09 avril 2009
ÉTATS-UNIS - La télé-réalité comme nouvelle formule de licenciement ?
Transformer le licenciement sec en télé-réalité : c'est la dernière trouvaille des concepteurs d'Endemol aux États-Unis... Le jeu s'intitule Someone's Gotta Go (Quelqu'un doit partir) et devrait être diffusé sur la Fox, chaîne de l'impitoyable Rupert Murdoch. Pas très étonnant. À l'image des programmes à élimination, Someone's Gotta Go va proposer aux salariés d'une entreprise en difficulté de décider chaque semaine qui doit prendre la porte et qui mérite d'être mieux payé. Une jolie partie de massacres au pays de Walt Disney, où même la crise économique demeure une occasion de jouer... avec la vie des gens.
La suite ici
source : Le Point - 09 avril 2009
02 mars 2009
Contre le libéralisme autoritaire,
Philippe Meirieu
Professeur en sciences de l’éducation
à l’université LUMIERE-Lyon 2
On connaît les principales mesures venues, depuis plus d’un an, mettre à mal l’institution scolaire française : nouveaux programmes de l’école primaire qui, au prétexte de renforcer les « apprentissages fondamentaux », font de l’élève une « machine à exercices » et privent les enfants défavorisés de l’accès à la signification des tâches et de la culture scolaires… disparition programmée des RASED qui pouvaient apporter aux élèves en grande difficulté des aides adaptées… suppression des cours le samedi matin au détriment des équilibres de vie des enfants… mise en place d’évaluations systématiques, sans justification pédagogique, simplement pour fournir des indicateurs à des parents réduits au statut de « clients »… disparition progressive de la carte scolaire avec la promesse aux familles qu’elles pourront choisir l’école de leurs enfants alors qu’en réalité, ce sont les écoles qui choisiront leurs élèves, creusant ainsi les inégalités… suppression des aides aux initiatives artistiques et culturelles alors qu’il faudrait, au contraire, les renforcer pour compenser le crétinisme de la télévision et lutter contre la sidération par les jeux vidéos… disparition de toute véritable formation professionnelle en alternance pour des enseignants condamnés désormais à osciller entre la répression et la dépression… abandon de toute ambition pour les collèges laissés en jachère alors que beaucoup d’entre eux sont au bord de l’explosion… traitement méprisant des mouvements d’Éducation populaire et pédagogiques dont certains sont gravement menacés dans leur rôle d’appui à l’institution scolaire…
Ces mesures nous sont présentées comme des « réformes », mais je me refuse, pour ma part, à les nommer ainsi. D’une part, parce que cela sous-entendrait qu’il s’agit de « transformations nécessaires » et que ceux qui s’y opposent sont des conservateurs. D’autre part, parce que l’idéologie dominante et la rhétorique gouvernementale présentent toujours ces « réformes » comme inévitables : « Il n’y a pas d’autre solution si nous voulons… que nos enfants sachent lire… qu’on ne gaspille pas nos impôts… que nous tenions notre place dans le monde… etc. ». Or, en réalité, il y a toujours d’autres solutions. Et le rôle des politiques, c’est justement de présenter des scénarios en indiquant les chances et les risques qu’ils comportent, de les référer aux finalités envisagées et aux moyens mobilisables. A minima, il incombe aux décideurs d’associer tous les partenaires à l’exploration de ces scénarios et de mettre à contribution les chercheurs pour éclairer les choix… Or, que voyons-nous ? Des décisions unilatérales, précipitées, sans véritable anticipation de leurs conséquences, sans aucune mobilisation de l’intelligence citoyenne. Des décisions présentées comme « les seules possibles » : « Il était inévitable de supprimer les cours le samedi matin car cela correspond à une évolution sociologique irréversible et à une demande massive des familles. » Mais pourquoi l’École devrait-elle se caler systématiquement sur les évolutions sociologiques ? Et qui sait si les parents n’auraient pas, finalement, opté, s’il leur avait été présenté, pour un « plan B », comme, par exemple, le fait de faire du samedi matin une plage scolaire plus particulièrement consacrée au dialogue avec les familles, avec la possibilité d’assister aux cours par petits groupes, de débattre des exigences de l’école et des conditions de la réussite scolaire ?... Mais cela n’a jamais été proposé, ni même envisagé ; et, évidemment, aucun sondage n’a été commandé pour voir ce que les Français en penseraient.
Ainsi, ce n’est pas un hasard si le gouvernement, aujourd’hui, refuse les véritables concertations, s’enferme dans des négociations bilatérales sur ses propres projets sans jamais présenter plusieurs hypothèses et travailler à les affiner. En « réformant » à la hussarde, il focalise l’attention sur ses seules propositions et paralyse toute velléité de créativité collective. Il suscite les réactions de ceux et celles qui se sentent agressés et peut alors jeter en pâture à l’opinion leur « corporatisme ». Au total, il contraint ses adversaires à faire son jeu en protestant contre ses actes. Il peut même ainsi… les rendre fous !
D’autant plus que les mesures auxquelles nous assistons aujourd’hui n’apparaissent pas spontanément comme participant d’un projet global... En effet, d’un côté, on active toutes les rivalités possibles entre les personnes et les
institutions, tandis que, de l’autre, on renforce les prérogatives d’un pouvoir central déjà très puissant. Et émerge ainsi sous nos yeux une sorte de configuration étrange : le libéralisme autoritaire. Mais une configuration particulièrement cohérente en réalité, avec deux faces totalement indissociables…
Libéralisme : parce que ce qu’on nomme « modernisation » n’est jamais que la mise en concurrence systématique de tous les acteurs au nom de la « bonne vieille morale » de la « Fable des abeilles » du 18ème siècle : « Les vices privés font les vertus publiques. » Ainsi, l’État ne garantit plus la qualité du service public, mais délègue cette charge à la rivalité instituée entre les personnes et les institutions. Un exemple particulièrement parlant de cette méthode est représenté par la manière dont le gouvernement vient de « dissoudre » les IUFM : ce n’est plus lui qui garantira la qualité de le formation pédagogique des enseignants – ni l’équité territoriale dans ce domaine –, c’est la pluralité des offres d’universités « autonomes » désormais condamnées à la concurrence.
Autoritaire : parce que, pour créer les conditions de la concurrence généralisée, le pouvoir politique doit imposer un recul systématique de l’État dans tous les domaines et par tous les moyens. Son désengagement l’amène ainsi à organiser la dévolution systématique de ses prérogatives aux collectivités territoriales ou aux associations, sans leur donner les moyens de les assumer… et tout en maintenant la pression maximale sur elles au nom de ces mêmes prérogatives !
Libéralisme : parce qu’on joue systématiquement sur les conflits d’intérêts et qu’on oppose les gens les uns aux autres en créant de la suspicion permanente : pour les parents, les enseignants sont des corporatistes archaïques ; pour les enseignants, les parents sont des consommateurs intrusifs… pour tous, les chômeurs sont des profiteurs, les malades des dépensiers, les enfants des délinquants potentiels, les adultes des mal-traitants en puissance, etc.
Autoritaire : parce que, pour éviter l’explosion d’une machine qu’on laisse s’emballer et dont on libère massivement les forces centrifuges, on doit construire un « contenant » suffisamment puissant, avec des dispositifs de surveillance, de contrôle et de répression censés éviter les débordements qui mettraient en péril la survie même du système.
Libéralisme : parce qu’on affirme aux Français qu’ils vont, enfin, pouvoir choisir dans tous les domaines ce qui correspond à leurs désirs. Et que la machinerie économique et publicitaire tout entière les place dans une situation de surchauffe pulsionnelle permanente.
Autoritaire : parce que, pour éclairer les choix des consommateurs, il faut imposer des mesures et des quantifications permanentes de tout et de tous, construire, toujours et partout, des palmarès… Il ne s’agit pas, en effet, aujourd’hui, pour les fonctionnaires, de « rendre des comptes » – comme cela est, bien évidemment, exigible dans toute démocratie –, mais bien de régler toute leur activité sur des critères exclusivement comptables… avec le danger de réduire cette dernière à ce qui est strictement quantifiable à très court terme, au détriment des missions qui exigent un travail en profondeur sur le long terme, comme l’éducation, la culture, la recherche ou la santé psychique. Partout, il s’agit de « faire du chiffre » pour « se positionner », « rester dans la course », « être visible en affichant des résultats ». Or, « faire du chiffre » n’est pas – c’est le moins que l’on puisse dire ! – un gage de la qualité du travail d’un fonctionnaire : chacun sait que, dans un lycée, on peut obtenir d’excellents résultats au baccalauréat, simplement en sélectionnant plus sévèrement les élèves à l’entrée. Comme l’écrivaient les enfants de Barbiana, dans la Lettre à une maîtresse d’école publiée en 1967, exiger d’un service public de « faire du chiffre », c’est « condamner les hôpitaux à soigner les bien-portants et à exclure les malades. »… Pour autant, nous ne pouvons pas nous réfugier dans l’irresponsabilité sociale en invoquant l’ineffable, mais nous devons exiger d’être associés, en tant que citoyens et dans des collectifs institués, à la définition des critères qui permettent de juger de la « réussite de nos missions ». C’est ainsi que nous parviendrons peut-être à instaurer un minimum de fonctionnement démocratique dans le libéralisme autoritaire et technocratique qui nous envahit.
Reste néanmoins à comprendre les raisons de ce qui nous arrive. Comment se fait-il que ce modèle politique du libéralisme autoritaire ait réussi à s’implanter ? La question est essentielle car, si nous parvenons aujourd’hui à faire reculer le gouvernement sur telle ou telle mesure, nous ne pourrons lutter à long terme pour de véritables alternatives que si nous sommes capables d’identifier ce qui a permis d’en arriver là et comment on peut, à l’avenir, y échapper. Je fais l’hypothèse que, si le libéralisme autoritaire se développe aujourd’hui, c’est parce qu’à la fois, il existe un problème de fond dans notre « démocratie » et qu’à sa manière l’actuel Président de la République et son gouvernement y apportent une réponse… certainement pas la bonne, mais une réponse.
Le problème de fond est bien identifié : depuis la chute de toutes les formes de théocratie, nous avançons dans le vide, sans référent ni verticalité capables de nous rassembler et de nous faire « tenir ensemble ». Chacun d’entre nous devient maître de son destin et ses choix personnels ne sont plus dictés par l’obéissance à des règles de conduite consensuelles. L’individu se fonde lui-même et s’autoréférence. La modernité est ainsi marquée par ce que l’on nomme « l’individualisme social »… Pour ma part, je ne nourris aucune nostalgie à l’égard des théocraties religieuses ou politiques qui nous ont longtemps tenu sous leur joug. Je ne regrette pas le moins du monde les « bonnes vieilles méthodes » en éducation – qui côtoyaient une « pédagogie noire » particulièrement pathogène – pas plus que je n’aspire à la domination d’un chef charismatique dans un groupe fusionnel qui nous permettrait de restaurer un semblant d’unité… En revanche, je crois que le défi du fonctionnement démocratique de notre République n’a pas été véritablement relevé : nous ne sommes pas parvenus à créer des institutions, locales et nationales, dans les entreprises et les services publics, pour travailler collectivement à la définition et à la mise en oeuvre du « bien commun ». Nous restons ainsi, très largement, une collection d’individus juxtaposés. Certes, nous sommes étroitement dépendants les uns des autres, mais cette dépendance n’est pas une solidarité positive au nom d’une promotion collective, elle est une manière d’utiliser les dispositifs sociaux en fonction des seuls bienfaits qu’ils peuvent nous apporter au titre de nos revendications individuelles… Ainsi, sommes-nous condamnés à une fuite en avant, de prothèse revendiquée en prothèse exigée, quand il nous faudrait construire des institutions qui s’assument comme collectifs capables d’aider chaque sujet à mobiliser, tout à la fois, ses ressources internes et celles du groupe, et cela en une interaction permanente, seule susceptible de construire ce qu’on nomme « le lien social ». Aucun véritable « lien social » n’est possible, en effet, si l’individu se vide de « ce qui fait sujet en lui » ; aucun « lien social » ne peut être construit avec des individus qui sont en permanence dans la position de « profiter sans s’impliquer ».
Ainsi, faute d’avoir été capable de penser des collectifs solidaires adossés à des valeurs communes, notre modernité démocratique reste infiniment fragile. Elle est particulièrement sensible aux sirènes du discours libéral autoritaire. À cet égard, la thèse de Margaret Tatcher – « Il n’y a pas de société, il n’y a que des individus… » – reste la matrice idéologique de la politique que nous subissons. Et si le Président de la République, quoique devenu impopulaire, reste « en phase » avec la majorité de la population, c’est que, justement, il s’adresse toujours aux individus. Il leur dit : « Je ferai en sorte que vos enfants soient gardés les jours de grève… Si vous n’êtes pas contents de votre école, vous pourrez en changer… Si vous voulez gagner plus, vous pouvez le faire… Recherchez votre intérêt et ne vous inquiétez pas des autres… N’ayez pas peur des conflits, la police vous protège… ». Et c’est bien parce
que ce discours s’adresse à l’individu privé en chacun d’entre nous dans un monde de plus en plus individualiste qu’il fonctionne… Qu’on ne se méprenne pas cependant : les intérêts individuels, tous les intérêts individuels, peuvent être légitimes. Ce qui n’est pas légitime, c’est de réduire le « bien commun » à la somme ou à la mise en concurrence des intérêts individuels. Le pari de la démocratie dans la
République, c’est de faire travailler des « institutions » afin qu’elles permettent de s’exhausser au-dessus du déchaînement des rivalités personnelles. C’est pourquoi
nous avons besoin – si nous voulons nous écarter durablement des ornières que nous connaissons aujourd’hui – de renverser la vapeur, d’inventer un fonctionnement
qui mobilise les citoyens dans des projets solidaires.
Deux pistes me paraissent devoir être explorées pour cela. La première, c’est celle que nous expérimentons avec « l’appel des appels », c’est ce qui est en train de s’expérimenter dans le pays : sortir de nos isolements, faire le lien entre les différents secteurs frappés par le libéralisme autoritaire, se parler, tenter de comprendre ce qui nous réunit, identifier ce qui nous rapproche et comment nous pouvons nous compléter. Il y a là quelque chose d’essentiel à mes yeux et que je vois s’ébaucher aujourd’hui. Ainsi, par exemple, dans les écoles primaires, on observe une formidable évolution : les parents et les enseignants se mettent à travailler ensemble, les élus locaux et le tissu associatif s’y associent, des dynamiques sont à l’oeuvre… qu’il faudra prolonger bien au-delà des combats d’aujourd’hui.
Enfin, une deuxième piste me semble devoir être plus que jamais travaillée : la « refondation » des services publics. Il nous faut sortir de cette oscillation mortifère entre le « tout État » et le « tout marché », deux postures qui s’opposent et se nourrissent réciproquement. Le « tout État » n’est pas la garantie de la qualité des services publics : le bloc soviétique en a été un triste exemple. Le « tout marché » n’est pas, non plus, la garantie de la qualité des services publics, ni du développement harmonieux de nos sociétés : la crise financière et économique actuelle en est la preuve indiscutable. Pour autant, il ne suffit pas d’introduire plus d’État quand le marché impose sa dérégulation, ni d’introduire plus de marché quand le contrôle de l’État devient une technostructure tatillonne qui s’enferme dans des procédures kafkaïennes. On ne construira pas un service public réellement conforme au fonctionnement démocratique de notre République en s’épuisant dans de savants dosages entre l’État et le marché… Il faut vraiment « changer de logiciel » : il faut instituer des « services publics citoyens » où ceux et celles que l’on ne doit plus appeler les « usagers » soient associés à l’amélioration du fonctionnement et à la recherche de la qualité. Il nous faut, en particulier, une institution scolaire qui accepte de travailler avec les élèves et les parents pour que, dans le respect des responsabilités réciproques, on puisse débattre de tous les dysfonctionnements qui émergent et inventer ensemble des solutions. Il faut, dans le cadre d’un cahier des charges national clair qui fixe les engagements de la Nation envers sa jeunesse, que chaque école et chaque établissement puissent se mobiliser collectivement autour d’un projet. Il faut que les professionnels de l’éducation – comme ceux du soin, du travail social ou de la culture – ne soient plus condamnés à souffrir seuls face à des échecs inévitables, mais soient accompagnés et aidés pour fabriquer du collectif avec leurs partenaires… On pourra ainsi construire une École où plus jamais on ne laissera un seul élève, une seule famille dans l’obligation de se tourner vers le privé pour être accueillis et entendus. Car un service public qui laisse partir vers le privé des citoyens qui estiment qu’ils n’y ont pas leur place n’est pas digne de porter ce nom… Le chantier est immense. Il doit nous mobiliser contre les dérives de la droite et nous amener à interpeller vigoureusement la gauche. Mais, c’est, bien au-delà d’une question technique, un enjeu essentiel. C’est même, implicitement, d’un modèle de société qu’il s’agit. Et, ainsi conçu, le service public, loin d’être un archaïsme, est vraiment « une idée neuve en Europe ».
21 février 2009
Droite-Gauche : Quelle différence ?
Qu’est-ce qui différencie les partis de Gauche? Je ne répondrai pas à cette question dans cet article, car il me semble plus important, dans un premier temps, d’aborder les notions de droite et de gauche.
Nombreuses sont les personnes qui ne se retrouvent plus en politique. Les cartes ont été tellement brouillées qu’il devient de plus en plus difficile de donner un sens aux mots. Qui est à droite, qui est à Gauche? La droite et la Gauche, qu’est-ce qui les différencie? Peut-on être capitaliste de gauche, chrétien de droite, homosexuel du Centre, féministe de l’extrême ?
Pourquoi ce sont deux socialistes qui dirigent les organismes les plus capitalistes de la planète : Organisation Mondiale du Commerce (OMC) et Fonds Monétaire International (FMI). Sarkozy est-il socialiste ? Est-on stalinien lorsqu’on vote PCF ? Le PEN a voté Non au Traité Constitutionnel Européen, Comme Gilles Bourdouleix et Arlette Laguiller. Bourdouleix et Le Pen sont-ils à l’extrême gauche ? Simone Veil, à l'origine du droit à l'avortement, était-elle de gauche?
Je vais tenter, en quelques articles, de donner quelques points de repère, forcément subjectifs et partiels, qui devraient permettre de mieux s’y retrouver. Je compte naturellement sur les lecteurs de ce blog pour enrichir et rectifier certains de mes propos.
A droite :
l’homme est au service de l’économie.
L'argent est la récompense principale de la réussite économique.
A gauche :
l’économie est au service de l’homme.
Le mieux vivre est la conséquence principale de la réussite économique.
Les conséquences dans les domaines sociaux , de la propriété et du travail sont simples.
A droite, on considère que le droit de propriété est un droit inaliénable et transmissible. En cas d’opposition entre économie et autre chose, l’ économie est favorisée. Le contrât entre deux individus est la base de la relation et le repère essentiel de la loi.
A gauche, l’économie doit permettre à l’individu de vivre de la façon la plus acceptable possible. C’est pourquoi le rôle de la collectivité est si important. Grâce à l’Etat, on peut créer un cadre de règles, de lois, qui protègent l’individu face aux pouvoirs constitués (économique, groupes de pression, …), et oriente les formes de l'économie.
A droite, la concentration des pouvoirs économiques dans un petit groupe, permet l’avènement des dictatures.
A gauche, la concentration des pouvoirs accordés à l’Etat dans un petit groupe, permet l’avènement des dictatures.
Se balancer des nom de dictateurs de Droite ou de Gauche est totalement stérile, dans la mesure où les notions de droite et de gauche n'ont rien à voir là dedans. Faire croire que le Capitalisme mène à la démocratie est un non sens.
Et au Centre ?
En général, la position du Centre, représentée en fonction de l’histoire par divers partis politiques, est de profiter d’un peu de capitalisme économique (enrichissement excessif d’une minorité), afin de dégager quelques miettes qui permettront d’adoucir les conséquences de ce système économique. Une telle position pourrait paraître presque raisonnable si elle était viable. Ce n’est pas le cas.
Quelle voie pour l'avenir?
L’expérience montre que le capitalisme s’est développé sur l’utilisation sans frein des ressources naturelles et donc, au préjudice écologique de toutes et de tous. Tant que ces ressources semblaient illimitées, les salariés des pays riches profitaient effectivement de ce système, sans se rendre compte des conséquences catastrophiques provoquées dans les pays détenteurs de ressources naturelles. Ce furent les 30 glorieuses, que l’on peut dater de 1946 à 1973. Mais on s’est rendu compte qu’en période de crise, le pouvoir financier accumulé par les capitalistes, était utilisé au détriment des salariés, par le biais d’une modification du code du travail et des droits des salariés. Les délocalisations sont devenues un véritable outil au service des dirigeants de société pour faire pression sur les salariés. La position mi-figue, mi-raisin n’est pas tenable. C’est pourtant cette position qu’adoptent des partis politiques tel le Modem, la direction du Parti Socialiste, une partie des Verts. Au-delà de l’affirmation politique, les actes traduisent une volonté de s’accrocher à un « juste milieu » qui n’a plus aujourd’hui les moyens de s’affirmer. Ne pas s'affirmer dans un rejet clair du capitalisme, c'est accepter de voir le pouvoir économique d'une minorité s'étendre de plus en plus (pourquoi serait-il freiné, puisqu'il est présent dans presque tous les domaines), et , dans un monde limité, voir les pauvres encore plus pauvres, et les classes moyennes s'appauvrir.
Ce qui n'est ni de gauche, ni de droite.
De nombreux sujets ne sont pas nécessairement propre à la gauche ou propre à la droite.
On a vu que les dictatures existaient à droite comme à gauche.
Le droit à l'avortement, s'il rencontre une très forte opposition dans les milieux très à droite, a été défendu avec courage et conviction par Simone Veil (centre droit à l'époque).
La peine de mort a été abolie par la gauche, mais une partie de la droite n'était pas hostile sur le fonds.
Le nationalisme et le refus de l'Europe se retrouvent aussi bien dans des partis de gauche (Chevénementistes, par exemple), qu'à droite, chez Le Pen, Bourdouleix ou De Villiers.
En revanche, la notion de "décroissance", c'est à dire la réflexion sur l' utilisation des productions et la limitation de leur impact sur la planète, est une notion totalement de Gauche, s'opposant radicalement au capitalisme.
Maintenant, une question demeure : Comment la Gauche peut-elle traduire politiquement la mise en place d'une alternative au Capitalisme et au libéralisme .
Jean Philippe Parmantier
27 décembre 2008
Mort d’Ilyès : crime d’état ?
Ilyès , 3 ans est mort, victime d’une erreur de soins à l’Hôpital Saint-Vincent-de-Paul à Paris.
Erreur humaine. L’enquête nous dira précisément, si elle aboutit, les conditions qui ont mené à ce drame.
De prime abord, il semble que la qualité du personnel médical soit hors de cause, tant la compétence, l’expérience, y sont reconnus. Toutefois, il y a eu erreur humaine. D’une façon toute imbécile, l’infirmière qui a commis et reconnu l’erreur, a été mise et maintenue en garde à vue. Comme si , dans la douleur qui l’accable, elle avait eu la force de se soustraire à la justice.
Cet accident était-il évitable ?
Dès 2005, les conditions de travail dans cet hôpital annonçaient l' appauvrissement de la qualité des soins. Une question posée au Sénat à l’époque mettait en relief la dégradation de la qualité des services hospitaliers, du fait d’une politique de restriction budgétaire drastique. L’ objectif était la fermeture d’un grand nombre d’hôpitaux, dont l’hôpital où a eu lieu le drame. Depuis, la pression n’a fait que s’intensifier.
Morceaux choisis sur le site du Sénat :
…,la politique de restriction budgétaire qui y est pratiquée et qui n'est pas nouvelle se traduit de plus en plus par une dégradation inquiétante, qui nous concerne tous, des conditions de travail et de sécurité des personnels et de la prise en charge des malades
…
…, traduisent concrètement cette exigence par la fermeture de 800 lits de long séjour et la suppression de 600 emplois, outre les 1 820 emplois dont la disparition est déjà programmée. Cela s'ajouterait aux 350 emplois qui, en l'espace d'une année, ont disparu.
D'ici à 2009, ces mêmes orientations prévoient la fermeture des hôpitaux René-Muret - Bigottini, Saint-Vincent-de-Paul, Broussais et Joffre-Dupuytren.
…
Quant à l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul, pôle de référence mère-enfant, il existe depuis des années un véritable acharnement à mettre en cause son offre de soins.
Cette volonté a conduit à supprimer le service bactériologique de ce site, ce qui remet en cause la qualité et la rapidité du diagnostic médical, ou à restructurer le standard, ce qui est dommageable pour les usagers et les services.
Des pressions s'exercent sur les personnels de l'établissement, afin de les pousser à partir de l'hôpital. D'ailleurs, la direction a laissé vacant le poste d'infirmier général, qui contribuait à assurer le recrutement sur le site.
http://www.senat.fr/questions/base/2005/qSEQ05020673S.html
Il n’est pas étonnant que, dans ces conditions, un enfant soit mort. Nul doute que le gouvernement en profitera pour accélérer le processus de destruction des hôpitaux publics. Toujours « la stratégie du choc », chère aux prédateurs de notre société.
Jean Philippe
13 décembre 2008
libéralisme et bourse - toujours plus fort
50 milliards de dollars
c'est le montant de la fraude réalisée par l'une des sommités du libéralisme, Bernard Madoff. Ce personnage inconnu des français est une référence mondiale en matière de bourse.
Le fin du fin, c'est que Bernard Madoff risque jusqu'à 20 ans de prison et une amende de 5 millions de dollars, soit 1/10 000 ème du détournement.
Et certains croient encore à l'honnêteté de ces gens là.
http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?news=6186417
Pour mieux évaluer la fraude, 50 000 000 000 de dollars, cela représente un peu moins de 1 000 dollars par français.
Jean Philippe
21 novembre 2008
BRETTON WOODS, CRISE DU CAPITALISME ET SOCIALISME
Le 22 juillet 1944, quelques semaines après le débarquement alliés du 6 juin, était signé dans une petite ville du New Hampshire aux US, Bretton Woods, après une conférence internationale qui dura 3 semaines et à laquelle participa 44 pays, un accord « pour décider de la façon dont ils (les 44 pays) allaient travailler ensemble pour régler les problèmes monétaires de l’après guerre ».
C’est la puissance montante de l’époque, les US, qui gagnèrent ce bras de fer, et son représentant Harry Dexter White. Celui-ci fut d’ailleurs accusé d’être un agent du KGB, ce qui s’avéra être en partie vrai quand on ouvrit les archives de l’URSS après la pérestroïka, et que des documents montrèrent que celui-ci entretenait des rapports avec les communistes Américains et passait des informations à la Russie.
Tout cela pour dire que c’est à Bretton Woods, que naquit le fameux FMI (Fonds Monétaire International) ainsi que la Banque Mondiale. Avec l’OMC, ils ont été pendant des décennies et sont encore, le bras armé et puissant du capitalisme mondialisé. Aujourd’hui, ce sont deux socialistes Français bon teint qui sont à la tête de deux de ces organismes : Dominique STRAUSS KAHN pour le FMI et Jean Pierre LAMY pour l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce). Le FMI dont DSK disait récemment, qu’il avait connu 122 crises bancaires depuis sa création, fait la pluie et le beau temps, sachant que ce sont les principaux pays capitalistes qui détiennent 58% des droits de vote et surtout les américains qui disposent à eux seuls de la minorité de blocage !
La crise financière d’aujourd’hui, est le résultat de la dérèglementation, organisée par les multinationales et soutenues par tous les états capitalistes. Ce n’est pas la crise provoquée par quelques dizaines de patrons mafieux ou traders fous ! Soyons certains que la quasi-totalité des dirigeants actuels sont « mouillés » jusqu’à la culotte, et qu’ils n’ont pas l’intention, malgré leurs envolées verbales, de faire en sorte que cela change.
Prenons un exemple, les quelque 8800 milliards d’euros qui sont bien au chaud dans les 72 paradis fiscaux (dont la moitié relève de la couronne Britannique !) recensés par le FMI ! L’OCDE estime que la moitié du commerce local transite par ces territoires. Aujourd’hui notre président Nicolas SARKOZY veut faire la peau à ces paradis fiscaux. Alors pourquoi ne commence-t-il pas par Andorre dont il est en tant que président Français, l’un des deux dirigeants avec l’Evêque d’URGEL ? Ce ne sont pas les gesticulations qui comptent, ce sont les actes ! Combien de paradis fiscaux sur le territoire de l’Europe ? Cela fait des années que des juges et quelques hommes politiques de Gauche se battent pour que cela change. Sans résultat. Il faudra s’en souvenir lors des élections Européennes de Juin 2009.
Quelques mots sur les deux dirigeants à la tête du FMI et de l’OMC. Ils sont socialistes. Du moins c’est ainsi qu’ils se présentent. Certainement des socialistes de la même veine que KOUCHNER, car comment imaginer que les US et les principaux pays capitalistes, dont la France dirigée par qui vous savez, auraient laissés faire s’ils avaient eu le moindre doute quant à la volonté de ces deux hommes d’insuffler le socialisme dans leurs organisations respectives et sur la planète ? Pour nous il n’y a pas de doute possible, ces hommes sont à la botte du libéralisme, c’est « le marché » qui dicte leurs décisions.
Un autre monde est possible. Sans aucun doute. Il faudra néanmoins beaucoup de courage, de luttes pour que les peuples s’affranchissent de ce système qui, s’il est créateur de richesses, conduit à ce qu’une infime minorité en profite, qu’une immense majorité d’êtres humains vivent dans la misère et le dénuement le plus complet, que des guerres éclatent en permanence sur la planète, que les sous sol soient pillés sans le souci des générations futures, que soit souillée et détruite notre terre, patrimoine de tous.
Ne baissons ni la tête, ni les bras. Le combat est dur et difficile face à ceux qui détiennent directement ou indirectement tous les pouvoirs : argent, armée, justice, médias. Ne nous laissons pas influencer par des paroles trompeuses, regardons les actes de ceux qui nous dirigent pour nous faire notre propre idée.
Claude.
16 novembre 2008
Les naufragés de la monnaie - petit conte pour comprendre la monnaie
Neuf naufragés se réorganisent en société sur une île déserte. Après quelque temps, pour éviter les pesanteurs du troc, ils songent à instaurer l'usage d'une monnaie. Pas de problème. Martin est banquier ! Il taille aussi sec des billets dans de vieux chiffons.
« J'ai de l'or dans ce baril, donc l'argent est à moi », clarifie Martin avant de distribuer 1 600 euros en tissu. « Je vais vous le prêter. Vu que l'argent est rare dans l'île et que la rareté a un prix, il me paraît raisonnable de vous demander un petit intérêt. 10 % suffiront. » Les autres se regardent, surpris. « Les affaires sont les affaires, même entre amis. Signez-moi un engagement à rembourser capital et intérêts, sous peine de confiscation de vos propriétés. Une simple garantie. Je ne tiens pas à m'approprier vos biens, l'argent me suffit. J'ai confiance, vous paierez. »
L'argent commence à circuler dans l'île. Les échanges, en se simplifiant, se sont multipliés. Tout le monde se réjouit. Mais, après réflexion, Thomas se dit : « Martin nous a prêté une somme totale de 1 600 euros. Avec l'intérêt fixé, il nous faut donc lui rembourser 1 760 euros. Quand bien même nous rassemblerions tout l'argent de l'île, cela ferait 1 600 et pas 1 760. Personne n'a les 160 euros manquants. Nous fabriquons des choses, pas des euros. » Thomas convainc les autres que Martin les a dupés. Mais celui-ci les rassure : « Le banquier s'adapte toujours aux conditions de ses clients. Je ne vais vous demander que l'intérêt. Rien que 160 euros. » « Tu nous délivres de notre dette ? », s'étonne Henriette. « Pas du tout ! Un banquier ne remet jamais une dette. Mais je ne vous presserai pas pour le remboursement du capital. Pourvu que vous m'apportiez le total de l'intérêt annuel, je serai satisfait. » Les naufragés se retirent. Martin jubile : « Ces gens-là sont travailleurs mais ignorants. Et leur ignorance fait ma force. » Sourire narquois aux lèvres, il se remémore la phrase de Rotschild : « Qu'on m'accorde le contrôle de la monnaie d'une nation, et je me fiche de qui fait les lois. » Cependant, sur l'île, la situation se détériore. La productivité a beau augmenter, les échanges ralentissent. L'argent circule mal car on en met beaucoup de côté pour payer Martin. Le moral baisse, les tensions entre riches et pauvres ne cessent de croître, la joie de vivre disparaît. C'est la crise !
Une délégation en colère se rend alors chez le banquier : « On te paie, on te paie, et on te doit toujours autant ! » Martin tente de calmer le jeu : Vous voulez plus d'argent ? Très bien. Mon baril d'or vaut plusieurs milliers d'euros. Tenez, j'hypothèque vos nouvelles propriétés et vous prête mille autres euros. » « Deux fois plus d'intérêt à payer tous les ans ? », demande Yolande. « Oui, mais je vous en prêterai encore, tant que vous augmenterez votre richesse foncière ; et vous ne me rendrez jamais que l'intérêt. » « Alors, plus nous travaillerons, plus notre dette totale augmentera ? », demande l'une. « C'est cela que tu appelles monnaie saine ?
Une dette devenue impayable, ce n'est pas sain ! », renchérit un autre. «Banquier, nous n'emprunterons plus un seul de tes sous ! », tranche Thomas. Martin reste de marbre. « Si vous rompez votre contrat, j'exige que vous me remboursiez tout, immédiatement, capital et intérêts ! » Les naufragés sont sur le point d'en venir aux mains quand, soudain, l'horizon s'obscurcit. Ils s'interrompent pour se mettre à l'abri.
Une vague immense balaie tout sur son passage. Elle dévaste la maison du banquier. Une fois l'ouragan éloigné, Thomas découvre le baril de Martin, déterré. En le soulevant, il réalise qu'il ne pèse pas bien lourd. Un coup de hache, et le baril étale son contenu : d'or, pas une once ! Des cailloux, rien que de vulgaires cailloux sans valeur !
Comme disait Henry Ford, « si les gens comprenaient réellement le processus de la création monétaire, le système ne tiendrait pas plus de 24 heures ».
Hannes Lammler
CQFD – N° 60 – octobre 2008
11 novembre 2008
Le plan de sauvetage : l'ultime pillage de Bush
auteur-e(s) : Naomi Klein
Par Naomi klein – 29 octobre 2008
Dans les derniers jours avant l’élection, bien des républicains semblent avoir abandonné la lutte pour le pouvoir. Mais ne vous y trompez pas, cela ne veut pas dire qu’ils reculent sur tous les fronts. Si vous voulez voir de l’authentique huile de coude républicaine, regardez donc l’énergie qu’ils consacrent à jeter par la fenêtre une part considérable des 700 milliards de dollars du plan de sauvetage. Lors d’une récente audition de la Commission sénatoriale sur le secteur bancaire, le sénateur républicain Bob Corker était attelé à cette tâche et a gardé à l’esprit une échéance claire : l’investiture du prochain président des États-Unis. « A quelle hauteur pensez vous que les fonds auront été dépensés d’ici le 20 janvier ? » a demandé Corker à Neel Kashkari, l’ancien banquier de 35 ans en charge du plan de sauvetage. Quand les colonisateurs européens ont réalisé qu’ils n’avaient pas d’autre choix que de laisser le pouvoir aux habitants autochtones, ils s’efforçaient de vider la trésorerie locale de son or et de s’accaparer tout le cheptel de valeur. S’ils étaient vraiment vicieux, comme ce fut le cas des Portugais au Mozambique au milieu des années 70, ils coulaient du béton dans les puits d’ascenseurs.
Rien d’aussi barbare dans le cas du gang Bush. Plutôt qu’une franche et rudimentaire mise à sac, il privilégie les instruments bureaucratiques, tels que les « enchères d’actifs en détresse » et le « programme de rachat de titres ». Mais ne vous y trompez pas : le but est exactement le même que celui des Portugais défaits – un ultime et frénétique pillage de la richesse publique avant de rendre les clés du coffre.
Comment expliquer autrement les décisions pour le moins étranges qui ont gouverné l’allocation des fonds du plan de sauvetage ? Quand l’administration Bush a annoncé qu’elle allait injecter 250 milliards de dollars dans les banques américaines en échange de titres, on a parlé de « nationalisation partielle » – une mesure radicale nécessaire afin que les banques recommencent à accorder des prêts à l’ensemble des agents économiques. Le secrétaire du Trésor Henry Paulson avait vu la lumière, nous a-t-on dit, et suivait désormais la voie ouverte par le Premier ministre britannique Gordon Brown.
Il s’avère, en fait, qu’aucune nationalisation, partielle ou autre, n’a eu lieu. Les contribuables américains n’ont gagné aucun contrôle significatif sur les banques, ce qui explique pourquoi celles-ci sont libres de dépenser tout cet argent comme bon leur semble. Chez Morgan Stanley, il semble que ces gains inattendus vont servir à payer les primes de bonus. Citigroup a laissé entendre que les 25 milliards de dollars reçus allaient servir à racheter d’autres banques, alors que John Thain, l’administrateur général de Merrill Lynch, a déclaré à des analystes « qu’au moins jusqu’au prochain trimestre, ça ne va être qu’un coussin d’amortissement. » Le gouvernement américain, pendant ce temps, en est réduit à supplier les banques qu’elles consacrent ne serait-ce qu’une portion de l’argent des contribuables à l’octroi de prêts – officiellement, la raison derrière l’ensemble de ce programme.
Quel est donc le réel but de ce plan de sauvetage ? Ma crainte est que cette série de renflouements soit plus bien plus ambitieuse qu’un simple cadeau de départ aux grandes banques ; ma crainte est que la version Bush de la « nationalisation partielle » ne soit destinée qu’à transformer le Trésor américain en un guichet automatique illimité au profit des banques pour les années à venir. Souvenez-vous, le principal souci parmi les gros joueurs du marché, les banques en particulier, n’est pas le manque de crédit mais la chute du prix de leurs actions. Les investisseurs ont perdu confiance dans l’honnêteté des grands acteurs financiers, et ce à juste titre.
C’est là que l’intervention du Trésor s’avère particulièrement payante. En achetant des parts dans ces institutions financières, le Trésor signifie au marché que ces institutions financières sont un pari sûr. Pourquoi sûr ? Non pas parce que leur niveau de risque a enfin été précisément évalué, non pas parce qu’elles ont renoncé au genre de produits financiers exotiques et au niveau d’endettement effarant qui ont mené a la crise, mais plutôt parce que le marché va désormais compter sur le gouvernement américain pour ne pas laisser ces compagnies faire faillite. Si elles se retrouvent à nouveau en difficulté, les investisseurs vont désormais supposer que l’État va une nouvelle fois trouver des fonds pour les renflouer, puisque les laisser sombrer lui ferait perdre les milliards d’investissements en titres consentis initialement. (Regardez par exemple le géant de l’assurance AIG, déjà revenu auprès des contribuables pour un deuxième renflouement et qui semble prêt à en demander un troisième).
L’enchaînement de l’intérêt public à celui des entreprises privées est le vrai but du plan de sauvetage : Paulson donne à toutes les compagnies admises dans le programme – potentiellement des milliers – une garantie implicite du Département du Trésor. Pour les fébriles investisseurs recherchant des placements sûrs, ces rachats de titres par le trésor sont encore plus rassurants qu’un AAA par l’agence de notation Moody’s.
Une assurance comme celle-ci n’a pas de prix. Pour les banques le meilleur est que le gouvernement les paye en plus de donner sa garantie. Pour les contribuables en revanche, l’ensemble du plan est extrêmement risqué et pourrait bien coûter significativement plus que ne le suggère l’idée originale de Paulson d’acheter 700 milliards de dettes toxiques. Maintenant les contribuables ne sont plus sur la sellette au regard des dettes seulement mais, potentiellement, du destin de toutes les grandes entreprises qui leur vendent des titres. Il est intéressant de remarquer que Fannie Mae et Freddie Mac bénéficiaient tous les deux de ce genre de garantie tacite avant même que ces deux géants des prêts hypothécaires ne soient nationalisés au début de la crise. Pendant des décennies, le marché avait compris que, puisque ces acteurs privés étaient liés au gouvernement, on pouvait toujours compter sur l’Oncle Sam pour sauver la mise. C’était, comme beaucoup l’ont souligné, le pire des mondes. Non seulement les profits étaient privatisés et les risques socialisés mais le soutien implicite du gouvernement générait de puissantes incitations en faveur de modes de gestion et de comportements irresponsables.
Maintenant avec le nouveau programme de rachat de titres, Paulson a pris le modèle discrédité de Fannie et Freddie et l’a appliqué à une vaste part de l’industrie bancaire. Et une fois de plus, il n’y a pas de raison de se détourner des paris les plus risqués – et ce d’autant moins que le Trésor n’a pas demandé aux banques de réduire leurs prises de risques. (Le Trésor apparemment se refuse à « micro manager ».) Pour renforcer encore la confiance du marché, le gouvernement fédéral a aussi annoncé publiquement des garanties illimitées pour nombre de dépôts bancaires. Et comme si cela ne suffisait pas, le Trésor a aussi encouragé les banques à fusionner frénétiquement les unes avec les autres, s’assurant que seules subsistent des institutions « trop grosses pour faire faillite », qui bénéficieront ainsi automatiquement d’un plan de sauvetage en cas de besoin. De trois façons différentes, le gouvernement dit franchement au marché que Washington ne va pas laisser les institutions financières du pays supporter seules les conséquences de leur propre comportement, aussi irresponsable qu’il ait pu être. Cela pourrait bien être l’invention la plus créative de Bush : le capitalisme sans risque.
Il y a cependant une lueur d’espoir. La réponse du Trésor à la question du sénateur Corker suggère en effet que le Trésor connaît des difficultés à disperser les fonds du plan de sauvetage. Jusqu’à présent il a demandé environ 350 des 700 milliards de dollars du plan, mais la plupart de l’argent n’a pas encore été dépensé. Pendant ce temps, il est chaque jour de plus en plus évident que le plan a été vendu au public sous de faux prétextes. Il est clair qu’il ne visait pas à permettre aux activités de prêt de redécoller. Le plan visait à faire ce qu’il fait aujourd’hui : transformer l’État en une compagnie d’assurance géante pour Wall-Street – un filet de sécurité pour ceux qui en ont le moins besoin, subventionné par les gens qui auront le plus besoin de la protection de l’État pour traverser la tempête économique qui s’annonce.
Cette duplicité présente néanmoins une occasion politique. Quelque soit le vainqueur des élections le 4 novembre, il aura une immense autorité morale. Il devra s’en servir pour obtenir un gel de la dispersion des fonds de renflouement – non pas après la passation officielle du pouvoir (en janvier) mais tout de suite après l’élection. Tous les accords devraient être renégociés, cette fois en s’assurant que le public obtienne des garanties.
Il est risqué bien sûr d’interrompre le processus de sauvetage. Le marché ne va pas aimer ça. Rien ne serait plus risqué cependant que de laisser le gang de Bush donner un gros cadeau de départ au grand patronat – ce cadeau qui se répéterait à l’infini.
20 octobre 2008
Choletais - nos élus ont-ils souscrit des produits financiers "toxiques"
Cinq milliards d'euros pour les collectivités locales, c’est la somme que le gouvernement a proposée lundi pour son plan de sauvetage des collectivités locales. C’est que certains élus, trouvant probablement leur mission trop banale, ont cédé aux sirènes de banquiers peu scrupuleux quant à la gestion des fonds publics. Et pour le Choletais, qu’en est-il? Nous savons la Communauté d’agglomération du Choletais (CAC) fort endettée. De plus, nous connaissons l’irrésistible attrait qu’ exercent les propositions américaines envers Gilles Bourdouleix, maire, président, député, …
Un point sur ce sujet mériterait d’être effectué. Ecrivez et venez au Conseil Municipal ou au Conseil de la CAC. Peut-être aurez-vous la chance d’avoir une réponse aux questions que vous êtes en droit de vous poser. Il serait en effet dommage que l’avenir du choletais soit confondu avec une roulette de casino. Jean Philippe
15 octobre 2008
Crise financière : en 2006, nous proposions déjà ...
La Gauche Alternative Choletaise est issue des mouvement unitaires de 2006. 125 propositions avaient été élaborées à l'époque. La 124ème proposition évoquait les risques que nous faisaient courir les marchés financiers . A l'époque, nous proposions déjà des solutions. Elles sont toujours d'actualité.
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124 - Une réforme du secteur bancaire et financier
Le rôle des banques doit être changé, pour faire reculer et remettre en cause la dictature de la rentabilité financière et des actionnaires, promouvoir un crédit sélectif en faveur de l’emploi. Il s’agit de changer les relations des entreprises avec les banques à partir d’un crédit nouveau, alternatif au financement par les actionnaires. Le suivi et le contrôle de ce crédit bonifié sera effectué par les commissions publiques régionales du développement (voir « Un nouveau type de développement »).
[Des fonds régionaux pour l’emploi et la formation prendraient en charge la bonification des prêts bancaires, dans la mesure où ils développent emplois et formation. Tous ces fonds régionaux seraient associés dans un fonds National pour l’Emploi et la Formation géré avec les élus, notamment territoriaux, et des représentants des CE, dans le cadre de programmes nationaux d’emploi et de relance des filières industrielles et de services. Outre des dotations budgétaires, il serait tout de suite doté des 20 à 23 milliards d’euro annuels représentant les exonérations de cotisations sociales patronales.]
Le pôle financier public sera chargé, sous contrôle du parlement, de préciser les missions et de définir la convergence des stratégies des établissement qui le composent. Il doit assurer le développement de grandes missions de service public, notamment : une politique du crédit pour sécuriser et promouvoir l’emploi et la formation [et pour entraîner l’ensemble du système bancaire (préciser)] ; la sécurisation des relations des usagers avec les établissements de crédit et la lutte contre l’exclusion bancaire ; la sécurisation et la centralisation de l’épargne populaire ; certaines politiques de prévoyance ; le financement de la dette publique ; le financement d’investissements d’intérêt général. Rappelons que la seule Caisse des dépôts et consignations centralise 195 milliards d’épargne réglementée (livret A et autre). Nous nous opposons totalement à la tentative des banques d’obtenir la remise en cause des mécanismes de collecte et de gestion de cette épargne populaire.
Le développement de coopérations en France et en Europe avec les institutions financières publiques, semi-publiques, mutualistes et coopératives en Europe sera également une des missions de ce pôle public [et des fonds pour l’emploi]. L’épargne des salariés et retraités sera revalorisée et mobilisée autrement, pour l’emploi et la formation, grâce à l’émission de nouveaux titres publics, non cotés sur le marché financier. L’épargne populaire collectée par le pôle public et les livrets défiscalisés pourra être placée dans ces titres. Cela concernerait en premier lieu La Poste et les livrets A. La gestion des fonds communs de placement récupérant l’épargne salariale sera radicalement démocratisée et basée sur des critères d’efficacité sociale. Les stock-options seront supprimés.
L’actionnariat salarial actuel sera mis en extinction. Avec les distributions d’actions gratuites actuelles, ils doivent être émancipés du marché financier. Les titres concernés seront non négociables sur le marché, non cessibles en Bourse et détenus obligatoirement pendant une longue durée. Ils ne seraient cessibles qu’à un Fonds non spéculatif dans l’entreprise géré par les salariés et leurs organisations. On chercherait ainsi à contrer l’intégration des salariés à la rentabilité financière contre leurs intérêts. . L’épargne gérée par les investisseurs institutionnels que sont les compagnies d’assurances et les différents FCP et SICAV sera mobilisée au service de l’emploi et d’une nouvelle croissance réelle.] (est-il nécessaire de traiter ces sujets très techniques ?)
Pour lutter contre le blanchiment de l’argent sale, la 6ème République agira pour la suppression de tous les paradis fiscaux auprès de toutes les instances internationales.
