, et probablement grâce à la grève générale reconductible qui seule peut faire reculer le grand patronat dont le gouvernement sert les intérêts.
Marc Gicquel - Monique Ballard - Les Alternatifs 49
19 février 2009
France2 - Méchant noir, gentil blanc.
On n'y va pas de main morte, au journal de France 2. Pujadas connaît sa leçon. Gentils blancs, méchants noirs.
En 10 secondes, manifestation pour montrer des guadeloupéenes silencieux (Hélas) .
Mais, après , on se délecte. La nuit (ça fait plus série télé) on nous montre des gendarmes français sur la défensive. Enfin, on imagine, car en fait, on ne voit rien et les commentaires alimentent notre imagination. Puis, des jeunes, masqués , mais qui, grâce aux commentaires, se transforment en menace. C'est sûr, ces d'jeun's, faut les mâter. Et puis, voilà les terrorisés, seulement jeunes, sortant de leur yacht déclarant au journaliste qu'ils ne peuvent plus se déplacer en sécurité.
Discrêtement, on nous suggère que l'envoi de gendarmes pourrait calmer le jeu.
Merci, monsieur Pujadas. Dans quelques années, Goebbels vous remerciera.
Parce que ce qu'on a vu, ce sont des noirs qui demandent le respect.
Et ce qu'on nous a suggéré, ce sont des blancs et des gendarmes qui sont harcelés et mis en danger par une population hostile.
Au fait, ce n'est pas Giscard qui, dans la fin des années 1970 , s'était retrouvé à reculer devant les colons français des Antilles et avait abandonné son projet de revitalisation du monde antillais? Disons que cette reculade, à l'époque, avait été aménagée de façon conviviale.
Ah, j'oubliais, les Antilles, c'est Chantal Goya. c'est chouette, non!
Jean Philippe Parmantier
09 février 2009
Nicolas Sarkozy - les erreurs/mensonges lors de la prestation
Certains mauvais esprits ont vérifié les propos du chef de l'Etat Français. Il semble pour le moins que ce dernier fasse preuve d'un grave méconnaissance des données économiques, voire plus.
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Le bêtisier qui suit provient de la prestation télévisée de Nicolas Sarkozy, le 5 février. On peut évidemment en ricaner. On peut aussi s’interroger. Un Chef d’Etat peut-il déterminer et conduire une bonne politique, si le n’importe quoi nourrit sa réflexion et son discours, si des chiffres frelatés fondent son diagnostic, s’il connaît aussi mal le pays qu’il prétend diriger ?
1 – Services non compris
.
Pour relancer l’économie paralysée par la crise, le Premier ministre britannique Gordon Brown a décidé se soutenir la consommation, en abaissant de 2,5 point le taux de la TVA. Pourquoi le président Sarkozy, lui, a-t-il exclusivement « parié » sur l’investissement ?
lire la suite ---> ICI
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Alors, Incompétence ou mensonges?
06 février 2009
Nicolas Sarkozy : mesures en faveur des français.
Rien.
