Gauche Alternative Choletaise

Pour une gauche alternative, écologiste, antiraciste, féministe et solidaire à Cholet (49)

02 mars 2009

Contre le libéralisme autoritaire,

Philippe Meirieu

Professeur en sciences de l’éducation

à l’université LUMIERE-Lyon 2

On connaît les principales mesures venues, depuis plus d’un an, mettre à mal l’institution scolaire française : nouveaux programmes de l’école primaire qui, au prétexte de renforcer les « apprentissages fondamentaux », font de l’élève une « machine à exercices » et privent les enfants défavorisés de l’accès à la signification des tâches et de la culture scolaires… disparition programmée des RASED qui pouvaient apporter aux élèves en grande difficulté des aides adaptées… suppression des cours le samedi matin au détriment des équilibres de vie des enfants… mise en place d’évaluations systématiques, sans justification pédagogique, simplement pour fournir des indicateurs à des parents réduits au statut de « clients »… disparition progressive de la carte scolaire avec la promesse aux familles qu’elles pourront choisir l’école de leurs enfants alors qu’en réalité, ce sont les écoles qui choisiront leurs élèves, creusant ainsi les inégalités… suppression des aides aux initiatives artistiques et culturelles alors qu’il faudrait, au contraire, les renforcer pour compenser le crétinisme de la télévision et lutter contre la sidération par les jeux vidéos… disparition de toute véritable formation professionnelle en alternance pour des enseignants condamnés désormais à osciller entre la répression et la dépression… abandon de toute ambition pour les collèges laissés en jachère alors que beaucoup d’entre eux sont au bord de l’explosion… traitement méprisant des mouvements d’Éducation populaire et pédagogiques dont certains sont gravement menacés dans leur rôle d’appui à l’institution scolaire…

Ces mesures nous sont présentées comme des « réformes », mais je me refuse, pour ma part, à les nommer ainsi. D’une part, parce que cela sous-entendrait qu’il s’agit de « transformations nécessaires » et que ceux qui s’y opposent sont des conservateurs. D’autre part, parce que l’idéologie dominante et la rhétorique gouvernementale présentent toujours ces « réformes » comme inévitables : « Il n’y a pas d’autre solution si nous voulons… que nos enfants sachent lire… qu’on ne gaspille pas nos impôts… que nous tenions notre place dans le monde… etc. ». Or, en réalité, il y a toujours d’autres solutions. Et le rôle des politiques, c’est justement de présenter des scénarios en indiquant les chances et les risques qu’ils comportent, de les référer aux finalités envisagées et aux moyens mobilisables. A minima, il incombe aux décideurs d’associer tous les partenaires à l’exploration de ces scénarios et de mettre à contribution les chercheurs pour éclairer les choix… Or, que voyons-nous ? Des décisions unilatérales, précipitées, sans véritable anticipation de leurs conséquences, sans aucune mobilisation de l’intelligence citoyenne. Des décisions présentées comme « les seules possibles » : « Il était inévitable de supprimer les cours le samedi matin car cela correspond à une évolution sociologique irréversible et à une demande massive des familles. » Mais pourquoi l’École devrait-elle se caler systématiquement sur les évolutions sociologiques ? Et qui sait si les parents n’auraient pas, finalement, opté, s’il leur avait été présenté, pour un « plan B », comme, par exemple, le fait de faire du samedi matin une plage scolaire plus particulièrement consacrée au dialogue avec les familles, avec la possibilité d’assister aux cours par petits groupes, de débattre des exigences de l’école et des conditions de la réussite scolaire ?... Mais cela n’a jamais été proposé, ni même envisagé ; et, évidemment, aucun sondage n’a été commandé pour voir ce que les Français en penseraient.

Ainsi, ce n’est pas un hasard si le gouvernement, aujourd’hui, refuse les véritables concertations, s’enferme dans des négociations bilatérales sur ses propres projets sans jamais présenter plusieurs hypothèses et travailler à les affiner. En « réformant » à la hussarde, il focalise l’attention sur ses seules propositions et paralyse toute velléité de créativité collective. Il suscite les réactions de ceux et celles qui se sentent agressés et peut alors jeter en pâture à l’opinion leur « corporatisme ». Au total, il contraint ses adversaires à faire son jeu en protestant contre ses actes. Il peut même ainsi… les rendre fous !

D’autant plus que les mesures auxquelles nous assistons aujourd’hui n’apparaissent pas spontanément comme participant d’un projet global... En effet, d’un côté, on active toutes les rivalités possibles entre les personnes et les

institutions, tandis que, de l’autre, on renforce les prérogatives d’un pouvoir central déjà très puissant. Et émerge ainsi sous nos yeux une sorte de configuration étrange : le libéralisme autoritaire. Mais une configuration particulièrement cohérente en réalité, avec deux faces totalement indissociables…

Libéralisme : parce que ce qu’on nomme « modernisation » n’est jamais que la mise en concurrence systématique de tous les acteurs au nom de la « bonne vieille morale » de la « Fable des abeilles » du 18ème siècle : « Les vices privés font les vertus publiques. » Ainsi, l’État ne garantit plus la qualité du service public, mais délègue cette charge à la rivalité instituée entre les personnes et les institutions. Un exemple particulièrement parlant de cette méthode est représenté par la manière dont le gouvernement vient de « dissoudre » les IUFM : ce n’est plus lui qui garantira la qualité de le formation pédagogique des enseignants – ni l’équité territoriale dans ce domaine –, c’est la pluralité des offres d’universités « autonomes » désormais condamnées à la concurrence.

Autoritaire : parce que, pour créer les conditions de la concurrence généralisée, le pouvoir politique doit imposer un recul systématique de l’État dans tous les domaines et par tous les moyens. Son désengagement l’amène ainsi à organiser la dévolution systématique de ses prérogatives aux collectivités territoriales ou aux associations, sans leur donner les moyens de les assumer… et tout en maintenant la pression maximale sur elles au nom de ces mêmes prérogatives !

Libéralisme : parce qu’on joue systématiquement sur les conflits d’intérêts et qu’on oppose les gens les uns aux autres en créant de la suspicion permanente : pour les parents, les enseignants sont des corporatistes archaïques ; pour les enseignants, les parents sont des consommateurs intrusifs… pour tous, les chômeurs sont des profiteurs, les malades des dépensiers, les enfants des délinquants potentiels, les adultes des mal-traitants en puissance, etc.

Autoritaire : parce que, pour éviter l’explosion d’une machine qu’on laisse s’emballer et dont on libère massivement les forces centrifuges, on doit construire un « contenant » suffisamment puissant, avec des dispositifs de surveillance, de contrôle et de répression censés éviter les débordements qui mettraient en péril la survie même du système.

Libéralisme : parce qu’on affirme aux Français qu’ils vont, enfin, pouvoir choisir dans tous les domaines ce qui correspond à leurs désirs. Et que la machinerie économique et publicitaire tout entière les place dans une situation de surchauffe pulsionnelle permanente.

Autoritaire : parce que, pour éclairer les choix des consommateurs, il faut imposer des mesures et des quantifications permanentes de tout et de tous, construire, toujours et partout, des palmarès… Il ne s’agit pas, en effet, aujourd’hui, pour les fonctionnaires, de « rendre des comptes » – comme cela est, bien évidemment, exigible dans toute démocratie –, mais bien de régler toute leur activité sur des critères exclusivement comptables… avec le danger de réduire cette dernière à ce qui est strictement quantifiable à très court terme, au détriment des missions qui exigent un travail en profondeur sur le long terme, comme l’éducation, la culture, la recherche ou la santé psychique. Partout, il s’agit de « faire du chiffre » pour « se positionner », « rester dans la course », « être visible en affichant des résultats ». Or, « faire du chiffre » n’est pas – c’est le moins que l’on puisse dire ! – un gage de la qualité du travail d’un fonctionnaire : chacun sait que, dans un lycée, on peut obtenir d’excellents résultats au baccalauréat, simplement en sélectionnant plus sévèrement les élèves à l’entrée. Comme l’écrivaient les enfants de Barbiana, dans la Lettre à une maîtresse d’école publiée en 1967, exiger d’un service public de « faire du chiffre », c’est « condamner les hôpitaux à soigner les bien-portants et à exclure les malades. »… Pour autant, nous ne pouvons pas nous réfugier dans l’irresponsabilité sociale en invoquant l’ineffable, mais nous devons exiger d’être associés, en tant que citoyens et dans des collectifs institués, à la définition des critères qui permettent de juger de la « réussite de nos missions ». C’est ainsi que nous parviendrons peut-être à instaurer un minimum de fonctionnement démocratique dans le libéralisme autoritaire et technocratique qui nous envahit.

Reste néanmoins à comprendre les raisons de ce qui nous arrive. Comment se fait-il que ce modèle politique du libéralisme autoritaire ait réussi à s’implanter ? La question est essentielle car, si nous parvenons aujourd’hui à faire reculer le gouvernement sur telle ou telle mesure, nous ne pourrons lutter à long terme pour de véritables alternatives que si nous sommes capables d’identifier ce qui a permis d’en arriver là et comment on peut, à l’avenir, y échapper. Je fais l’hypothèse que, si le libéralisme autoritaire se développe aujourd’hui, c’est parce qu’à la fois, il existe un problème de fond dans notre « démocratie » et qu’à sa manière l’actuel Président de la République et son gouvernement y apportent une réponse… certainement pas la bonne, mais une réponse.

Le problème de fond est bien identifié : depuis la chute de toutes les formes de théocratie, nous avançons dans le vide, sans référent ni verticalité capables de nous rassembler et de nous faire « tenir ensemble ». Chacun d’entre nous devient maître de son destin et ses choix personnels ne sont plus dictés par l’obéissance à des règles de conduite consensuelles. L’individu se fonde lui-même et s’autoréférence. La modernité est ainsi marquée par ce que l’on nomme « l’individualisme social »… Pour ma part, je ne nourris aucune nostalgie à l’égard des théocraties religieuses ou politiques qui nous ont longtemps tenu sous leur joug. Je ne regrette pas le moins du monde les « bonnes vieilles méthodes » en éducation – qui côtoyaient une « pédagogie noire » particulièrement pathogène – pas plus que je n’aspire à la domination d’un chef charismatique dans un groupe fusionnel qui nous permettrait de restaurer un semblant d’unité… En revanche, je crois que le défi du fonctionnement démocratique de notre République n’a pas été véritablement relevé : nous ne sommes pas parvenus à créer des institutions, locales et nationales, dans les entreprises et les services publics, pour travailler collectivement à la définition et à la mise en oeuvre du « bien commun ». Nous restons ainsi, très largement, une collection d’individus juxtaposés. Certes, nous sommes étroitement dépendants les uns des autres, mais cette dépendance n’est pas une solidarité positive au nom d’une promotion collective, elle est une manière d’utiliser les dispositifs sociaux en fonction des seuls bienfaits qu’ils peuvent nous apporter au titre de nos revendications individuelles… Ainsi, sommes-nous condamnés à une fuite en avant, de prothèse revendiquée en prothèse exigée, quand il nous faudrait construire des institutions qui s’assument comme collectifs capables d’aider chaque sujet à mobiliser, tout à la fois, ses ressources internes et celles du groupe, et cela en une interaction permanente, seule susceptible de construire ce qu’on nomme « le lien social ». Aucun véritable « lien social » n’est possible, en effet, si l’individu se vide de « ce qui fait sujet en lui » ; aucun « lien social » ne peut être construit avec des individus qui sont en permanence dans la position de « profiter sans s’impliquer ».

Ainsi, faute d’avoir été capable de penser des collectifs solidaires adossés à des valeurs communes, notre modernité démocratique reste infiniment fragile. Elle est particulièrement sensible aux sirènes du discours libéral autoritaire. À cet égard, la thèse de Margaret Tatcher – « Il n’y a pas de société, il n’y a que des individus… » – reste la matrice idéologique de la politique que nous subissons. Et si le Président de la République, quoique devenu impopulaire, reste « en phase » avec la majorité de la population, c’est que, justement, il s’adresse toujours aux individus. Il leur dit : « Je ferai en sorte que vos enfants soient gardés les jours de grève… Si vous n’êtes pas contents de votre école, vous pourrez en changer… Si vous voulez gagner plus, vous pouvez le faire… Recherchez votre intérêt et ne vous inquiétez pas des autres… N’ayez pas peur des conflits, la police vous protège… ». Et c’est bien parce

que ce discours s’adresse à l’individu privé en chacun d’entre nous dans un monde de plus en plus individualiste qu’il fonctionne… Qu’on ne se méprenne pas cependant : les intérêts individuels, tous les intérêts individuels, peuvent être légitimes. Ce qui n’est pas légitime, c’est de réduire le « bien commun » à la somme ou à la mise en concurrence des intérêts individuels. Le pari de la démocratie dans la

République, c’est de faire travailler des « institutions » afin qu’elles permettent de s’exhausser au-dessus du déchaînement des rivalités personnelles. C’est pourquoi

nous avons besoin – si nous voulons nous écarter durablement des ornières que nous connaissons aujourd’hui – de renverser la vapeur, d’inventer un fonctionnement

qui mobilise les citoyens dans des projets solidaires.

Deux pistes me paraissent devoir être explorées pour cela. La première, c’est celle que nous expérimentons avec « l’appel des appels », c’est ce qui est en train de s’expérimenter dans le pays : sortir de nos isolements, faire le lien entre les différents secteurs frappés par le libéralisme autoritaire, se parler, tenter de comprendre ce qui nous réunit, identifier ce qui nous rapproche et comment nous pouvons nous compléter. Il y a là quelque chose d’essentiel à mes yeux et que je vois s’ébaucher aujourd’hui. Ainsi, par exemple, dans les écoles primaires, on observe une formidable évolution : les parents et les enseignants se mettent à travailler ensemble, les élus locaux et le tissu associatif s’y associent, des dynamiques sont à l’oeuvre… qu’il faudra prolonger bien au-delà des combats d’aujourd’hui.

Enfin, une deuxième piste me semble devoir être plus que jamais travaillée : la « refondation » des services publics. Il nous faut sortir de cette oscillation mortifère entre le « tout État » et le « tout marché », deux postures qui s’opposent et se nourrissent réciproquement. Le « tout État » n’est pas la garantie de la qualité des services publics : le bloc soviétique en a été un triste exemple. Le « tout marché » n’est pas, non plus, la garantie de la qualité des services publics, ni du développement harmonieux de nos sociétés : la crise financière et économique actuelle en est la preuve indiscutable. Pour autant, il ne suffit pas d’introduire plus d’État quand le marché impose sa dérégulation, ni d’introduire plus de marché quand le contrôle de l’État devient une technostructure tatillonne qui s’enferme dans des procédures kafkaïennes. On ne construira pas un service public réellement conforme au fonctionnement démocratique de notre République en s’épuisant dans de savants dosages entre l’État et le marché… Il faut vraiment « changer de logiciel » : il faut instituer des « services publics citoyens » où ceux et celles que l’on ne doit plus appeler les « usagers » soient associés à l’amélioration du fonctionnement et à la recherche de la qualité. Il nous faut, en particulier, une institution scolaire qui accepte de travailler avec les élèves et les parents pour que, dans le respect des responsabilités réciproques, on puisse débattre de tous les dysfonctionnements qui émergent et inventer ensemble des solutions. Il faut, dans le cadre d’un cahier des charges national clair qui fixe les engagements de la Nation envers sa jeunesse, que chaque école et chaque établissement puissent se mobiliser collectivement autour d’un projet. Il faut que les professionnels de l’éducation – comme ceux du soin, du travail social ou de la culture – ne soient plus condamnés à souffrir seuls face à des échecs inévitables, mais soient accompagnés et aidés pour fabriquer du collectif avec leurs partenaires… On pourra ainsi construire une École où plus jamais on ne laissera un seul élève, une seule famille dans l’obligation de se tourner vers le privé pour être accueillis et entendus. Car un service public qui laisse partir vers le privé des citoyens qui estiment qu’ils n’y ont pas leur place n’est pas digne de porter ce nom… Le chantier est immense. Il doit nous mobiliser contre les dérives de la droite et nous amener à interpeller vigoureusement la gauche. Mais, c’est, bien au-delà d’une question technique, un enjeu essentiel. C’est même, implicitement, d’un modèle de société qu’il s’agit. Et, ainsi conçu, le service public, loin d’être un archaïsme, est vraiment « une idée neuve en Europe ».



27 décembre 2008

Mort d’Ilyès : crime d’état ?

Ilyès , 3 ans est mort, victime d’une erreur de soins à l’Hôpital Saint-Vincent-de-Paul à Paris.

Erreur humaine. L’enquête nous dira précisément, si elle aboutit, les conditions qui ont mené à ce drame.

De prime abord, il semble que la qualité du personnel médical soit hors de cause, tant la compétence, l’expérience, y sont reconnus. Toutefois, il y a eu erreur humaine. D’une façon toute imbécile, l’infirmière qui a commis et reconnu l’erreur, a été mise et maintenue en garde à vue. Comme si , dans la douleur qui l’accable, elle avait eu la force de se soustraire à la justice.

Cet accident était-il évitable ?

Dès 2005, les conditions de travail dans cet hôpital annonçaient l' appauvrissement de la qualité des soins. Une question posée au Sénat à l’époque mettait en relief la dégradation de la qualité des services hospitaliers, du fait d’une politique de restriction budgétaire drastique. L’ objectif était la fermeture d’un grand nombre d’hôpitaux, dont l’hôpital où a eu lieu le drame. Depuis, la pression n’a fait que s’intensifier.

Morceaux choisis sur le site du Sénat :

…,la politique de restriction budgétaire qui y est pratiquée et qui n'est pas nouvelle se traduit de plus en plus par une dégradation inquiétante, qui nous concerne tous, des conditions de travail et de sécurité des personnels et de la prise en charge des malades

…, traduisent concrètement cette exigence par la fermeture de 800 lits de long séjour et la suppression de 600 emplois, outre les 1 820 emplois dont la disparition est déjà programmée. Cela s'ajouterait aux 350 emplois qui, en l'espace d'une année, ont disparu.

D'ici à 2009, ces mêmes orientations prévoient la fermeture des hôpitaux René-Muret - Bigottini, Saint-Vincent-de-Paul, Broussais et Joffre-Dupuytren.

Quant à l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul, pôle de référence mère-enfant, il existe depuis des années un véritable acharnement à mettre en cause son offre de soins.

Cette volonté a conduit à supprimer le service bactériologique de ce site, ce qui remet en cause la qualité et la rapidité du diagnostic médical, ou à restructurer le standard, ce qui est dommageable pour les usagers et les services.

Des pressions s'exercent sur les personnels de l'établissement, afin de les pousser à partir de l'hôpital. D'ailleurs, la direction a laissé vacant le poste d'infirmier général, qui contribuait à assurer le recrutement sur le site.

http://www.senat.fr/questions/base/2005/qSEQ05020673S.html

Il n’est pas étonnant que, dans ces conditions, un enfant soit mort. Nul doute que le gouvernement en profitera pour  accélérer le processus de destruction des hôpitaux publics. Toujours « la stratégie du choc », chère aux prédateurs de notre société.

Jean Philippe

20 décembre 2008

Lettre ouverte pour les enfants d'étrangers

Lettre ouverte

Je suis une enseignante. Plus exactement je suis une « maîtresse CRI ». J’ai reçu comme mission de l’Education Nationale d’accueillir les enfants étrangers et de leur enseigner le français à l’école primaire. Il s’agit d’une responsabilité que je considère comme très grande, et je tâche de l’assumer au mieux de mes possibilités.

Ainsi, tout au long de l’année, depuis 6 ans, j’accueille des garçons et des filles venus du monde entier. Ils arrivent avec leurs parents et frappent à la porte de nos écoles. Tous sont chargés des inquiétudes de ce qu’ils trouveront derrière le portail, mais tous sont chargés des espoirs de ce que ce grand bouleversement va leur apporter.

Il y a 6 ans, Aynur, Hazan, Eddanur, Tomas, Cristina, étaient de ceux-là. Timidement, ils atterrissaient dans des classes des écoles de Montélimar. Chaque enfant regardait son enseignant avec les yeux avides d’apprendre, mais désolé de ne rien comprendre. En cours de CRI, tout allait plus lentement, tous captaient des mots, des phrases, ils les redisaient, gênés au début, mais avec plus d’aplomb chaque jour, car ils se sentaient de plus en plus en confiance. Et puis en classe, la gentille maîtresse ne les grondait pas. Elle leur souriait, disait des mots qui, peu à peu prenaient du sens. Et eux s’essayaient à redire les mots, à répondre aux questions des copains. C’était parfois tout faux, un mot à la place de l’autre, et les copains riaient ! C’était vexant au début, mais avec l’amitié des autres qui donnaient le mot juste, ils finissaient par bien le prendre et s’améliorer. Et ils se trompaient de moins en moins. Et ils s’aventuraient à dire des mots nouveaux, des phrases nouvelles. Et les copains disaient « bravo ! ». Et la maîtresse gentille félicitait. « Tu apprends très vite ! ». C’était dur pourtant tous ces mots à retenir ! Tous ces efforts à faire pour rester attentif… Alors parfois un brouillard de mots s’installait tout autour, et ils s’enfonçaient dans le brouillard, pour se faire oublier, pour s’échapper et penser aux larmes que la grand-mère n’avait pu cacher au moment du départ…C’était dur, oui, c’était dur. Le soir, la tête allait exploser, et ils étaient contents de retrouver leurs parents pour parler la langue facile, celle qu’on n’a « même pas apprise, parce qu’on la connaît déjà ». Mais les parents ne leur laissaient pas le temps de se reposer. Ils insistaient pour qu’ils aillent au soutien FLE , qu’ils révisent les leçons de français, parce que les parents savent bien que leurs enfants apprendront plus vite qu’eux, et qu’il faut les encourager pour réussir à l’école. Parce que si on réussit à l’école, on s’en sortira…

L’année d’après, hormis la manière de rouler les « r », ou de se tromper d’auxiliaire, plus personne ne se souvenait de leur arrivée ; ils étaient des meneurs de jeu, des bons en maths, des doués en arts plastiques, et des excellents apprenants d’anglais, cette langue si difficile à apprendre pour les autres.

Il y a 5 ans, Richard, Béa, Rachel, Joachim, Onurcan, sont arrivés, il y a 4 ans d’autres encore. Tous apprenaient avec plus ou moins d’aisance la langue française et finissaient par se fondre dans le groupe classe et dans la vie de l’école. Pourtant un mot commençait à résonner comme un coup de marteau sur l’enclume, le mot « papiers ». Un mot qui faisait mal à dire, parce qu’il faisait mal dans la tête des parents. Et puis ce mot s’oubliait, on finissait pas ne plus l’entendre. La vie continuait.

Il y a 3 ans , Gevorg, Alexandre, Kateryna, et d’autres encore, sont arrivés et ont fait ressurgir ce mot avec plus d’acuité. Un mot qui faisait de plus en plus de mal à dire. Un mot qui finissait par se coller comme une marque indélébile sur la peau d’enfants innocents.

Il y a 2 ans, Elvis, Denis, Arbenit, Drilon et les autres, sont arrivés. Ils portaient les mêmes espoirs et les mêmes inquiétudes que ceux d’il y a six ans. Ils avaient quitté ce que pour rien au monde, ils ne souhaitaient revoir. Chaque enfant a regardé son gentil maître, qui les a encouragé. Ils se sont essayés aux mots. Parfois, cela a marché, parfois c’était tout faux. Au début, ils étaient vexés de voir rire tous ces garçons et ces filles, mais ils ont compris, et ils se sont lancés dans l’aventure. Une incroyable aventure que celle de découvrir qu’on arrive enfin à communiquer lorsqu’on apprend des mots, des phrases, et qu’on fait des liens entre tous ces mots et ces phrases. Une alchimie époustouflante !

Et puis, l’éclair, le tonnerre, la foudre. Un énorme tremblement de terre. Un mot qui tombe, implacable : « REJET »

Des parents qui pleurent, qui disent qu’ils ne peuvent pas rester en France. Qu’il faudrait repartir là-bas où, pour rien au monde, on ne voudrait retourner. Alors, qu’il faut se cacher, devenir « clandestins ». Et retrouver ce mal au ventre terrible dont on vient de se débarrasser. Entendre les bruits qui font peur et qui empêchent de dormir. Etre réveillé par les cauchemars, appeler ses parents pour être consolé, mais trouver des parents qui n’arrivent même plus à consoler. Continuer à aller à l’école avec la peur. Continuer, continuer,… Les mots se brouillent, ils se perdent, ils n’arrivent plus à s’accrocher pour faire du sens.

On perd pied, on lâche… trop d’inquiétudes, aller à l’école, pour quoi ?

Le maître se fatigue, les professeurs renoncent. Que faire pour exister maintenant s’il n’est nulle part où trouver sa place ? Tentation de faire du bruit, de répondre, d’affirmer qu’on peut être violent…Et finir par l’être. Et voici qu’il y a 2 semaines, le papa de Buket et Dilara est arrêté. Encadré par des policiers, il est enfermé dans un centre de rétention. Puis renvoyé. Expulsé. Le papa de Buket et Dilara. Leur papa. Celui qui leur a tant appris. Celui qui leur a tout expliqué de la France. Qui leur a dit comment on devait respecter les autres, les copains, les adultes. Celui que tout le monde prenait en exemple pour son honnêteté. Leur Papa. Que s’est-il passé ? Est ce qu’il est devenu un voyou ? Leur Papa. C’est impossible. Mais que s’est-il passé ? Qui peut expliquer ? Buket et Dilara ne comprennent pas. Elles ne comprendront jamais. Demain, elles sortiront de ce cauchemar, c’est sûr. Et elles retrouveront Leur papa.

L’expulsion est confirmée. L’avion a embarqué leur papa. Est ce que le monde peut encore continuer de tourner ? Non, tout s’arrête. Tout se brise. Leur maman pleure, le bébé dans les bras, la toute petite dernière qu’on se disputait pour porter quand papa était là. Dilara colle Buket comme un ruban tue-mouche. Il n’y a plus de mots pour dire, ni en français, ni dans la langue facile qu’on n’a même pas apprise. Il faut juste se cacher. Devenir invisible. Arrêter d’exister, pour ne pas se faire attraper par la police.

Je suis une maîtresse CRI qui a la mission devenue impossible d’aider des enfants à apprendre le français et à s’intégrer. Est ce que le monde peut continuer de tourner, si cette mission est devenue impossible ? Est ce que le monde peut continuer de tourner si des avenirs d’enfants et d’adultes sont massacrés chez nous en France ? Si des familles sont brisées ? Si des vies sont devenues impossibles à vivre ? Pour moi, comme pour Buket et Dilara, quelque chose s’est arrêté, qui ne reprendra que lorsque chaque enfant aura la possibilité d’apprendre le français en sécurité.

Je suis une maîtresse CRI qui lance un CRI pour que cessent les actes d’inhumanité à l’égard d’enfants et d’adultes ici, aujourd’hui. Tout de suite.

Je suis une maîtresse CRI qui lance un CRI pour que l’on ne s’habitue pas à voir interner des enfants en centres de rétention.

Je suis une maîtresse CRI qui lance un CRI pour que nous nous réveillons vite de ce qui s’installe comme barbarie dans notre pays, et que JAMAIS nous ne l’acceptions.

N’oublions pas Jacques Prévert, ce poète qui est si cher dans nos écoles:

« Il est terrible

Le petit bruit de l’œuf cassé sur un comptoir d’étain

Il est terrible ce bruit

Quand il remue dans la mémoire de l’homme qui a faim »

Oui, Prévert Il est terrible le bruit de la chaise vide devant un bureau vide. Il est terrible ce bruit qui résonne dans la conscience des hommes qui font la loi ou qui la font appliquer.

Il est terrible ce bruit dans la tête de ceux qui ne veulent pas mettre leur tête dans le sable de la lâcheté.*(resf Privas) Il est terrible ce bruit Comme le tic-tac entêtant De l’horloge qui vous dit : « plus jamais ça »

Françoise Estival enseignante CRI (Cours de Rattrapage Intégré) Montélimar 14-déc-08

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03 décembre 2008

Objectif Darcos : couler l'école

Nouveau coup dur.

L'école de votre enfant a des partenaires: les Francas, la PEP, la ligue de l'Enseignement, l'OCCE (la coopérative scolaire qui finance parfois certaines sorties), ...

Ces partenaires aident à l'organisation de séjours, délèguent des intervenants, engagent des actions solidaires auxquelles de nombreux élèves participent (écoles fleuries, pratiques artistiques, sportives, ...)

Au mois d'octobre, il y a longtemps que les projets de l'année ont été définis et financièrement engagés.

C'est le 6 octobre que le sinistre Darcos a décidé d'amputer de 25 % le budget voté en 2007 à ces associations. Il s'agit donc d'une mesure avec effet rétroactif. Sans ces subventions promises, ces associations sont menacées de ne plus pouvoir pourquivre l'action éducative auprès de vos enfants.

Jamais le gouvernement en place n'a eu le soucis de l'avenir de vos enfants.

Chaque mesure prise vise  à détruire cet outil qui a permis à vos grands parents, vos parents et à vous même d' envisager un avenir.

Un enfant inculte, sans réflexion, est un mouton pour demain.

L'école, animée par des personnes qui ont encore le soucis de l'être humain et de la liberté individuelle, est l'un des rares remparts qui s'élève encore face à la dictature rampante.

Ne les laisser pas détruire l'école.

http://www.pourleducation.org/index.php?option=com_content&task=view&id=16&Itemid=33

Jean Philippe

Bastien Cazals, directeur d'Ecole, reçu à l'inspection

SoutienBastienCazals.jpg"J'ai été reçu ce mercredi 3/12 à 8h30 par Mme Liza, adjointe à l'Inspecteur d'Académie de l'Hérault et M. Destouches, secrétaire général.

Au cours d'un entretien courtois, il m'a été demandé de préciser les déclarations d'engagements professionnels contenues dans ma lettre au Président de la République - dont je leur avais adressé une copie - et rappelé que tout fonctionnaire a un devoir d'obéissance. J'ai expliqué que ma volonté était d'alerter M. Sarkozy et l'opinion publique sur l'importance des transformations actuelles de l'école qui sont menées dans la précipitation, sans réelle concertation et sans l'adhésion des enseignants.

Le porte-parole de la délégation intersyndicale, reçue dans un second temps, a précisé que cette démarche individuelle n'était pas isolée mais s'inscrivait dans le contexte actuel de protestation massive contre les réformes de M. Darcos et annoncé qu'elle serait suivie par de nombreuses actions similaires.

L'écho important de la lettre (mise en ligne sur plus de 20 sites différents, plus de 400 soutiens sur le réseau social Facebook et plus de 10.000 visites sur le blog source, en une seule semaine) et la présence, ce matin devant l'Inspection Académique, de nombreux enseignants, actifs ou retraités, mais surtout de parents d'élèves et de simples citoyens (environ 120 personnes) constituent des messages forts attestant que l'inquiétude sur l'évolution actuelle de l'école est largement partagée.

Par ailleurs, le chef de cabinet du Président de la République m'a assuré qu'il avait "été pris connaissance, avec intérêt, de [mes] réflexions et de [mes] attentes en matière d'éducation" (dans sa réponse datée du 28 novembre).

Je souhaite maintenant que cette prise de conscience se poursuive mais aussi que des corrections aux réformes en cours soient apportées rapidement et que la construction de l'école de l'avenir se fasse avec l'implication de tous, dans l'espoir que ma fille, mais aussi Victor, Hugo et tous les autres, puissent y avoir leur place."

Bastien Cazals, le 03/12/08

voir le blog Une Ecole pour Victor et Hugo   http://uneecolepourvictorethugo.hautetfort.com/

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30 novembre 2008

Lettre d'un Directeur d'Ecole en Résistance

Cazals Bastien Montpellier, le 25 novembre 2008,

35, route de Lodève

34080 Montpellier

à Monsieur le Président de la République

Palais de l'Elysée                                 

55, rue du faubourg Saint-Honoré      

75008 Paris                                       

Monsieur le Président de la République,

Si je prends la liberté de vous écrire cette lettre, c'est qu'aujourd'hui, en tant qu'enseignant et directeur d'école comme en tant que citoyen, je suis en colère, proche de la révolte. Je ne peux plus me taire. Je me dois de réagir.

Permettez-moi, tout d'abord, d'insister sur l'expression de mon profond attachement et de mon immense respect pour cette République française dans laquelle j'ai eu la chance de venir au monde. Je suis attaché à ce pays car je considère qu'à certaines périodes de sa longue histoire, il s'y est dit, écrit et fait de si belles choses. Outre l'immense patrimoine culturel qu'elle a constitué, la France – tout particulièrement de sa révolution de 1789 au programme du Conseil National de la Résistance, en passant par la République et sa loi de 1905 sur la laïcité – a su porter si haut et avancer si loin les valeurs universelles consacrées dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen qu'elle a fini par faire le choix ambitieux d'une république laïque et démocratique où tous les citoyens vivent ensemble, en bénéficiant de la liberté, de l'égalité et de la solidarité ! Tellement admirable que j'ai choisi de servir cette République, ma République. J'en serais presque fier... sauf que je ne suis pour rien dans tout cela, j'en hérite. Et un tel héritage se partage ou se défend !

C'est ainsi que j'arrive à l'objet de ma lettre. En ce début de XXIème siècle, que reste-t-il de l'état républicain à la fois puissant et protecteur, comme de ses grandes missions d'intérêt public ? Plus grand chose : les idéologies en vogue étouffent la flamme républicaine tandis que les réformes en cours dépècent les derniers lambeaux des services publics. D'autres pourraient citer la justice, la santé ou la solidarité, je vous parlerai de ce que je connais, de ce que j'ai choisi : l'école primaire publique.

Monsieur le Président, autant vous le dire de suite, avec les transformations qui s'opèrent actuellement, l'État ne pourra plus garantir à chaque citoyen les mêmes droits en terme d'éducation. Et il s'agit, là, du déni d'un droit fondamental, surtout dans une république qui se prétend historiquement éclairée par le savoir et la pensée, la finesse et le bon goût. Cette ''modernisation'' de l'Éducation Nationale, qui se construit pas à pas depuis des années, avance sur plusieurs plans à la fois mais dans une grande cohérence. Sachant que votre temps est précieux, j'ai donc choisi de n'en aborder qu'un aspect, le plus saisissant.

Ayant déclaré la guerre contre l'échec scolaire, votre ministre en charge du dossier a entrepris de moderniser l'école prétendument dans l'intérêt des élèves mais avec quand même, dans un coin de la tête, les impératifs budgétaires liés à la mise en oeuvre de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP), au respect du pacte européen de stabilité et autres contingences financières. Ainsi, à cette rentrée 2008 et sans concertations préalables aux prises de décisions, M. Darcos a ainsi décidé :

     - de mettre en place des nouveaux programmes qui conviennent parfaitement aux élèves comme ma fille, qui est structurée, attentive et appliquée, mais ne laisseront que peu de chances à son copain Victor de surmonter ses difficultés d'apprentissage ;

     - de diminuer le nombre d'heures de classe pour les élèves comme ma fille qui travaille bien et

comprend vite mais pas pour Victor qui est soutenu 2h par semaine dans ses difficultés d'apprentissage ;

     - et de renforcer le dispositif de stages de remise à niveau en CM1/CM2 pour que Victor entretienne ses difficultés d'apprentissage pendant les vacances de ma fille... Mais ce n'est pas tout – et Victor est finalement un peu chanceux, car la rénovation du primaire est en cours et, pour la rentrée 2009, sans plus de concertation, M. Darcos nous annonce qu'il va :

     - supprimer progressivement les enseignants membres du Réseau d'Aides Spécialisées au Enfants en Difficulté (RASED) qui aident Victor pendant le temps scolaire et sans lui refaire la classe ;

     - mettre toujours plus d'élèves par classe – puisque toujours moins d'enseignants – ce qui ne plaira pas trop à ma fille qui aime avoir l'attention de la maîtresse mais beaucoup à Victor qui préfère se faire oublier ;

     - et remplacer la prise en charge à l'école publique des 2/3 ans par leur accueil dans des structures locales payantes, ce qui n'affectera pas la scolarité de Victor mais de son petit frère Hugo qui restera encore un an à la maison avec sa maman car « sa veau pas l'coup de bosser au smig si faut payer le jardin des veilles » ! Hugo n'aura donc pas la chance de son frère de bénéficier des apports langagiers et de la stimulation cognitive d'une première socialisation à l'école maternelle.

Croyez-vous sincèrement, Monsieur le Président, que votre ministre pourra, par de telles réformes, atteindre l'objectif qu'il s'est fixé de diminuer par trois le nombre d'élèves en difficulté ? Et pouvez-vous m'affirmer que l'école primaire de demain continuera d'assurer à tous les élèves des chances égales d'émancipation sociale ?

Actuellement, nous assistons à la mise en oeuvre, à marche forcée, des dernières grandes étapes de la transformation du système éducatif français. J'en veux pour preuve l'autoritarisme croissant exercé par la hiérarchie, le souci de rendre improductif l'exercice du droit syndical au travers du Service Minimum d'Accueil (SMA), ou celui de faire surveiller l'opinion et l'activisme des enseignants ! Aussi, comme bon nombre d'entre eux, j'entre aujourd'hui en résistance parce que je ne peux me résoudre à ce que l'école publique, mon école, ne se préoccupe ni de Victor, ni de Hugo, sans être pour autant en mesure de faire éclore un nouveau Victor Hugo. La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration (article 15 de la DDHC de 1789) c'est pourquoi d'un fonctionnaire dévoué je me vois contraint de devenir un fonctionnaire désobéissant ! En conséquence, en tant qu'enseignant tout d'abord, je prends les décisions suivantes :

     - Je n'appliquerai pas les nouveaux programmes mais continuerai à travailler dans l'esprit des

programmes de 2002 (qui n'ont d'ailleurs fait l'objet d'aucune évaluation).

     - Je n'effectuerai pas l'aide personnalisée auprès des élèves (qui est destinée à remplacer l'aide spécialisée du Rased) mais mettrai à profit ces 60 heures annuelles pour rencontrer les parents deux fois dans l'année (en milieu et fin d'année), organiser les projets pédagogiques collectifs et également pour faire vivre la bibliothèque de mon école (qui est actuellement sous-utilisée faute de personnel mis à disposition).

     - Je ne déclarerai pas à l'administration mon intention de faire grève, 48h à l'avance, mais j'informerai, comme par le passé, les parents d'élèves au moins deux jours avant.

     - Je ne me porterai jamais volontaire pour les stages de remise à niveau ni ne transmettrai de liste d'élèves. Ensuite, en tant que directeur, je prends les décisions suivantes :

     - Je ne participerai plus au fichage centralisé des écoliers via Base Elèves.

     - Je ne traiterai plus que les demandes administratives qui concerneront directement les élèves, mes collègues ou le fonctionnement de mon école.

Enfin, en tant que simple citoyen en dehors de tout parti politique, je n'empêcherai pas la diffusion de ces prises de position professionnelles mais au contraire, tenterai de participer à l'émergence d'une résistance citoyenne et non-violente, porteuse d'un projet de société généreux et ambitieux – depuis la crise financière, nous savons tous qu'il est possible de trouver beaucoup d'argent lorsque c'est nécessaire – car notre République est en train de tourner le dos à ses dernières missions d'intérêt public...

Conscient que vous ne mesuriez probablement ni l'ampleur du désastre qui menace l'école, ni celle de la colère qui submerge le monde enseignant, je sais que vous entendrez mon appel et ne décevrez pas l'espoir que je mets dans la grandeur de votre fonction.

Je vous prie de recevoir, Monsieur le Président de la République, l'expression de mon attachement respectueux à la dignité de l'État républicain laïc et de croire en ma détermination à continuer d'œuvrer pour tous les élèves qu'ils soient ma fille ou Victor.

CAZALS Bastien

Copie à l'Inspection de l'Éducation Nationale de la circonscription de Gignac.

Diffusion auprès des relais d'opinion

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28 novembre 2008

Salariés-artisans-commerçants et autres contribuables, c'est vous qui paierez les erreurs de vos idoles.

Vous êtes salarié, artisan, commerçant, contribuable, exercez une profession libérale ou êtes simplement patron de petite entreprise. vous admirez les lauriers de ces grands financiers, patrons de grands groupes, investisseurs haut-de-gamme. Vous vous dites ; ils sont forts quand même. On voit qu'ils ont fait des études.

Oui, ils sont forts. Ils continuent à s'offrir des parachutes dorés, des repas fastueux, des logements de luxe et des bijoux à n'en plus finir alors que la crise financière se transforme en dépression économique.

Ils continuent à s'enrichir alors que des milliers de familles sont mises dans la désespérance du chômage et de la précarité. Mais, non contents de détruire le présent , ils anéantissent l'avenir de nos enfants. Leur incompétence dirige jour après jour notre société vers un monde sombre, sans espoir, un monde dans lequel la misère peut toucher chacun, quelque son age, son passé, ses espoirs.

Mais leurs erreurs, ils les font payer par nos enfants.

Ci-dessous, une analyse intéressante, parue dans Le Monde,  qui montre que les études supérieures que notre société a financé à certains, sont utilisées non pour construire un avenir mais pour préserver le présent d'uine minorité sur le dos de nos enfants.

Jean Philippe

Les plans de relance en mesures de sauvetage pour les banques, les Etats dépensent massivement pour endiguer la crise, pour éviter de laisser s'effondrer l'industrie automobile, la finance, soutenir les PME, ou le consommateur. Mais une question se pose : Où trouver l'argent ? Comment ?

Réponse : en empruntant sur les marchés financiers, en émettant des bons du Trésor aux Etats-Unis, des "Bunds" en Allemagne ou des Obligations assimilables du Trésor (OAT) en France, que pourront acheter les investisseurs du monde entier. Comme ils ont l'habitude de le faire. Car crise ou non, chaque année, des montants colossaux d'emprunts souverains sont déjà émis pour assurer le paiement de la dette publique existante (versement des intérêts et remboursement des emprunts qui arrivent à échéance).

Voir l'article en entier : cliquez ici.

Posté par alterre à 20:23 - Billets d'humeur - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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10 novembre 2008

Grand frère Xavier Darcos vous regarde.

Xavier Darcos est probablement un très grand démocrate, à l’écoute de ces concitoyens. Il tient tellement à adapter sa politique aux remarques de l’opinion publique, qu’il souhaite que toutes les discussions observables sur l’éducation et la recherche soient analysées, décryptées. C’est pourquoi il demande à des entreprises privées de :

march__surveillance_enseignants_26772

􀂃 Repérer les leaders d’opinion, les lanceurs d’alerte et analyser leur potentiel d’influence et

leur capacité à se constituer en réseau

􀂃 Décrypter les sources des débats et leurs modes de propagation

􀂃 Repérer les informations signifiantes (en particulier les signaux faibles)

􀂃 Suivre les informations signifiantes dans le temps

􀂃 Relever des indicateurs quantitatifs (volume des contributions, nombre de commentaires,

audience, etc.)

􀂃 Rapprocher ces informations et les interpréter

􀂃 Anticiper et évaluer les risques de contagion et de crise

􀂃 Alerter et préconiser en conséquence

Que souhaite faire Xavier Darcos lorsqu’il détiendra toutes ces informations.

Repérer les lanceurs d’alerte !!! Pour prendre en compte leur alerte ou pour les réduire au silence comme cela se fait souvent.

Anticiper et évaluer les risques de contagion et de crise !!! Pour adapter ses réformes ou bien pour réduire au silence les éventuels opposants.

Alerter et préconiser en conséquence !!! S’il y a alerte, c’est qu’il y a danger. En ce cas, que signifie agir en conséquence.

Actuellement, de nombreux directeurs d’école sont harcelés afin de ne plus s’opposer au fichage de vos enfants. Pour réduire la résistance des enseignants, des moyens sont mis en œuvre. Chaque jour qui passe voit un barreau s’élever dans le ciel. Et en prison, la lumière du soleil passe mal.

pour accéder à l'appel d'offre lancé par Xavier Darcos, cliquez sur

march__surveillance_enseignants_26772

Jean Philippe

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31 octobre 2008

Cholet - restauration municipale -

Dominique_Poupard_1En tant qu'élue locale à la commission de la restauration scolaire, je suis confrontée au même double langage et aux mêmes contradictions qu'au plan national, concernant le développement durable, mot largement galvaudé. Certes, le Grenelle de l'environnement a été une avancée, surtout dans les esprits, donnant raison aux écologistes qui tiraient la sonnette d'alarme depuis longtemps. La crise écologique qui est liée à un système où des multinationales s'approprient des richesses comme l'eau ou l'alimentation ,dans le but d'enrichir quelques dirigeants et qui dans leur logique de profit, n'ont aucun scrupule à polluer et piller la planète, ne peut être résolue qu'en remettant en cause le système économique capitaliste qui gère notre planète.

A Cholet, l'alimentation de nos enfants dans les écoles publiques, est confiée à une multinationale, Sodexho dont l'objectif principal est plus le profit que le bien être alimentaire de la population. Parier sur la qualité alimentaire suppose un coût en main d'oeuvre et en produits de qualité. Ainsi, dans un premier temps, lorsqu'en tant qu'élue, je demandais à ce que l'approvisionnement des produits bios pour les cantines scolaires proviennent de producteurs locaux, sachant que la relocalisation de l'économie va dans le sens de la réduction des GES ( gaz à effets de serre), il m'était répondu que l'on ne pouvait l'imposer à un partenaire privé. Dont acte...

Ce discours a évolué. Heureusement qu'en tant qu'élu(e)s de l'opposition, nous pouvons avoir parfois, une influence sur l'orientation de la politique municipale. Il semble que la municipalité ait demandé à Sodexho de privilégier l'approvisionnement local et que cette entreprise ait fait comme je l'avais souhaité, un recensement des agriculteurs bios du département. Je vais évidemment, demander les documents écrits prouvant que toutes ces démarches ont été faites. Il reste qu'introduire un repas bio par mois, dans les cantines scolaires, c'est bien en dessous des directives du Grenelle de l'environnement qui préconise un repas bio par semaine. D'autre part, il serait plus réaliste et judicieux de demander aux agriculteurs bios de fournir par, exemple, les pommes de terre ou carottes de tous les repas des cantines scolaires et de s'acheminer progressivement vers une nourriture complètement bio.

Cette politique alimentaire ne peut être applicable que si les agriculteurs bios sont suffisamment nombreux pour approvisionner les écoles publiques. En d'autres termes, il s'agirait de repenser l'aide à l'agriculture bio, sur le Choletais voire sur le département et rêvons un peu, sur le plan national et européen. Espérons, du moins, que les voeux du Grenelle de l'environnement de développer l'agriculture biologique et de réduire, par conséquent de 50% les pesticides dans l'agriculture, seront suivis de mesures concrètes pour l'avenir de nos enfants et de la planète. Cela devient urgent!

Dominique Poupard, élue d'opposition, au conseil municipal de Cholet.

15 septembre 2008

En angleterre , la délation des enfants encouragée

En Angleterre, des enfants traquent les infractions

Cyrille Vanlerberghe, notre correspondant à Londres
08/09/2008 |

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Des municipalités font appel à des jeunes de 8 à 10 ans et offrent des primes pour veiller à la propreté des quartiers.

L'espionnage est un art qui s'apprend tôt au pays de James Bond. Des enfants de 8 à 10 ans ont été enrôlés par des municipalités britanniques en tant que «volontaires environnementaux» pour surveiller les rues et dénoncer les personnes qui commettent des délits civiques. Ces enfants font partie des quelque 5 000 personnes recrutées par des councils locaux, l'équivalent des municipalités en Angleterre, pour raconter les dépôts d'ordure illégaux, les graffitis, les infractions aux règles de recyclage, les poubelles qui débordent et les crottes de chien laissées dans les rues. Dans certains cas, les primes offertes à ces volontaires atteignent 500 livres (620 euros).

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Posté par alterre à 07:54 - Dans les médias - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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