Gauche Alternative Choletaise

Pour une gauche alternative, écologiste, antiraciste, féministe et solidaire à Cholet (49)

08 juin 2009

européennes 2009 - la liste Marianne Blanc censurée.

C'est le scandale récurent des élections, et plus particulièrement celui des élections européennes 2009. Une fois de plus, Marianne Blanc, tête de liste du mouvement France Citoyenne Mais Interrogative, s'est vu refusé le droit au dépouillement.

Reprenons l'histoire à la base. Régulièrement, des citoyens français, soucieux d'exprimer leur citoyenneté par le vote, mais dubitatifs quant à la sincérité ou l'intérêt du choix présenté, votent Blanc. Plus précisément, Marianne Blanc. Certes, le bulletin est toujours le même, sans nom et sans papier. Depuis de nombreuses années, l' habitude  est prise de mélanger les votes blancs avec les votes nuls qui eux, sont le résultat d'une erreur et non d'un acte politique. Les résultats de la liste Blanc étant systématiquement passés sous silence, les français ne vont plus voter et le taux d'abstention monte, contribuant à une disparition de l'esprit citoyen.

Il est nécessaire que cette censure disparaisse.

A une époque ou le taux d'abstention atteint 60,60 % à Cholet, il est indispensable de reconnaître une liste dont les suffrages sont un indicateur certain de la dynamique politique de notre pays.

De plus, il est impensable que 50% de 40% des suffrages, soit 20% des électeurs, assure le pouvoir absolu à une minorité.

Car non seulement la liste Marianne Blanc (reconnaissance du vote blanc, vous l'aurez compris) est indispensable, mais elle doit être, selon son importance, un élément permettant de décider de la validité ou non d'un scrutin. Ainsi, une telle liste , si elle arrivait en tête, devrait nécessiter l'annulation de l'élection et la mise en place d'une nouvelle campagne.

Coûteux, me direz-vous? Non, car cela obligerait les élites politico-médiatiques à réellement informer les citoyens, de façon pédagogique et non polémique.  Et sous cette pression, il y a fort à parier que certains politiciens devraient céder leur places à de vrais politiques.

Pour ma part, je ne vote jamais Marianne Blanc. Je ne défends donc pas des convictions politiques mais plutôt le droit des citoyens à s'exprimer sur le champ des élections.

Jean Philippe Parmantier



03 juin 2009

Européennes 2009 - Pour qui voter?

Voter, oui, mais pour qui.

Dois-je me fier aux sondages qui indique que tel parti devance tel autre parti?

Est-il important de regarder la tête de liste au fond des yeux et de détecter la future parlementaire à laquelle je rêve (mettez les accords selon vos goûts)?

Le son de la voix, lors d'un meeting est-il gage de compétence?

Un parlementaire déjà élu est-il mieux à même de faire entendre ma voix?

Conseils:

1) Recherchez le nom des listes qui se présentent dans votre région. Attention, certaines listes ne figurent pas dans l'envoi effectué par votre mairie, par manque d'argent. (par exemple, Europe Décroissance, dont le bulletin de vote est disponible sur notre site.)

2) Lisez le programme, ou du moins les grandes lignes. Si celui-ci ne vous convient pas, ne votez pas pour la liste.

3) Regardez le nom des deux personnalités en tête. Elles seules ont une chance d'être élue dans votre région, et encore. Leur faites-vous confiance? (par exemple, faites-vous confiance à Christophe Béchu, démissionnaire de l'entreprise Dexia en janvier 2009 , qui a licencié 900 personnes et perdu plus de 90 % de sa valeur).

En résumé, si vous avez choisi des programmes qui vous conviennent , éliminez les autres listes. Ensuite, éliminez ceux qui ont en tête de liste (au niveau régional ou national) des personnes qui ont déjà trahies le vote de leurs électeurs. Puis, faites l'effort d'apporter votre bulletin jusqu'à l'urne.

Devenez citoyen actif . Informez-vous, et agissez.

Jean Philippe Parmantier.

3)

29 avril 2009

Le 1er mai - tous ensemble à Cholet

Parce que ne rien faire

conduit à la soumission.

Parce que se soumettre aujourd'hui,

c'est affirmer un avenir toujours plus sombre pour nous et pour nos enfants.

Retrouvons-nous tous ensemble

Vendredi 1er mai

10 heures

place Travot

Cholet

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13 avril 2009

Manifestation Anti-Otan : lettre ouverte au préfet de Strasbourg

LETTRE OUVERTE

à Mr le Préfet de Strasbourg concernant la

Manifestation anti-OTAN du 4 avril 2009

des Comités Locaux ATTAC Vosges du Nord

et ATTAC Strasbourg

(membres du comité d’organisation du Contre Sommet OTAN)*

Monsieur le Préfet,

Nous rappelons que des négociations ont eu lieu avec vous-même et que vous avez autorisé la manifestation et défini un trajet.

Comment expliquez-vous alors que:

1.

    la route, indiquée par la préfecture, pour que les bus, véhicules
    des organisateurs, voitures et piétons puissent accéder au site de
    rassemblement de la manifestation ait été bloquée par les forces
    de l'ordre, obligeant les manifestants pacifiques à, soit attendre
    pendant des heures, soit à emprunter d'autres itinéraires, avec le
    risque de se retrouver à nouveau bloqués ou pris dans des
    affrontements ?

2.

    sur le lieu du rassemblement des hélicoptères aient survolé à très
    basse altitude le rassemblement, empêchant les manifestants
    d'entendre les prises de parole des représentants de groupes
    politiques, d'associations internationales ... et créant une
    atmosphère oppressante ?

3.

    des grenades lacrymogènes aient été tirées pendant les prises de
    parole sur le rassemblement qui se déroulait calmement,
    contraignant la manifestation à se former dans la confusion et
    l'urgence, permettant à des groupes violents de s'infiltrer dans
    le cortège ?

4.

    ces éléments violents (que les autorités se targuent de connaître)
    aient pu passer les frontières alors que le dispositif Schengen
    avait été levé, soi-disant pour empêcher cela et que, par contre,
    des manifestants pacifiques n'aient pu accéder à Strasbourg les 3
    et 4 avril, à cause des dispositifs de blocage mis en place

5.

    les forces de l'ordre aient laissé ces même éléments violents, au
    demeurant peu nombreux, détruire l'ancien poste de douane sans
    intervenir et aient, par contre, empêché 7000 manifestants
    allemands pacifiques de rejoindre le rassemblement, comme convenu
    avec les autorités françaises et allemandes ? (sans parler des
    autres destructions que les forces de l'ordre, pourtant en nombre
    dans Strasbourg, n'ont pas su empêcher)

6.

    les forces de l'ordre, comme c'est leur mission lors d'une
    manifestation autorisée, n'aient pas assuré la sécurité des
    manifestants, mais l'aient, au contraire délibérément compromise
    en laissant les éléments violents agir à leur guise, en déviant la
    manifestation du trajet initialement prévu l'amenant de fait dans
    une souricière pendant que les forces de l’ordre envoyaient sur
    les manifestants bloqués des grenades lacrymogènes et des
    flash-balls créant ainsi des mouvements de panique (qui auraient
    pu avoir de graves conséquences) et qui ont amené la dislocation
    de la manifestation ?

Il nous apparaît, au vu de tous ces éléments, que non seulement vous n’avez pas tenu vos engagements, mais que tout a été fait pour que cette manifestation ne puisse se dérouler. Force nous est de tirer de ces évènements la même conclusion que les DNA du 5 avril:

« Le droit de manifester a pris une sacrée claque »

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06 avril 2009

Gilou Colère pète les plombs

Un véritable petit bijou, cet édito de Cholet Mag du mois d'avril , rédigé par le maire . Je n'énumérerai pas les mensonges, les erreurs juridiques de compétences et les dissimulations.

Retenez quand même qu'au seul mot "hébété", prononcé par Gildas Guguen (PS), correspondent mais ne sont pas cités les mots "fascistes, staliniens, avachi (qui vient du mot vache) , ..." et autres joliesses du sale gosse de service.

Plus l'égo gonfle, plus la crise de nerf monte. Quand au coup du complot, on cherche encore de quel complot il s'agit. Le terrifiant journal révolutionnaire "Ouest France" nous le dira, puisqu'il semble qu'il fasse partie du complot.

Voici donc le texte du dépité marri de Cholet, Gilou Colère.

http://issuu.com/artiloo/docs/choletmag_avril09_bdef2?mode=embed&documentId=090406064827-302064bc1fc8452f90746ee3ddeb915f&layout=grey

Jean Philippe

Le Conseil Municipal du 9 mars a été sciemment saboté par I'opposition d'extrême-gauche et de gauche.

En début de séance, les Conseillers Municipaux de la majorité ont réagi aux propos récurrents des deux groupes d'opposition qui les traitent de "pantins" et leur dénient le droit de s'exprimer. La Première Adjointe a demandé au responsable de gauche de donner des exemples "mépris et des moqueries"dont il  accuse le Maire. Incapable de le faire, il a indiqué que le Maire le regardait d'un air "hébété".Synonymes trouvés dans les  dictionnaires du mot "hébété" : ahuri, stupide, abruti. Et c’est moi que le journal de l'opposition "Ouest-France"accuse de "dérapages verbaux". Extraordinaire exemple d'honnêteté dans la restitution de I'information !

J'ai exigé des excuses devant cette injure et suspendu la séance en les attendant. Un membre du public, adhérent du PCF et conjoint de la conseillère municipale communiste, en a profité pour m'invectiver.

Après concertation de la majorité, nous avons repris la séance parce que nos services ont besoin des délibérations pour travailler et que le groupe Cholet-Passion a, lui, une volonté : oeuvrer pour I'avenir de Cholet et des Choletais. J'ai indiqué qu'en l'absence d'excuses l'auteur de l'injure n'aurait plus la parole.

Je rappelle qu'aux termes de I'article L 2L2I-16 alinéa 1" du Code Général des Collectivités Territoriales, le maire a seul la police de l'assemblée ; qu'il peut en vertu de I'alinéa 2, faire expulser de I'auditoire ou arrêter tout individu qui trouble l'ordre ; que la réponse ministérielle du 6 mai 1996 étend cette possibilité à un conseiller municipal qui perturbe le déroulement de la séance. Je n ai pas souhaité aller jusqu'à cette extrémité. La même réponse ministérielle précise que le maire "peut retirer la parole au conseiller concerné" : ce que j'ai fait.

La gauche a ensuite cherché l'incident, comme le montre le papier oublié par Madame Poupard-Merle dans lequel elle incite Monsieur Guguen à s'exprimer. Citons-la : "Gildas, tu demandes la parole comme prévu, il va te la refuser, tu lui fais remarquer que c'est illégal (penser à ce qui va être enregistré sur la bande) et tu passes."

La gauche a alors quitté la séance.

Quelques minutes plus tard, des étudiants de I'IUT département carrières sociales agissaient dans la plus totale illégalité et en toute connaissance de cause puisque j'avais rappelé à deux reprises au préalable la réglementation. Ils se levaient en apostrophant les élus et en se référant nommément à Madame Poupard-Merle, qui devait poser une question sur la vie universitaire, sujet qui relève des compétences de la Communauté d'Agglomération du Choletais et non de la Ville. En application de la loi, je dus faire évacuer les étudiants pour ramener l'ordre en indiquant qu'une telle attitude factieuse ramène aux pires périodes du  XXème siècle.

Je pèse mes mots car j'accuse l'extrême-gauche avec la complicité d'une conseillère  municipale, Madame Poupard-Merle d'avoir instrumentalisé les interrogations légitimes des étudiants, auxquelles nous avons toujours été prêts à répondre, à condition qu'ils demandent un entretien, ce qu’ ils n'ont jamais fait jusqu'à présent.

Parmi les étudiants, deux, Monsieur Guillaume Cibard et Mademoiselle Hélène Laville se sont revendiqués publiquement il y a quelques semaines, comme membres actifs du NPA, le parti d'Olivier Besancenot. Pendant la suspension de séance, Mlle Hélène Laville est allée chercher ses instructions auprès de Madame Poupard-Merle. Après le départ de la gauche, c'est Monsieur Guillaume Cibard qui a incité les autres étudiants à provoquer l'incident de séance leur expliquant quoi faire. Ses propos ont été en clairement entendus par des personnes public qui ont écrit leur témoignage. C'est le même avec Mlle Laville qui le lendemain est photographié dans la Presse comme étudiant "apolitique". NPA le 17 janvier 2009, apolitique le 9 et le 1l mars !

J'accuse I'extrême gauche de violation grave et répétée de la démocratie. Endormie par le visage sympathique de Monsieur Besancenot, l'opinion oublie que son mouvement est idéologiquement trotskiste, c’est-à-dire hostile aux principes de liberté et de démocratie,comme I'a vérifié notamment la Russie pendant des décennies. Dopé par les sondages, NPA pousse la gauche traditionnelle à la surenchère.

Ultime illustration : les propos irresponsables et mensongers du SNESUP-FSU, syndicat regroupant des "enseignants" de l'Université que je cite : "au lieu d'écouter les étudiants, Monsieur Bourdouleix a prétexté du règlement et usé d'un barrage d'insultes pour les faire taire". Ou ces "enseignants" sont ignorants de la loi. Ou ils appellent des jeunes à se mettre hors la loi. Répétons-le : il ne s'agit pas d'appliquer en l'espèce un règlement mais la loi de la République. Le Conseil Municipal n’avait pas à écouter les étudiants (ou plutôt les 2 ou 3 membres du NPA...). La loi l'interdit. Quant au barrage d'insultes, chacun jugera si comparer l'attitude d'extrémistes de gauche qui interrompent le déroulement d'une institution élue démocratiquement (et largement, ce qui les gêne) à celle des groupuscules qui au XXème siècle ont débouché sur les pires, totalitarismes qui ont toujours débuté par la manipulation de la jeunesse, est une insulte ou un rappel utile à l’histoire qui nourrit hélas en son sein le risque perpétuel recommencement.

Je I'ai subi au Conseil d'Administration du Centre Hospitalier avec l'intrusion de Ia CFDT et de Sud (trotskiste). Le Président du Conseil d'Administration de l'Université d'Angers a dû récemment interrompre la séance après l'entrée d'un groupe d'étudiants de la même obédience.

Au Conseil Municipal , on constate que la gauche est débordée par la représentante de l'extrême-gauche Madame Poupard-Merle, issue de la mouvance de José Bové, pseudo-éleveur, véritable repris de justice et agitateur, dont le fonds de commerce est l'action illégale. Ces gens sont une menace pour la démocratie. L’opération manipulée et orchestrée au Conseil Municipal de Cholet le 9 mars en est un exemple flagrant.

Un militant socialiste mais respectueux et viscéralement attaché à la démocratie m’avait  prévenu quelques jours plus tôt : "ils vont saboter le Conseil Municipal de lundi parce qu il est l'anniversaire de ta brillante victoire au 1" tour qu ils n'ont toujours pas digérée. Et en plus, ils auront leur journaliste dans la salle". Le Conseil Municipal a cependant délibéré. C'est  l'essentiel. J'ai combattu jadis tout rapprochement avec l'extrême-droite au nom de la démocratie, en cherchant à comprendre les raisons du choix de nos concitoyens et en essayant de leur apporter des réponses. Je combats de la même façon l'extrême-gauche, même si une certaine presse,infiltrée depuis longtemps, veut nous faire croire à un angélisme soudain d'un Besancenot quand elle diabolise un Le Pen. C'est le même combat. Parce que c'est le même danger.

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26 mars 2009

lettre des inculpés de Tarnac

A nos juges,

Voilà quatre mois que le feuilleton médiatico-judiciaire intitulé l’"affaire de Tarnac" ne cesse de ne plus vouloir finir. Julien (Coupat) va-t-il sortir à Noël ? Pour le Nouvel An ? Aura-t-il plus de chance vendredi 13 ? Non, finalement on le gardera encore un peu en prison, enfermé dans son nouveau rôle de chef d’une cellule invisible. Puisqu’il semble que quelques personnes aient encore intérêt à faire perdurer cette mascarade, même au-delà du grotesque, il va nous falloir endosser, encore une fois, le rôle que l’on nous a taillé ("les 9 de Tarnac"), pour un nécessaire éclaircissement collectif. Alors voilà. ...
Primo. Pendant que des journalistes fouillaient jusque dans nos poubelles, les flics reluquaient jusqu’à l’intérieur de nos rectums. C’est assez désagréable. Depuis des mois vous ouvrez notre courrier, vous écoutez nos téléphones, vous traquez nos amis, vous filmez nos maisons. Vous jouissez de ces moyens.
Nous, les neuf, nous les subissons, comme tant d’autres. Atomisés par vos procédures, neuf fois un, alors que vous, vous êtes toute une administration, toute une police et toute la logique d’un monde. Au point où nous en sommes, les dés sont un peu pipés, le bûcher déjà dressé. Aussi, qu’on ne nous demande pas d’être beaux joueurs.
Deuzio. Bien sûr vous avez besoin d’"individus", constitués en "cellule", appartenant à une "mouvance" d’une fraction de l’échiquier politique. Vous en avez besoin, car c’est votre seule et dernière prise sur toute une part grandissante du monde, irréductible à la société que vous prétendez défendre. Vous avez raison, il se passe quelque chose en France, mais ce n’est certainement pas la renaissance d’une "ultragauche". Nous ne sommes ici que des figures, qu’une cristallisation somme toute plutôt vulgaire d’un conflit qui traverse notre époque. La pointe médiatico-policière d’un affrontement sans merci que mène un ordre qui s’effondre contre tout ce qui prétend pouvoir lui survivre.
Il va sans dire qu’à la vue de ce qui se passe en Guadeloupe, en Martinique, dans les banlieues et les universités, chez les vignerons, les pêcheurs, les cheminots et les sans-papiers, il vous faudra bientôt plus de juges que de profs pour contenir tout ça. Vous n’y comprenez rien. Et ne comptez pas sur les fins limiers de la DCRI pour vous expliquer.
Tertio. Nous constatons qu’il y a plus de joie dans nos amitiés et nos "associations de malfaiteurs" que dans vos bureaux et vos tribunaux.
Quarto. S’il semble aller de soi pour vous que le sérieux de votre emploi vous amène jusqu’à nous questionner sur nos pensées politiques et sur nos amitiés, nous ne nous sentons pas, quant à nous, le devoir de vous en parler. Aucune vie ne sera jamais absolument transparente aux yeux de l’Etat et de sa justice. Là où vous avez voulu y voir plus clair, il semble plutôt que vous ayez propagé l’opacité. Et l’on nous dit que, désormais, pour ne pas subir votre regard, ils sont toujours plus nombreux ceux qui se rendent à des manifestations sans téléphone portable, qui cryptent les textes qu’ils écrivent, qui font d’habiles détours en rentrant chez eux. Comme on dit : c’est ballot.
Quinto. Depuis le début de cette "affaire", vous avez semblé vouloir accorder beaucoup d’importance au témoignage d’un mythomane, aussi appelé "sous X". Vous vous obstinez, c’est courageux, à accorder un peu de foi à ce ramassis de mensonges, et à cette pratique qui a fait l’honneur de la France il y a quelques décennies - la délation. C’en serait presque touchant, si ça ne conditionnait pas l’accusation de chef à l’encontre de Julien, et donc son maintien en détention. Si ce genre de « témoignage » ne justifiait pas des arrestations arbitraires – à l’occasion, par exemple, de quelques balles envoyées par la Poste, ou sur la police, dans l’Hérault, ou à Villiers-le-bel.
Enfin, étant entendu que la marge de liberté qu’il nous reste est désormais fort réduite, que le seul point à partir duquel nous pouvons nous soustraire à votre emprise réside dans les interrogatoires auxquels vous nous soumettez à intervalles réguliers. Que Julien s’est déjà vu refuser quatre demandes de remise en liberté. Qu’il est notre ami. Qu’il n’est rien de plus que ce que nous sommes. Nous décidons qu’à partir de ce jour, dans l’héroïque tradition d’un Bartleby, "nous préférerons ne pas". En gros, nous ne vous dirons plus rien et cela jusqu’à ce que vous le libériez, jusqu’à ce que vous abandonniez la qualification de chef pour lui et de terrorisme pour nous tous. En résumé, jusqu’à ce que vous abandonniez les poursuites.
Pour tous ceux qui, là où ils sont, se battent et ne se résignent pas. Pour tous ceux que le ressentiment n’étouffe pas et qui font de la joie une question d’offensive. Pour nos amis, nos enfants, nos frères et nos soeurs, les comités de soutien. Pas de peur, pas d’apitoiement. Pas de héros, pas de martyrs. C’est précisément parce que cette affaire n’a jamais été juridique qu’il faut transporter le conflit sur le terrain du politique. Ce que la multiplication des attaques d’un pouvoir toujours plus absurde appelle de notre part, ce n’est rien d’autre que la généralisation de pratiques collectives d’autodéfense partout où cela devient nécessaire.
Il n’y a pas neuf personnes à sauver mais un ordre à faire tomber.
Aria, Benjamin, Bertrand, Elsa, Gabrielle, Manon, Matthieu, Yldune sont, avec Julien Coupat, mis en examen dans l’"affaire de Tarnac".

(Publié dans le journal Le Monde, du 17 mars).

http://www.soutien11novembre.org/

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18 mars 2009

Communiqué de la GAC - réponse au groupe Cholet Passion

Les membres de la Gauche Alternative Choletaise réunis lors de leur réunion mensuelle réaffirment la totale indépendance de leur mouvement. ( 1 )

Les propos tenus par Mme Delorme au nom de l'ensemble du groupe Cholet Passion lors d'une réunion le mercredi 11 mars : «  Le Nouveau Parti Anticapitaliste, formation proche de la Gauche Alternative à laquelle appartient Mme Poupard Merle » ne sont donc rien d'autre qu'une affabulation hasardeuse.

Ces propos ne reflètent en rien la réalité de l'organisation politique des mouvements et partis de gauche à Cholet ni les engagements personnels de Mme Poupard Merle. Dans un souci de clarté et de vérité, nous espérons que le Groupe Majoritaire au sein du Conseil Municipal évitera à l'avenir de telles 'approximations' de langage qui visent à faire croire que d'obscures et dangereuses forces politiques tenteraient de « déstabiliser» le Conseil Municipal de Cholet !

Un tel danger de déstabilisation n'existe pas. L'opposition n'en a ni la volonté ni la capacité.

Ni Mme Poupard-Merle et, nous en sommes convaincus, ni les autres membres du groupe Ensemble Vivre Cholet, n'ont la volonté de « déstabiliser » le Conseil Municipal.

C'est prendre les Choletais pour des naïfs que de tenter de leur faire croire que l'opposition aurait la capacité de le faire. Faut-il rappeler qu'en ayant obtenu 51.5 % des suffrages exprimés, la liste conduite par M. le Maire de Cholet dispose d'une très large majorité en sièges ( 35 sur 45 ) au sein du Conseil Municipal de Cholet. De plus les lois françaises donnent aux Maires de chaque commune de France de très larges pouvoirs qui les mettent à l'abri de telles idées folles. Tenter de faire croire que le Conseil Municipal de Cholet risque « la déstabilisation » c'est tout simplement nourrir un délire paranoïaque et se donner un rôle de victime imaginaire.

Il n'y a donc pas lieu pour la majorité d'évoquer un danger qui n'existe pas, sauf à vouloir justifier l'injustifiable, c'est à dire prendre des mesures d'exception - telles que le huis clos pour que les débats se fassent à l'abri du regard du public et de la presse - dramatiser une situation qui n'a rien de dramatique et tenter d'en faire porter la responsabilité à l'opposition.

Nous constatons que trop souvent le Groupe Cholet Passion semble puiser son énergie et son unité dans le rapport de force violent et incessant qu'il crée lui même. Ce fut le cas dès le début du dernier Conseil Municipal. Nous ne comprenons pas ce besoin convulsif chez certains membres de Cholet Passion de se fabriquer un ennemi de toutes pièces là où ils ne devraient voir qu'une simple opposition politique, légitime, fière des idées qu'elle défend et de son travail au sein de l'assemblée.

A Cholet, au sein du Conseil Municipal, l'opposition, c'est l'ennemi !

Tenter de diaboliser l'opposition, remettre en cause sa légitimité, la calomnier, l'accuser de vouloir créer le chaos et le désordre, l'intimider et la menacer de recours en justice - alors même que la ville de Cholet et son Maire ont déjà été condamnés plusieurs fois- la dépeindre sous les traits du danger et de la menace, font partie des basses manoeuvres habituelles de ceux qui ne peuvent se contenter d'être majoritaires et qui rêvent d'un pouvoir absolu.

Cholet n'a pas besoin d'un pouvoir autoritaire et agressif.

S’il y a danger de « déstabilisation » du Conseil Municipal de Cholet, il ne peut, dans les conditions actuelles, venir que de ceux qui en ont le contrôle et de leur schizophrénie politique. En effet, ils affirment à la fois leur 'toute puissance' et se positionnent sans cesse en 'victimes'. Comprendra qui pourra !

Un an après les dernières élections municipales, nous pensons qu'il est temps que le groupe majoritaire Cholet Passion accepte l'idée même que l'opposition existe et qu'elle n'a pas à s'excuser de jouer son rôle.
Aux yeux des membres de la Gauche Alternative Choletaise, l'opposition est là pour durer et proposer des alternatives aux Choletais. Au sein de l'opposition Mme Poupard Merle, en accord avec ses co-listiers continuera donc de s'opposer quand il lui semblera nécessaire de le faire. Elle continuera aussi à approuver les décisions qui vont dans le bon sens et participent à l'intérêt général comme elle fait depuis un an maintenant. Ainsi, elle exercera son mandat dans l'intérêt de tous les Choletais.

Au nom de la Gauche Alternative Choletaise.
Franck Loiseau


( 1 ) Comme son nom l'indique  La Gauche Alternative Choletais a vocation a s'exprimer localement.  Les seules affiliations nationales qui sont les siennes sont son appartenance à CNCU ( http://cncu.fr/ ) et à la Fédération http://lafederation.org/ qui sont des mouvements politiques et non des partis. Certains membres de la Gauche Alternative Choletaise ont depuis peu rejoint le Parti de Gauche.

02 mars 2009

Contre le libéralisme autoritaire,

Philippe Meirieu

Professeur en sciences de l’éducation

à l’université LUMIERE-Lyon 2

On connaît les principales mesures venues, depuis plus d’un an, mettre à mal l’institution scolaire française : nouveaux programmes de l’école primaire qui, au prétexte de renforcer les « apprentissages fondamentaux », font de l’élève une « machine à exercices » et privent les enfants défavorisés de l’accès à la signification des tâches et de la culture scolaires… disparition programmée des RASED qui pouvaient apporter aux élèves en grande difficulté des aides adaptées… suppression des cours le samedi matin au détriment des équilibres de vie des enfants… mise en place d’évaluations systématiques, sans justification pédagogique, simplement pour fournir des indicateurs à des parents réduits au statut de « clients »… disparition progressive de la carte scolaire avec la promesse aux familles qu’elles pourront choisir l’école de leurs enfants alors qu’en réalité, ce sont les écoles qui choisiront leurs élèves, creusant ainsi les inégalités… suppression des aides aux initiatives artistiques et culturelles alors qu’il faudrait, au contraire, les renforcer pour compenser le crétinisme de la télévision et lutter contre la sidération par les jeux vidéos… disparition de toute véritable formation professionnelle en alternance pour des enseignants condamnés désormais à osciller entre la répression et la dépression… abandon de toute ambition pour les collèges laissés en jachère alors que beaucoup d’entre eux sont au bord de l’explosion… traitement méprisant des mouvements d’Éducation populaire et pédagogiques dont certains sont gravement menacés dans leur rôle d’appui à l’institution scolaire…

Ces mesures nous sont présentées comme des « réformes », mais je me refuse, pour ma part, à les nommer ainsi. D’une part, parce que cela sous-entendrait qu’il s’agit de « transformations nécessaires » et que ceux qui s’y opposent sont des conservateurs. D’autre part, parce que l’idéologie dominante et la rhétorique gouvernementale présentent toujours ces « réformes » comme inévitables : « Il n’y a pas d’autre solution si nous voulons… que nos enfants sachent lire… qu’on ne gaspille pas nos impôts… que nous tenions notre place dans le monde… etc. ». Or, en réalité, il y a toujours d’autres solutions. Et le rôle des politiques, c’est justement de présenter des scénarios en indiquant les chances et les risques qu’ils comportent, de les référer aux finalités envisagées et aux moyens mobilisables. A minima, il incombe aux décideurs d’associer tous les partenaires à l’exploration de ces scénarios et de mettre à contribution les chercheurs pour éclairer les choix… Or, que voyons-nous ? Des décisions unilatérales, précipitées, sans véritable anticipation de leurs conséquences, sans aucune mobilisation de l’intelligence citoyenne. Des décisions présentées comme « les seules possibles » : « Il était inévitable de supprimer les cours le samedi matin car cela correspond à une évolution sociologique irréversible et à une demande massive des familles. » Mais pourquoi l’École devrait-elle se caler systématiquement sur les évolutions sociologiques ? Et qui sait si les parents n’auraient pas, finalement, opté, s’il leur avait été présenté, pour un « plan B », comme, par exemple, le fait de faire du samedi matin une plage scolaire plus particulièrement consacrée au dialogue avec les familles, avec la possibilité d’assister aux cours par petits groupes, de débattre des exigences de l’école et des conditions de la réussite scolaire ?... Mais cela n’a jamais été proposé, ni même envisagé ; et, évidemment, aucun sondage n’a été commandé pour voir ce que les Français en penseraient.

Ainsi, ce n’est pas un hasard si le gouvernement, aujourd’hui, refuse les véritables concertations, s’enferme dans des négociations bilatérales sur ses propres projets sans jamais présenter plusieurs hypothèses et travailler à les affiner. En « réformant » à la hussarde, il focalise l’attention sur ses seules propositions et paralyse toute velléité de créativité collective. Il suscite les réactions de ceux et celles qui se sentent agressés et peut alors jeter en pâture à l’opinion leur « corporatisme ». Au total, il contraint ses adversaires à faire son jeu en protestant contre ses actes. Il peut même ainsi… les rendre fous !

D’autant plus que les mesures auxquelles nous assistons aujourd’hui n’apparaissent pas spontanément comme participant d’un projet global... En effet, d’un côté, on active toutes les rivalités possibles entre les personnes et les

institutions, tandis que, de l’autre, on renforce les prérogatives d’un pouvoir central déjà très puissant. Et émerge ainsi sous nos yeux une sorte de configuration étrange : le libéralisme autoritaire. Mais une configuration particulièrement cohérente en réalité, avec deux faces totalement indissociables…

Libéralisme : parce que ce qu’on nomme « modernisation » n’est jamais que la mise en concurrence systématique de tous les acteurs au nom de la « bonne vieille morale » de la « Fable des abeilles » du 18ème siècle : « Les vices privés font les vertus publiques. » Ainsi, l’État ne garantit plus la qualité du service public, mais délègue cette charge à la rivalité instituée entre les personnes et les institutions. Un exemple particulièrement parlant de cette méthode est représenté par la manière dont le gouvernement vient de « dissoudre » les IUFM : ce n’est plus lui qui garantira la qualité de le formation pédagogique des enseignants – ni l’équité territoriale dans ce domaine –, c’est la pluralité des offres d’universités « autonomes » désormais condamnées à la concurrence.

Autoritaire : parce que, pour créer les conditions de la concurrence généralisée, le pouvoir politique doit imposer un recul systématique de l’État dans tous les domaines et par tous les moyens. Son désengagement l’amène ainsi à organiser la dévolution systématique de ses prérogatives aux collectivités territoriales ou aux associations, sans leur donner les moyens de les assumer… et tout en maintenant la pression maximale sur elles au nom de ces mêmes prérogatives !

Libéralisme : parce qu’on joue systématiquement sur les conflits d’intérêts et qu’on oppose les gens les uns aux autres en créant de la suspicion permanente : pour les parents, les enseignants sont des corporatistes archaïques ; pour les enseignants, les parents sont des consommateurs intrusifs… pour tous, les chômeurs sont des profiteurs, les malades des dépensiers, les enfants des délinquants potentiels, les adultes des mal-traitants en puissance, etc.

Autoritaire : parce que, pour éviter l’explosion d’une machine qu’on laisse s’emballer et dont on libère massivement les forces centrifuges, on doit construire un « contenant » suffisamment puissant, avec des dispositifs de surveillance, de contrôle et de répression censés éviter les débordements qui mettraient en péril la survie même du système.

Libéralisme : parce qu’on affirme aux Français qu’ils vont, enfin, pouvoir choisir dans tous les domaines ce qui correspond à leurs désirs. Et que la machinerie économique et publicitaire tout entière les place dans une situation de surchauffe pulsionnelle permanente.

Autoritaire : parce que, pour éclairer les choix des consommateurs, il faut imposer des mesures et des quantifications permanentes de tout et de tous, construire, toujours et partout, des palmarès… Il ne s’agit pas, en effet, aujourd’hui, pour les fonctionnaires, de « rendre des comptes » – comme cela est, bien évidemment, exigible dans toute démocratie –, mais bien de régler toute leur activité sur des critères exclusivement comptables… avec le danger de réduire cette dernière à ce qui est strictement quantifiable à très court terme, au détriment des missions qui exigent un travail en profondeur sur le long terme, comme l’éducation, la culture, la recherche ou la santé psychique. Partout, il s’agit de « faire du chiffre » pour « se positionner », « rester dans la course », « être visible en affichant des résultats ». Or, « faire du chiffre » n’est pas – c’est le moins que l’on puisse dire ! – un gage de la qualité du travail d’un fonctionnaire : chacun sait que, dans un lycée, on peut obtenir d’excellents résultats au baccalauréat, simplement en sélectionnant plus sévèrement les élèves à l’entrée. Comme l’écrivaient les enfants de Barbiana, dans la Lettre à une maîtresse d’école publiée en 1967, exiger d’un service public de « faire du chiffre », c’est « condamner les hôpitaux à soigner les bien-portants et à exclure les malades. »… Pour autant, nous ne pouvons pas nous réfugier dans l’irresponsabilité sociale en invoquant l’ineffable, mais nous devons exiger d’être associés, en tant que citoyens et dans des collectifs institués, à la définition des critères qui permettent de juger de la « réussite de nos missions ». C’est ainsi que nous parviendrons peut-être à instaurer un minimum de fonctionnement démocratique dans le libéralisme autoritaire et technocratique qui nous envahit.

Reste néanmoins à comprendre les raisons de ce qui nous arrive. Comment se fait-il que ce modèle politique du libéralisme autoritaire ait réussi à s’implanter ? La question est essentielle car, si nous parvenons aujourd’hui à faire reculer le gouvernement sur telle ou telle mesure, nous ne pourrons lutter à long terme pour de véritables alternatives que si nous sommes capables d’identifier ce qui a permis d’en arriver là et comment on peut, à l’avenir, y échapper. Je fais l’hypothèse que, si le libéralisme autoritaire se développe aujourd’hui, c’est parce qu’à la fois, il existe un problème de fond dans notre « démocratie » et qu’à sa manière l’actuel Président de la République et son gouvernement y apportent une réponse… certainement pas la bonne, mais une réponse.

Le problème de fond est bien identifié : depuis la chute de toutes les formes de théocratie, nous avançons dans le vide, sans référent ni verticalité capables de nous rassembler et de nous faire « tenir ensemble ». Chacun d’entre nous devient maître de son destin et ses choix personnels ne sont plus dictés par l’obéissance à des règles de conduite consensuelles. L’individu se fonde lui-même et s’autoréférence. La modernité est ainsi marquée par ce que l’on nomme « l’individualisme social »… Pour ma part, je ne nourris aucune nostalgie à l’égard des théocraties religieuses ou politiques qui nous ont longtemps tenu sous leur joug. Je ne regrette pas le moins du monde les « bonnes vieilles méthodes » en éducation – qui côtoyaient une « pédagogie noire » particulièrement pathogène – pas plus que je n’aspire à la domination d’un chef charismatique dans un groupe fusionnel qui nous permettrait de restaurer un semblant d’unité… En revanche, je crois que le défi du fonctionnement démocratique de notre République n’a pas été véritablement relevé : nous ne sommes pas parvenus à créer des institutions, locales et nationales, dans les entreprises et les services publics, pour travailler collectivement à la définition et à la mise en oeuvre du « bien commun ». Nous restons ainsi, très largement, une collection d’individus juxtaposés. Certes, nous sommes étroitement dépendants les uns des autres, mais cette dépendance n’est pas une solidarité positive au nom d’une promotion collective, elle est une manière d’utiliser les dispositifs sociaux en fonction des seuls bienfaits qu’ils peuvent nous apporter au titre de nos revendications individuelles… Ainsi, sommes-nous condamnés à une fuite en avant, de prothèse revendiquée en prothèse exigée, quand il nous faudrait construire des institutions qui s’assument comme collectifs capables d’aider chaque sujet à mobiliser, tout à la fois, ses ressources internes et celles du groupe, et cela en une interaction permanente, seule susceptible de construire ce qu’on nomme « le lien social ». Aucun véritable « lien social » n’est possible, en effet, si l’individu se vide de « ce qui fait sujet en lui » ; aucun « lien social » ne peut être construit avec des individus qui sont en permanence dans la position de « profiter sans s’impliquer ».

Ainsi, faute d’avoir été capable de penser des collectifs solidaires adossés à des valeurs communes, notre modernité démocratique reste infiniment fragile. Elle est particulièrement sensible aux sirènes du discours libéral autoritaire. À cet égard, la thèse de Margaret Tatcher – « Il n’y a pas de société, il n’y a que des individus… » – reste la matrice idéologique de la politique que nous subissons. Et si le Président de la République, quoique devenu impopulaire, reste « en phase » avec la majorité de la population, c’est que, justement, il s’adresse toujours aux individus. Il leur dit : « Je ferai en sorte que vos enfants soient gardés les jours de grève… Si vous n’êtes pas contents de votre école, vous pourrez en changer… Si vous voulez gagner plus, vous pouvez le faire… Recherchez votre intérêt et ne vous inquiétez pas des autres… N’ayez pas peur des conflits, la police vous protège… ». Et c’est bien parce

que ce discours s’adresse à l’individu privé en chacun d’entre nous dans un monde de plus en plus individualiste qu’il fonctionne… Qu’on ne se méprenne pas cependant : les intérêts individuels, tous les intérêts individuels, peuvent être légitimes. Ce qui n’est pas légitime, c’est de réduire le « bien commun » à la somme ou à la mise en concurrence des intérêts individuels. Le pari de la démocratie dans la

République, c’est de faire travailler des « institutions » afin qu’elles permettent de s’exhausser au-dessus du déchaînement des rivalités personnelles. C’est pourquoi

nous avons besoin – si nous voulons nous écarter durablement des ornières que nous connaissons aujourd’hui – de renverser la vapeur, d’inventer un fonctionnement

qui mobilise les citoyens dans des projets solidaires.

Deux pistes me paraissent devoir être explorées pour cela. La première, c’est celle que nous expérimentons avec « l’appel des appels », c’est ce qui est en train de s’expérimenter dans le pays : sortir de nos isolements, faire le lien entre les différents secteurs frappés par le libéralisme autoritaire, se parler, tenter de comprendre ce qui nous réunit, identifier ce qui nous rapproche et comment nous pouvons nous compléter. Il y a là quelque chose d’essentiel à mes yeux et que je vois s’ébaucher aujourd’hui. Ainsi, par exemple, dans les écoles primaires, on observe une formidable évolution : les parents et les enseignants se mettent à travailler ensemble, les élus locaux et le tissu associatif s’y associent, des dynamiques sont à l’oeuvre… qu’il faudra prolonger bien au-delà des combats d’aujourd’hui.

Enfin, une deuxième piste me semble devoir être plus que jamais travaillée : la « refondation » des services publics. Il nous faut sortir de cette oscillation mortifère entre le « tout État » et le « tout marché », deux postures qui s’opposent et se nourrissent réciproquement. Le « tout État » n’est pas la garantie de la qualité des services publics : le bloc soviétique en a été un triste exemple. Le « tout marché » n’est pas, non plus, la garantie de la qualité des services publics, ni du développement harmonieux de nos sociétés : la crise financière et économique actuelle en est la preuve indiscutable. Pour autant, il ne suffit pas d’introduire plus d’État quand le marché impose sa dérégulation, ni d’introduire plus de marché quand le contrôle de l’État devient une technostructure tatillonne qui s’enferme dans des procédures kafkaïennes. On ne construira pas un service public réellement conforme au fonctionnement démocratique de notre République en s’épuisant dans de savants dosages entre l’État et le marché… Il faut vraiment « changer de logiciel » : il faut instituer des « services publics citoyens » où ceux et celles que l’on ne doit plus appeler les « usagers » soient associés à l’amélioration du fonctionnement et à la recherche de la qualité. Il nous faut, en particulier, une institution scolaire qui accepte de travailler avec les élèves et les parents pour que, dans le respect des responsabilités réciproques, on puisse débattre de tous les dysfonctionnements qui émergent et inventer ensemble des solutions. Il faut, dans le cadre d’un cahier des charges national clair qui fixe les engagements de la Nation envers sa jeunesse, que chaque école et chaque établissement puissent se mobiliser collectivement autour d’un projet. Il faut que les professionnels de l’éducation – comme ceux du soin, du travail social ou de la culture – ne soient plus condamnés à souffrir seuls face à des échecs inévitables, mais soient accompagnés et aidés pour fabriquer du collectif avec leurs partenaires… On pourra ainsi construire une École où plus jamais on ne laissera un seul élève, une seule famille dans l’obligation de se tourner vers le privé pour être accueillis et entendus. Car un service public qui laisse partir vers le privé des citoyens qui estiment qu’ils n’y ont pas leur place n’est pas digne de porter ce nom… Le chantier est immense. Il doit nous mobiliser contre les dérives de la droite et nous amener à interpeller vigoureusement la gauche. Mais, c’est, bien au-delà d’une question technique, un enjeu essentiel. C’est même, implicitement, d’un modèle de société qu’il s’agit. Et, ainsi conçu, le service public, loin d’être un archaïsme, est vraiment « une idée neuve en Europe ».

27 février 2009

Témoignage de Sadi SAINTON, étudiant à l'Université Antilles Guyane en Guadeloupe :

Je vous envoie ce mail un peu long, certes, mais je voudrais vous dire deux ou trois choses, que vous ne voyez pas trop dans les JT de Canal+, France Télévision, TF1, M6, LCI... à propos de la grève en Guadeloupe puisque je la vis de l'intérieur. J'espère sincèrement que vous prendrez le temps de lire ces quelques lignes. Lisez tout, si vous le pouvez. Et une partie si c'est trop long. Je tiens au paragraphe en violet car c'est cette question qui m'a poussé à

écrire un si long mail, mais je crois que tout comporte son intérêt...

Pourquoi? Parce que j'imagine que vous entendez comme tout le monde les infos et que je les trouve très partielles (et partiales). Parce que je pense qu'il peut y avoir méprise. Vous pouvez diffuser à votre guise .

N.B: Je soutiens cette grève. Ce mail comporte donc une dose de subjectivité, mais je ne fais ni dans la propagande, ni dans le mensonge. Je reste objectif sur des faits dont vous n'entendez probablement pas parler.

Let's go!

En effet, la Guadeloupe connaît depuis bientôt 4 semaines une grève générale contre les profits abusifs (de grâce, cessez de parler de grève contre la vie chère car il ne s'agit pas tout à fait de cela).

Je vais simplement, sans organisation donner quelques faits (j'écris à mesure que ça vient et je m'excuse d'avance des fautes d'orthographe que ma vigilance laissera passer).

Une grève contre la vie chère?

NON. PAS VRAIMENT.

Le collectif qui mène la grève est un ensemble de 49 associations syndicales, politiques, associations de consommateurs et associations culturelles. Elle a déposé (un mois avant le début de la grève générale, et personne n'a jugé bon de s'en préoccuper) un cahier de 146 revendications réparties sur 10 chapitres. Parmi ces chapitres, un (un seul !) concerne la vie chère.

Mais alors qu'est-ce que cette grève?

Le collectif à l'initiative de cette grève s'appelle "LKP" : Lyannaj kont pwofitasyon (C'est du créole). Traduction "alliance contre le vol et les profits abusifs". C'est une mobilisation sans précédant. Le LKP parle de 100 000 personnes dans les rues (sur une population de 460 000, soit près du quart de la population). Au delà de la bataille des chiffres, une chose est sure: c'est historique. C'est la plus grande mobilisation de l'histoire de la Guadeloupe et chaque sortie du LKP crée un nouveau record. Depuis une semaine, la Martinique emboîte le pas, la Réunion depuis deux jours, et la Guyane s'y prépare.

Qu'est-ce que la "pwofitasyon"?

Surtout, ne pas traduire par "profit" (c'est un faux ami). La "pwofitasyon", ici peut se traduire comme je viens de dire par "profits abusifs". Dans le langage courant, "pwofitasyon" désigne l'abus de pouvoir qu'un puissant exerce sur quelqu'un dont il sait déjà qu'il est plus faible que lui, pour le rendre encore plus

subordonné.

L'exemple type, est celui des enfants dans la cour de récréation d'une école primaire. Les "grands" de CM2 peuvent exercer dans la cour des "pwofitasyon" sur les "petits" de CP, qui n'auront que leurs yeux pour pleurer. (N'est-ce pas mignon, notre chère et tendre enfance ?)

Les domaines de "pwofitasyon" sont multiples chez nous:

Le constat est le suivant. En Guadeloupe, les prix sont beaucoup plus élevés qu'en France et donc parmi les plus élevés d'Europe et du monde. On constate (pour les mêmes enseignes et les mêmes produits) des écarts de plus de 100% que l'éloignement (il faut bien payer le transport) n'explique pas (exemple : 84% sur les pâtes alimentaires).

Selon tous les experts, après analyse de la chaîne, de la production au caddie du consommateur, en passant par le transport, le surcoût par rapport à l'hexagone ne devrait pas dépasser 10%. Les différences de prix constatées ressemblent donc fortement à.... du vol organisé.

Quelques exemples de "pwofitasyon" dénoncés par le LKP :

-L'essence que payait les guadeloupeéns était l'une des plus chère au monde. Il y a une crise internationale qui a fait exploser le cours du pétrole, certes, mais cela n'explique absolument pas le cours des prix en Guadeloupe (dans les DOM de manière générale). Aujourd'hui qu'un début lumière commence à être fait sur la question, plus personne ne le conteste.

-Le LKP a présenté à l'Etat son expertise des méthodes de fixation des prix, résultat : tout le monde est d'accord sur le constat qui consiste à dire que les prix sont anormaux (même ceux qui sont contre la grève générale comme forme choisie pour le dénoncer) . Le secrétaire d'Etat aux DOM, monsieur Yves Jego ,

envisage même une action en justice de l'Etat contre la SARA (Société Anonyme de Raffinage Antillaise) dont l'actionnaire principal (70%) est TOTAL. Vous m'accorderez sans doute que ce ne sont pas des nécessiteux. Et Jego (lui-même), a dit que si, après enquête, il est démontré que la SARA a perçu des sommes indues (ce sera probablement le cas), cette somme devra être remise aux guadeloupéens sous la forme d'un fond pour la formation professionnelle.

N.B: La SARA est en situation de monopole en Guadeloupe, pas de concurrence. C'est elle qui distribue l'essence.

-Quant aux prix de la grande distribution... une des pistes est de créer "un panier de la ménagère" constitué d'environ 100 produits sur lesquels la grande distributions n'aurait plus le droit de dépasser les prix de l'hexagone de plus de 10%, avec la création d'un organe bi-mensuel de contrôle des prix pour éviter de nouvelles dérives.

N.B: Les géants de la distribution sont en situation de quasi monopole. Il s'agit principalement du groupe Hayot (Bernard Hayot est dans le top 120 des fortunes françaises). En plus ils détiennent l'importation et ont le monopole de la distribution sur plusieurs grandes marques. Pour accentuer le problème, les quelques concurrents existants sont des groupes amis (cousins, alliancés...) puisque ce circuit est aux mains d'une ethno-classe compacte et réduite(**).

(**) voir reportage assez édifiant de canal + "Les derniers maitres de la Martinique" voici un lien ou on peut voir l'émission : http://www.megavideo.com/?v=1Q1M01NV

-Autre détail intéressant. Parmi les revendications sur le coût de la vie, il y a la baisse des tarifs des prestations bancaires. Et que s'est-il passé? Dès que les banques en Guadeloupe (pourtant les mêmes que dans l'hexagone) ont pris connaissance des revendications les concernant, avant même que cette question ait été négociée, les banques ont adopté une baisse de leurs tarifs !! Permettez moi de penser que ça signifie que les tarifs étaient effectivement abusifs.

Le reste des revendications?

Elles traversent TOUS les domaines de la société. Vraiment tout. Les 9 autres chapitres : Education, Formation professionnelle, Emploi, Droits syndicaux et liberté syndicales, Services publics, Aménagement du territoire et infrastructures, Culture, et enfin "pwofitasyon" (il s'agit de réclamer des mesures pour contrôler désormais les prix).

J'appelle ça un mouvement sociétal. Si certains persistent à parler de vie chère...je n'y peux rien. C'est un véritable cahier de Doléances. Il parcourt l'ensemble des domaines de la société.

Rappelons que ces revendications sont au nombre de 146 et que le LKP a défini parmi ces 146, 19 à négocier immédiatement, puis d'autres qui demandent des réponses plus purement politiques voire institutionnelles, qui devront être débattues à long et moyen terme.

Je peux, si vous le souhaitez, vous envoyer ce cahier de revendications.

Mais alors... Pourquoi ne parle-t-on que de ces foutu 200€ que le LKP demande?

Parce que cela fait partie effectivement des revendications et comme tout le monde s'y attendait, c'est le point qui bloque les négociations. Le LKP ne démord pas. Le patronat ne démord pas. Les positions se radicalisent.

COMMENTAIRE PERSONNEL : Je trouve ça dommage qu'un si beau mouvement bloque sur un point que je considère comme étant secondaire en terme de portée sociétale sur le futur de la Guadeloupe.

N.B: Il s'agit d'une augmentation de 200€ des bas salaires

LES GUADELOUPEENS SONT ASPHYXIES ET MEURENT DE FAIM ALORS?

Mais pas du tout !!

C'est cette question qui m'a poussé à écrire ce mail. Un ami métropolitain m'a appelé aujourd'hui pour me demander si on tenait le coup. Au début j'ai commencé à répondre que malgré la durée du conflit, la mobilisation était toujours de mise. Il me coupe : "Non, je voulais dire...Arrivez-vous à remplir le réfrigérateur" !!

La Guadeloupe est en grève générale depuis bientôt 4 semaines. Les hyper marchés et super marchés sont fermés. En revanche les petits commerces de proximité sont ouverts, mais les rayons des magasins sont de plus en plus vides...

MAIS : La Guadeloupe s'organise. L'UPG (Union des Producteurs Guadeloupéens) ainsi que les pêcheurs font parti du LKP. Les poissons ne sont pas en grève : les pécheurs continuent à pêcher et à vendre leur poisson. Les animaux ne sont pas en grève : les éleveurs continuent à s'en occuper et à vendre leur viande. La terre n'est pas en grève : les cultivateurs continuent à travailler leurs exploitations et vendent leur denrées. Notre réfrigérateur n'a jamais été aussi plein.

Les hyper marchés sont fermés, mais les marchés sont ouverts. Il y a mieux: des marchés populaires sont organisés devant les piquets de grève et un peu partout. Les producteurs y vendent leur denrées aux prix auxquels ils ont l'habitude de vendre aux super marchés.

Conséquence : ils ne perdent pas leur récolte ni leur revenus, et le porte feuille du consommateur apprécie puisque les marges exorbitantes de la grande distribution ne sont plus là.

Nous mangeons à notre faim et - fait intéressant - nous n'avons jamais autant consommé local !! Je n'ai pas de purée mousseline, je n'ai plus de pâtes panzani... et alors? J'ai des tubercules, des légumes, de la viande, du poisson, des fruits frais, des fruits secs, des fruits de mer... Et ça coûte moins cher que d'habitude. En fait, je crois que je n'avais jamais mangé aussi équilibré de ma vie.

Si vous n'avez jamais entendu tout ça, est-ce que la presse nationale fait de la désinformation?

Je n'irai pas jusqu'à dire qu'on vous ment. Disons que parmi tout ce que les envoyés spéciaux des média nationaux voient, ils choisissent 5%, et le choisissent d'une manière assez surprenante.

La première semaine, ils n'en parlaient pas. La deuxième semaine, ils n'ont montré que des images de touristes dont les vacances ont été gâchées par cette grève (je suis sincèrement désolé pour eux, mais c'est la vie). Ils ont montré des rayons de super-marchés vides et ont semblé vouloir dire que la rupture des stocks créait le plus grand désarroi... Ils ont fustigé une grève qui - dit-on - pénaliserait de manière irrémédiable l'économie Guadeloupéenne.

Puis Le secrétaire d'état aux DOM est arrivé en Guadeloupe. Il y a carrément déplacé son cabinet et son staff. La presse ne pouvait plus se contenter des mini sujets bâclés. Ils ont commencé à en parler un peu plus. Aujourd'hui, l'information que vous recevez est de plus en plus conforme à ce qui se passe.

Les "vrais" reportages font leur apparition. FRANCE INTER a fait une longue émission dessus, j'ai pu voir un long article sur Elie Domota, porte parole du LKP dans je journal LE MONDE. LIBéRATION a publié un long texte d'Ernest Pépin (écrivain Guadeloupéen)... Ca commence à changer. Pourtant, je suis persuadé que ceux qui ont tout lu de ce mail ont appris beaucoup de choses.

Pour les plus courageux, j'ajoute encore quelques points importants. Je quitte la description pour rentrer dans l'analyse (mais vous pouvez vous arrêter là).

XENOPHOBIE? RACISME? LES SLOGANS?

Non, non, et trois fois non!

Le slogan principal repris depuis le 20 janvier en coeur par les manifestants :

"La Gwadloup sé tan-nou, la Gwadloup sé pa ta yo. Yo péké fè sa yo vlé, adan péyi an-nou"

Traduction littérale : " La Guadeloupe est à  nous , La Guadeloupe n'est pas à _eux_. _Ils_ ne feront pas ce qu'ils veulent dans notre pays"

Traduction plus usuelle : "La Guadeloupe  nous appartient, elle ne  leur appartient pas. Nous ne les laisserons pas faire ce qu'ils veulent dans notre pays."

La question qui inquiète certains : Mais qui est ce nous et ce eux?

Nous = noirs?

Eux = blancs?

Si oui, lesquels? Les blancs en général (métropolitains) ou les "béké", descendants des maitres d'esclaves et qui ont su conserver leur domination économique et d'influence grâce aux héritages de génération en génération depuis l'époque esclavagiste, jusqu'à présent (sans la diluer dans le reste de la

population car le béké fait souvent attention à "conserver la race"(**)

(**) voir reportage assez édifiant de canal + "Les derniers maitres de la Martinique" voici un lien ou on peut voir l'émission

http://www.megavideo.com/?v=1Q1M01NV

Selon moi, il ne s'agit pas de ça. Moi qui vis ce mouvement de l'intérieur, moi qui reprends ce refrain avec joie depuis 4 semaines, je n'ai jamais désigné le blanc par ce "eux" et tous les gens de mon entourage sans exception sont du même avis.

MAIS ALORS QUI?

Eux...mais bien sur, cela désigne les "profiteurs". Les responsables de la pwofitasyon. La Guadeloupe n'est pas un simple tube digestif, une sorte de terre de consommation, un simple marché où tout le monde peut venir faire ce qu'il veut, comme dans une zone de non droit. Or les "pwofitasyon" révélées par ce collectif, et que plus personne ne conteste donne bien l'impression que c'est le cas depuis déjà trop longtemps. Avec la complicité de l'Etat, volontairement ou par négligence (je veux bien croire que c'est par négligence).

On en est à une situation ou il a fallu qu'un collectif de 49 associations déclenche une grève générale et déclenche les plus grandes manifestations de l'histoire de la Guadeloupe pour que l'Etat,

Enfin, joue son rôle d'arbitre et de répression des fraudes. De nombreuses voix en Guadeloupe avaient déjà dénoncé ces faits, mais de manière isolée et sans réel résultat. Aujourd'hui, la tendance semble s'inverser. C'est ce "eux"- là que nous dénonçons depuis 4 semaines (27 jours)

Quant au "nous", il est prometteur de quelque chose de tout à fait nouveau, qui, peut-être enfin, dépassera les clivages de race (ou en tous cas tendra vers ça). La première personne à m'avoir envoyé un sms pour me dire de venir en meeting est une Guadeloupéenne...blanche!

Pour moi, un Guadeloupéen est quelqu'un qui lie son destin au destin de la Guadeloupe. Il est souvent noir (question de chiffre), mais il est aussi blanc, indien (de nombreux indiens ont débarqué en Guadeloupe après l'abolition de l'esclavage). Il pourrait même être vert pomme que cela ne dérangerait pas les dizaines de milliers de manifestants qui chantent ce slogan.

Surtout, nous ne sommes pas prêts à échanger, sous prétexte de la "race", une pwofitasyon blanche contre une pwofitasyon noire. Ce Nous-Eux est moral, bien plus que racial.

Cela ne signifie pas qu'il n'y a pas de problème de racisme en Guadeloupe. Il est clair que la société est pyramidale et que plus on monte vers le sommet de la pyramide, plus les peaux sont claires.

Les races n'existent pas, c'est une vérité qu'il faut répéter sans cesse... Mais le racisme existe et le poids de l'histoire esclavagiste et coloniale est palpable. Nous voila avec ce mouvement face à un formidable défi qui consiste à poser les problèmes tels qu'ils sont, pour les régler, et les dépasser. Permettez moi d'ajouter que je suis assez optimiste sur cette question.(*)

(*) Pour ceux qui voudraient, je peux envoyer un extrait de discours du porte parole du LKP abordant ce sujet d'une manière que je trouve assez fine, de manière forte, mais sans haine.

SCOLARITE EN PERIL?

J'étais à Paris 6 lors de la grève contre le CPE et sur les 12 semaines prévues du semestre, on a pu faire 11 semaine (moyennant le sacrifice des vacances scolaires). Il y a fort à parier que nous ferons la même chose. Tout le monde est prêt à voir disparaitre les vacances de Pâques, Pentecôte et les jours fériés. D'ailleurs les cours sont mis en ligne par les enseignants dans de nombreux établissement. Et RFO, la télé locale (une branche de France télévision) va bientôt commencer à diffuser des cours faits par des enseignants sur les plateau de télévision, afin que tout le monde puisse regarder, à chaque niveau, à chaque matière. La petitesse de l'île le permet, nous ne nous priverons pas de ce moyen!

EVOLUTION STATUTAIRE?

Peut-être. En tous cas la question est posée. Le débat est ranimé. Le mouvement s'exprime sous forme de grève mais la densité du cahier de revendications montre clairement que tous les fondements de la société sont remis en question.

Parmi les meneurs du LKP, nombreux sont ceux qui sont "au moins" autonomistes. Pourtant, après 4 semaines, aucun membre (sans exception) n'a jamais prononcé les mots "évolution statutaire".

C'est un débat qui déchaîne les passions et pour le bien du mouvement, il convient de rappeler que ce n'est pas le but du mouvement. Ce mouvement pose des questions et met en avant ce que veulent les Guadeloupéens.

Si les hommes politiques apportent parmi leurs réponses une question institutionnelle, elle fera de toutes les façons objet de débats, et de référendum.

MON AVIS SUR LA QUESTION :

Les lois françaises sont conçues pour répondre à une réalité géopolitique précise. Celle d'une France au coeur de l'Europe, société post-industrielle. Elle n'ont jamais convenu ni aux colonies, ni plus tard aux DOM-TOM et COM. Si bien que pour pallier le "handicap", nous sommes toujours passés par des lois, qui mettent en avant de nombreuses spécificités. Aujourd'hui, le système d'intégration montre ses limites. Ceux qui, jadis, s'en accommodaient, aujourd'hui soutiennent massivement un mouvement social, qui - bien que ce ne soit pas son objectif  attire l'attention sur le fait que rien ne va bien et qu'il faut peut être songer à changer les choses en profondeur.

N.B: Quelque soit ce qui arrive, l'indépendance n'est absolument pas à l'ordre du jour. Ni l'Etat, ni le LKP, ni les nombreux manifestants

qui soutiennent le LKP, ni même les organisations anciennement indépendantistes des années 60, 70 et 80 ne considèrent que la question est à l'ordre du jour. Les organisations "anciennement indépendantistes" continuent à énoncer le principe moral du droit des peuples à l'autodétermination qui est un droit inaliénable inscrit dans la charte de l'ONU; mais s'accordent pour dire qu'il faut aller pas à pas, sans brûler les étapes.

Les pistes avancées sont plutôt celles d'une évolution statutaire dans le cadre de la République Français (genre article 73 et 74 de la constitution) vers plus de pouvoir décisionnel local, plus de pouvoir législatif et douanier, afin de répondre à la réalité géopolitique (nous sommes européens, mais nos îles baignent dans le bassin caraïbéen!).

Voila un lien vers la constitution française. Vous pourrez donc consulter les articles 73 et 74.

http://www.legifrance.gouv.fr/html/constitution/constitution2.htm#titre12

Voila mon constat et mon point de vue sur cette grève générale en Guadeloupe.

Je vous remercie d'avoir bien voulu lire un aussi gros pavé. Je rappelle que je ne suis ni politologue, ni sociologue... vous excuserez les approximations et la lourdeur du style. Je suis simple étudiant guadeloupéen, solidaire du mouvement et j'expose là, ce que je comprends de ce mouvement.

P.S: : J'ai commencé ce mail hier. Aujourd'hui, la situation a un peu évolué. La repression policière et militaire est désormais en marche.

Le mouvement a une dimension internationale. Hier, c'est le révérend Jessie Jackson en personne qui a envoyé son soutien au peuple de Guadeloupe et au LKP. Les organisations syndicales du monde entier (je n'exagère pas) rentrent en contact avec le LKP pour leur demander comment ils arrivent à mobiliser 100 000 personnes, sans un

débordement (c'est le service d'ordre du LKP qui organise la sécurité générale).

La Guadeloupe vient de connaitre ses 27 jours les plus calmes niveau violences domestiques. Jamais il n'y a eu si peu d'agressions et de faits divers. 0u d'accidents de voitures (pas d'essence, tout le monde roule à 70 km/h).

Les Guadeloupéens sont vraiment fiers de ce mouvement. Mais ce matin, la répression a commencé face a un mouvement pacifiste depuis 27 jours. Il y a eu une soixantaine d'arrestations de gens qui étaient simplement sur les barrages pacifiques. Une des tête du LKP a été blessée. Il a subi des injures racistes venant des forces de

l'ordre (tous ceux qui s'y connaissent un peu en histoire de la Guadeloupe savent que c'est monnaie courante lors des repressions de mouvement sociaux aux DOM).

Je ne fantasme pas sur le poids de l'histoire. Tout au long de la seconde moitié du XXè siècle, tous les grands mouvements sociaux ont été réprimés par les mitraillettes, lorsqu'à Paris, le gaz lacrimogène suffisait largement. C'était le cas en 1910, en 1952, en 1967, en 1975, en 1985. Chaque répression a apporté son lot de morts, même si celle de Mai 1967 accapare toutes les mémoires puisque le nombre de morts a dépassé peut être la centaine de personnes.

Evidemment, de l'eau a coulé sous les ponts. 1967 et 2009 sont différents. Mais le préfet et l'Etat jouent à un jeu dangereux. Car l'ensemble des mobilisés connaît le poids de l'histoire et la tension est à son comble et beaucoup ont déjà averti que cette fois ci, les guadeloupéens ne mourront pas... Le LKP a appelé au calme. Il appelle à la mobilisation massive et pacifiste pour faire reculer la répression. L'immense majorité des interpellés aujourd'hui a été relâchée ce midi grâce (une fois de plus) à la pression populaire de la foule, massée pacifiquement devant la police et et le tribunal de Pointe-à-Pitre. La tension redescend petit à petit. Le préfet avait promis que les (environ) 4000 CRS débarqués en

Guadeloupe dès le début du conflits étaient juste une sécurité qu'il souhaitait de tout coeur ne pas utiliser. Depuis que les négociations sont bloquées, d'autres ont débarqué...

Sadi SAINTON

   Et comme on dit dans les îles :

   Kimbé rèd pa moli!

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20 février 2009

Appel à candidature : enseignants à mâter.

recherche_directeur_fouettard_les_moines_ae34fEn clair, l'Ecole des Moines, de Saint Quentin Fallavier, dispose d'un personnel enseignant qui fait de la résistance aux déformes de Darcos. Donc, il faut d'urgence mâter ce petit groupe de résistants et leur rappeler qu'il faut obéïr aux ordres.

Allons, en septembre, on peut être sûr que cette école bénéficiera de la nouvelle déforme de l'Education Nationale, qui consiste à mettre à la tête de chaque école un chef tout puissant désigné par l'Etat.

Car les nouveaux établissements scolaires de l'école primaire seront interdits, au niveau de la direction du Conseil d'Administration, .... aux enseignants.

Les parents en seront dégoûtés. (ils ont autre chose à faire que gérer une école), les municipalités se garderont bien d'intervenir dans un domaine qui risque de leur mettre des électeurs à dos. Donc, il ne restera que le représentant directeur nommé par l'Etat.

Ce qui est le plus intéressant, dans cet appel à candidature , c'est la petite phrase à la fin :

"de préférence, remplir les conditions pour être nommé régulièrement dans la fonction."

Cela sous entend que l'administration est prête, pour mâter les importuns, à nommer irrégulièrement un directeur.

Et , malgré toutes les dérives constatées depuis 18 mois, certains me reprochent encore de parler de "mise en place de dictature".

Nous n'en sommes qu'au début, car il y a plus de 100 ans de progrès social à casser par le gouvernement. Et en 100 ans, nos ancêtres avaient pas mal travaillé. C'est aujourd'hui et encore plus demain que nous en apprécierons à retard , les bienfaits.

Jean Philippe

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