Gauche Alternative Choletaise

Pour une gauche alternative, écologiste, antiraciste, féministe et solidaire à Cholet (49)

23 juillet 2009

Après deux ans à vivre cachée, la famille Popov a obtenu le statut de réfugié politique

Yekaterina, Vladimir Popov, et leurs enfants Véronique et Geoffrey, vont pouvoir sortir de l’ombre. Ces Angevins originaires du Kazakhstan ont reçu ce matin un courrier de l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides) : ils obtiennent le statut de réfugié politique. Une nouvelle qui tombe après des dizaines de manifestations en leur faveur, un soutien actif du Réseau éducation sans frontières et près de deux ans passés à vivre cachés.

Ils avaient frôlé l’expulsion en septembre 2007. Remis en liberté après une décision de justice mais toujours expulsables, ils avaient alors été hébergés par des Français, qui se relayaient pour les accueillir. Depuis un an, la famille vivait à Angers, toujours discrètement, mais sans être inquiétée par les forces de l’ordre.

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27 mai 2009

Sans-papiers - Appel à mobilisation le 2 juin

Appel à mobilisation le 2 juin

Centres de rétention : dehors ou dedans,
nous restons aux côtés des étrangers !

Le 2 juin les associations retenues par le ministère de l'Immigration pour intervenir dans les centres de rétention administrative deviennent des «prestataires», des concurrents dans le cadre de l'appel d'offres.
La mission d'accès aux droits auprès de personnes privées de libertés se transforme en simple mission d'information.
Les droits de l'Homme et les libertés fondamentales ne sont pas à vendre ! Face à une logique de concurrence des associations, nous revendiquons une logique de compétence et une parole citoyenne indépendante.

Associations, syndicats, avocats, citoyens, à l'intérieur ou en dehors des centres de rétention, nous continuerons à aider les étrangers pour la défense de leurs droits et de leur dignité.  Dans les permanences, dans les tribunaux, dans les préfectures, dans les aéroports, dans la rue, nous poursuivrons nos actions auprès des étrangers et de leurs familles.

A Paris, nous  appelons à un rassemblement solidaire, le mardi 2 juin, à 19 heures sur la place du Palais-Royal, devant le Conseil d'Etat, pour réaffirmer aux étrangers enfermés notre soutien et notre vigilance, pour dire notre attachement à l'indépendance des associations, à leur liberté de parole et de témoignage.


Associations signataires  :
ACAT-France, ADDE, Anafé, Comede, Emmaüs-France, Gisti, La Cimade, Ligue des droits de l'Homme, le MRAP, Réseau éducation sans frontières, le Secours catholique, SOS Racisme, le Syndicat des avocats de France, Syndicat de la magistrature


Pour rejoindre les mobilisations partout en France, en savoir plus :
> lacimade.org/2juin

Pour participer à la mobilisation, organiser une initiative localement :
> appel2juin@lacimade.org

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25 mai 2009

Cholet - place Travot - Cercle de silence

Mardi 26 Mai

Journée Nationale

Des cercles de Silence 

Plus de 100 cercles se dérouleront pour dénoncer la politique européenne de l’immigration.

Nous adresserons une lettre au candidat aux élections européennes du 7 juin 2009.

  A Cholet :

place Travot

                             De 18 à 19h

Associations :

(ACAT, ACO, Amnesty International, Bon Pasteur, Collectif pour la paix au Moyen Orient, CCFD, Comité Oumar Diallo,Eglise protestante réformée de France Angers-Cholet, Emmaüs, Mouvement de la Paix, Pastorale des migrants, Relais Charles Foyer, Secours Catholique, Secours Populaire…)

cercle_de_silence

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30 avril 2009

explusions à Angers - communiqué commun

En décidant de l'expulsion du «48» rue Lionnaise le 23 avril au matin, la municipalité d'Angers a déclenché de façon irresponsable un processus aux conséquences dramatiques.

Aucun relogement satisfaisant n'a été offert aux demandeurs d'asile et autres habitants après l'opération des CRS (la préfecture ne proposant que des situations provisoires et l'éclatement du groupe). Il était donc légitime que des manifestations de protestation aient lieu. La  seule réponse réponse de la préfecture, le soir du 23 avril au «Quai» et l'après-midi du 25, à l'issue d'un défilé pacifique, a été d'utiliser la force.

Nous condamnons les violences répétées de forces de la police nationale, en particulier celles de samedi, effectuées sans aucune sommation et complètement disproportionnées.

Nous réaffirmons notre soutien aux expulsés du «48» et exigeons que la préfecture offre aux demandeurs d'asile un hébergement conforme au droit, digne et pérenne et leur permettant de se retrouver ensemble.

SIGNATAIRES DU MAINE ET LOIRE :
Les Alternatifs, Alternative libertaire, Gauche Alternative Choletaise, Lutte Ouvrière, Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti de Gauche

05 avril 2009

Appel à mobilisation citoyenne : Non au délit de solidarité!

Si la solidarité devient un délit, nous demandons à être poursuivis pour ce délit!

Mercredi 8 avril dans plusieurs dizaines de villes en France, des milliers de personnes se rendront devant les différents palais de justice pour se constituer prisonniers.

Parce quaujourdhui, en France, accueillir, accompagner ou simplement aider une personne sans papiers est devenu un délit………..

Comme le précise larticle L622 1 du code de lentrée et du séjour des étrangers et du droit dasile: « toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter lentrée, la circulation ou le séjour irrégulier dun étranger en France sera puni dun emprisonnement de 5 ans et dune amende de 30 000 euros ».

Parce que le gouvernement français sest donné comme objectif en 2009, linterpellation de 5000 aidants et de 5 500 en 2011, en assimilant citoyens solidaires et militants bénévoles aux trafiquants de main dœuvre et autres passeurs….

Mercredi 8 avril, nous serons donc des milliers affirmant avoir un jour aidé un homme ou une femme sans papiers en difficulté. Nous serons des milliers de citoyens décidés à rester des « aidants » » et à affirmer que lhumanité et la solidarité sont des principes supérieurs sans lesquels il n’y a pas de société digne de ce nom.

Cette mobilisation citoyenne nationale ne sera quune première étape. Quelques jours plus tard, une proposition de loi rédigée par le collectif associatif sera portée devant le Parlement. Cette proposition visera à :

·  réaffirmer le principe de laccueil inconditionnel dans les structures associatives susceptibles daccueillir des migrants;

·  dépénaliser les « aidants »

·  interdire les interpellations de personnes en situation irrégulière dans les lieux daccompagnement et daccès aux droits (éducation, santé….)

La solidarité nest pas un délit!

Montrons le en nous déclarant solidaires

comme le feront à la même heure et dans toute la France
au moins 5500 manifestants!

Soyons nombreux

* À Angers devant le Palais de Justice

Mercredi 8 avril 2009 à 12h30

L.D.H 49
22 rue du Maine
49100 ANGERS
Tel:02-41 -27-32-74
Email:angers@ldh-france.org
Blog:http://ldh49.over- blog.org

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01 mars 2009

LETTRE OUVERTE A MARTIN HIRSCH

                        Haut Commissaire aux Solidarités Actives

                        Ancien Président d’Emmaüs-France

            Monsieur,

            Deux communautés Emmaüs viennent de subir des agressions de la part de forces de police.

            Je ne suis pas capable de dire si c’est sur ordre du ministre de l’immigration ou à la suite du zèle intempestif de fonctionnaires préfectoraux ou de police.

            Néanmoins, je suis très étonné que l’ancien président d’Emmaüs que vous êtes n’ait pas jugé utile ( à moins que vous ne l’ayez fait et que cela m’ait échappé ) de clamer haut et fort son indignation devant de tels actes qui bafouent toutes les traditions d’accueil de notre pays.

            Je comprendrais parfaitement que la police française fasse la chasse à des bandits et les empêche éventuellement de nuire à la bonne marche d’une communauté.

            Mais il ne semble pas que tel soit le cas.

            Pourquoi s’acharner sur des personnes qui viennent dans notre pays pour fuir des conditions de vie inhumaines soit pour des raisons économiques, soit pour cause de brimades mettant leurs vies en danger ?

            Vous avez, vous-même, été le principal responsable national d’Emmaüs, dont j’admire le travail de reclassement des plus démunis.

            Comment pouvez-vous tolérer ce qui se passe sous vos yeux en ce moment ?

            Allez-vous, enfin, vous élever et crier votre désapprobation ?

            La « solidarité active » a-t-elle toujours un sens pour vous ?

            Vous savez, comme moi, toute la richesse qu’a apportée l’immigration à notre pays.

            Comme le clame Albert Jacquard, loin de nous léser, celui qui est différent de nous nous enrichit.

            J’espère que vous prendrez un peu de votre temps pour lire ce courrier et j’espère que vous interviendrez pour essayer d’ apporter un peu d’humanité dans des pratiques policières qui déshonorent notre pays.

            C’est donc avec cet espoir que je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.

                                                                                  Ce 28 février 2009

                                                                                  Marcel MAGNON

                                                                                  Enseignant retraité

                                                                                  Ancien Conseiller municipal

                                                                                  40 rue Marcel Proust

                                                                                  26200 MONTELIMAR

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17 février 2009

Racket sur les cotisations sociales des travailleurs sans-papiers :

Sur le site "droit devants"

2 milliards d’euros par an ([1] [1]) ?

KEITA Diawoye, Malien : Arrivé en France en juin 93, expulsé en novembre 2008. A perdu 72.000 euros de cotisations après 15 années de travail dans le nettoyage et le Bâtiment.

BROURI Abdelhakim, Marocain : En France depuis mai 2001. A travaillé dans la sécurité de cette date à décembre 2006 où il a subi un licenciement économique,. A déjà perdu 29.000 euros de cotisations et n’a touché aucune indemnité ASSEDIC lors de son licenciement. Travaille depuis « au noir ».

MEZIANI Arezki, algérien : Arrivé en France en octobre 2002. Depuis cette date, cumule trois emplois : grande distribution, intérim pour un institut de sondage (chef d’équipe) et dans une association de prévention routière (animateur). A déjà perdu 24.000 euros de cotisations.

KADJI Fadimatou, Camerounaise : Arrivée en France en décembre 2003. Depuis cette date, a travaillé dans l’aide à la personne jusqu’à sa régularisation en novembre 2008. A perdu 23.500 euros de cotisations.

Depuis 1974 (fermeture des frontières en France), de même que ces 4 exemples, des centaines de milliers de travailleur(e)s sans-papiers se sont retrouvés piégés dans l’hexagone, ne pouvant quitter le territoire sous peine de n’y pouvoir revenir. Ce processus a livré cette main d’œuvre à un véritable esclavagisme moderne dont ont largement profité le patronat et l’état français, alors même que ces travailleur(e)s déclarent, payent des impôts et cotisent pour des prestations qui ne leurs sont jamais versées.

Lire la suite ici

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12 février 2009

Avec l'expérience, on expulse mieux

Depuis des années, nous avons été nourris de constats fallacieux et de faux débats visant à définir comme problématique la présence des immigrés dans notre pays. Tandis que les journaux télévisés nous proposaient en illustration : femmes en boubous avec grappes d’enfants, adolescents noirs et maghrébins au pied des immeubles, camps sinistrés de gens du voyage. Nous avions subi cette immigration-là, le temps est venu où l’on va enfin choisir avec qui nous voulons vivre. Oui, nous avons été bien préparés à la politique actuelle de contrôle de l’immigration. Ainsi, « les étrangers qui n’ont pas de papiers ont vocation à retourner dans leur pays ». Et, en vérité, nous faisons œuvre de charité en arrachant ces gens-là des mains de leurs exploiteurs pour les jeter dehors. Aussi proprement que possible, à la française, avec beaucoup d’administration. Et nous devrions même nous honorer d’être de ce pays-là, en Europe, qui met le curseur des valeurs humaines le moins bas.

Aujourd’hui sont apparus dans notre paysage moral et politique des décors inimaginables jusqu’alors : des centres, des locaux où sont enfermés des individus, des familles. Exilés, réfugiés qui, une fois jugés en préfecture coupables de ne plus remplir les toujours plus nombreux critères de notre hospitalité, sont arrachés à leur vie et aux nôtres, en attendant d’être expulsés sous la contrainte physique, psychologique et morale. Et une directive européenne vient d’autoriser la durée de leur enfermement jusqu’à dix-huit mois.

Des concitoyens nous disent ce qu’ils ont vu et vécu dans la rue, le métro, l’avion. Ces scènes d’interpellations ou de reconduites stupéfiantes, composées des mêmes ingrédients : rapt et brutalité. Et ces visages-là entraperçus, défigurés par l’angoisse ou la honte — illégaux ?

L’expulsion a ses protocoles particuliers, des procédures élaborées dans la langue et la logique de la seule rationalité technique. Le stress des professionnels de la sécurité, les émotions de part et d’autre, les cris, crachats, pleurs, insultes, peur, pitié sont convertis en facteurs de frein, en risques de mauvais résultats. Car si la mission échoue, le « clandestin » redescend de l’avion, remet ses pieds sur notre sol. Et tout est à recommencer... On peut imaginer aisément l’état de tension des professionnels qui sont chargés de ces DEPA (Deported Accompanied), la pression qui s’exerce sur eux pour que les chiffres atteints soient ceux des objectifs, en hausse permanente.

Lire la suite ICI

Comment l'Etat Français permet d'expulser de mieux en mieux en effaçant progressivement toutes les tentatives d'oppositions. Maintenant, nos policiers sont formés pour conduire à la mort en silence. C'est rassurant , car cela prouve que nos fonctionnaires sont de plus en plus au top. C'est le but des déformes de la fonction publique. Faire des fonctionnaires aux ordres, et fiers de leur travail.

N'oublions pas qu'à  Nuremberg,  tous les accusés répondaient en choeur : "Nous avons obéi aux ordres."

Jean Philippe

Protocoles de l’expulsion

le monde diplomatique

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15 janvier 2009

Un chiffre un Homme

Un chiffre un Homme
Vidéo envoyée par sos-racisme

Vidéo de lancement de la campagne "30 000 expulsions par ans c'est la honte" de SOS-Racisme.

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20 décembre 2008

Lettre ouverte pour les enfants d'étrangers

Lettre ouverte

Je suis une enseignante. Plus exactement je suis une « maîtresse CRI ». J’ai reçu comme mission de l’Education Nationale d’accueillir les enfants étrangers et de leur enseigner le français à l’école primaire. Il s’agit d’une responsabilité que je considère comme très grande, et je tâche de l’assumer au mieux de mes possibilités.

Ainsi, tout au long de l’année, depuis 6 ans, j’accueille des garçons et des filles venus du monde entier. Ils arrivent avec leurs parents et frappent à la porte de nos écoles. Tous sont chargés des inquiétudes de ce qu’ils trouveront derrière le portail, mais tous sont chargés des espoirs de ce que ce grand bouleversement va leur apporter.

Il y a 6 ans, Aynur, Hazan, Eddanur, Tomas, Cristina, étaient de ceux-là. Timidement, ils atterrissaient dans des classes des écoles de Montélimar. Chaque enfant regardait son enseignant avec les yeux avides d’apprendre, mais désolé de ne rien comprendre. En cours de CRI, tout allait plus lentement, tous captaient des mots, des phrases, ils les redisaient, gênés au début, mais avec plus d’aplomb chaque jour, car ils se sentaient de plus en plus en confiance. Et puis en classe, la gentille maîtresse ne les grondait pas. Elle leur souriait, disait des mots qui, peu à peu prenaient du sens. Et eux s’essayaient à redire les mots, à répondre aux questions des copains. C’était parfois tout faux, un mot à la place de l’autre, et les copains riaient ! C’était vexant au début, mais avec l’amitié des autres qui donnaient le mot juste, ils finissaient par bien le prendre et s’améliorer. Et ils se trompaient de moins en moins. Et ils s’aventuraient à dire des mots nouveaux, des phrases nouvelles. Et les copains disaient « bravo ! ». Et la maîtresse gentille félicitait. « Tu apprends très vite ! ». C’était dur pourtant tous ces mots à retenir ! Tous ces efforts à faire pour rester attentif… Alors parfois un brouillard de mots s’installait tout autour, et ils s’enfonçaient dans le brouillard, pour se faire oublier, pour s’échapper et penser aux larmes que la grand-mère n’avait pu cacher au moment du départ…C’était dur, oui, c’était dur. Le soir, la tête allait exploser, et ils étaient contents de retrouver leurs parents pour parler la langue facile, celle qu’on n’a « même pas apprise, parce qu’on la connaît déjà ». Mais les parents ne leur laissaient pas le temps de se reposer. Ils insistaient pour qu’ils aillent au soutien FLE , qu’ils révisent les leçons de français, parce que les parents savent bien que leurs enfants apprendront plus vite qu’eux, et qu’il faut les encourager pour réussir à l’école. Parce que si on réussit à l’école, on s’en sortira…

L’année d’après, hormis la manière de rouler les « r », ou de se tromper d’auxiliaire, plus personne ne se souvenait de leur arrivée ; ils étaient des meneurs de jeu, des bons en maths, des doués en arts plastiques, et des excellents apprenants d’anglais, cette langue si difficile à apprendre pour les autres.

Il y a 5 ans, Richard, Béa, Rachel, Joachim, Onurcan, sont arrivés, il y a 4 ans d’autres encore. Tous apprenaient avec plus ou moins d’aisance la langue française et finissaient par se fondre dans le groupe classe et dans la vie de l’école. Pourtant un mot commençait à résonner comme un coup de marteau sur l’enclume, le mot « papiers ». Un mot qui faisait mal à dire, parce qu’il faisait mal dans la tête des parents. Et puis ce mot s’oubliait, on finissait pas ne plus l’entendre. La vie continuait.

Il y a 3 ans , Gevorg, Alexandre, Kateryna, et d’autres encore, sont arrivés et ont fait ressurgir ce mot avec plus d’acuité. Un mot qui faisait de plus en plus de mal à dire. Un mot qui finissait par se coller comme une marque indélébile sur la peau d’enfants innocents.

Il y a 2 ans, Elvis, Denis, Arbenit, Drilon et les autres, sont arrivés. Ils portaient les mêmes espoirs et les mêmes inquiétudes que ceux d’il y a six ans. Ils avaient quitté ce que pour rien au monde, ils ne souhaitaient revoir. Chaque enfant a regardé son gentil maître, qui les a encouragé. Ils se sont essayés aux mots. Parfois, cela a marché, parfois c’était tout faux. Au début, ils étaient vexés de voir rire tous ces garçons et ces filles, mais ils ont compris, et ils se sont lancés dans l’aventure. Une incroyable aventure que celle de découvrir qu’on arrive enfin à communiquer lorsqu’on apprend des mots, des phrases, et qu’on fait des liens entre tous ces mots et ces phrases. Une alchimie époustouflante !

Et puis, l’éclair, le tonnerre, la foudre. Un énorme tremblement de terre. Un mot qui tombe, implacable : « REJET »

Des parents qui pleurent, qui disent qu’ils ne peuvent pas rester en France. Qu’il faudrait repartir là-bas où, pour rien au monde, on ne voudrait retourner. Alors, qu’il faut se cacher, devenir « clandestins ». Et retrouver ce mal au ventre terrible dont on vient de se débarrasser. Entendre les bruits qui font peur et qui empêchent de dormir. Etre réveillé par les cauchemars, appeler ses parents pour être consolé, mais trouver des parents qui n’arrivent même plus à consoler. Continuer à aller à l’école avec la peur. Continuer, continuer,… Les mots se brouillent, ils se perdent, ils n’arrivent plus à s’accrocher pour faire du sens.

On perd pied, on lâche… trop d’inquiétudes, aller à l’école, pour quoi ?

Le maître se fatigue, les professeurs renoncent. Que faire pour exister maintenant s’il n’est nulle part où trouver sa place ? Tentation de faire du bruit, de répondre, d’affirmer qu’on peut être violent…Et finir par l’être. Et voici qu’il y a 2 semaines, le papa de Buket et Dilara est arrêté. Encadré par des policiers, il est enfermé dans un centre de rétention. Puis renvoyé. Expulsé. Le papa de Buket et Dilara. Leur papa. Celui qui leur a tant appris. Celui qui leur a tout expliqué de la France. Qui leur a dit comment on devait respecter les autres, les copains, les adultes. Celui que tout le monde prenait en exemple pour son honnêteté. Leur Papa. Que s’est-il passé ? Est ce qu’il est devenu un voyou ? Leur Papa. C’est impossible. Mais que s’est-il passé ? Qui peut expliquer ? Buket et Dilara ne comprennent pas. Elles ne comprendront jamais. Demain, elles sortiront de ce cauchemar, c’est sûr. Et elles retrouveront Leur papa.

L’expulsion est confirmée. L’avion a embarqué leur papa. Est ce que le monde peut encore continuer de tourner ? Non, tout s’arrête. Tout se brise. Leur maman pleure, le bébé dans les bras, la toute petite dernière qu’on se disputait pour porter quand papa était là. Dilara colle Buket comme un ruban tue-mouche. Il n’y a plus de mots pour dire, ni en français, ni dans la langue facile qu’on n’a même pas apprise. Il faut juste se cacher. Devenir invisible. Arrêter d’exister, pour ne pas se faire attraper par la police.

Je suis une maîtresse CRI qui a la mission devenue impossible d’aider des enfants à apprendre le français et à s’intégrer. Est ce que le monde peut continuer de tourner, si cette mission est devenue impossible ? Est ce que le monde peut continuer de tourner si des avenirs d’enfants et d’adultes sont massacrés chez nous en France ? Si des familles sont brisées ? Si des vies sont devenues impossibles à vivre ? Pour moi, comme pour Buket et Dilara, quelque chose s’est arrêté, qui ne reprendra que lorsque chaque enfant aura la possibilité d’apprendre le français en sécurité.

Je suis une maîtresse CRI qui lance un CRI pour que cessent les actes d’inhumanité à l’égard d’enfants et d’adultes ici, aujourd’hui. Tout de suite.

Je suis une maîtresse CRI qui lance un CRI pour que l’on ne s’habitue pas à voir interner des enfants en centres de rétention.

Je suis une maîtresse CRI qui lance un CRI pour que nous nous réveillons vite de ce qui s’installe comme barbarie dans notre pays, et que JAMAIS nous ne l’acceptions.

N’oublions pas Jacques Prévert, ce poète qui est si cher dans nos écoles:

« Il est terrible

Le petit bruit de l’œuf cassé sur un comptoir d’étain

Il est terrible ce bruit

Quand il remue dans la mémoire de l’homme qui a faim »

Oui, Prévert Il est terrible le bruit de la chaise vide devant un bureau vide. Il est terrible ce bruit qui résonne dans la conscience des hommes qui font la loi ou qui la font appliquer.

Il est terrible ce bruit dans la tête de ceux qui ne veulent pas mettre leur tête dans le sable de la lâcheté.*(resf Privas) Il est terrible ce bruit Comme le tic-tac entêtant De l’horloge qui vous dit : « plus jamais ça »

Françoise Estival enseignante CRI (Cours de Rattrapage Intégré) Montélimar 14-déc-08

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