03 juillet 2009
Communiqué de Presse du NPA 49 : Université d'Angers : mauvais coup contre le service public
vendredi 3 juillet
Le CA de l’université d’Angers (élu ou nommé dans les conditions très peu démocratiques de la loi LRU avec un fort taux d’abstention) a voté le 3 juillet en faveur du passage aux "compétences élargies" par 22 voix contre 6 (dont les élus syndicaux des personnels enseignants et non enseignants) et un blanc.
Désormais la masse salariale sera gérée par l’université qui voit son budget multiplié par quatre. Elle pourra être utilisée dans l'avenir pour les dépenses de fonctionnement de l'établissement ou pour recruter des contractuels ou vacataires de toutes catégories. Une explosion de l’emploi précaire s’annonce et le glissement des fonctionnaires de l’université hors de la fonction publique d’État est ainsi amorcé.
Le Président a profité du reflux du mouvement contre la LRU et de promesses ministérielles de rallonge budgétaire l'an prochain (en cas de vote positif) pour faire voter ce qu’il défend depuis 2007.
La logique de l’université-PME vient de marquer un point contre celle du service public. Mais la lutte des universitaires contre le loi LRU de destruction du service public n’est pas terminée.
Le NPA49 assure les personnels de l'Université d'Angers de son soutien dans les luttes qui ne manqueront pas de survenir face aux conséquences de la loi LRU. D'ores et déjà, il exige la titularisation de tous les personnels contractuels.
15 juin 2009
Enseignement Public - position commune des partis de Gauche
Les Services Publics sont un élément essentiel de la cohésion sociale. Ils doivent permettre à chacun, où qu’il soit , de communiquer, se déplacer, se soigner, s’instruire, être protégés.
Le Service Public d’Education est plus particulièrement tourné vers l’avenir de nos enfants. Sa pérennité, sa cohérence, et sa continuité sont essentielles.
Le remplacement d’une partie de l’Ecole maternelle par des jardins d’enfants, la disparition prochaine des postes de soutien tenus par des spécialistes (RASED) , les obstacles mis à la continuité d’un enseignement public, sont autant de raisons de se mobiliser.
Localement, les entraves au service public se manifestent par la pression de l’Etat pour retarder la création d’un lycée à Beaupréau, le refus du Conseil Général d’anticiper la saturation des collèges publics, le refus du Maire de Cholet de prévoir la construction d’une école publique sur le futur quartier du Val de Moine. Face à un univers du refus et de la régression, nous proposons une action résolument tournée vers l’avenir et l’espoir.
Le Collectif pour la Promotion de l’Ecole Publique
organise une manifestation le
samedi 20 juin 2009, à 10 heures 30 ,
Place du 11 novembre
à Beaupréau.
Les Partis politiques sensibles à la défense des services publics appellent tous leurs adhérents et sympathisants, et plus largement tous les citoyens soucieux du présent et de l’avenir de l’éducation de nos enfants, à se joindre à cette manifestation.
Signataires : Parti Socialiste Français – Parti de Gauche – Parti Communiste Français – Gauche Alternative Choletaise - Les Verts
Collectif Laïcité 49 - Pétition pour un grand service public d'éducation
PÉTITION RÉPUBLICAINE
A L'APPEL DU COLLECTIF LAÏCITÉ DE MAINE ET LOIRE (1)
pour signer la pétition, cliquez ici
lien http://www.fol49.org/petitionrepublicaine/
Protestation à l’encontre de la politique scolaire du pouvoir en place, cette pétition est aussi une adresse aux forces politiques qui aspirent à le remplacer. Avant qu’il ne soit trop tard, il s’agit de réactualiser l’idée d’une unification laïque pour que l’enseignement public puisse un jour assumer pleinement sa fonction d’école de la réussite pour tous.
POUR UN GRAND SERVICE PUBLIC D’EDUCATION, NATIONAL, UNIFIE, LAÏQUE, GRATUIT ET RENOVE
La politique actuelle, économique et sociale, rend plus nécessaires que jamais l’unification laïque et la rénovation démocratique du système éducatif.
Un grand service public d’éducation, national et rénové, unifié et laïque, reste une idée neuve. La « casse » et la privatisation en France comme en Europe des services publics, notamment de l’Education Nationale, s’inscrivent dans un projet libéral dans lequel l’Ecole est un immense marché. A cette fin, l’école privée est instrumentalisée pour concurrencer le service public et aboutir à son démantèlement.
Le dualisme scolaire financé par des fonds publics entraine un gaspillage et s’avère inefficace pour lutter contre l’échec scolaire.
Gratuite et ouverte à tous, l’école de la République a le devoir d’amener tous les élèves et tous les étudiants au plus haut niveau de réussite. Les deniers publics doivent lui être entièrement consacrés. Il va de soi que la liberté d’enseignement subsistera pour ceux qui refuseront l’offre d’unification. Les établissements à caractères propres devront tout simplement assurer leurs propres financements.
La laïcité est garante de la liberté de tous au delà des différences. Elle rassemble et intègre. Elle s’oppose aux dérives communautaristes que peuvent engendrer les écoles privées, confessionnelles ou ethniques.
Le caractère national de l’Education et sa rénovation sont indispensables pour éviter les risques d’émiettement de l’offre éducative et l’existence d’une école à deux vitesses où le service public en serait réduit à ne scolariser que les plus démunis.
Seul un grand service public d’Education, unifié et laïque, national et rénové, garantira l’enseignement de qualité, libre de toute pression politique ou économique, dont notre pays a besoin.
Sa réalisation est possible si la volonté politique s’y investit pleinement.
(1) Le Collectif Vigilance Laïcité de Maine et Loire
DDEN – FCPE – FOL – FRANCAS – FSU – JPA – LDH – OCCE - SDEN CGT –SE - SNEP - SNES – SNESUP - SNUipp - Solidarité Laïque – UNSA Education.
Siège : 14 bis avenue Marie Talet – 49100 ANGERS
16 mai 2009
Grand Corps Malade - Education Nationale
Merci Fabien
Grand Corps Malade - Education Nationale
Vidéo envoyée par GrandCorpsMalade
La vidéo du titre inédit de Grand Corps Malade "Education Nationale" ! Ce titre est uniquement disponible sur toutes les plateformes de téléchargement légal. Pour suivre l'actualité de Grand Corps Malade, abonnez-vous à la newsletter : http://www.grandcorpsmalade.com/accueil.htm Un clip réalisé par Mehdi IDIR dit "Minos"
02 mars 2009
Contre le libéralisme autoritaire,
Philippe Meirieu
Professeur en sciences de l’éducation
à l’université LUMIERE-Lyon 2
On connaît les principales mesures venues, depuis plus d’un an, mettre à mal l’institution scolaire française : nouveaux programmes de l’école primaire qui, au prétexte de renforcer les « apprentissages fondamentaux », font de l’élève une « machine à exercices » et privent les enfants défavorisés de l’accès à la signification des tâches et de la culture scolaires… disparition programmée des RASED qui pouvaient apporter aux élèves en grande difficulté des aides adaptées… suppression des cours le samedi matin au détriment des équilibres de vie des enfants… mise en place d’évaluations systématiques, sans justification pédagogique, simplement pour fournir des indicateurs à des parents réduits au statut de « clients »… disparition progressive de la carte scolaire avec la promesse aux familles qu’elles pourront choisir l’école de leurs enfants alors qu’en réalité, ce sont les écoles qui choisiront leurs élèves, creusant ainsi les inégalités… suppression des aides aux initiatives artistiques et culturelles alors qu’il faudrait, au contraire, les renforcer pour compenser le crétinisme de la télévision et lutter contre la sidération par les jeux vidéos… disparition de toute véritable formation professionnelle en alternance pour des enseignants condamnés désormais à osciller entre la répression et la dépression… abandon de toute ambition pour les collèges laissés en jachère alors que beaucoup d’entre eux sont au bord de l’explosion… traitement méprisant des mouvements d’Éducation populaire et pédagogiques dont certains sont gravement menacés dans leur rôle d’appui à l’institution scolaire…
Ces mesures nous sont présentées comme des « réformes », mais je me refuse, pour ma part, à les nommer ainsi. D’une part, parce que cela sous-entendrait qu’il s’agit de « transformations nécessaires » et que ceux qui s’y opposent sont des conservateurs. D’autre part, parce que l’idéologie dominante et la rhétorique gouvernementale présentent toujours ces « réformes » comme inévitables : « Il n’y a pas d’autre solution si nous voulons… que nos enfants sachent lire… qu’on ne gaspille pas nos impôts… que nous tenions notre place dans le monde… etc. ». Or, en réalité, il y a toujours d’autres solutions. Et le rôle des politiques, c’est justement de présenter des scénarios en indiquant les chances et les risques qu’ils comportent, de les référer aux finalités envisagées et aux moyens mobilisables. A minima, il incombe aux décideurs d’associer tous les partenaires à l’exploration de ces scénarios et de mettre à contribution les chercheurs pour éclairer les choix… Or, que voyons-nous ? Des décisions unilatérales, précipitées, sans véritable anticipation de leurs conséquences, sans aucune mobilisation de l’intelligence citoyenne. Des décisions présentées comme « les seules possibles » : « Il était inévitable de supprimer les cours le samedi matin car cela correspond à une évolution sociologique irréversible et à une demande massive des familles. » Mais pourquoi l’École devrait-elle se caler systématiquement sur les évolutions sociologiques ? Et qui sait si les parents n’auraient pas, finalement, opté, s’il leur avait été présenté, pour un « plan B », comme, par exemple, le fait de faire du samedi matin une plage scolaire plus particulièrement consacrée au dialogue avec les familles, avec la possibilité d’assister aux cours par petits groupes, de débattre des exigences de l’école et des conditions de la réussite scolaire ?... Mais cela n’a jamais été proposé, ni même envisagé ; et, évidemment, aucun sondage n’a été commandé pour voir ce que les Français en penseraient.
Ainsi, ce n’est pas un hasard si le gouvernement, aujourd’hui, refuse les véritables concertations, s’enferme dans des négociations bilatérales sur ses propres projets sans jamais présenter plusieurs hypothèses et travailler à les affiner. En « réformant » à la hussarde, il focalise l’attention sur ses seules propositions et paralyse toute velléité de créativité collective. Il suscite les réactions de ceux et celles qui se sentent agressés et peut alors jeter en pâture à l’opinion leur « corporatisme ». Au total, il contraint ses adversaires à faire son jeu en protestant contre ses actes. Il peut même ainsi… les rendre fous !
D’autant plus que les mesures auxquelles nous assistons aujourd’hui n’apparaissent pas spontanément comme participant d’un projet global... En effet, d’un côté, on active toutes les rivalités possibles entre les personnes et les
institutions, tandis que, de l’autre, on renforce les prérogatives d’un pouvoir central déjà très puissant. Et émerge ainsi sous nos yeux une sorte de configuration étrange : le libéralisme autoritaire. Mais une configuration particulièrement cohérente en réalité, avec deux faces totalement indissociables…
Libéralisme : parce que ce qu’on nomme « modernisation » n’est jamais que la mise en concurrence systématique de tous les acteurs au nom de la « bonne vieille morale » de la « Fable des abeilles » du 18ème siècle : « Les vices privés font les vertus publiques. » Ainsi, l’État ne garantit plus la qualité du service public, mais délègue cette charge à la rivalité instituée entre les personnes et les institutions. Un exemple particulièrement parlant de cette méthode est représenté par la manière dont le gouvernement vient de « dissoudre » les IUFM : ce n’est plus lui qui garantira la qualité de le formation pédagogique des enseignants – ni l’équité territoriale dans ce domaine –, c’est la pluralité des offres d’universités « autonomes » désormais condamnées à la concurrence.
Autoritaire : parce que, pour créer les conditions de la concurrence généralisée, le pouvoir politique doit imposer un recul systématique de l’État dans tous les domaines et par tous les moyens. Son désengagement l’amène ainsi à organiser la dévolution systématique de ses prérogatives aux collectivités territoriales ou aux associations, sans leur donner les moyens de les assumer… et tout en maintenant la pression maximale sur elles au nom de ces mêmes prérogatives !
Libéralisme : parce qu’on joue systématiquement sur les conflits d’intérêts et qu’on oppose les gens les uns aux autres en créant de la suspicion permanente : pour les parents, les enseignants sont des corporatistes archaïques ; pour les enseignants, les parents sont des consommateurs intrusifs… pour tous, les chômeurs sont des profiteurs, les malades des dépensiers, les enfants des délinquants potentiels, les adultes des mal-traitants en puissance, etc.
Autoritaire : parce que, pour éviter l’explosion d’une machine qu’on laisse s’emballer et dont on libère massivement les forces centrifuges, on doit construire un « contenant » suffisamment puissant, avec des dispositifs de surveillance, de contrôle et de répression censés éviter les débordements qui mettraient en péril la survie même du système.
Libéralisme : parce qu’on affirme aux Français qu’ils vont, enfin, pouvoir choisir dans tous les domaines ce qui correspond à leurs désirs. Et que la machinerie économique et publicitaire tout entière les place dans une situation de surchauffe pulsionnelle permanente.
Autoritaire : parce que, pour éclairer les choix des consommateurs, il faut imposer des mesures et des quantifications permanentes de tout et de tous, construire, toujours et partout, des palmarès… Il ne s’agit pas, en effet, aujourd’hui, pour les fonctionnaires, de « rendre des comptes » – comme cela est, bien évidemment, exigible dans toute démocratie –, mais bien de régler toute leur activité sur des critères exclusivement comptables… avec le danger de réduire cette dernière à ce qui est strictement quantifiable à très court terme, au détriment des missions qui exigent un travail en profondeur sur le long terme, comme l’éducation, la culture, la recherche ou la santé psychique. Partout, il s’agit de « faire du chiffre » pour « se positionner », « rester dans la course », « être visible en affichant des résultats ». Or, « faire du chiffre » n’est pas – c’est le moins que l’on puisse dire ! – un gage de la qualité du travail d’un fonctionnaire : chacun sait que, dans un lycée, on peut obtenir d’excellents résultats au baccalauréat, simplement en sélectionnant plus sévèrement les élèves à l’entrée. Comme l’écrivaient les enfants de Barbiana, dans la Lettre à une maîtresse d’école publiée en 1967, exiger d’un service public de « faire du chiffre », c’est « condamner les hôpitaux à soigner les bien-portants et à exclure les malades. »… Pour autant, nous ne pouvons pas nous réfugier dans l’irresponsabilité sociale en invoquant l’ineffable, mais nous devons exiger d’être associés, en tant que citoyens et dans des collectifs institués, à la définition des critères qui permettent de juger de la « réussite de nos missions ». C’est ainsi que nous parviendrons peut-être à instaurer un minimum de fonctionnement démocratique dans le libéralisme autoritaire et technocratique qui nous envahit.
Reste néanmoins à comprendre les raisons de ce qui nous arrive. Comment se fait-il que ce modèle politique du libéralisme autoritaire ait réussi à s’implanter ? La question est essentielle car, si nous parvenons aujourd’hui à faire reculer le gouvernement sur telle ou telle mesure, nous ne pourrons lutter à long terme pour de véritables alternatives que si nous sommes capables d’identifier ce qui a permis d’en arriver là et comment on peut, à l’avenir, y échapper. Je fais l’hypothèse que, si le libéralisme autoritaire se développe aujourd’hui, c’est parce qu’à la fois, il existe un problème de fond dans notre « démocratie » et qu’à sa manière l’actuel Président de la République et son gouvernement y apportent une réponse… certainement pas la bonne, mais une réponse.
Le problème de fond est bien identifié : depuis la chute de toutes les formes de théocratie, nous avançons dans le vide, sans référent ni verticalité capables de nous rassembler et de nous faire « tenir ensemble ». Chacun d’entre nous devient maître de son destin et ses choix personnels ne sont plus dictés par l’obéissance à des règles de conduite consensuelles. L’individu se fonde lui-même et s’autoréférence. La modernité est ainsi marquée par ce que l’on nomme « l’individualisme social »… Pour ma part, je ne nourris aucune nostalgie à l’égard des théocraties religieuses ou politiques qui nous ont longtemps tenu sous leur joug. Je ne regrette pas le moins du monde les « bonnes vieilles méthodes » en éducation – qui côtoyaient une « pédagogie noire » particulièrement pathogène – pas plus que je n’aspire à la domination d’un chef charismatique dans un groupe fusionnel qui nous permettrait de restaurer un semblant d’unité… En revanche, je crois que le défi du fonctionnement démocratique de notre République n’a pas été véritablement relevé : nous ne sommes pas parvenus à créer des institutions, locales et nationales, dans les entreprises et les services publics, pour travailler collectivement à la définition et à la mise en oeuvre du « bien commun ». Nous restons ainsi, très largement, une collection d’individus juxtaposés. Certes, nous sommes étroitement dépendants les uns des autres, mais cette dépendance n’est pas une solidarité positive au nom d’une promotion collective, elle est une manière d’utiliser les dispositifs sociaux en fonction des seuls bienfaits qu’ils peuvent nous apporter au titre de nos revendications individuelles… Ainsi, sommes-nous condamnés à une fuite en avant, de prothèse revendiquée en prothèse exigée, quand il nous faudrait construire des institutions qui s’assument comme collectifs capables d’aider chaque sujet à mobiliser, tout à la fois, ses ressources internes et celles du groupe, et cela en une interaction permanente, seule susceptible de construire ce qu’on nomme « le lien social ». Aucun véritable « lien social » n’est possible, en effet, si l’individu se vide de « ce qui fait sujet en lui » ; aucun « lien social » ne peut être construit avec des individus qui sont en permanence dans la position de « profiter sans s’impliquer ».
Ainsi, faute d’avoir été capable de penser des collectifs solidaires adossés à des valeurs communes, notre modernité démocratique reste infiniment fragile. Elle est particulièrement sensible aux sirènes du discours libéral autoritaire. À cet égard, la thèse de Margaret Tatcher – « Il n’y a pas de société, il n’y a que des individus… » – reste la matrice idéologique de la politique que nous subissons. Et si le Président de la République, quoique devenu impopulaire, reste « en phase » avec la majorité de la population, c’est que, justement, il s’adresse toujours aux individus. Il leur dit : « Je ferai en sorte que vos enfants soient gardés les jours de grève… Si vous n’êtes pas contents de votre école, vous pourrez en changer… Si vous voulez gagner plus, vous pouvez le faire… Recherchez votre intérêt et ne vous inquiétez pas des autres… N’ayez pas peur des conflits, la police vous protège… ». Et c’est bien parce
que ce discours s’adresse à l’individu privé en chacun d’entre nous dans un monde de plus en plus individualiste qu’il fonctionne… Qu’on ne se méprenne pas cependant : les intérêts individuels, tous les intérêts individuels, peuvent être légitimes. Ce qui n’est pas légitime, c’est de réduire le « bien commun » à la somme ou à la mise en concurrence des intérêts individuels. Le pari de la démocratie dans la
République, c’est de faire travailler des « institutions » afin qu’elles permettent de s’exhausser au-dessus du déchaînement des rivalités personnelles. C’est pourquoi
nous avons besoin – si nous voulons nous écarter durablement des ornières que nous connaissons aujourd’hui – de renverser la vapeur, d’inventer un fonctionnement
qui mobilise les citoyens dans des projets solidaires.
Deux pistes me paraissent devoir être explorées pour cela. La première, c’est celle que nous expérimentons avec « l’appel des appels », c’est ce qui est en train de s’expérimenter dans le pays : sortir de nos isolements, faire le lien entre les différents secteurs frappés par le libéralisme autoritaire, se parler, tenter de comprendre ce qui nous réunit, identifier ce qui nous rapproche et comment nous pouvons nous compléter. Il y a là quelque chose d’essentiel à mes yeux et que je vois s’ébaucher aujourd’hui. Ainsi, par exemple, dans les écoles primaires, on observe une formidable évolution : les parents et les enseignants se mettent à travailler ensemble, les élus locaux et le tissu associatif s’y associent, des dynamiques sont à l’oeuvre… qu’il faudra prolonger bien au-delà des combats d’aujourd’hui.
Enfin, une deuxième piste me semble devoir être plus que jamais travaillée : la « refondation » des services publics. Il nous faut sortir de cette oscillation mortifère entre le « tout État » et le « tout marché », deux postures qui s’opposent et se nourrissent réciproquement. Le « tout État » n’est pas la garantie de la qualité des services publics : le bloc soviétique en a été un triste exemple. Le « tout marché » n’est pas, non plus, la garantie de la qualité des services publics, ni du développement harmonieux de nos sociétés : la crise financière et économique actuelle en est la preuve indiscutable. Pour autant, il ne suffit pas d’introduire plus d’État quand le marché impose sa dérégulation, ni d’introduire plus de marché quand le contrôle de l’État devient une technostructure tatillonne qui s’enferme dans des procédures kafkaïennes. On ne construira pas un service public réellement conforme au fonctionnement démocratique de notre République en s’épuisant dans de savants dosages entre l’État et le marché… Il faut vraiment « changer de logiciel » : il faut instituer des « services publics citoyens » où ceux et celles que l’on ne doit plus appeler les « usagers » soient associés à l’amélioration du fonctionnement et à la recherche de la qualité. Il nous faut, en particulier, une institution scolaire qui accepte de travailler avec les élèves et les parents pour que, dans le respect des responsabilités réciproques, on puisse débattre de tous les dysfonctionnements qui émergent et inventer ensemble des solutions. Il faut, dans le cadre d’un cahier des charges national clair qui fixe les engagements de la Nation envers sa jeunesse, que chaque école et chaque établissement puissent se mobiliser collectivement autour d’un projet. Il faut que les professionnels de l’éducation – comme ceux du soin, du travail social ou de la culture – ne soient plus condamnés à souffrir seuls face à des échecs inévitables, mais soient accompagnés et aidés pour fabriquer du collectif avec leurs partenaires… On pourra ainsi construire une École où plus jamais on ne laissera un seul élève, une seule famille dans l’obligation de se tourner vers le privé pour être accueillis et entendus. Car un service public qui laisse partir vers le privé des citoyens qui estiment qu’ils n’y ont pas leur place n’est pas digne de porter ce nom… Le chantier est immense. Il doit nous mobiliser contre les dérives de la droite et nous amener à interpeller vigoureusement la gauche. Mais, c’est, bien au-delà d’une question technique, un enjeu essentiel. C’est même, implicitement, d’un modèle de société qu’il s’agit. Et, ainsi conçu, le service public, loin d’être un archaïsme, est vraiment « une idée neuve en Europe ».
07 novembre 2008
,serCholet - pour une régie publique de l'eau - jeudi 20 novembre
14 juillet 2008
Qu'est-ce qu'un fonctionnaire?
Fonctionnaire, c'est quoi?
D'accord ils font grève, d'accord on les considère comme des feignasses mais un fonctionnaire c'est quoi ?
Réponse :
Une infirmière (Celle qui vous fera votre toilette quand vous serez incontinent et plus, privé de couches culottes)
Un soldat (Celui qui mettra sa vie en jeu pour défendre vos choix politiques privés)
Un policier (Celui qui vous protégera contre les «sauvageons» qui viennent abîmer les jolies voitures privées)
Un conducteur de TGV (Celui qui vous emmène dans votre villégiature privée pour pas très cher et sans danger)
Un agent des impôts (Celui qui fait fonctionner l'Etat grâce à cet argent que le privé a tant de mal à gagner)
Un facteur (Celui qui amène chez vous au bout de la France les colis privés des cadeaux de noël de papy mamy)
Un prof (Celui qui vous permet d'apprendre gratuitement ce que vous mettrez en pratique dans le privé)
Une institutrice (Celle qui mouche vos chers bambins privés et reçoit les insultes publiques)
Un juge (Celui qui gérera votre divorce privé)
Un pompier (Celui pour qui la devise est « sauver ou périr » et qui périra pour sauver votre vie privée et votre maison privée perdue en plein maquis avec un branchement et un kwh EDF au même prix)
Un agent de la sécu (Celui qui se fera chier dans un bureau pour vous rembourser vos tranquillisants privés)
Un agent des ASSEDIC (Celui qui fera avancer votre dossier de chômage quand le privé vous aura foutu dehors)
Un technicien EDF (Celui qui remettra le courant pour que vous regardiez vos DVD privés après la tempête)
Une sage femme (Celle qui ne se prive pas de galérer pour faire naître vos futurs cadres privés)
Un directeur d'hôpital (Celui qui se bat pour soigner gratuitement votre surmenage privé) avec son personnel hospitalier
Un conducteur de metro (Celui qui vous conduit au tarif le moins cher d'Europe dans vos boulots privés)
Encore le métro (Celui qui vous emmène 365 jours par an à vos soirées privées et vous ramène même quand vous êtes bourrés)
L'organisateur de la fête de la musique (Le con qui organise votre petite soirée sympa du 21 juin)
Et bien sûr, tous les sans grades , qui ramassent vos ordures, nettoient les parcs, améliorent les forêts, recherchent de nouvelles technologies, transportent votre nourriture la nuit quand vous dormez (encore le train), font tourner les centrales électriques, aiguillent les avions, organisent les élections, donnent à manger dans les cantines scolaires, plantent des fleurs dans les villes, font des émissions de télé, vous donne la météo (aux avions privés et aussi et surtout aux marins privés !! )
20 mai 2008
Communiqué de presse de la FCPE : DÉRIVES, MENSONGES ET MANIPULATIONS
Non, monsieur le président, ce n'est pas la grève qui menace le service public, mais c'est bel et bien la politique de votre gouvernement.
Dérives
Pour la première fois, un président de la République est sorti de son rôle. En effet, au soir d'une manifestation très forte et unitaire des enseignants du 1° degré, du second degré et du supérieur, des établissements publics et privés, des parents d'élèves et des lycéens, le président n'a même pas essayé de répondre aux vives inquiétudes exprimées par des centaines de milliers de manifestants quant à l'avenir de l'Éducation Nationale.
Au lieu d'assurer sa fonction qui consiste à être le président de tous les Français, il a pris parti et s'est efforcé au contraire de monter une partie de la population (les parents d'élèves) contre une autre (les enseignants).
C'est une grave dérive de notre démocratie.
Mensonges
Le mensonge consiste à faire croire que la limitation du droit de grève des enseignants est destiné à assurer un meilleur service public.
Or celui-ci est menacé avant tout par la suppression de plus de 11000 postes (et on parle déjà de près de
20.000 l'an prochain!), par le non-remplacement des professeurs malades ou en formation, par la pénurie de
personnels de vie scolaire, d'orientation, médicaux, sociaux, techniques, de service, par la suppression
d'options, par la suppression des BEP, par les fermetures de classes, par la fin de l'accueil des enfants de 2 ans, par la fin de la carte scolaire, par la réduction du temps scolaire de 2h par semaine dans le premier degré, par une réforme rétrograde des programmes, etc.
Ce n'est pas la mise en place de garderies quelques jours par an qui compenserait toutes ces attaques contre le service public de l'Éducation Nationale.
Le projet de service minimum ne vise qu'à restreindre le droit de grève et son annonce au soir d'une mobilisation n'est destinée qu'à détourner l'attention des véritables problèmes dénoncés par les manifestants.
Manipulations
Quant à la manipulation, elle est grossière. Elle consiste, de la part du gouvernement, à faire croire à une
opposition entre parents et enseignants, alors qu'ils ont défilé ensemble dans toutes les villes de France
pour défendre l'Éducation Nationale contre les attaques dont elle fait l'objet. Ne respectant pas le résultat d'élections démocratiques, le ministre de l'Éducation Nationale a commencé par remettre en cause la représentativité de la FCPE, qui est pourtant de très loin la plus grande fédération de parents d'élèves, puis le gouvernement s'est efforcé de faire passer le message selon lequel les parents réclamaient le service minimum. Ceci avec l'aide de certains médias bien conciliants. N'a-t-on pas entendu dès le 16 mai une grande radio nationale inviter une fédération de parents très minoritaire pour lui permettre de revendiquer publiquement le service minimum?
- Oui, la FCPE est bien la première fédération nationale de parents d'élèves et de loin la plus représentative.
- Non, elle ne réclame pas le service minimum. Elle réclame le service maximum. Un service public de
qualité toute l'année et pour tous.
- Oui, elle continue et continuera à soutenir les revendications des enseignants et des lycéens et
s'associera à nouveau à leurs mouvements tant que le gouvernement refusera de remettre en cause les
réformes annoncées et s'obstinera à vouloir démanteler l'Éducation Nationale.
FPCE 49 – 19 mai 2008
FCPE 49
Fédération des Conseils de Parents d'Elèves du Maine et Loire
27 rue Chef de Ville – 49100 Angers
Tél/Fax : 02 41 77 98 89 - Email : fcpe.49@wanadoo.fr
Site internet : http://fcpe49.free.fr
Horaires : Mardi et Jeudi : 8 h 30 à 12 h 30 et 14 à 17 h
Mercredi et Vendredi : 8 h 30 à 13 h
17 avril 2008
Chronique ordinaire d'un libéralisme destructeur
Le Service public de l'emploi, ce n'est pas que l'ANPE. Il existe aussi un réseau qui, lui, est spécialisé dans l'accompagnement à l'insertion social et professionnel de nos jeunes. Sans être de statut public, ces associations que l'on appelle Missions Locales ou Permanences d'Accueil, d'Information et d'Orientation (PAIO) répondent à une mission de service public grâce aux financements de l'Etat et de collectivités territoriales. Celles-ci ont une longue expérience de l'accompagnement avec une existence de plus de 25 ans. L'Etat a même acté la reconnaissance de ce réseau en le citant dans le Code du Travail.
Le ministère de l'économie et de l'emploi vient juste de mettre en place une Convention pluriannuel d'objectifs pour assurer des financements sur 3 ans (convention fortement critiquable déjà). Pourtant, le Ministère de la Ville propose dans le cadre du Plan banlieue un nouveau dispositif appelé Contrat d'Autonomie. Cette opération, portant sur 45.000 jeunes, sera conduite dans une quarantaine de départements comptant des quartiers prioritaires de la politique de la ville particulièrement marqués par le chômage des jeunes des quartiers. Ce Projet serait louable bien sûr si ce n'était qu'il s'agit d'un appel d'offres aux opérateurs privés.
Ce contrat propose un accompagnement individualisé du jeune durant un an, accompagnement individualisé que l'Etat finance déjà en subventionnant Missions Locales et PAIOs. Ce contrat prévoit aussi une carotte intéressante, une allocation mensuelle pour les jeunes en difficulté accompagnés d'un montant bien supérieur à ce que le réseau Mission Locale/PAIO peut proposer dans le cadre du programme d'accompagnement CIVIS.
Forcément, ces jeunes vont préférer ces opérateurs privés. De manière mécanique, le nombre de jeunes accompagnés par les Missions Locales et PAIOs vont baisser et donc les subventions qui leurs sont octroyés aussi. De manière absurde, ces nouveaux opérateurs privés, peu ou pas expérimentés dans l'accompagnement des jeunes en difficulté, vont se substituer à un réseau qui a fait ses preuves. Les personnels expérimentés vont perdre leurs emploi, remplacés par d'autres salariés plus précaires et moins expérimentés.
Quelqu'un peut-il y gagner dans cette histoire ?
- Les jeunes en difficulté qui subiront la pression d'une insertion rapide alors que d'autres problématiques sont nécessaires à régler ?
- Les nouveaux professionnels de l'accompagnement qui auront une obligation de résultats rapides sans avoir l'expertise du réseau ?
- Les salariés du réseau qui perdront leur emploi ?
Sans une mobilisation suffisante, on assistera là à un nouveau gachis dans la mise à mal d'une "institution" qui tient un rôle important dans notre contrat social à la française depuis près de 25 ans.
Mickaël
19 mars 2008
eau secours - cholet les 21 et 22 mars
Pour la JOURNEE MONDIALE DE L’EAU 2008, l’association de consommateurs Choletais - Eau Secours vous propose : |
Vendredi 21 mars à 20h30 : Retour en régie du service public de l’eau : c’est faisable et ça peut rapporter du pouvoir d’achat !
Avec Jean-Louis LINOSSIER, de la Coordination Nationale des Associations de Consommateurs d’Eau et à l’invitation du CLAP (Collectif Local d’Animation Politique)
au théâtre de l'Espace Prévert, rue de l'Abbé Chauveau à LA SEGUINIERE
samedi 22 mars de 17h à 18h : Pour poursuivre les échanges ou si vous n’avez pas pu participer le 21, rendez-vous
" Eau goûter "
à LA RESISTANCIA – 10 rue de l’0rangerie à CHOLET |
Renseignements :
02 41 29 07 83
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