medium_coquelicotLa société capitaliste ne nous convient pas.
La société sociale-démocrate/sociale-libérale ne nous convient pas.
La société communiste autoritaire ne nous convient pas.

Dans la première, la liberté dans un monde d'inégalités ne peut conduire qu'à plus d'inégalités et d'injustices.
Dans la seconde, les mesures de limitation des injustices et des inégalités tout en laissant le capitalisme dominer ne parviennent pas à protéger les pauvres de plus en plus nombreux.
Dans la troisième, la liberté a été sacrifiée pour forger une égalité qui n'a pas pu durer puisque la dictature ne conduit qu'à la création d'une nouvelle classe dominante contre le peuple.

Quelles leçons allons-nous tirer de ces expériences désastreuses qui ont conduit aux goulags, à la misère, à l'impérialisme, à la guerre préventive, à Guantanamo, au dérèglement climatique, à la restriction des libertés, à des inégalités de plus en plus fortes, à la crise alimentaire ? Une nouvelle idéologie au sens noble du terme doit émerger pour éviter la double catastrophe écologique et sociale.

D'un va-et-vient entre théories et pratiques, reprenons les écrits des théoriciens politiques, cherchons les égarements passés dans ces vieilles théories mais aussi leurs richesses cachées, occultées, de penseurs trop en avance sur leur temps.

Que nous disait Etienne De la Boétie, l'ami de Montaigne ? Il a écrit que la servitude est volontaire et que c'est pour une pseudo-sécurité et un pseudo-confort que nous acceptons de nous placer dans un système dominant-dominé. Quel enseignement en tirer aujourd'hui ? Il n'y a pas une classe opprimée par une autre, chacun est à la fois oppresseur et opprimé (la femme est le prolétaire du prolétaire par exemple). La solution est donc dans la prise de conscience que d'autres rapports humains sont possibles.

Peut-être nous faudrait-il relire Pierre-Joseph Proudhon, un des premiers penseurs socialistes qui a été un des premiers à théoriser l'autogestion, le mutualisme, le fédéralisme intégral ?

Peut-être nous faudrait-il relire aussi Henry David Thoreau, Ghandi, Martin Luther King ? Ils nous montrent comment changer une société injuste.

Et nos chères Lumières, que nous disent-ils ? Liberté, Egalité, Fraternité : c'est la volonté d'un juste équilibre entre les trois qui est l'objectif de la révolution française. La révolution a échoué, nous sommes aujourd'hui dans un régime où la liberté n'est qu'apparente, où l'égalité est inexistante et où la fraternité a fait place à l'individualisme. Il nous faut donc penser une organisation sociétale inédite.

Que nous enseigne la révolution soviétique ? Que "la fin justifie les moyens" est une grave erreur : la révolution sanglante n'aboutit qu'à la terreur pour maintenir son ordre, que la dictature DU prolétariat n'amène que la dictature SUR le prolétariat. Alors, au contraire, c'est les moyens qui doivent justifier la fin, c'est à dire qu'il faut dès aujourd'hui avoir l'exigence d'une méthode de transformation sociale en accord avec notre but ultime.

Nous voulons un monde de paix, notre révolution doit-être non-violente.
Nous voulons un monde de fraternité, créons dès aujourd'hui de nombreux projets alternatifs solidaires (coopératives, SELs, AMAP, potagers collectifs autogérés...).
Nous voulons un monde d'égalité, créons des organisations non hiérarchiques où les responsabilités seront tournantes, courtes et révocables.
Nous voulons un monde de liberté, désobéissons aux lois quand elles sont injustes.
Nous voulons lutter contre la mondialisation libérale, organisons une auto-production locale, respectueuse de l'environnement.

Nous voulons changer de société, changeons-nous nous-même en prenant conscience que la pensée unique n'est qu'un leurre, un piège où l'on voudrait nous enfermer. Non, les idéologies ne sont pas mortes, la néo-libéralisme en est bien une. Il reste à construire ensemble un vrai socialisme écologiste où les mots "liberté, écologie, fraternité" ne seront plus une enseigne publicitaire sur le fronton des prisons.

Les nombreuses sensibilités de gauche (hormis ceux qui lorgnent vers le néo-libéralisme) convergent vers une alternative commune, même si tous ne sont pas au même point de réflexion. C'est pour cette raison que fleurissent les initiatives d'appel à l'unité de forces de transformation sociale. Ne voyons pas cela comme une difficulté, mais plutôt comme un espoir !

A l'heure où commence l'effondrement du monde néo-libéral, soyons inventif, soyons présent, notre rôle est de redonner l'espoir en montrant qu'il ne tient qu'à nous, le peuple, de créer, ici et maintenant, l'Altersociété !

Mickaël.