01 juillet 2009
Régionales 2010 - Déclaration commune du NPA et du PG à l'issue de leur rencontre du 30 juin
La rencontre des délégations du NPA et du Parti de Gauche respectivement conduites par Olivier Besancenot et Jean-Luc Mélenchon qui a eu lieu le 30 juin au siège de ce dernier a donné lieu à la déclaration commune suivante :
Le NPA et le Parti de Gauche constatent les ravages provoqués par la crise globale du système capitaliste, à la fois économique, sociale et écologique, dans laquelle la politique des classes dirigeantes a plongé le monde. Ils dénoncent la vague de licenciements qui frappe de plein fouet le monde du travail et l'offensive de Nicolas Sarkozy, de la droite et du Medef contre les salariés annoncée lors du Congrès de Versailles et dont la volonté de retarder l'âge du départ à la retraite est un élément phare.
Face à cette offensive pour faire payer les frais de la crise aux classes populaires, devant l'urgence de la situation, quelques soient par ailleurs les divergences entre les deux formations, le NPA et le Parti de Gauche souhaitent ¦uvrer à la préparation d'une contre-offensive du monde du travail pour faire valoir ses exigences au premier rang desquels la garantie d'un emploi, l'augmentation des salaires mais aussi tout refus de recul de l'âge de la retraite.
Sarkozy et la droite se prévalent des résultats des élections européennes pour donner une légitimité leur politique réactionnaire. Pourtant seul un électeur sur dix a donné son suffrage à l'UMP. Il s'agit en réalité moins d'une victoire de la droite que de l'incapacité de la gauche à lui opposer une véritable alternative. En proposant d'accompagner ce système et en se contentant de remèdes homéopathiques qui ne le remettent pas en cause, cette gauche devient du coup inutile aux yeux du plus grand nombre. C'est ce qui explique la crise profonde des partis de la sociale démocratie en Europe. L'abstention massive des classes populaires et des jeunes - phénomène le plus important de ces élections - illustre cruellement cette tendance de fond. Cette abstention est certes au rejet de l'actuelle construction libérale et anti démocratique de l'Europe. Mais aussi au fossé de plus en plus grand entre les aspirations populaires et l'offre de la gauche institutionnelle. Dans une situation où la crise va s'aggraver, il y a là un risque majeur. On ne peut que s'inquiéter de la progression de l'extrême droite. Elle prouve qu'elle peut profiter du désespoir des milieux populaires.
Les deux partis soulignent également l'ambiguïté du vote Europe Ecologie. Il reflète une prise de conscience salutaire de la crise écologique. C'est décisif ! Mais ses porte-paroles en font aussi une stratégie politique pour dépasser le clivage gauche/droite. Pour nous, on ne peut ignorer le lien étroit entre la logique prédatrice du capitalisme et le désastre environnemental.
Ils s'accordent pour favoriser l'unité la plus grande contre les projets de la droite et du patronat que ce soit dans le domaine social, écologique, et des droits et des libertés. Le NPA et le Parti de Gauche sont ainsi unis actuellement dans la mobilisation contre l'EPR ou dans le comité national contre la privatisation de La Poste. Mais ils avancent aussi des propositions d'initiatives sur le terrain de la lutte contre les licenciements.
Les deux formations estiment aussi indispensable d'unir les forces de gauche et des écologistes qui rejettent la logique du système capitaliste aux élections régionales. Il est urgent de rendre plus crédible une véritable alternative au système.
Les deux partis constatent que les propositions issues de leurs instances nationales respectives sont suffisamment proches pour leur permettre d'avancer dans cette voie unitaire pour les élections régionales. En conséquence, ils se prononcent au premier tour des régionales pour un accord national pour les 21 régions hexagonales sur des listes autonomes indépendantes associant les forces qui composent aujourd'hui le Front de Gauche comme le PCF et le Parti de Gauche et le NPA, LO, Alternatifs, Alterekolo et les autres courants qui sont dans la Fédération, militant-e-s de quartiers ou du mouvement social. Le NPA les nomme « forces anticapitalistes », et le PG « l'autre gauche ». Ces listes seraient porteuses des exigences des classes populaires, d'un programme d'urgence en rupture avec la logique capitaliste et le productivisme pour les régions. Elles seront autonomes et indépendantes du PS et des listes de type Europe Ecologie.
Au second tour, les listes soutenues par le Parti de Gauche et le NPA se battront pour faire gagner la gauche et empêcher que des régions basculent à droite. Pour cela, les deux organisations se prononcent d'ores et déjà pour des fusions « techniques » ou « démocratiques » des listes de gauche à l'exception de tout accord incluant le Modem.
Pour le NPA, au sein de l'institution, les élus de ces listes conserveront leur liberté totale de vote et refuseront d'accepter des mesures et des budgets défavorables aux travailleurs et à la population.
Il subsiste évidemment au stade de cette première rencontre des questions à régler.
Pour le Parti de Gauche, l'ambition est d'être en situation d'appliquer le programme de ces listes dans le nombre le plus important possible de régions. Le plus sûr moyen d'imposer ce rapport de force consiste à placer ces listes en tête des listes de gauche au soir du premier tour.
Pour le NPA, les élus refuseront de contracter des accords de gestion avec les dirigeants du PS et d'Europe Ecologie. En effet, le NPA constate que les majorités de gauche ayant géré les régions depuis 6 ans n'ont pas mené de politique visant à satisfaire les besoins de la population et à répondre aux exigences écologiques. Elles ont pris des mesures qui leur étaient défavorables, par exemple des subventions accordées à des entreprises qui licencient.
A ce stade, les deux partis estiment que ces différences n'empêchent pas de poursuivre le processus entamé aujourd'hui. Au contraire, les deux partis estiment que leur rencontre aujourd'hui contribue à renforcer une dynamique positive et s'en félicitent. Un rassemblement aussi ambitieux est possible, il peut changer bien des choses. Pour le rendre toujours plus crédible, le Parti de Gauche et le NPA vont poursuivre leurs contacts, et s'invitent d'ores et déjà à leurs rendez-vous de l'été. Ils proposent également à tous les partenaires pressentis un groupe de travail commun pour commencer à avancer sur le contenu de ce que pourrait être le programme d'un tel rassemblement pour les régionales.
Paris, le 30 juin.
Pour le NPA : Pierre Baton, Olivier Besancenot, Frédéric Borras, Pierre François Grond, Ingrid Hayes, Guillaume Liégard, Danielle Obono
Pour le Parti de Gauche : Jean Luc Mélenchon, Gabriel Amard, Eric Coquerel, François Delapierre, Audrey Galland, Raquel Garrido, Pascale le Neouannic, Corinne Morel Darleux
http://www.lepartidegauche.fr/editos/actualites/773-declaration-commune-npa-pg-rencontre-30-juin
20 juin 2009
Elections régionales 2010 - Déclaration de la Fédération.
Déclaration sur les élections régionales
de la réunion nationale des 13 et 14 juin 2009
de la Fédération pour une alternative sociale et écologique
Les prochaines élections régionales marqueront-elles un nouvel épisode de l’éloignement des milieux populaires de la vie politique et de la division de la gauche de gauche, ou permettront-elles des pas significatifs face à la droite et au social-libéralisme, dont l’empreinte sur la gestion des Régions reste fortement marquée par l’absence d’une alternative à la hauteur des défis actuels ? La possibilité pour les habitants de peser fortement pour élaborer et imposer des politiques différentes dans les régions - pour réduire les fractures territoriales et sociales, pour le développement économique et social, tenant compte d'une réduction de l'empreinte écologique; pour répondre aux besoins de logement, d’emploi, de santé, de formation… - Cette fracture sera-t-elle renforcée ou diminuée ?
Notre démarche ne peut être de présenter aux élections des candidatures de simples témoignages. Nous voulons contribuer à ce que s’exprime dans la société, dans les urnes et jusque dans les institutions une alternative politique.
Pour la Fédération, cette dynamique a vocation à faire converger toute la gauche de transformation sociale et écologique (PC, PG, NPA, militants antilibéraux d’Europe écologie, Fédération…). La Fédération prend acte positivement de la position exprimée par le Parti de gauche, qui va dans ce sens.
Forte de la dynamique à laquelle elle aura contribué pour des politiques régionales ancrées à gauche, la Fédération pour une alternative sociale et écologique sera partie-prenante en tant que telle de listes de transformation sociale et écologique au premier tour des Régionales indépendantes du Parti socialiste.
Pour le second tour, la Fédération pour une alternative sociale et écologique se battra pour un accord de l’ensemble de la gauche permettant de constituer des majorités populaires répondant aux exigences sociales, écologiques et démocratiques en rupture avec le libéralisme.
A défaut d’un tel accord politique, la Fédération pour une alternative sociale et écologique défendra le principe d’une fusion démocratique entre toutes les listes de gauche afin de battre la droite et d’assurer une juste représentation de ces listes dans les Conseils régionaux. Dans ce cadre, la Fédération exclut toute possibilité d’alliance avec le Modem.
A l’issue de sa réunion nationale, la Fédération pour une alternative sociale et écologique propose que ses collectifs locaux et chacune de ses composantes s’emparent de la présente déclaration et en débattent.
L’Exécutif de la Fédération est mandaté pour prendre contact avec toutes les forces sociales et politiques concernées.
Saint-Denis, le 14 juin 2009
15 juin 2009
Fédération - textes adoptés les 13 et 14 juin 2009
Fédération pour une alternative sociale et écologique
Oui, fédérons-nous !
A l’heure où la crise s’étend, le capitalisme, engagé dans sa course effrénée au profit, détruit la planète, les solidarités. Ceux et celles qui veulent que ça change doivent arriver à dire stop ensemble.
Mais dire stop ne suffit pas : des solutions sont possibles, des alternatives qui préservent les richesses naturelles et permettent un autre usage des richesses produites, la coopération, et non le profit et la concurrence.
Depuis des mois, le rejet de la politique de Sarkozy grandit dans les mouvements sociaux et la population. Dans les petites et grandes actions, on conteste et on essaie de mettre en place d’autres logiques.
Et pourtant la gauche est aujourd'hui dans l'impasse. Le Parti socialiste se montre incapable de proposer une alternative politique, en particulier en refusant de mettre fin à sa dérive social-libérale. Le score important des listes Europe écologie manifeste la forte sensibilité d’une partie des électrices et électeurs aux enjeux écologiques. De façon plus diversifiée, grâce à sa volonté de rassemblement , il a traduit la demande d’issue nouvelle à la crise et l’intérêt pour de nouvelles formes de prise de parole politique, Les forces antilibérales et anticapitalistes éparpillées, à cause de leur division, n’ont pu permettre une expression politique des exigences de transformation sociale et écologique. Cette situation a amené une énorme abstention, elle désoriente celles et ceux qui luttent, ceux qui subissent, et qui sont ainsi maintenu-e-s à l’écart de la politique. Les élections Européennes viennent de le démontrer .L’abstention est aussi produite par le rejet des formes politiques traditionnelles fondées sur la délégation de pouvoir, plus fortement marquées dans les institutions européennes. Cette situation conduit à ce qu’en France, aussi bien qu’en Italie, en Allemagne ou en Grande-Bretagne, seule la droite tire profit de cette dissociation entre colère sociale et accès à la politique.
Plusieurs listes ont présenté des projets si voisins qu’ils auraient dû être communs ! Une campagne unitaire était possible et aurait permis un rassemblement large pour porter toutes les exigences sociales, écologiques, démocratiques, environnementales, féministe et antiraciste au niveau européen.
Notre démarche
Nous ne nous résignons pas. Dès maintenant, nous appelons à fédérer les énergies. Nous voulons inventer de nouvelles relations avec les mouvements sociaux. Cela suppose l’engagement des citoyen-ne-s, membres ou pas, responsables ou pas d’organisations et de réseaux de lutte contre les dominations, contre les discriminations, pour les droits sociaux, pour l’égalité. Les urgences sociales et écologiques ne peuvent être traitées séparément et on ne peut répondre ni à l’une ni à l’autre sans remise en cause du capitalisme.
Les grandes luttes politiques ne pourront désormais être menées que par une convergence de toutes sortes de forces, syndicats, mouvement culturels associations, partis et autres organisations politiques, C’est la condition d’interventions citoyennes pour une nouvelle efficacité.
Aucune structure ne peut à elle seule faire bouger les lignes. La nécessité est bien de rassembler tous les courants de la gauche de transformation sociale et écologique. Ce rassemblement pluraliste, fort de la confrontation des différentes cultures existantes, permettra d’affirmer un projet politique commun tout en développant une dynamique de rassemblement.
La refondation de la démocratie et de la gauche passe par la réinvention des rapports entre forces politiques et mouvement social, mobilisation et institutions.
Nous voulons favoriser les convergences sur le terrain, dans les luttes sociales et écologiques, contre les licenciements et pour l’emploi, contre la casse sociale, contre le démantèlement du droit du travail et des services publics, pour le maintien des droits des femmes , pour la régularisation des sans-papiers, contre la marchandisation du vivant, pour développer le féminisme et l’antiracisme pour de nouvelles formes de production de l’énergie et pour un développement respectueux de l’avenir de la planète.
Nous avons en commun de penser que la société ne peut vivre sur la base d’une égalité de principe démentie chaque jour par les faits. La lutte pour l’égalité, contre les discriminations, (sexistes, racistes, homophobes, élitistes) doit être au centre des préoccupations sociales et politiques.
La refondation de la gauche passe par la redéfinition d’un nouveau projet. Il faut inventer un nouveau mode de développement rompant avec le productivisme ; ouvrant la voie à une appropriation sociale des richesses, des instruments et moyens producteurs de celles-ci, à d’autres rapports de production, à d’autres rapports entre les femmes et les hommes à d’autres objectifs pour l’activité humaine, à d’autres rapports à la nature, à une démocratie renouvelée.
Dans ce but, l’implication des forces sociales et politiques dans la construction de l’alternative et l’invention de formes d’action nouvelles seront décisives. Ces deux enjeux complémentaires supposent de combattre la délégation de pouvoir, Une révolution démocratique est nécessaire, à partir de l’appropriation citoyenne des savoirs et des pouvoirs.
C’est pour cela qu’a été crée la Fédération pour une alternative sociale et écologique. Objet politique toujours en construction et capable d’intervenir immédiatement ; objet construit avec toutes celles et ceux qui le souhaitent, membres de parti ou pas, nous voulons créer une force de type nouveau correspondant à la multiplicité de celles et de ceux qui veulent agir pour une telle alternative et non un parti politique de plus.
Nous nous adressons à toutes les personnes et à toutes les forces sociales qui partagent ces objectifs. Au NPA, au PCF, au PG, à tous leurs militant-e-s comme aux écologistes opposé-e-s au libéralisme, aux associations solidaires, altermondialistes, progressistes, nous lançons cet appel : construisons l’alternative sociale et écologiste, féministe et antiraciste. Pour ne pas subir les crises, ensemble créons les conditions d’une dynamique politique.
Construisons immédiatement un cadre commun de mobilisation politique, autour de ce qui nous rassemble, dans les mobilisations comme dans les élections Abordons ainsi les prochaines élections régionales (voir la Déclaration adoptée le 14 juin). Donnons-nous les moyens de changer les rapports de force tout en débattant de la nécessaire transformation sociale et écologique.
La Fédération pour une alternative sociale et écologique soutiendra les initiatives, locales et nationale, en vue des Assises du changement proposées par Politis.
Ensemble
La diversité de la Fédération est sa force. Y participent Les Alternatifs, la Coordination Nationale des Collectifs Unitaires(CNCU), l’Association des Communistes Unitaires (ACU), le Mai, ÉcologieSolidaire, AlterÉkolo, Alternative-Démocratie-Socialisme (ADS), Utopia, des militant-e-s du mouvement social, des élu-e-s.
Elle est un outil pour rassembler largement. Cette force, c’est à nous de l’amplifier, de la faire connaître, de la bâtir tous ensemble. Toutes et tous ensemble !
10 juin 2009
Communiqué de la Fédération Le combat unitaire pour une alternative -
Le combat unitaire pour une alternative
sociale et écologique continue
La Fédération partage la déception de celles et ceux qui voudraient une gauche à la hauteur des crises actuelles : malgré les fortes mobilisations des derniers mois, l’UMP reste la première force politique du pays lors des élections européennes.
Avec l’ampleur considérable de l’abstention, c'est le signe d'un dysfonctionnement important de la représentation politique, en particulier d'un grave décalage entre la politique institutionnelle et les mouvements sociaux.
Le résultat du PS témoigne une nouvelle fois de son incapacité à proposer une alternative politique, en particulier en tirant les conséquences de la victoire du Non au référendum de 2005.
Celui de la liste Europe écologie manifeste à la fois la forte sensibilité d’une partie substantielle des électeurs aux enjeux écologiques et la recherche d’issues nouvelles à la crise actuelle.
A l’échelle de toute l’Europe aussi, la forte progression de l’abstention traduit l’absence de confiance et le sentiment d’impuissance de la population devant l’Union européenne telle qu’elle est.
Dans la plupart des pays, les poussées populistes, à droite et à l’extrême droite expriment aussi ce désarroi.
Face aux crises sociales écologiques, économiques, démocratiques, des réponses alternatives sont plus que jamais nécessaires. La division de la gauche de transformation sociale et écologiste n'a pas permis de changer le champ politique.
Nous nous adressons à toutes les personnes, aux acteurs des mouvements sociaux et aux forces politiques opposées à la droite et indépendantes du PS. Au NPA, au Front de gauche (PCF, PG, GU) à tous leurs militant-e-s comme aux écologistes opposé-e-s au libéralisme, nous lançons cet appel : construisons et portons ensemble un projet d’alternative sociale et écologiste. Pour ne pas subir les crises, ensemble, créons les conditions d’une dynamique politique d’un type nouveau.
C’est ce à quoi notre fédération entend contribuer.
9 juin 2009
contact@lafederation.org
02 mars 2009
Communiqué de la Fédération
Urgence pour la convergence
de la gauche de transformation sociale en juin 2009
Alors que des mobilisations fortes sont en cours (Guadeloupe, Martinique, monde universitaire, 19 mars…) et que leur prolongement dans les urnes constitue un enjeu majeur pour la construction d’une alternative sociale et écologique, le risque d’échec d’une convergence unitaire à l’occasion des élections européennes de juin 2009 se dessine. Il est urgent de réagir !
La Fédération a souligné, lors de sa rencontre avec le NPA, le 18 février, qu’aucun préalable ne devrait empêcher l’unité de la gauche de transformation sociale.
La demande de rencontre qu’elle a adressée au PCF et au PG le 10 février dernier n’a eu à ce jour aucune réponse.
La Fédération souligne la responsabilité de chacun pour enclencher une dynamique unitaire capable de prolonger le Non de gauche au TCE, de développer la lutte contre le Traité de Lisbonne et de porter ensemble des exigences anticapitalistes et écologiques en faveur d’une autre Europe.
Elle se fait l’écho de l’exigence unitaire qui s’exprime dans toutes les sphères de la gauche de transformation sociale et du risque de la décevoir.
La Fédération propose de concrétiser maintenant une démarche la plus large et la plus ouverte possible. Elle propose au NPA, au PCF et au PG la tenue rapide d’une rencontre pour créer les conditions d’une telle dynamique politique.
Le 26 février 2009
23 février 2009
Européennes - lettre d'un militant
Giovannetti Germain
Ingénieur Arts et Métiers
Le 21 février 2009
Mesdames Sandra Demarq et Christine Mendelshon,
Messieurs Eric Coquerel et Georges Sarre
En main l’exemplaire du journal l’Humanité de ce jour et le débat auquel vous avez participé, y représentant le MRC, le NPA, le PCF et le PG, sur le thème « Un front de gauche pour quoi faire »
Il apparaît qu’il est à craindre qu’aux élections européennes nous dussions faire notre deuil d’une liste regroupant toute la gauche altermondialiste, la vraie gauche de gauche, dans chacune des 7 circonscriptions métropolitaines.
Je suis un militant de base, tout à fait de base. Je crois devoir vous faire part de la façon dont je perçois cette éventualité en la regardant de mon point de vue, d’en bas, tout à fait d’en bas, je dirais même d’en dessous :
Sans liste commune, nous irons à l’échec pour deux raisons :
La première est que deux listes qui se partagent un électorat obtiennent à la proportionnelle moins de sièges qu’une liste unique qui aurait l’électorat en entier.
La seconde est que l’électorat à se partager sera gravement rabougri.
Pourquoi rabougri ? Je prétends que le total des voix liste 1 plus liste 2 sera forcément plus petit que le total qu’aurait obtenu une liste regroupant 1 et 2.
Suivez mon raisonnement :
Sans revenir sur le Traité Constitutionnel Européen, comment cette bataille a-t-elle été gagnée ?
Ce n’est pas ATTAC ou Copernic par leurs études qui l’ont gagnée, bien qu’ils y aient contribué. Ce n’est pas Mélanchon, ou Raoul Marc Jennar par leurs discours, bien qu’ils y aient contribué. Ce n’est pas le PCF ou la LCR par leurs actions, bien qu’ils y aient contribué. Ce n’est pas vous et moi qui nous sommes démenés, bien que nous y ayons contribué…
Ceux qui ont gagné le NON au référendum, ce sont une masse de citoyens de base, (que j’estime à deux, trois, quatre millions, je ne sais, sur 45 millions d’électeurs), qui n’ont pas d’attaches politiques, qui ne s’intéressent que de temps en temps à la politique, bien qu’ils se tiennent au courant des affaires publiques, et qui à l’occasion du référendum, se sont interrogés, ont lu les tracts et écoutés les émissions, qui ont vérifié dans le texte de la Constitution l’exactitude des arguments, qui quelquefois sont venu aux réunions publiques, qui ont compris et mesuré la gravité du TCE et ont formé leur opinion, et qui en ont parlé autour d’eux, à la pause au bureau ou à l’atelier, autour de la machine à café ou au restaurant d’entreprise, qui en ont parlé à la réunion de famille, qui en ont parlé en regardant jouer aux boules et en allant à la pêche. Amplifiant ainsi nos explications dans une résonance puissante qui a couvert et surclassé la propagande des média.
Nous, la gauche de gauche, ne pourrons gagner des élections, et même plus simplement, gagner en influence dans les combats quotidiens, que si nos idées sont relayées par ces citoyens en générant une prise de conscience massive.
Vous me direz que j’enfonce une porte ouverte ? Que tout militant sait qu’il faut que les idées s’emparent des masses pour qu’elles deviennent une force. Certes ! Mais cette prise de conscience d’une masse d’électeurs ne s’est pas produite à l’occasion de l’élection présidentielle. La gauche de gauche n’a pas satisfait à cette condition évidente, et un boulevard s’est ouvert pour Sarkozy. Nous le payons tous fort cher.
Les citoyens de base sont rentrés dans le débat sur le TCE parce que l’éventail des partisans du NON était suffisamment large pour qu’ils puissent prendre position sans être confondu avec les propagandistes de tel ou tel Parti. La nature humaine de ces citoyens est ainsi faite. Ils veulent paraître neutres. Ils sont la masse.
A L’élection présidentielle ils sont restés silencieux.
Plus que silencieux. Ils hésitaient entre les divers candidats de la gauche de gauche, et étaient tiraillés aussi par le vote utile. Ils ne pouvaient pas exprimer leur opinion, ils n’en avaient pas. Ils la cherchaient. Plus que silencieux, ils étaient paralysés.
L’état des lieux est identique pour les Européennes.
S’il y a dans la gauche de gauche une liste 1 et une liste 2, ces électeurs ne sauront pas pour qui voter, ne dirons pas pour qui ils votent. Même s’ils ont une préférence, ils ne l’afficheront pas. Ils seront accablés de voir cette division, ils ne se mobiliseront pas pour convaincre les 45 millions d’électeurs qui les entourent qu’il y a mieux à faire que de gober les racontars des télés et média.
Les opinions, les positions politiques des listes 1 comme 2 ne seront pas relayées.
Concrètement, pour moi, militant de base, voyant les choses d’en bas, tout à fait d’en bas, je dirais même d’en dessous :
S’il y a une liste d’union, je distribuerai des tracts sur le marché et ailleurs. J’y rencontrerai des camarades d’un autre parti soutenant la même liste. Nous aurons un salut fraternel. S’ils sont ici j’irai à un autre point pour toucher d’autres passants. Si l’un manque de papier il puisera dans le stock de l’autre, c’est le même.
Un électeur s’arrêtera pour me dire qu’il est d’accord, qu’il nous soutient. Un autre qu’il sera au meeting demain soir, et qu’il y mènera son voisin, ou son frère et sa belle sœur. Un troisième encore viendra, qui aura l’air inquiet et hésitant, je l’amorcerai, et il me dira « Moi je comprends pas trop, mais je connais quelqu’un de très bien, qui m’a dit qu’il fallait voter pour vous ». Je le conforterai. C’est celui qui nous fera gagner.
S’il y a deux listes, je distribuerais sur le marché des tracts pour ma liste. J’y rencontrerai des militants de l’autre liste. Nous aurons un bonjour crispé. Je resterai à proximité pour occuper le terrain. Un électeur lambda viendra demander pourquoi il n’y a pas unité ? Je lui en expliquerai le pourquoi, et que s’est de la faute de l’autre. Alors il ira trouver l’autre qui lui expliquera un autre pourquoi et que c’est de la faute du premier. L’électeur triste et lassé, rentrera chez lui, il réfléchira à ce que l’un et l’autre lui ont expliqué : Ce que vous expliquez dans le débat de ce jour dans l’Humanité.
En substance le désaccord porte sur la vision de l’avenir. Vouloir le contrôler est légitime, mais l’avenir est par nature inconnu. Il peut changer de façon imprévisible.
S’y imaginer revient à vendre la peau de l’ours avant de l’avoir posé par terre…
Alors l’électeur triste et lassé trouvera, comme moi, ces raisons certes réelles, mais un peu secondaires en regard des urgences du présent.
Alors il sentira que tout cela le dépasse, il renoncera à en discuter au bureau ou à la réunion de famille, il n’ira pas convaincre mon troisième interlocuteur. Il s’occupera de ses problèmes à lui, de sa famille de ses enfants. Il deviendra un individualiste.
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S’il y a une seule liste, les militants se défonceront. Ils seront présents le samedi sur les marchés et aussi dans la semaine. Ils seront encouragés en recevant en retour de ces électeurs de base une chaude approbation. Ils auront, comme nous l’avons eu au référendum, la sensation « que la mayonnaise est en train de prendre ».
S’il y a deux listes, les militants devront ramer dur, à contre courant, en se heurtant au scepticisme au pessimisme des électeurs, ils se décourageront, ils s’épuiseront.
Ce ne sont pas les 9 000, adhérents du NPA ni les XX 000 adhérents du PCF du PG ou du MRC qui peuvent interpeller, dialoguer, expliquer à 45 millions d’électeurs…
Les diverses composantes de la gauche de gauche ont le choix entre deux éventualités :
Ensemble, s’entendre et gagner un terrain formidable.
Ensemble, se diviser, perdre toute crédibilité et aller au trou.
Ils ne parviennent pas à s’entendre ?
Les uns et les autres nous expliquent qu’en Palestine, le Hamas et le Fatah devraient se réconcilier, et qu’une négociation pourrait alors aboutir entre palestiniens et israéliens. Serait ce plus compliqué entre MRC, NPA, PCF et PG devant les urgences du présent ?
Vu d’en bas, vu d’en dessous, j’entends une phrase qui remonte au Front Populaire en 1936 : « …Nous serons unitaires pour deux ».
Bien fraternellement à tous ceux qui m’ont lu.
Recevez mesdames messieurs mes meilleures salutations.
Giovannetti Germain
21 février 2009
Maine et Loire - création de la Fédération
Le titre donné par Ouest France, dans sa publication du 21 février, prête à confusion. La Fédération n'est pas une force politique supplémentaire, mais la Fédération de mouvements, associations et partis politiques existants. Sur le département, les alternatifs et la Gauche Alternative Choletaise sont les premières composantes.
La Fédération, c'est la Fédération de toutes et de tous. Parmi les personnes membres de la Fédération, on retrouve aussi bien des Alternatifs, des Verts, des membres du Parti Communiste Français, de récents membres du parti de Gauche, des décroissants, et probablement des personnes proches, voir membres du NPA. Mais, de nombreux militants actifs ne sont membres d'aucun parti.
Prochainement, une réunion de lancement sera proposée. Nous comptons sur la volonté d'action de chacun, qu'il soit déjà politiquement engagé ou non, afin de construire localement un travail collectif.
13 février 2009
La Fédération et les Européennes - résolution du samedi 7 février 2009
Pour une alternative sociale et écologique en Europe : des listes unitaires de la gauche de gauche
La démarche de la Fédération excède de loin la seule question électorale, même si elle l’intègre. Elle s’inscrit dans la durée, forte de la conviction que l’élaboration d’un projet politique et l’invention d’un nouveau rapport à la politique nécessitent un travail de fond.
Dans le même temps, l’échéance de juin 2009 constitue un enjeu politique majeur.
Après le Non au TCE de 2005, il s’agit de mettre en échec la politique libérale de l’Union européenne et de contester la domination du social-libéralisme sur la gauche.
Il s’agit de développer une démarche de rassemblement des forces politiques et sociales les plus larges et diverses pour favoriser l’appropriation citoyenne des enjeux européens et de crédibiliser une alternative sociale et écologique.
Un texte sur ces enjeux avait été diffusé lors de la conférence de presse de présentation de la Fédération, le 17 décembre 2008.
Il commençait ainsi : « Nous agissons, ensemble, pour faire exister en vue des élections européennes de juin prochain, une unité de toutes les forces qui veulent une autre Europe et combattent ce qu’elle est ». Il appelait à « la constitution de listes de large union des partisans d’une Europe sociale, démocratique et écologique, en rupture avec la domination des marchés financiers et la mondialisation libérale » et évoquait le fait que « Des forces comme le Parti de gauche et le PCF se sont prononcées ; le NPA, visiblement, en discute ».
Il soulignait aussi que « Tous les écologistes partageant les mêmes engagements que nous devraient aussi prendre leur place dans cette unité, en particulier celles et ceux qui se sont retrouvés dans la campagne de José Bové ».
Cette ligne stratégique de la Fédération reste entièrement d’actualité : oeuvrer pour la constitution de listes unitaires de toute la gauche de gauche.
Au cours des dernières semaines, des évolutions se sont faits jour :
le PCF et le Parti de gauche ont lancé ensemble un « Front pour de gauche pour changer d’Europe ». Ils se sont exprimés ainsi le 21 janvier : « Unir, inlassablement, dans le respect de chaque partenaire, pour construire un Front de Gauche pour changer d’Europe tel est l’objectif des deux formations afin que l’ensemble des groupes et forces politiques de gauche susceptibles de participer à ce front puissent y prendre toute leur place ». Dans ce cadre, ils ont décidé de démarches conjointes à l’égard des organisations de gauche concernées ;
le NPA a poursuivi son débat interne avant son congrès constitutif, qui devrait exprimer l’impossibilité de liste de toute la gauche de gauche tout en lançant un appel à une convergence des forces anticapitalistes ;
dix organisations de la gauche de gauche se sont exprimées ensemble pour soutenir le mouvement du 29 janvier, ce qui renforce la pression en faveur d’une convergence de toute la gauche de gauche en juin prochain ;
l’appel Politis (4000 signataires à ce jour) a essaimé en province, avec le développement d’initiatives pour des listes unitaires, et localement, des initiatives locales de la Fédération traitent du même enjeu ;
des réunions et contacts formels et informels en différentes composantes de la Fédération et entre certaines organisations ou courants participant à la fédération et les partenaires potentiels de listes unitaires ont eu lieu.
Force est de constater que jusqu’à présent, il n’existe aucun cadre unitaire pour co-élaborer la démarche, les contenus et les listes, alors que sont prises des initiatives qui esquissent déjà, ou préfigurent les grands traits d’une campagne
La Fédération reste tendue vers son objectif d’une dynamique qui réunirait toute la gauche de gauche.
Les conditions évidentes d’un tel rassemblement sont le rejet du traité de Lisbonne et l’engagement des députés élus à ne pas siéger dans les groupes de droite ou du PSE au Parlement européen.
La perspective d’une convergence du même type lors des prochaines échéances locales (élections régionales,…), abordée par le NPA, est, elle un enjeu de cohérence et d’indépendance à l’égard du Parti socialiste. Nous sommes prêts y compris pour les prochaines échéances électorales, à un rassemblement politique durable dans les luttes et dans les urnes, mais nous ne faisons pas de l’accord sur cette perspective une condition préalable à un front électoral aux européennes.
Dans les prochaines semaines :
Pour la Fédération, il sera nécessaire de faire le bilan des tentatives de réunir sur des listes unitaires toute la gauche de gauche et, en fonction des avis des collectifs locaux et des composantes, de faire un choix partagé.
La Fédération propose la tenue d’une réunion nationale et de réunions locales avec toutes les forces de la gauche de gauche prêtes à converger à l’occasion du scrutin de juin prochain.
25 décembre 2008
Une nouvelle fédération à gauche (article de Politis)
article à lire sur : http://www.politis.fr/
Les Communistes unitaires, les Alternatifs, les Collectifs antilibéraux et la gauche des Verts lancent une organisation d’un type nouveau.
ILS EN PARLAIENT depuis un certain temps déjà. Cette fois, c’est fait : la gauche de transformation sociale et écologiste lance sa fédération. La naissance de la nouvelle structure devait être officialisée mercredi matin, dans un café parisien où s’étaient donné rendez-vous Martine Billard, députée des Verts, animatrice du courant Ecologie solidaire ; les Alternatifs, héritiers du PSU ; Gilles Alfonsi, Patrick Braouezec, Pierre Zarka pour les Communistes unitaires ; Yves Salesse, Pierre Cours-Salies pour les Collectifs antilibéraux ; la militante féministe Clémentine Autain ; les amis de l’ancien ministre communiste Marcel Rigout, et quelques autres, dont les altermondialistes de « Mai » et les Alter Ékolo, de Francine Bavay, qui ont pris leur décision lundi après une consultation interne… L’énumération suffit à suggérer que nous avons affaire à une initiative originale par sa diversité et son pluralisme entre militants issus d’une tradition productiviste et des écologistes antiproductivistes. Mais ces clivages ne sont plus d’actualité depuis longtemps déjà, tant les Communistes unitaires ont intégré le paradigme écologiste.
La nouvelle fédération s’adresse donc à toutes les forces politiques de la gauche non socialiste. Mais elle s’adresse aussi aux « citoyens » n’appartenant à aucun mouvement, ni à aucune organisation. Elle se veut « ouverte », et en devenir, prête à accueillir, selon l’expression de Gilles Alfonsi, des « histoires et des cultures différentes ». Ses initiateurs se revendiquent aussi bien du mouvement ouvrier, de la marche des Beurs de 1983, des grandes grèves dans les services publics de l’hiver 1995, de l’altermondialisme, que du « non » au référendum de 2005. Ils soulignent que leur fédération « n’est pas un parti ». Structure transversale, elle permet la double appartenance. Martine Billard et Francine Bavay, notamment, sont toujours membres des Verts, et les Communistes unitaires, qui apportent dans la corbeille de mariage des effectifs non négligeables, restent pour la plupart au sein du Parti communiste. Beaucoup Réunion des Communistes unitaires le 13décembre. ont d’ailleurs mené bataille derrière Marie-Pierre Vieu lors du congrès (voir ci-contre l’article de Michel Soudais). Des communistes qui n’appartiennent pas au courant « unitaire » pourraient également faire le choix d’une double appartenance. Enfin, des militants du courant Utopia restés au Parti socialiste, pendant que d’autres adhéraient au Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon, pourraient rejoindre la jeune fédération. Au total, c’est, du côté écolo, la plupart des protagonistes de la réunion de Miremont, du mois d’août dernier, qui devraient se retrouver là.
L’entreprise est à la fois audacieuse et passionnante. Audacieuse, en ce qu’elle fait le pari d’exister dans un univers encore structuré par des partis aux formes plus traditionnelles - les « fédérés » souhaitent aussi faire porter leur réflexion sur les formes d’organisation les mieux adaptées à notre époque -, et passionnante, parce qu’elle poursuit un travail de convergence entre des cultures politiques différentes. En cela, elle s’inscrit pleinement dans l’esprit de l’Appel de Politis. Un peu plus d’un mois avant le premier congrès du Nouveau Parti anticapitaliste, et trois semaines après le lancement du Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon, l’espace politique de la gauche sociale et écologiste s’enrichit d’une nouvelle création.
Denis Sieffert.
19 décembre 2008
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